ET CIMETIÈRE DES BETSTRSS
Sur iê chant t J'aime ma mie o6me mon corar.
1 Adieu, les ReistreSy adieu, Retirez-vouB en autre lieu j Laissez notre pays de France :
Allez au pays Navarrois Reformer le peuple et les loix, Car vous êtes gens de science.
a Vous pensiez dans ¥0Z chariots De France emporter les trésors Pour vivre désormais à TaizAi Mais vous n*avez eu que des coups»
De la pluye, dn vent et des poux.
Dont vous n'estes pas à votre aise.
5 Qui plus est, vous avez trouvé En France forme à votre pied; Las! c^est ce bon seigneur de Guyse, Yray déffenseur de nostre loy, Serviteur de Dieu et du roy, £t pillier de toute réglise.
4 Hélas! pauvres Reistres abusez, Vous avez bien esté trompez.
Croyans aux propos de mensonge De ceux qui vous ont faict venir En France pour vous enrichir ; Mais vous n*y aurez que la honte.
5 Adieu tentes et pavillons, Adieu cuysiniers et fripons, Adieu tambours et trompettes, Adieu Reistres et Allemans, Retournez à soleil levant Refaire faire toz cornettes.
6 Vous avez mangé notre blé.
Mais il vous a bien cher cousté ; Car il vous a cousté la vie.
Vous avez pillé nos maisons, Mangé nos poulies et chappons.
De vous voir n^avons plus d'envie.
7 Ceux qui vous ont esté quérir Vous proroettoient qu'au départir Auriez ville pour retraite ;
£n Lorraine i)0ur hyvemer Pour mieux la France conquester, Mais leur promesse n'ont pas faictes.
8 Ils vous promettoient payement, Pour quatre mois en bel argent.
Et de la France le pillage.
Mais au lieu d'y avoir gaigné.
Tout le vostre y est demeuré :
Chariots, chevaux et bagages.
9 Adieu le baron de D*4un8y, Qui avoit le reste amené A6n de nous faire la guerre ; Vostre salaire avez receuz»
Car vous êtes morts, abatus»
Gisant à Tenvers sur la terre.
10 Adieu cornettes et fanons.
Corselets noirs et morrions.
Chariots, chevaux et bagages; Adieu Lansquenettes trousteZ| Adieu gouges de camp rusez Qui chargez tous nostre i
11 Or adieu tous les régiments Des Reistres noirs et Allemans; Fuyez soudain en Allemagne, Souvienne vous une autre fois Que pour avoir veu les François Vus corps en portent les enseignes.
12 Quand reviendrez en ce pays , Si vous voulez être ensevelis.
Apportez draps ou toile blanche; Car les François preux et hardis Vous apprendront en ce pays, Vous ne reviendrez plus en France.
13 Les mazières et les ruisseaux Où gisent vos corps à monceaux En porteront bon tesmoignage.
Les champs d*Auneau, près de Dourdan»
Où sont morts trois mille Allemaps, Sont plaines de telle canaille.
iÀ Or adieu les Reistres maros, Vous avez perdu vos suppôts Et tous voz cantons d* Allemagne , Vous pensiez bien vous relever Et toute la France troubler, Mais ils sont morts à la campagne.
13 Si vous voulez gaigner le jeu.
Aller vous faut en aulre lien , Et ramener nouvelles forces.
Ce bon duc vous est attendant Avec son coutelas tranchant, Pour vous mettre ainsi qu'eux au coffre.
i6 Or, si vous estes pleines d*ahen, Allez pleurer vos riz d^enten Et chercher une autre province.
France ne vous soustiendra plus, Car elle eognoit vostre abus ; Aller vous faut à tous les diables.
XXVU CHANSON NOUVELLE
BUl LA DBFFAICTB DES EÉISTRBS.
Sur U ekmmt éê La Tictoire obtenue ptr 1m Bqptfnoto.
i Ce joly moys de may, Le premier jour d*esté.
Les princes catholiques Commence à assembler Leurs forces qui estoient Plus de quinze miir hommes; Prions Jésus-Christ Que victoire il leur donne.
S Quant nous vindrent aprocber Près le pont Sainct-Vincent, Pensant donner bataille Contre ces Alemans.
Mais ayant apperceu Qu'ils estoyent si grand nombre, Tant Reistres que François, Bien cinquante mille hommes,
5 Monsieur de Guyse, alors, De près les poursuyvoit, Avec son armée, Qui envie avoit
De leur monstrer bientoet Lear grande outreeaydance De venir ruiner Nostre pays de France.
4 Estant à Yilmory^ Eusmes advertissement
Qu'ils estoient en grand nombre, De Reistres là-dedans, Lorsque pensoient souper.
Pour leur entrée de table, On les a saluez A coup d'arquebuzade.
5 Ne se doutant du faict.
Commencent à se sauver, Les uns sur leurs chevaux^ Et les autres à pied.
Le duc du Mayne estant A Tentour du village De ces Reistres meschans, En fit un grand carnage.
6 Nostre roy trës-chrestien, Sage et bien advisé, Avecq' sa noblesse,
A tousjours empesché Les forces qui venoyent Pour le roy de Navarre • Qu'ils ne passassent point La rivière de Loyre.
7 Eux estant à Auncau Furent bien ébays,
Que veiient tant dVnscignes
De ces François venir Et qulls tarent appereeo Nostre armée en bel ordre.
Ils s'en sont enfuis S'épouvantant l'un Tautre.
8 Sainct Pol fut envoyé Et eut conunandement.
Approchant de la ville Il a dit à ses gens :
Allons, soldats, allons, Par-dessus la muraille Allons tuer le guet
Qui nous porte dommage.
9 Quant le guet entendit Les soldats approcher, Tuans et decoopans
Ceux qui pouvoyent trouver, I.es autres sont fuys Pour prendre leur arrourCi Nous les ont poursuyvis A grans coups d'arquebuze.
10 Capitaine Saint-Pol S'écrie à ses soldats, Sortant de Tembuscade Tenant leurs coutelas ; Tuez, soldats, tuez, C'est à vous le pillage, Ny mettez point le feu Ce seroit grand dommage.
11 Les soldats animez Plus fort que des lyons
Ont commencé la charge De maisons en maisons.
Les Reistres ne pouvant S'assembler pour combattre, Les soldats les tuoyent Estant eneore à table.
12 Lors entr'eux fut cooclud £t soudain arresté Que leur artillerie Il falloit enterré Et bientost se sauver, Ceux qui eu avions envie, Sinon qu'on leur fferoit A tous perdre la vie.
15 Les princes adviscz Ayant bien apperceu Qu'ils n'estoient que canaille Et bien peu résoluz :
Le bon Dieu a voulu Monstrer la grand folie De ces pauvres abusez Ennemis de rÉglise.
14 Nous prierons Jésus-Christ Qui nous soit défenseur, Faisant la grâce au roy Nostre bon gouverneur, Qui puisse mettre à fin Bientoàt toute hérésie, Et qu'on voye florir Tousjours la saincte Église.
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