DE SOMMIÈRE
i Nous debvons bien mettre en nostre mémoire Le siège long qui fut devant Sommiere : Le jour, le temps, les assauts, les efforts, Qui furent faicts tant dedans que dehors, Afin qu'ils soient tousjours bien mémorables A nos enfans, à jamais revocables.
â Quand le soleil eut commencé carrière, "Vers son réveil devers la marinière, Un mercredi onzième de febvrîer.
De bon matin, nous vimes arriver Un camp serré de sa cavallerle, Suivy de près de forte infanterie.
5 Incontinent On fit sonner Talantiê, Subitement court un chacun et s^ariAe t Sortons, sortons, allons Toir ce quMls fbnt. Et les voyant campés si près du potit, Prismes conseil, il faut que chacun aillti £n son car lier pour se mettre en bataillé.
4 Avant qu'aller nous fismes tous promese De ne parler rien que d'une allégresse ; Promismes lors faire notre devoir En tous endrois, selon notre povoir.
Mettans en Dieu tonte nostre espérance , Sçachans qu'en luy gist nostre confiance.
2^ Le samedy aveii gtattdes bravàdeé Ils sont veuus poUr gabiodtiadeâ Près de nos murs : et pour notis e^tiynhêf , De grand matin nous otkysmeà sonner Huit gros canons qui de grande ftiHë Au pont-levis fàysoyént leuf bàttigrie.
6 Trois jours durant dut*a cette ihuïiqtké , Qu'il n'y avoit flàiics, remparts, ny bât'iqtie Qu'à la patfin on iie vist nàestre bas,
Si que la bfésche avait plus de beiil pA^, De raàsaillir nostre ennekny s^appfesté/ £t nous dédanis pour lui faii^ tefite.
7 Sus, sus, soldats, la bf esche est dës}à Me, A rampat^er tout lé monde s'àppreiié,
Le gouveriieur, pour encoufagér touâ.
Les exhortant, leur tenoit tel projlôs : Dieu est pour nous, combattons, je Vous prié, Pour son sainct nom deffèhdaklt ttûstt'é vie.
S Lors le Seigtieur, eti Voyàtit leUr cbUrage, Les a couverts ainsi que d'une targe, £t tellemêtit qu'il fist coghoistre à tous Que la prière appaise son courrotik :
Car qui combat peut dire la victoire Venir du ciel, comme chose notoire.
9 Le mercredy qui fust le septième De nostre camp, du mois dix-huitième , Vindrent à nous capitaines armez, Et de leurs camps soldats fort estimez Pour nous forcer, en criant : Tue, tue ; A saccager chacun d'eux s'esvertue;
10 Je vis de loing d'une mine fière, Tenir en main la picque guerrière, Après Caros, Abados et Precas,
La roche aussi estoit de maintes parts. Bien ramparé dans leurs gabionnades^ Et les soldats tirant balles ramades.
11 Tant de soldats et tant dUnfanterie^ Tant d'estendars, tant de cavalerie.
Tant de canons foudroyant tous nos mars, N'a sceu parquer la parque dans nos cœurs , Que n^ayons eu tousjours vraye assurance Qu'a Tennemy nous ferions résistance.
12 Lors les soldats voyans leurs capitaines Tous résolus à souffrir maintes peines.
Ne visans rien qu'à mourir vaillamment Sur les remparts, leur honneur soustenant, Ont tous juré par le Dieu de leurs vies, Qu'ils combattront le mareschal d^AnviUe.
13 Mais le soldat qui la chanson a faite, Estoit tousjours deffendant à la bresche , Tous les assaus, ensemble les efforts, Sur les remparts tant dedans que dehors. Qui furent faicts au devant de la ville
Du mandement du mareschal d'Anville.
CHANSON NOUVELLE