AU MONASTÈRE DES AUGUSTINS
le mardy, taulctlesme Jour de mtn IM81. Bt se chante sur un chant nouveau,
1 Vous, chrestiens, qui vous employez, A vivre bien et sainctement,
Du seigneur de Joyeuse oyez Le convoy faict honnestement Dedans Paris, belle cité.
Aux Augustins il fut porté
Eu triumphantarroy,
Par le vouloir du roy.
2 Estoit en rang premièrement L'hospital de la Charité,
Du Sainct-Esprit semblablcment, Et aussi de la Trinité ; Les Capussins alloient après, LesFeuillans aussi tout exprès,
En grand dévotion
De bonne affection.
5 Les Pc'uiicns noirs, bleus et gris Marclioicnt après, pleins de soiicy, Et les mendians de Paris Les suy voient eu bon ordre aussi.
Les paroisses d'autre costé Sans faillir y ont assisté £n ordre, comme il fault Suivre un prince si hault.
4 Deux cent pauvres vestus de deuil^ La torche allumée en la main, Lentement et la larme à Tœil Ëstoient de ce funèbre train;
Du défunct tous les serviteurs Regrettoient aussi les valeurs
De ce bon duc aimé
Jadis tant renommé.
5 Après Téglise on pouvoit voir, Les chevaux de velours couverts^ De bon zèle et d'un franc devoir, Menez par hommes tous divers :
Et dedans un char bien orné; De velours tout environné,
Estoit porté le corps
Pour mettre entre les morts.
6 Ce char funèbre estoit conduit, De gentilshommes de la court, Chascun desquels estoit induit De plorer les malheureux tours, Que la fortune nous a faict Lorsque ce seigneur fut deffaict
Par le camp au champ mis Des maudits ennemis.
7 De monseigneur de Sainct-Sauvear Frère de ce preux admirai, Lequel mourut au lict d*honneur, Avec luy, par le sort fatal,
Le corps estoit aussi porté,
Avec toute saincteté, Par les blancs Pénitens, Qui Faimoient de tout temps.
8 Plusieurs évesques et prélats Suivoient les défuncts dessus dits, Avec un merveilleux hélas Perdans deux seigneurs si hardis :
Ce faict, on vit suivre Tinstant L^effigie représentant
Ce seigneur honoré Du peuple déploré.
9 Sur le char où mise on avoit Geste pourtraicture si bien, L^habit de pénitent se voyoit, A6n de n'y oublier rien ; Aussi le siflet marinai
Que doibt porter tout admirai, Sans vouloir oublier L'ordre de chevalier.
10 Les pénitens environnoient Ce char enrichy tellement, Après lequel aussi venoient Plusieurs seigneurs pareillement :
L'un portoit en l'air Tancre d'or, L'autre, pour singulier trésor, Son armet précieux, Pour paroistre à nos yeux.
11 La couronne de duc estoit Portée aussi triompliamment, Tellement que rien ne restoit Peur rhonorerhumainement :
Le noble duc de Montpensier, Que nous devons regracier,
Menoit premier le deuil A ce triste cercueil.
12 Maint seigneur le suivoit aussi £n ceste affaire noblement, Gomme aussi faisoit en cecy La docte cour du Parlement.
Yotlà, Chrestiens, en vérité, Comme enfin on s'est comporté,
Conduisant bien et beau Ce bon duc au tombeau.