‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 107 sur 181 · DU MARIAGE DE MONSIBUE LE DAUPHIN ET DE LA ROYNE D*ESG088B · texte numérisé non relu

DU MARIAGE DE MONSIBUE LE DAUPHIN ET DE LA ROYNE D*ESG088B

Sur li ehamt du Bouibiif.

Dois ta pas estre aise, O peapla escossoîs, D'cstre en l'obéissaiioe Du petit roy Fraiiçoys !

1 Peuple escossois.

Ne sois plus en esmoy, Car tu as maintenant Un bon prince et bon roy ; C*e8t François de Valois, Le fiizdu roy Henry, Qui pourtera le sceptre Semé de fleurs de lys.

Dois tu pas, etc.

S C*està votre royne, Blanche comme le lys, Que le bon roy de France A marié soii filz.

En grant triomphe Et honneur prefis Dedans la grande église >03lre-Damc à Paris.

Dois tu pas, etc.

9 Quand fiendrent à Téglise Pour estre espoasez»

Le bon prince de Guise Marchoit tout le premier.

Cestoit pour donner ordre A tous les asftistans, Et voir le roy d'Escosse En aage florissant.

Dois tu pasy etc.

4 Après marchoit en ordre Le noble roy Henry, Et noble Katherine; Royne des fleurs de lys.

Menant la noble royne Dame des Escossoys, Pour la donner à femme Au second roy Françoys.

Dois tu pas, etc.

8 Au partir de l'église, Le noble roy Henry Et tout le sang de France Sont venus avec luy, Pour conduire Tespouse Blanche comme le lys En la salle royalle Du palais de Paris.

Dois tu pas, etc.

6 L*an mil cinq cens Avec cinquante et huit,

Nostradamus L'avoit très bien préd;!.

Que nopce royalle En France viendroit, Qui sont apparente Du second roy Prdnçtijrs.

Dots tu pas, été.

7 Chantez donques louanges Tous nobles Escossois, Au grand Dieu des aiiges De voslre roy Françoys, Qui, par mariage, Vostre royné l doue

De son florissant àa^ë £t sa grande beautë.

Dois tu pas, etc.

8 Qui la chanson a faicte.

Du second roy È^rauçois Et de la noble royhé Dame des Escossois, Ce fait appeller Chantre Par nom en ses escMts, Priant Dieu pour édil pHnbé, Le roy des fieUi« de \^i.

Dois tu pas esirë ëlsfe, O peuple Escos^ik, D'estre en Tobéissahcë Du petit roy Françoys.

CHANSON NOUVELLE

DE LA PRINSri bi CALAlf.

FaicU tur U ekant : Il «itoit an grif aojrae.

Calais, ville imprciiable, Recognois ton 8eigiicur> Sans estre variable^ Ce sera ton honneur.

1 On va (Nurtoot dUaiit, Jasques (il NdHnahdlë, Et riant et chanûht Par toute Picardie; Que Calais M ]oly« Est prinse des Françoys, Malgré tonte Tenvye Des Bourguignons Ânglois.

Calais, ville impnnable^ tte.

a Lasîtuteftmebieil Passée de ftdre fuerroi On ne te disoit ritn^ Ny à toute Angleterre^ Tu as rué par terre La ville Sainct-Quentin, C'est podrquoy ôîi te sérrë Du soir et du matin.

Calais, ville imprenablei etc.

5 Le roy Henry voyant La grande tyrannie Que tu alloU faisant, Toy et ta compaignie, Dedans la Picardie Sans ravoir averty, Sur toy a en envie

En toy disans : Rens-toy.

Calais, ville imprenable, etc.

4 Messieurs de Guise et Termes Sont allez à puissance, Sans falloU ny lanternes, Te rendre récompense.

Car à grands coups de lance, Bombardes et canpns, Tout foulé sur la pance.

Aussi aux Bourguignons.

Calais, ville imprenable, etc.

8 Deux cens dix ans et plus, As esté bourguignonne :

Mais tu es rué jus.

C'est à eux grand vergongne.

Quoyque Tempereur grogne, Luy et tous les Angiois, Tu es comme Péronne Subjette aux Françoys.

Calais, ville imprenable, etc.

6 Espaignols, Bourguignons, Ils meurent de gr«nl rage,

Car lean doubles canons Sont prins, et leur passage Est rompu au rivage De là mer ceste fois.

Visiter les Anglois.

Calais, ville imprenable, etc.

7 Monstreul, Ardre, Boulogne, Beauvais et Abbeville, Amyens, qui pas n'eslongnes, Et Paris la grand ville, Baptisez vostre fille, S*entent mal de la foy ; Jésus- Christ et TÉglise

Le veult, aussi le roy.

Calais, ville imprenable, etc.

8 Qui feit la chansonnette?

Ce fut ChaieaU'Gaillard^ Estant en sa chambretCe, Se plaignant de son lard Qui pris par un vieillard Luy fût secrètement.

Mais le tirant à part^

Luy dit : Cest moy, vraiment.

Calais, ville imprenable, Recongnois ton seigneur, Sans estre variable, Ce sera ton honneur.

CHANSON

SUR LB GOMTB DB VONTOOVHBIIT

SUR LB CHANT DO CAPirAINB LOROIB.

Ift69.

i Combien est oublievx Qui se fie à fortuael Enoor' plus malheureux Qui par trop Timportune.

Eu sont souvente fèis Les princes et les roys En grand meMhef et honte :

Moy très bien le cognois Que naguères festoie De Mont-GommèryeMHe.

S Fortune m*a esté Favorable en jeunesse, Mais elle m'a contristé Arrivant en vieillesse.

La France m'a cogneu Chevalier bien receu, MoRté comme siinci George, Et Tui^des plus subtils; Aussi edtçis-je fils Du capitaine Lorge.

5 Du noble roy Henry Gentilhomme de la cliambre, J*estois en bel arroy Ailroict de corps et membre.

Bien jouer je scavois De lance et de long bois, Piques et hallebardes.

Aux jouctes et tourooia L'on me prenoit pour cliois, .Capitaine des gardes.

4 Par un fatal destin

Le roy voulant s*ebatce, Me dist par un matin Qu'à moy voulait cooibaUrc»

Par son commandement Fus armé vistemeut.

Sans penser à nul vice De ma lance un éclat»

Roide pointe et plat.

Le tua dans sa lice.

5 Le roy, par testament, Prononça à haute voix Que n*avois nullement Vers Iny commis la faute ^ Toutes fois j'eux tremeur, Et craignant la rigueur Du sang royal et Tire,

£t par bonne raiaon Advise ma maison, Soudain je me retire.

6 Or, quand je fus à Ducé, Bientost en grand vitesse Le prince de Condé M'envoya autre adresse.

Alors je commençay, En pensant m'avancer,

— il6 —

A lever des gciidarmcâ ; Prestres ru tous cartiers, Moinec et cordelière, Sentirent mes alarmes.

7 Je ftis trop rigoureux A Rouen bonne ville, Par un séditieux Monsieur de Mendreville ; Car j*eus le cœur si haut Que j^attendis Passaut Duroy etdesa mère;

Et voyant leurs efforts, Que n'estions les plus forts, Sailly sur la rivière.

8 Sans foire long séjour, Sur la mer print mon erre, Me donna du secours

La royne d* Angleterre.

Tost je repassay Teau, Vins bastre le chasteau De Caen, aussi la ville.

Par un subtil hazard, Je tuai Renouard, Un capitaine habille.

9 Vire sçait bien comment Pavois grande puissance ; Leurs moines et couvents Je mis en décadence :

Bourgeois mal entendus, Qui s'estoient rendus.

Fis estrangler et pendre.

Leurs images dorez,

AQ feu furent jetiez.

Et leurs thréeora fis prendre.

10 Du pays Navarrois Bientôt je pris la voye, Et point je nVspargnois Ne Biard, ne Biscaye :

Abbayes, prieurez,

Et leurs joyaux dorez, Mettois en ma vallise.

Et mesme mes soldats N'estoient point trop couarto A piller mainte église.'

11 Du prince Navarrois

A Paris fus aux nopces.

Mais tousjours je craignais Qu'il n*y eut playe on bosse.

Ainsy le cas advint Que PAmiral fut prins, Et maints grands capitaines.

Dix mille hommes tuez, Et leur sang épanchez, Souffrans de mort la peine.

13 Estant bien adverty Du banquet et festage, Soudain je m'en partis Laissant tout mon bagage $ Sus ma belle jument Chevauchay vistement.

Trente lieues tout d'un erre.

Craignant les poursuyvans, Avec femme et enfans Passay en Angleterre.

15 D*un irèf-mtttvaif conseil J'eus la teste eslourdie, Et sans grand appareil Revins en ]Norinandi«.

A SainctLo j'arrivay»

Colombiers y trouvay* Tenans fort dans la ville.

Pour me penser haper^ Matignon vint camper Bien des soldats dti mille.

14 Sans avoir sauf conduit, Quant la nuict fut fort brune , Sans mener aucun bruit,

Je poussay ma fortune.

Le camp j'ay traversé, Sans y estre blessé, Fis longue chevaudiée, Jeudy cinquiesme may»

Mist Mortain en esmoy.

Où fis briëve couchée.

15 Le vendredy matin,

De Domfront prins la voye, Pensant avoir butin Tant d'or que de monnoyê.

Tant de jour que de nuict Matignon me suivît, Yestu de ses armures.

Dix mille hommes de front Campa devant Dom -front Le Dimanche à sept heures.

16 Las! je ne pensois pas Si tost avoir la chasse,

— SM0

Desjà prenois repasj Pour prendre aucune pUce.

Peu de gens nous mlions.

Et si poinl n*avioni Pièce d'artillerie, Tant d'enbas que d^en kaul.

Nous soustinroes Tassant, £n faisant grand turiei

17 A force de oaaons Ont batu la muraille, Et par plusieurs cantOQi Soldat vint à rescaille.

Devroyent avoir grand deuU Pour prendre un bomme seul»

De faire tant d'aUrmea t Dans ce camp d'Oafemoî»,

Je vis le long du bois Bien dix mille gendarmes.

18 Mais voyans leurs eflforts, Je ne fis résistance.

Apprébendant la mort, Je fis obéissance

Au noble cbevalier, Me rendis volontiers, De face gracieuse :

A Sainet-Lo m'ont mené Et puis m'ont ramené A Paris ma haineuse.

19 Là je pensois trouver

De mon bon Roy la grâce :

La mort m'en a gardé , Ne Tay poinl ven en face.

.Te n'ay trouvé en court Que bien peu de sjN^nrg, Et cruelle justice.

Dessus un eschafliiut Mon chef bailler me font, C*est mon dernier supptice.

80 Ckimtes, barons, marquis, A moy prenez bien garde, L*bonnenr que j*ai acquis Ma mort point ne retarde :

Quand penserez à moy, Jugez, seriez-vous yray, Qui TOUS donne à cognoistre Qu'il ne faut point vouer, Encores moins jouer Jamais contre son maistre.

RlîGiriS DB FHAWÇ0XS II.

CÏUKSON NOUVELLE

SUR LA BEMOMTHANCË FAICTTB AU ItOV PAfl MO^ÏSEIGXEUR tl me I>E GLTTSE.

Snr U eh^nt: Vueilie toûil IMei] par i« frice»

1 Roy de France, mou clier prince.

Voua obéir je prétends ; Quoi qu'on en die, Je n'aye envie Que de vousi vcoir (lorir.

Longuement c^tre Tenant deux sceptres ; Pnur vous je veux mourir.

s Pnis^jue vous m* avez en Fratiep Vosire Sieutenant commiii, J'éproQt^eray ma puissance, Ëucontre voz ennemis.

Princes estranges,

SMIz ne se rangent A vous comme à leur roy;

Partout ce estre

Feray paroislre, Quefay charge du Roy.

5 A tous je feray congnoistre Le lieu d'où je suis sorty, Pour vous maintenir le maistre Je n'ay le bras endormy.

S'ils font la grongne,

Quoy qu'ils en grongne, Tel je vous maintiendray ;

On hors de France,

f^r P19 puissance.

Tous je les çhasseray.

4 Aux orphelins et aui vef^es Le droict faire je prétends, A mon dire gist la preuve De moy ainsi je l'entends.

Et la justice

Avec police, Régnera désormais,

Tant qu'en la France

Vos ordonnances Reluiront à jamai^.

5 On a faict plusieurs 9||b$ides A l'endroict de pauvres gens; Ils demandent 4e Dijei) Yfiit^ A ce faict tan( pégligens.

Peuple de fronce En grand souffraiice

Par ces maudicts impo^tf.

Sire, je vous prie.

Que bientost soit finie Le malheur de (els maux.

6 Et qui plus %^ c<iur me wmn»

C'est de voir \^ hboureure Qui, jour et nuict, saqs nul à^i^, Se consomment to«8 ^n pl«ur»,

Ils ont I4 g\i$frf^

Dessus leur t#rr^« Qui les va tourmeq^a^ti

£t puis les taillais,

Et n'ont la maille De quojr payer comptant.

7 Je vois ce penplt, cher aire, Lequel crie à haute voix j Serons-nous tousjoun martyrM?

Jamais n'aurons-nom U paix ?

Une seulle heure

En nos den^eure* Ne serons hébergez I

Car nos campagnes.

Maisons, montagnes, Seront tous plains d'estrangers.

8 Sire, une cruelle guerre.

Si me croyez maintenant, Partout sur mer et sur terre Leur faut faire incontinent.

A force d'armes, Les mettrons en soucy, Snyvant la trace

Nul de leur race Ne prendray à mercy.

9 Je feray quitter les villes A rudesse de canon, N'espargnant les hérétiques Qui dedans se trouveront.

Ils veulent estre De ces lieux maistres, Ne congnoissans leur roy.

Mais foy de prince, En leur province Je leur ferai la loy.

10 Je vous supplie, très-cher are, De vouloir abastardir Tous les imposU et subsides, Les tailles pareilles aussi.

Puis, sans doutance, Peuple de France Vous yra bénissant; Chantant cantiques, Bons catholiques Prient le Tout-Puissant.

n GÏIANSOX

nt MAHTE STl'ABT bvn LA ^OHT E^ipnÉvue de fhwçuis ii,

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