‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 140 sur 181 · CHANSON NOUVELLE DE DEUX COMPAGNONS RÉISTRES · texte numérisé non relu

CHANSON NOUVELLE DE DEUX COMPAGNONS RÉISTRES

QUI SSTOYENT TENUS SN FRANCS BN ISPÉRANCS D'Y BIEN PILLER.

Sur le ehni :

AUoDgei la moy, ma nèret ma cdactiira.

DictesHDoy, compagnon Lance, Dîctes-moy , où allez-vous .*

— Ma foy, nous allons en France, Nous serons riches tretous.

Nous sommes bien trente-trois mille Beistres, Pour les François faire tretous bélistres.

— Mais, compagnon, je vous prie, Craignez -vous point ce monsieur, Car il charge de furie

Et nous ha & contre cœur?

Si une fois il vous enferme en France, 11 vous fera à tous payer la chance.

-r Compagnon, je vous asseure

Que joindrons les Navarrois :

Quand j^aurons passé la Meuze ;

Nous ferons de ces François Nostre vouloir; nous pillerons leur terre Et leur ferons jour et nuict forte guerre.

\ » CoDopagDon, donnez-vous garde, Si vous allez à Par»; Ils se tiennent sur leurs gardes, Cent mille hommes fort hardis.

-« Quoi! que dis-tu? nous aurons leur finance Pour nous braver à tout jamais en France.

( Nous aurons leurs belles bagues, Leurs ehesnes et leurs thrésors, Nous emplirons nos malles, Nos bahus et chariots, Si qu*à jamais nous n'aurons plus que faire De travailler, nous vivrons à notre aise.

\ -^ Haï vous comptez sans vostre hoste !

Il faudra compter deux fois,

Si une fois il vous chocque ;

Ainsi, comme je le crois, On vous fera à tous perdre la vie, Cest le destin de monseigneur de Guyse.

•— Compagnon, maudit soit Theure

Qu'à la France j'ai esté !

Jamais n'y feray demeure,

Il m'y a trop ennuyé; D*y retourner j'en ai perdu l'envie, Mes compagnons y ont perdu la vie*

— Compagnon, dy-moy où fut-ce Que vous fustes attaquez?

— Aussitost que passez fûmes, Ces Françoys-là tout exprès

Nous attendoyent pour nous donner la charge En nous faisant tousjours mainte bravade.

y — fintrMtM*Tous en la France Jusques bien près de Paris?

— Ouy, pour nous mauvaise chance ; Car là nous fûmes assaillis,

Dedans Atineau, par monseigneur de Gnyse, Qui BOUS bouta en pourpoint sans chemise.

10 ^ Ha .* compagnon, quelle parole !

Et où sont vos chariots?

— Ma foy , tout y est frelore , Mesmes tous nos gens sont morts.

Heureux eeluy <|ul couroit !e plus vite, Évitant mort par une heureuse fuite.

11 «-Ha ! compagnon, quelles nouveHes î Y retournerei-vous p)us I

Nos gens sont-ils pesle-mesie Comme vous dictes abbattus?

— Ha ! compagnon, je n'y ai plus d'envie Car J'ay fUlly & y perdre la vie.

la Nous estant sortis de France,

Ce fut la plus grand pitié.

Les paysans à puîesauce.

Dedans la Franche^Comté^ Nous ont delfeiels et par grande fÉrie Au demeurant ont foict perdre la vie.

13 — Haï OQiiipagnon, voua me faictes A ce coup bien ébahi.

Mais dictea-voy^ nos cornettes Sont-ils toutes à Paris?

— Ouy» eompagoon» eu signe de vieloire A (oui jamais il en aère mémoire.

i4 — Or, dictes-moy, je vous prie, . Retournez-vous au pays ?

— Ma foYi |e ai grandie envie Pour compter à noz amis De tous nos gens la piteuse défaicte.

Adieu, vous die, je vais faire relraicte.

CHANSON

ET ACTIONS DR GRACES POUR LES MIBACL'LHrSBg TICTOIEES

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