‹ Recueil de chants historiques française (volume 2)Chapitre 93 sur 120 · DÉDIÉS A TOUT LE PEUPLE CATBOUQUS · texte numérisé non relu

DÉDIÉS A TOUT LE PEUPLE CATBOUQUS

1 Celuy qui avoit tant trompé Le peuple françois et Téglise, Est mort, et a esté frappé D'un qui pour nous sa vie a mise.

â Henri de Valois, dès le jour Qu'il prit en ce monde naissance ^ Monstra qu'il n'avoit point d'amour.

Point de pitié, point de clémence.

5 II a esté tousjours nourry En vices et en hérésie, Où son cœur estoit tout pourry Et son ame toute moisie.

4 Soubs le roy Charles bataillant, Il soustenoit les hérétiques.

Et secours sous main leur baillant, Il oppressoit les catholiques.

5 11 a fait mourir d crédit

Uii nombre irifiny de gêna -d'armes, Et a, le meschant et maudit, liemply nostre France de larmes.

6 II n'avoit point d'autre désir

Que de sang, de meortre et de rage; Il n'avoit point d'autre plaisir Que la cruauté et carnage.

7 Le» Bochelois estoieut vaincus, Et à luy jâ se voulaient rendre ; Mais il aynna mieux leurs escus Que les surmonter et les prendre.

-i Monstrant bien par là qu'il estait Le support de noz adversaires, Et que faveur il leur prestoit Pour aigrir lousjours les affaires.

9 Puis en la Poulongne il passa, Qui pour i-oy l'avoit fait eslire ; Mais tost après il la laissa.

Et s'en revint sans mot luy dire;

10 Et en la France retourna

Pour la tourmenter et deslruire , Car jamab rien sceit faire il n'a Qu'affliger le françois empire.

11 Las! chacun se resjouissoit De son retour et revenue; Mais le ciel, qui le cognoiesoit, PIcuroit d'une pluye meniie.

12 Dès qu'il a esté de retour^ Le peuple françois et Téglise N'a eu cesse d*avoir tousjour La main dedans la bourse mise,

15 Pour fournir argent à ce roy, A ce tyran trôs-exécrable.

Qui a tout mis en desarroy, Rendant son peuple misérable.

14 11 a mesprisé les seigneurs

Et les princes des plus baults titrvi^ Et a advancé aux honneurs Des petits coquins et belistres.

15 Tel qu'a esté vu d'Espemoti^ > Lequel se nomme Jean Yallette,

Qui a esté son seul mignon, Et qui faisoit tout à sa teste.

16 II n'avoit point de pitié.

Ni point de loy durant sa vie ; Tousjours hypocrite a esté, Dissimulant son infamie.

17 Enfin voulut faire mourir

Dans Paris plusieurs catholiques, Et ne les faisoit point périr Que pour ayder aux hérétiques.

IS Parquoy le peuple se banda Contre ses desseins détestables, Et partout se baricada Pour ne voir choses exécrables.

19 DèsreJQiiilc Ijt;iii rnscliû De voir sa volonié dijceue,

El qu'on l'avoit bien empesché Qu'elle n'oust iioint sa llèie issue,

20 II sortit de Paris, jurant

Qn'il la réiiniroit tome en cendre, Et (|ue devant qu'il Fust un an ]| feroit tout le |ieu[ile penil».

21 Et pour mieux venir à la fin De son vouloir et entreprise,

Il fit semblant, comme oîtnni Au, D'aymer le haut seigneur de Guise.

jp Pois fit les esLats H.ssemblcr ■ A Blois, ptTs le lleirre de Loyre j Mais c'estaiL pour mieux tout IrouMer, Ce que poni' lors l'on n'eust soeu croire.

23 Les estais donc estant dressez, Et venu de toutes proviaoes, Et plusieurs propos prononce?.

Par luy et par les autres |irJnces,

2i 11 fit [ô acte de tyran)

Massacrer lea seigneurs de Guise, Qui là tenoiem le premier rang Pour la nobkïiSL' et pour l'église.

as El fit emprisonner louâ ceui Qui estoieiit câlenz des provinces, Sans avoir esgard ny à eux, Ny à la toy des roys et prinoei.

S6 Puis voyant son peuple irrité Contre luy pour ce faict inique.

Il a accreu sa malheurté, Et s*est joinct avec Thérétique.

27 Et est venu devant Paris, Avec une puissante armée.

Menaçant dangers et périls A la ville tant renommée.

28 Si bien que le peuple trembloit.

Craignant sa furie enragée.

Et jà à un chacun sembloit De voir la ville saccagée.

29 Mais Dieu, qui secoure au besoin Le peuple qui en luy se fie,

Par sa bonté a eu le soin Des Parisiens et de leur vie.

50 Mouvant le cœur dévotieux

De Jacques Clément de Sorbonne, Bon prestre et bon religieux, Qui tousjours a eu Pâme bonne,

Si A tuer ce tyran maudit,

Ce qu^il a fait de galant homme, Voyant qu'il estoit interdit Par notre saint Père de Rome.

52 Avec un couteau bien petit, Il a tué ce roy inique, Ce tyran meschant et maudit, Yray ennemy du catholique.

55 Et Iiiy ayant donne les coups Qu'il falloit pour l'oster du mouJe^ Il s'est jette à deux genoux, Priant Dieu d'amitié profonde.

54 Les quarante-cinq malheureux, Voyant Henry plaignant sa panée.

Ont frappé ce religieux, Le massacrant à toute outrance.

35 O religieux fortuné !

O heureux, ô vrayement louable !

Heureux le jour que tu es né, Pour nous estre si secourable.

56 Tu as toi seul plus entrepris Que nostre camp et nostre armée, Tu mérites un très grand prix

Et une grande renommée.

57 Près de Seine, au bourg de Sainct-Gioud, Le jour des Liens de sainct Pierre,

Fut fait ce beau et heureux coup, Qui rompit les liens de la guerre.

58 Roy de Navarre, tu n'as plus

Ny force, ny pouvoir quelconque ; .

Tu es foible, tu es perclus ; Roy, tu ne le seras pas oncque.

39 Le peuple franc»

Puisqu'il est bon et ,

Avoir un roy qui aux i S'est déclaré pour I

40 Nous n'avons peur comme lu vois De toy, ny de ton cxercite, Puisque le tyran de Valois

Est allé aux eaux du Cocyte.

41 Mais je reviens à ce Clément, A ce religieux honneste, Qui a tué le faux tyran,

Et nous a tous remis en feste.

42 II faut qu'en un temple honnoré Il soit mis avec grande gloire, En or ou cuivre eslaboré, Pour une éternelle mémoire,

45 Et qu*à Tentour de son pourtrait Et de sa puissante effigie L^on mette avec un brave traict Cest épitaphe de sa vie :

44 C'est ici ce Clément heure Qui jadis délivra la France Du dernier Valois malheuré,

Qui tenoit le peuple en souffrance.

45 Pourquoy que chacun d'an en an Célèbre la feste honnorée,

Et que bien solennclleman (sic) Sa louange soit célébrée.

CHANSON NOUVELLE

1 Pleurez, pleurez, fidèles toyalistea, Et vous nussi qito l'on diL politiques, Vous devtz bit:n pleurer à cesto Tais, D'avoir pui'du noble Heiiry de ValloU.

2 Vous, d'Ëapoiuon, et aussi La YaUeUe, Ne pleurez-vous la nioit de vosUe tnaintre, Qu'en son vivant vous avoit tanC aymez Que ses mignons vous estiez renoroiufs?

5 Ce noble roi de France et de Polaugne, Qui vous aymoit autant que sa personne, 11 tut tue |>ui' un iriescliant muiiu, Jacques Clément, qui estoit jacobin.

4 Jacques Clément, n tu estois â naUtre, Las! nous aurions nostre roy, uostce maistrc; Tu l'as occis avecques un cousleau.

Tu as faict pis que fit oiicques bourreau.

3 Incontinent que lu reens hnplesoie.

Te Tusl venu quelque mort bien extrême, L'on le liendroit au rang des innocens Là où lu es le mesebanl des mesehans.

Droict au faubourg ce traistre se transporte, Devant le roy se mettant à genoux, Ayant tousjours son malheu eux courroux.

8 £11 luy disant : Bonjour, mon roy et maîstre, Je suis ici vous pourtant une lestre ,

Que vous transmet de Brienne le seigneur, Qui prisonnier a besoin de faveur.

9 Ils ont cogneu la faute quUls ont faicte D*avoir voulu eslir un autre maistre,

Et ce voudroyent bien tous estre endormis. Alors que vous sorti stes de Paris,

10 Le noble roy voulant lire la lettre,

Ne se doublant de ce malheureux traistre : De sa grand manche en sortit un cous eau Qui luy perça le ventre et le boyau.

11 Incontinent les archers de la garde Subitement à grands coups d^hallebarde Se sont iettez dessus le iacobin.

15 Quanil le roy \'H f]ue la mort tailoîl prciidrp, A Jésus Christ son aine il recnmmande.

Eu luy disant : Ayez de mtiy werty, Car je suis morl sans l'avoir deserïi.

H Et voua aussi, noble roy de Navarre, Soyez tousjours suivi de bonne garde, Ne vous fiez en ces traistrcs Ligueui ; Car vous voyez le malheur qui vient d'eux.

IS Si Ton a ven un grand malheur en France , C'est aujourd'hui, hélasl car il avance Le cours de vie du noble roy Henry ; Je prie Dieu que l<iy (joint Paradis !

J6 Mais ce grand roy de Navarre et de France Nous ostera trestous hoi's de souffrance ; Aussi il est à toutes vertus ne, El pour noslre beur tlu haut ciel destiné.

CHANSON NOUVELLE

CONTENANT LES DERNIERS PROrOS DU FEU ROY TRES CHRESTIEN

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