ET SUR LBS VICTOIRES DU DUC DB GUISE
J'ai réuni dans cet alinéa toutes les chansons sur les sièges , prises et pillages de villes qui signalèrent la seconde partie des troubles religieux de France. Parmi
(1) Mémoire* et journal de Pierre de L'Estoile, Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France de V. jr/cAa«rf, deuxième série, t. i,p. 31.
- 2i7 — les pièces relatives aux régnes précédenls, on en a déjà rencontré plusieurs de cette nature. £IIes ont été composées principalement par les soldats occupés à ces sièges, et sous riipprcssion laissée par les événements ; ce qui leur donne un caractère tout particulier. San3 aucun doute il ne faut pas exagérer Timportance de ces documents , et Von aurait grand tort d*ajouter une foi •ans bornes à tous les faits qui y. sont consignés; ils méritent cependant d*èire indiqués avec soin, et renr ferment des détails uniques dans leur genre et qu'un iiistorien ne saurait négliger. J'ai recueilli plusieurs dç cas chaneons , je suis loin cependant de les avoir pu donner toutes. Ainsi^ bien que je publie un cog-àVdnp fort spirituel sur le siège de La Rochelle et une réponse des huguenots de cette ville, j'ai le regret de n'avoir pas rencontré le Hemonfvanee faieU aif4? JHochelois MUT levr obstination t pièce fort populaire, qui servit de modèle A beaucoup d*autres chansons et qui commençait par ces mots : TfaUreê de La Eochtile. On voit par cet exemple qu'un bien petit notpbre de «bansons politiques sont parvenues jusqu'à nous, en 4Mimparaison de la quantité prodigieuse de celles qui ont été composées. Il suffit de relever avec soin l'indication des airs devenus è la mode pour s'apercevoir des pertes nombneuses qu'on a dû (aire en ce genre.
Je n'ai pas besoin d'entrer dans aucun détail snr les différents sièges au sujet desquels je pqhlie quelques ebansons. Je ne pourrais, dans cette notice, que donner des renseignements incomplets. Je ferai seulement remarquer dtfux pièces composées, en forme de coq-àrdnèy sur le siège de La Rochelle et sur ceux de San^ cerre et de La Cbaritéi dans lesquelles il y a beaucoup
d'esprit. Malheureusement presque tons les traits de cette satire sont perdus pour nous, qui ne sommes plus assez près des événements pour saisir le Yéritable sens des allusions faites par Tauleur. Au XVI* siècle, on a souvent employé le cog-â-tàne : sorte de satire qui consiste, comme diacun sait, à réunir différents traits qui , ayant Pair étrangers les uns aux autres, ne s'en rapportent pas moins tons à rindividu contre lequel ils sont dirigés. Clément Marot a donné plusieurs modèles de ce genre de poésie. Dans deux ou trois chansons relatives au siège d'Issoire » il est question du capitaine Merle. Matthieu de Merle , baron de Salvas , fut un des chefs de bande les plus célèbres du parti réformiste. Ses hauts faits ont été racontés dans un discours intitulé : Lee exploite faUe par Matthieu Merle , laron de Saltae , en ^vearais , depuie Van 1576 jutqu'en 1580 (1). Les écrivains catholiques ont représenté ce capitaine sous des couleurs très odieuses et Pont accusé de s*étre livré , dans ses expéditions en Auvergne, à tous les excès. Voici son portrait d'après les mémoires du temps : « Sa taille étoit » moyenne et son corps épais , il étoit boiteux; la couu leur de ses cheveux et sa barbe étoient blondes. Il » portoit deux grandes moustaches relevées et sembla- » blés à deux dunts de sanglier ; ses yeux gris et furieux M s'enfonçoient dans sa tête; son nez étoit large et » cimus. Il ne savoit ni lire ni écrire , ce qui le ren- » doit cruel et barbare. • Dans la chanson dédiée à la noblesse et à la gendar-
(1) On trouve cette pièce t. ii des Pièces fugitives pour servir à l'histoire de France recueillies par le marquis d'Aubais, S vol. in-V; elle a été réimprimée p. 487 du t xi, première série de la Collection des mémoires relatifs à PMstoire de france publiée par MM- Mlchand et Poujpuliit
merie de France ^ comme dans celle qui a pour titre s Les vaillantUei et ehevalmreux faieti d'armeg que fait M, le due au payé de Flandrei^ on trouve Téloge de François , duc de Guise, le héros de la Ligue. On verra plus loin combien la gloire quUl s'était acquise était devenue populaire, et quel nombre de chansons de toute nature furent composées à son sujet.
Sous Tannée 1578 se trouvent deux complaintes sur la mort prématurée de Marie -Elisabeth, fille d'Elisabeth d* Autriche et du roi Charles IX. Cette enfant, née le 2r octobre 1572, mourut le S avril 1578. Quand cette princesse vint au monde , Charles IX avait fait inviter Elisabeth, reine d'Angleterre, d'en être la marraine. Le baron de Worcester fut envoyé en France et représenta la reine à cette cérémonie. Il apporta une cuve à baptiser en or massif (1).
Ces deux pièces, écrites dans le genre des complaintes populaires , se distinguent cependant par un sentiment plus délicat de poésie.
Une pièce fort curieuse , et qui se rapporte à Tannée précédente, est celle qui contient le détail d*une ordonnance rendue par le roi pour la police générale du royaume, et principalement celle de la ville de Paris.
Les ordonnances rendues par Henri III, principalement sur la police , sont assez nombreuses. Aussi ai-je eu quelque peine à fixer d'une manière précise la dale de cette pièce. Mais une ordonnance publiée par Fontanon , 1. 1 , p. 825 de son Recueil , est évidemment celle dont notre chanson veut parler; elle a pour titre * Ordonnance du roi contre le fait de la police générale du royaume, contenant les articles et règlements que
(1) Art de vérifier Un dmet, édition In folio, t i, p. 652.
I0 MaJêêU mmH $êir$ iÊi^lmkkmmt §mrê$t , niMt et ob$ir90X imt m /• ^iHe é$ fiarii qu'en toutêê te ÊUiTês le êmdit roffoume. Année isn. Chaque atti* tie de cette ordonnance correspond exaetement am Afférents couplets do la obaneon.
CHANSONS
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