EN LA DEFFENCE DE PONTOISS
PoDtoise, afin qu'à Tadvenir, Chacun se puisse souvenir Que tu as fait grand résistance Au dernier Valois de la France,
1 Je veux publier en ces vers.
Par tous les coins de Tunivers, Que tu as deffendu sans crainte Le parti de la cause sainte.
2 Plusieurs régimens commandez Par grands seigneurs furent mandez Dans Pontoise pour la defifendre, Car Tennemi la vouloit prendre.
5 Deux rois, usant d'un pied léger, La vindrent soudain assiéger, Ayants à force infanterie Et une grande cavalerie.
4 Henry de Valois y estoit Lequel ses troupes excitoit, Et pour leur hausser le courage Leur donnoit Pontoise au pillage.
5 Le roy de Navarre guidoit Ses Huguenots et présidoit
Au camp, car Henry de sa grâce Luy faisoit là tenir sa place.
6 Ceux qui dedans Pontoise estoient A bien deiïendre s^apprestoyent, Sans s'estonner de voir Tarmée De deux rois contre eux animée.
7 Mais surtout raconter je dois Ce qui firent les Lyonnois»
Qui monstrèrent en toute sorte Une asseurance brave et forte «f
8 Ils repoussèrent bien souvent L'ennemy, lorsque plus avant Pensant s^approcher pour combattre, Hardis, ils le venoient abattre.
9 Si Ton eut razé les faubourgs Qui ceint Pontoise tout au tour, Il n'y avoit moyen quelconcfoe
De rassaillir ou la prendre onc(}^a6;
10 Mais on ne voulut nullement Démolir si grand bastiment, Et voilà comme Tavarice Apporte tousjours préjudice.
11 L'on ne voyoit le cœur Soit pour deffendre ou Aux Lyonnois, lesqu Combattoient avec g
12 Ils soubstindrent virilement Et combattirent longuement Dedans T église vénérable De la Vierge très-honorable.
d5 Car les ennemis de plein sauts, Par là donnèrent leur assauts.
Pensant, s'ils gagnoient celle église.
Que la ville seroit tost prise.
d4 Les Lyonnois qui entendoient A quoy les ennemys tendoient, Gardèrent d^une force exquise Tout le pourpris de celle église.
15 Mais les canons des ennemys, Qui contre estoient braquez et mis Et tonnoyent ainsi que le foudre, Mirent toute la vouste en poudre.
16 Le camp des deux rois a esté En ce siège très bien frotté; A veu, assiégeant Pontoise, Que vault la force Lyonnoise.
17 Parquoy ces roys de plus en plus^ Voyants tant de leurs chefs perdus^ Se despitoycnt, et leur courage Estoient tout agité de rage.
18 Par dix- sept jours tout entiers
Ils nous battoyent de tout quartier.
Mais nous repoussions leur furie A grands coups d'escopeterie.
19 Les citoyens n'espargnoient rien De ce qui esloient de leurs biens, £t donnoyent aux soldats courage Par bonne chère et bon visage.
20 Les femmes venoyent aux rempai"»
Çt y apportoyenl aux soudars
De tous ce qui estoyent nécessaire, Sans craindre le catnp ad?er«aire.
21 Mais tant jour que nuit canonans, Et sur notre ennemy tonnans,
Noz pouldres, hélas I nous faillirent Et en grand tristesse nous mirent,
22 Nous en apporter Ton n'osoit.
Car Tennemy s'y opposoit.
Se tenant sur les advenuz Avec canonades menues.
25 Mais pour ce le cœur ne perdions, Ains bravement nous deffendions, Voulant, la bande Lyonnoise, Mourir pour deffendre Pontoise.
24 Lors, on fit composition, Avec bonne comdition, Et ne fut la ville outragez Ny par Tennemy saccagez.
25 Car nous voulions plustot la mort Que de permettre un si grand tort ; Plustot eussions perdu la vie
Que voir la ville en pillerie.
26 Par quoy sortîmes de ce fort Avec un honorable accord ; £t Dieu voulut nostre sortie Et aussi nostre départie.
27 Car après, Henry de Yaloys Pensant voir rendre les abboys A Paris, ville renommée,
Où il vint camper son armée,
28 II logea au Bourg de Saint-Gloud, Où il fut frappé d'un tel coup
Le jour des Liens de saint Pierre, Qu'il ne nous fera plus la guerre.
29 Nous prions Dieu qu^en Paradis Soyent tous nos bons compaignons mis^ Lesquels sont morts dedans Pontoise, Et qu^au ciel leur âme s'en voise.
30 Celuy qui a fait la chanson Est un des enfans de Lyon
Qui cominandoit dedans Pontoise A une bande Lyonnoise.
XXXVUI CHANSON NOUVELLE