DU DBCBZ DB LA LIGUE
8mr te ektaU :
VeoiUe, Seigneur, pftr Ugràee, etc.
i Venei, Ligueurs, Je fOu» prie, Tenez tous me voir mourir, Venez pour toir de ma vie La fin et dernier soupir.
Las ! j*ai la France Mise en souffranee Par mon ambition ; Mais à ceste heure Faut que je meure .
Par Henry de Bourlnm.
a J'ai troublé toute la France Et aussi tout l'univers, Je fournissois des finances Afin de mettre à Tenvers Ceste couronne De qui personne Ne pouvoit hériter, Que ce roy roesme, Henry quatriesme, On ne luy peut oster.
3 J'avois les forces d'Espagne, Des Suisses et de Savoys, J'ai esté eu la catnpaigne Bien souvent six contre trois j Mais rhardiesse - Et la prouesse De ce roy généreux, M'a mis en fuite Par la poursuite De son bras valeureux.
* Toutes les villes de France Se rendent à leur vray Roy ; J*en avois en ma puissance Trois fois plus qu'il n'en avoit.
Mais Dieu qui est juste,
Voyant Tinjure Que faire luy voulois, M'a mis en ruyne.
Adieu la Ligue, Car mourir je m'en vois.
3 J'ai faict rougir les campaîgnes Du sang des braves Françoi*», J'ai faict ouyr aux montaignes Les cris que souventcs fois Faisoyent les vefves, Vq^anl la perte De leurs maris occis, Piller les villes, Violer les filles; Dieu a ouy leurs cris.
6 Je suis cause de la ruyne Des villages et villageois;
Ils me doyvent bien maudire Une infinité de fois.
Bref, en ce monde, Je suis immonde.
Mon nom est odieux, Jusques aux cendre 11 faut que j'entre Dans l'enfer ténébreux.
7 Or adieu, monsieur du Mayne, Qui de moy s'estoit armé Pour avoir ce diadesme Qu'il espéroit de porter.
Mais las I mes forces
Sont toutes mortes, Mes membres sont tous morts.
Il ne me reste
Sinon la teste Qui s'esbranle jà fort.
8 Or adieu, le Roy d'Ëspaigne, Qui doit estre mal content D'avoir jette en campaigne Tant de soldats, tant d'argent,
Pensant s'esteudre
Dedans la France \ Mais il s'est bien trompé,
Et qu'il s'asseure ^
. Pour chose seure Qu'il luy faut désloger*
9 Adieu, tous les autres princes, Qui m'ont voulu maintenir, Afln d'avoir des prauvinces Et de s'y taire obéir;
Las! vos affaires
Vont au contraire Que voas ne pensez pas ;
Car vostre Ligue
S'en va perie, Elle est près, du trépas
iO Le vray François me deschîre, Chacun me veut poignarder; Je me meurs, plus ne respire, Mon tombeau faut préparer.
Caron s'appresle En sa nacelle Afin de me passer.
T^but Tenfer s'arme Contre mon âme Afin de Tenchainer.
11 Mes chefs et mes capitaines, Changez tous d'opinion, Ne vous mettez pkus en peine De la Ligue et Union ; Suivez l'exemple De ceux qui se rendent A leur roy naturel v Il est affable Et en sa grAce Il vous fera rentrer.
CHANSON NOUVELLE
DIT PRINTEMPS RBTOlTaNÉ SUR L8 TEMPS QUI COURT.
Bt u ehanle tur U chaiU :
Quant ce beaa printemps Je roj, J'apperçoy, etc.
1 Quand ce dur prinlempsje voy,
Je cognois Toute malheurté au mondé ; Je ne voy que toute erreur
Et horreur Courir ainsi que fait Inonde.
2 Plus il n'y a d'amitié
Ne pitié, Plus n*y a de courtoisie, Il n'y a plus de support
Ne confort, Tout n'est plus que fascherie.
3 Nous voyons nostre prochain
Qui la faim Endure quasi de rage Sans luy donner verre d'eau,
Ne morceau ; CYst bien un l ische cournge.
4 Nous voyons de granJ îrmy
Ënnemy, Prest à se tuer Tun Taulre; Nous voyons le plus cher
Déchasser Son enfant pour prendre un autre.
8 Nous voyons Tenfant divers
Et pervers Battre son père et sa mère.
Nous voyons un estranger
Nous manger, C'est un cruel vitupère.
6 Nous voyons femmes parler,
Se mesler D'une infinité d'affaires; Et portant de grands cheveux
Fardineux Pour à ce monde complaire.
7 Nous voyons les paysam
Indigcns Demandant partout leur vie, Un bissac pour tout recol
Sur son col D'une pauvreié demie.
8 Nous voyons tant de voleurs
Pleins d'horreurs, Qui pillent, ruent et saccagent, Ne craignant ny Dieu, ne roy,
D'un esmoy Vomissent dix milles rages.
9 Nous voyons la belle fleur De couleur Se changer d'une avanture; Nous voyons ie beau jardin
Au malin Se fanir de sa verdure.
iO Nous voyons le feuillu bois
Geste fois Anéantir son feuillage.
Nous voyons le rossignol
D'un chant mol Déduire tout son ramage.
li Mais trop loin k laid hiboui^ Qui jaloux Est de nostre jouyssance, Il chante à haute voix
Dans les bois Pour nous faire desplaisauce.
là Nous voyons les amoureux Rigoureux Laissant leurs gentes maistresses.
Au lieu d'estre gracieux
Et joyeux Portent dix mille tristesse.
15 Nous voyons un jeune enfant
De six ans Renier Dieu et sa mère, Et faisant comparaison,
Sans raison, D'un horreur par trop sévère.
14 Nous voyons les pauvres biens
Terriens Diminuer d'heure en heure, £t les gentils arbrisseaux
Verts et beaux Qui par le pied soudain meurent.
15 Nous avons eu tant de maux
Et travaux, Guerre, famine et peste, Cruauté, horreur, esfroy
Et esmoy, Qui nous rompt quasi la teste.
16 Qui est cause de ce mal
Dur,faUl?
Noz pesche2 ords et terribles ; Nous sommes comme brutaux
Animaux A bien faire inutiles.
17 Nous ne tenons plus de foyj
Ny de loy.
Tant nous sommes gend ignares-, Nous sommes esblouis des cmix
Gratieux A tous nos péchez barbares.
18 Et changeons nostre vouloir
D'un espoir Et aussi nostre coustume ; Recognoissans nostre Dieu
Eu tous lieux, Nous ostera d'amertume.
i9 J'ai voulu par pas^e-temp^
Ce piiu temps Vous monstrer estre fragile, Afin de vous corriger
Et changer Sans estre plus inutile.
CHANSON NOUVELLE
SlUa LA DESOLATION DE LA FRANCS.
Et M ehaniê sur U ekant :
Pauvre Tille de BemoUni.
1 Qui veut ouyr une chanson Faicte des malheurs de la France ?
Et se chante d'un piteux son Pour vous conter sa doléance.
2 II y a desjà si longtemps
Que la guerre y est commencée, Dont tant de millions de gens Sout morts au tranchant de Tespée.
5 Tu (e sers de ces estrangers Qui sont de la maison de Guise, Liguez avec d*aul l'es meurtriers, Tous contre Dieu et sou Église.
4 Ce ne sont pas de Dieu les loix D'avoir massacrer en France,
Nos peuples, nos princes, nos roys, Mais Dieu en fera la vengeance.
5 DVntre vous fut un jacopin
Qui fit mourir nostre bon prince ; Jamais un peuple si mutin
Ne fut en aucune province.
6 Vous luy bailliastes le Cousteau, O gens remplis de meschantise!
Donc fit mettre sur le tombeau
Le roy qu'aimoit tant nostre Église.
7 En signe que vous désirez De voir la France consumée, En feu et sang vous vous plaisez Portant le rouge pour livrée.
8 Chassez au loing ces estrangers, Le duc de Guyse et du Maine, Faictes leur prendre les cartiers Devers le pays de Lorraine.
9 Hélas I ne vous alliez pas Avec ce tyran d'Espagne,
Car il ne prend point ses esbas Si dans le sang il ne se baigne.
10 Ayant un fils beau et plaisant, Contre luy print si grant malice, Bien qu*il luy fut obéissant, Il le feit mourir au supplice.
11 Dieu TOUS a de vos ennemis Préservez dés vostre naissauce* Le septre vous avoU promis De ce beau royaume de France.
12 Ce bon Dieu, il vous aime tani Qu*il vous faict florir en la guerre, Et ses faveurs abondamment Vous accompagnent sur la terre.
15 Un million d'autres sncces Et des victoires remarquables Vous a donnéy sy y pensez ; Mais les humains sont variables.
14 Suyvez tousjours la loy de Dieu, En ressentant vostre noblesse.
Obéissez à vostre roy
Et luy soyez tousjours fidelles.
15 Prions Dieu qu'une bonne paix Nous veuille donner en la France Et reformer à tout jamais
Le roy à son obéissance.
16 A nostre noble Henry de Bourbon, Nostre roy et souverain sire.
Ce n'est rien de bien commencer A celuy qui ne persévère.
17 Celuy qu'entreprint composer Ceste chanson, je vous supplie, Si n'est bien faicte, Texcuser, Il n'entend rien à la poésie.
CHANSON NOUVELLE
d'un bon soldat, VBAY et naturel FRANÇOIS.
Et te chante sur le chant :
£n quel boys plos sauvage, etc.
i Depuis quinze ans qne fai suivy la guerre Et du dieu Mars les snperbes estandars, J'ai recherehéles plus braves soldats Et plus hardis qui soyeot dessus la terre.
2 L'honneur françois m*a fait prendre les armes Pour mon vray roy, mon honneur et ma foy ; S'il s'en trouve un plus vigilant que moy Pour ces! effect A courir aux alarmes,
5 Si je n^y vay avec une assenrance.
Si je D^ vay d'un courage parfaict, Si je n'y vay de bon cœur en elîect, N'ayez jamais de soldat souvenance.
4 La France a ven la fleur de mon jeune aage, Et la vigueur de mou jeune printemps; Je suis François, et pour ce je prctens Faire service au roy de bon courage.
3 Je ne suis point un tyrau de Judée, Je ne suis point soldat de l'union ; Je suis vassal de Henry de Bourbon, Et pour luy seul je porte mon espée.
6 Tay dans mon cœur la fleur de lys gravée, J'ay dans mon coeur gravé le nom françois : J'aimerois mieux mourir cent mille fois Que de quitter le Roy, ny son armée.
*l Ce grand Néron, que du Mayne on appelle, Qui veut venger de ses Trères la mort. Va l'Espagnol chercher pour son support. Il attend vengeance étenielie.
8 Lyon, tu es pour certain bien heureuse D'avoir rrprins le party de ton roy
Et vaillamment déchassé loin de toy Geste union et Ligue malheureuse.
9 Bastards François, tyrans pleins de furie, Recognoissez vostre roy maintenant.
Ouvrez les yeux, vous verrez clairement Que Dieu luy veut conserver sa patrie.
10 Sus donc, François, prenons trestous les armes, Et nostre roy suivons aux fiers combats,
Pour ces Ligueurs espagnols mettre à bas, iiuy vons-le donc aux assauts et alarmes.
11 Que TEspagnoI et le Ligueur damnable Sentent PefTroy des redoubtez François, Et que vaincus ils soient à ceste fois
Et dechassez comme peste exécrable.
Dm «nx voyant la bresdie diftsattte et partaîcte :
\ r»5iiil faut aller, Bvs de grand hardiesse à«nt de grand rudesse OiileuT fait renverser.
5 IceWe gent maudite Ëstoîent presqu enragez, Voyant par grand furie Estreainsyrepousez.
Lorsd^emn et grand rage Wndrent à Vescalade îensani naos attraper.
Mab nous d'un grand <
Dont eux voyant la bresdie Suffisamte et parfaicte :
A Tassant faut aller, Mais de grand hardiesse kmak de grand nides^ Ou leur fait renverser.
Icelle gent maudite Esloient presqu enragez, Voyant par grand furie Ëstre ainsy repousez.
Lors d^enmii et grand rage Yiudrent à l'escalade Pensant nous attraper.
Mais nous d'un grand courage Et non point d'un cœur lâche.
On les fait reculer.
Les dames de la vifle D'un courage fort bon, Alors sorlesinaniiUes Troussant èeurs cotillons, Portant des cenitures Et aussi nourritures Pour ces braves soldats, JetUnt feux d'artifices Contre ces hérétiques Par dessus les rempers.
Ce Biarnois inique Enrengeant de grand deuil, Voyant les compagnies Amoindrir de moitié, De rechef ils nous firent Assaut fort et terrible
£t escalade aussi ; Du costé de la ville D'une grande furie Nous vlndrenl assaillir,
6 Lors nos gens voyant eatre Rudement assaillis.
Crièrent tostralarme N'estant point endormis.
Monsieur de la Vierte
Va de grande vitlesse Prendre la pique en main, Et nos soldata habiles Bepoussant par grand ire Ces meschans inhumains.
7 Seize cens sur la place Furent mis à l'envers; Voila comme on terrace L'hérétique pervers;
Car Dieu par sa clémence Aussi par sa puissance A eu piîié de nous, Chassant ceste canaille Bien loing des murailles Les renversant tretous.
8 Monseigneur de Flandre, Comme un bon gouverneur, Lorsqu'on crioil l'alarme Faisoit prière à Dieu
Qu'il préserve sa ville Qui est belle et genfille.
Soutenant son party Contre ces hérétiques
Lesquels de grande envie Luy veulent faire ennay.
9 Nuit et jour falsoit ronde Ce brave coronal De monseigneur de Joge A Tenlour du rempart; £t monsieur de la Yierte Qui par grande hardiesje Se marchoit bravement, Faisant tousjours bravade £t aussi à la garde A ces loups très meschans.
iO Alors d'un grand courage, Tant les petits qne grands, Tost la bresche remparent Plus fort qu^auparavant ; Dont la voyant refaictc Et aussi bien parfaicte Rebraquent leurs canons Du côté de la ville, Pensant par grand furie Que nous espouventerions.
11 Le jour qu'ils canonèrent Que Tassaut fut donné Le grand Dieu des victoin^s Nous a bien éprouvez, Un excellant miracle, £n faisant une ))ale Dessus il s*apparut Un crucifix sans fa lace, £t un pigeon blanchâtre Qui là vola (ou4joiirs.
12 Pi-ions Dieu par sa grâce De péril nous garder, Prions donc sans cœur laclie Aussi nous préserver ; Et que les hérétiques Aussi les politiques Soient renversez par bas, Pliant Dieu que nos princes Deiïenseurs des provinces Les meltent morts par tas.
CHANSON NOUVELLE
DU RENCONTRE DE l'ARMBE DU ROY