CHANSON NOUVELLE DE DEUX COMPAGNONS RÉISTRES
QUI SSTOYENT TENUS SN FRANCS BN ISPÉRANCS D'Y BIEN PILLER.
Sur le ehni :
AUoDgei la moy, ma nèret ma cdactiira.
DictesHDoy, compagnon Lance, Dîctes-moy , où allez-vous .*
— Ma foy, nous allons en France, Nous serons riches tretous.
Nous sommes bien trente-trois mille Beistres, Pour les François faire tretous bélistres.
— Mais, compagnon, je vous prie, Craignez -vous point ce monsieur, Car il charge de furie
Et nous ha & contre cœur?
Si une fois il vous enferme en France, 11 vous fera à tous payer la chance.
-r Compagnon, je vous asseure
Que joindrons les Navarrois :
Quand j^aurons passé la Meuze ;
Nous ferons de ces François Nostre vouloir; nous pillerons leur terre Et leur ferons jour et nuict forte guerre.
\ » CoDopagDon, donnez-vous garde, Si vous allez à Par»; Ils se tiennent sur leurs gardes, Cent mille hommes fort hardis.
-« Quoi! que dis-tu? nous aurons leur finance Pour nous braver à tout jamais en France.
( Nous aurons leurs belles bagues, Leurs ehesnes et leurs thrésors, Nous emplirons nos malles, Nos bahus et chariots, Si qu*à jamais nous n'aurons plus que faire De travailler, nous vivrons à notre aise.
\ -^ Haï vous comptez sans vostre hoste !
Il faudra compter deux fois,
Si une fois il vous chocque ;
Ainsi, comme je le crois, On vous fera à tous perdre la vie, Cest le destin de monseigneur de Guyse.
•— Compagnon, maudit soit Theure
Qu'à la France j'ai esté !
Jamais n'y feray demeure,
Il m'y a trop ennuyé; D*y retourner j'en ai perdu l'envie, Mes compagnons y ont perdu la vie*
— Compagnon, dy-moy où fut-ce Que vous fustes attaquez?
— Aussitost que passez fûmes, Ces Françoys-là tout exprès
Nous attendoyent pour nous donner la charge En nous faisant tousjours mainte bravade.
y — fintrMtM*Tous en la France Jusques bien près de Paris?
— Ouy, pour nous mauvaise chance ; Car là nous fûmes assaillis,
Dedans Atineau, par monseigneur de Gnyse, Qui BOUS bouta en pourpoint sans chemise.
10 ^ Ha .* compagnon, quelle parole !
Et où sont vos chariots?
— Ma foy , tout y est frelore , Mesmes tous nos gens sont morts.
Heureux eeluy <|ul couroit !e plus vite, Évitant mort par une heureuse fuite.
11 «-Ha ! compagnon, quelles nouveHes î Y retournerei-vous p)us I
Nos gens sont-ils pesle-mesie Comme vous dictes abbattus?
— Ha ! compagnon, je n'y ai plus d'envie Car J'ay fUlly & y perdre la vie.
la Nous estant sortis de France,
Ce fut la plus grand pitié.
Les paysans à puîesauce.
Dedans la Franche^Comté^ Nous ont delfeiels et par grande fÉrie Au demeurant ont foict perdre la vie.
13 — Haï OQiiipagnon, voua me faictes A ce coup bien ébahi.
Mais dictea-voy^ nos cornettes Sont-ils toutes à Paris?
— Ouy» eompagoon» eu signe de vieloire A (oui jamais il en aère mémoire.
i4 — Or, dictes-moy, je vous prie, . Retournez-vous au pays ?
— Ma foYi |e ai grandie envie Pour compter à noz amis De tous nos gens la piteuse défaicte.
Adieu, vous die, je vais faire relraicte.
CHANSON
ET ACTIONS DR GRACES POUR LES MIBACL'LHrSBg TICTOIEES