IS
De pamison lievent, par tel devise Qu'il firent faire au mort tôt son senriae. Li deus remaint, Gérars par sainte église
A fait de sa dame s'oissour,
Ce tesmoignent li ancissour.
Or ait joie Gérars.
13. Ils reviennent de leur pâmoison et font faire ao mort un service. Quand le deuil est passé, Gérard conduit son aroie à l'église, et il en fait sa femme, comme l'affirment les anciens.
Que Gérard ait joie.
CHANSON DU CHATELAIN DE COUCY/ âge 89 du Recueil publié par M. F. Michel.
iques nus bons por dure départie cuer dolant, je Taurai par raison :
[|uc8 tuertre qui pert son conpaignon fut un jour de moi plus esbahie.
Lscun pleure sa terre et son pais»
mt il se part de ses coraus amis ; } nul partir, sachiez, queque nus die, st dolereus que d'ami et d*amie.
séusse, de premiers à Fenprendre, B li congiez me tormentast ensi, isse mis ma vie en vostre merci , asse à Dieu grâces et merciz rendre
^ jamais nul homme eut le cœur nayré d'une sépacruelle y c'est avec raison que je l'ai. Jamais tourqui perd son compagnon ne fut plus malheureuse
ici. Chacun pleure sa terre et son pays quand il les amis de son cœur. Mais aucune séparation,
>le bien, n'est plus douloureuse que celle d'un et de sa maltresse.
Si j'avais su, avant de l'entreprendre , qae la sépame tourmentât ainsi, j'aurais abandonné ma vie à merci, et je serais allé rendre à Dictt des actions de
00 ce que ainz sonfTrites à nul jor QtM je fasse baanz à vostrc amor ; Mes je m^en tieng bien paiez à Tatendre, Puis que chacun vos 9in3ç ^i §aiiz pren4r^-
Li revoier m*a mis en b folie Dont je m'ierre ^arde^ mainte saison.
Dealer à li or fii quis l^achojsop Dont je morral ; et si je vif, ma vie Vaudra bien mqrt ; car cil quj m*a apris A estre liez, renvoisiez et jolis , A assez pis, quant sa joie est faillie ^ Que s'il pioroit tout i une (laschie.
Tout a croisiés amourous à contendre
Dealer à pif u ^ je rem^noir fihi ï
Car nés uns (loo) , pui9 Vvi|OMi« Vh mi t
grAces de ce qae tous avez souffert que j'aspirasse à Totre amour. Mais je me tiens pour heureux d'attendre, puisque
ç\^^m^ fûM« riipe m^ r^wp^flçe,
3. Le revoir m*a mis dans la folie dont je m'étais préservé pendant long-temps. J'ai cherché Toccaslon d'aller vers elle et j'en mourrai ; et si j'existe » ma vie vaudra bien la mort, car celui qui sait être joyeux, agréable et gracieux, est plus malheureux quand son bonheur loi manque, que s'il mourait dans une mêlée.
4. Tout croisé iimooreux doit choisir d'aller ^ Hm Po de rester ici. Nul homme, quand amour l'a saisi, ne
levroît ji si grfpf t^s entreprendre, ne |iuet pa« servir ^ tant sejgnour, it que fins cuep^ qu| bpt â ^aut honour (e porroit de t<sl çose desfendra, r pe, ^smOf we in'eQ dfiVé^ reprpp4M.
GQiifûrt vûi en vostre dése? ranee , je n^aurai à Dieu que reproehter; quant por li me convient vos laissier, [ues ne vi si dure désevr^ince ; cil qui voit tel amor désevrer, l'a povoir quUl puisse recouvrer, ssez plus de duel et de pésance ; n'auroit jà li rois, s'il perdoit France.
Dieu, amors, tout sui hors de balance, tir ni'estuet de vous sanz demorer ;
i entreprendre une affaire aussi grave ; on ne peot vir tant de maîtres. Mais aussi, puisqu'on cœor géqoi aspire à Thonneur ne saurait se dérober à cette ntreprise, dame, ne me blâmez pas.
è vois une consolation à me séparer de vous; c'est ien seul je pourrai me plaindre. Mais encore que je aitte pour lui , je ne vis jamais une séparation si car celai qui perd un tel amour sans espoir de mver jamais doit éprouver plus de douleur et de nce que le roi n*en aurait s'il perdait la France.
*àr Dien, amour, je n'hésite plus. Il faut me sépa-
Tant en ai fait» ne puis* plus arcster ;
Et s'il ne fust de remanoir Yiltance
Et reproche , f alasse demander
A ma dame congié de demorer ;
Mats ma dame est de si très grant ?aillance
Qu'à son ami ne doit faire faillance.
rer de tous sans retard; J'en ai tant fiiit, Je ne pois plus m'arrôter. Et s'il n'y avait pas de honte à demeurer, j'irais demander à ma dame la permission de rester; mais ma dame est de si haute vertu , qu'à son ami elle ne doit jamais faire faute.
LAI DE lA DAME DE FAYEL.
9^ 95 du Recueil publié par M. F. Michel.
Chanterai par mon corage Que je vueill reconforter; Car avec mon grant damage Ne Tueill morir, n^afolcr, Quant de la terre sauvage Ne voi nului retorner, Où cil est qui m*assoage Le cuer, quant j*en oi parler.
Dex! quant crieront outrée, Sire, aidiésà pèlerin Por qui sui espocntée :
Car félon sont Sarrazin.
le clianterai pour réconforter mon cceur» et je ne l>as' que mon grand malheur me fasse mourir ni ide folle. Et pourtant je ne yoIs personne revenir erre barbare où est celui qui fait battre mon cœur, jVntends parler de lui.
I , quand ils pousseront le cri d'alarme, Seigneur, lU pèlerin pour qui je suis dans l'épouvante, car les ins sont cruels.
Je souferrai mon damage Tant que le verrai passer, Il est en pèlerinage ; MmU atent son retornev, Et maugré tôt mon lignage Ne quier oehoison trover.
D'autre face mariage :
Folz est qui j'çp oi parler.
Dex!et£.
De ce 8ui au cqer dolente Que cil n'est en cest paîa, Que si sovent me tormente Ke je n'ai ne Jeu no ris* Il est biaus et je suis gante s
2. Je souffrirai mon malheur jusqu'à ce que rannée soit passée. Il est en pèlerinage , et j'attends impatiem' menisqn retour | et malgré toute ma famille je ne vaoi pas pberober 4*aQtre parti, Qu'on autre faaae mariais i fol est qui m'en yeit parler.
Dieu, quand, etc.
a. Ce qui rend mon cœur malheureux, c'est qu»celuilà est hors du pays; et j'en suis si tourmentée, que je ne puis ni jouer ni rire. Il est beau, je suis jolie. Seigneur
Sire Dexl por qilQ l'féis Quant l'uDs à Vémta tftérteftfé, Por coi BOi « ànfêtWê !
Dexletc.
De ce sai eh bone atente, ^e je son homage pris ; St quant Talaine douce vénie ^i vient de cel douz païs 3ù cil est qui m^atalente, Volentiers i tour mon vis; \doDc m'Mt vis que je Tsenttf Par desdm illoli aantiau §»•<
Dezletc.
De ce 8Ui malt déçue ^ue ne fui au convoier.
pour qtielle raison, quand l'un convient tant à nous avoir séparés.
f quand, etc.
'e qui me donne du courage, c'est qu'il m'a engagé et, quand la douce haleine vente qui vient du ays où est celui qui tant me plait , j'y tourne vo- \ mon visage ; alors je crois le sentir par-dessous anteau gris.
, quand, etc.
'ai été bien trompée de n'avoir pu le reconduire ;
— tes —
Sa chemise qu'ot veslue M^eoToia por cmbracier.
La naît, quant s'amor m'argue, La met delez moi eoncfaier Toute nuit à ma char nue, Por mes malz assoagier.
Dex! quant crieront outrée, Sire, aidiés à pèlerin Por qui sui espoentée :
Car félon sont Sarrazin.
ta chemise qu'il avait, il me renvoyapoiirqiie jelatiiiMe dans mes bras. Là nnit, quand son amour me brtle, je la mets coucher près de mol, toute la nuit» sur ma chair nue, pour adoucir mon mal.
Dieu , quand ils poosRt^ront le cri d'aUrme, Seigneor, aides an pèlerin pour qui je suis dans l'épouTaDte, car les Sarrasins sont cruels.
«c. de la Blbliotb. Roy. 1080. S. G.- — Roma ncero françato, p. 05.
Bien me déusse targier
chanson foire et de dis et de chans,
Quant il m'estuet alongnier
la millour de toutes les vaillans.
»i puis bien faire voire ventancc
i je Tais plus por Dieu que nus amans.
!n sui moult, en droit Tame, joians,
s el cors ai e pitiés et pésance.
Chacuns se doit enrorcier Dieu servir, jà n'i soit li talens; Et la chair vaincre et plagier, e tousjours est de péchié désirans ;
le devrais m'empresser de faire chanson, et paroles ûque, paisqu'il tant qae je m'éloigne de la meilleure eilleures. Et je pnis bien me vanter que je fais [>onr Dieu que nul amant. Au fond de Tàme, j*en très- joyeux, mais j*en ai au cœur souffrance et Dr.
Chacun doit s'efforcer de servir Dieu, bien qu*îl ait utre pensée. Il faut vaincre et mortifier la chair, Nijours est disposée au péché; Dieu reçoit alors le
Et lors Toit Diex la doble pénitence. Hélas ! se nos se doit sauver dolans, Dont doit par droit nm mérite estre gratis, Quar plus dolans ne s'en part nos de France
Vous qui robes les Groisiés , Ne despendés mie ravoir ainai ^
AnnMHi de Dieu lefiés.
Et que porront dire si tnneiMy Là où li saint trembleront de doolanoe Davant celui qui onqoes ne nenli?
A icM jor aeréa tnic mal kaillti Se sa pitié ne cacrre sa piiii
Ne jà por nul désiner, Ne remainrai avecques ces tyrans
double sacriAee. tfélast il quélqiiViii doH élra udTé par le malheur, mes mérites seront bien grands; car personne de plus malheureux ne quitte France.
3. Vo«s qnl Toiet les Croisés, ne dépensée pas Tar* gent ainsi, car vous senea les ennemis de Dien; et qoe pourrent dire le» ennemis de Dlen , là où les saiats U^mblerant de peur devant «lui qui ne mentit jamais? Dan« te jour-là vous serez tous mal venus si sa bonté ne sarpasse sa puissance.
4. Non, pour rien an monde, je ne itulerai avec ces lirigands qni se sont ctoisés ponr tic l'ai^Mit, poar
Qui sont croisiés à loier, r dtmer dan et lioijois et lerg ent .
is en croÎM envie qa'encréanee « quant la croli n^en pôt estre giniM , ;ex Groisiés sera Dicà trop eoiiffrana, ne s'en venge à poa de demorance.
Nostre stres est jà vengiés
s haus barons qui or li sontfoiliis.
Or les vosist einpirier !
e sont plus vil qu*onques mais ne vi si.
liait li bers qui est de tel semblance
n li oisel qui concbie son nit l
1 en i a n'ait son règne banni,
' tant qu'il ait aor sas homea poisaanca.
QvA les barons empirMs
t sans aeur, jà tant n'ara servi
clercs, bourgeois et sergents; la convoitise en a plus que la foi. Et qaand la croix n*a pu les 'y Dieu sera trop indulgent h leur égard 8*il ne se d'eux au plus vite.
fotre seigneur est déjà vengé des hauts barons qui t refusé leurs secours. Puisse-t-il encore les abaisir ils sont les plus vils que j'aie jamais vus. Maudit baron semblable à l'oiseau qui souille son nid. st peu d'entre eux qui n'aient déshonoré leur maiutant du moins qu'ils en ont eu le pouvoir.
Quiconque sert ces barons abâtardis sans condition,
Que leur en prcignc pitiés.
Pour ce vaut iniês Dieu servir, je vos di , Qu'en lui n'afliert ne aeur ne chevance , Mais qui mieus sert et mieus li est méri. Pléust à Dieu qu'ainors féist ainsi, Envers tos ceus qui en li ont fiance !
Or vos ai dit des barons ma semblance : Si lor poise de ceu que vos ai di, Si s'en preignent à mon maistre d'Oisi Qui m'a appris à chanter des enfance.
ne les servira pas qu'il n'ait lieu de s'en repentir. C'est pourquoi il vaut mieux servir Dieu, je vous le dis, parce qu'avec lui il n'est besoin ni d'arrhes ni de caution. Qoi mieux le sert mieux est récompensé. Plût à Dieu qu'amour agisse ainsi envers tous ceux qui sont soos S66 lois!
Je vous ai dit mon opinion à l'égard des barons; s'ils sont offensés de mes discours , qu'ils s'en prennent à mon maître d'Oisy, qui m'a appris à chanter dès mon enfance.
— lis —
lUmitc. de la BibUoth. Roy. 18â. 8. F. — 7»3. •* Romancero Irançala, p. 9S.
bl ! amorsy com dore départie [e convenra faire de la meilloor ui onques fost amée ne servie !
iex me ramaine à 1i par sa douçour i Toirement, que m*en pars à doloar.
18 ! qu*ai-je dit? jà ne m'en pars-je mie : î li cors Ta servir nostre Signour, i caers remaint del tout en sa baillie.
oor li m'en vois , sospirant, en Surie, uar je ne doi faillir mon créatour.
ui li faudra à cest besoin d'aîe ichiés que il li faudra à greignour.
Hélas ! amoar, combien elle sera dore la séparation je vais être obligé de Adre de la meilleure qui fbt is aimée ou servie. Dieu me ramène 'à loi par sa ear et voilà qae je pars malheureux. Hélas! qu'ai-je
je ne m'éloigne pas, si de corps je Tais servir s Seigneur, le cœur reste tout entier sous sa poi;-
Pour elle, je m'en vais en soupirant dans la Syrie, je ne dois pas faillir à mon créateur. Qui loi mana, quand il a besoin d'aide, ne le trouvera pK» dans
-lia — Et saichent bien li grant et li menoar Que là doit-on faire chefalerie, Où on conquiert Paradis et honour, Et pris et loa, et Tamour de aa mie.
Diex est assis en son saint iretage :
. Or i parra se cil la secorroul Gui il jeta de la prison ombrage i Quant il fu mort en la crois que Turc ont. Sachiés cil sont trop honni qui n'iront, S'il n'ont poverte ou vieillesse ou malage : Et cil qui sain et joene et riche sont Ne poevent pas demourer sans hontage.
Tous li clergiés et li home d'éage
Qui en aumosne et en bienfais mearont ,
une circonstance plds grave. Kt sachent bien les grands et les petits que o*est là qu'il faut Mre ebefalerie* L'on y gagne le Paradis, louange, honneur et l'amour de sa maîtresse.
3« Dieu est assiégé dans son saint héritage. Or, on verra s*ils viendront à son secours oeux qu'il racheta de l'Enfer, quand il mourut sur la croix qui est entre les mains des Turcs. Sachex que ceux qui n'iront pas seront méprisés, à moins qu'ils ne soient trop pauvres, trop vieux ou malades. Ceux qui sont jeunes, sains et riches i ne peuvent pas demeurer sans honte.
4. Les prêtres et les hommes d'Age qui resteront en luisant beaucoup d'aumônes, profiteront tous de ce saint
iront tout à eest pèlerinage, » dames qui chastement vivront , liauté font à ceus qui iront, 'eles font par mal conseil, folage , sches gens et mauvais le feront , r fuit U bon ifont en ceti voiage»
: ! tant avons été prius par huiseuse , erra-on qui à certes iert preus , ns têttgiéf là hôfltn ddtefeuse i chaitmn» doit estre Iriës et bontéus ; à nos tens Ht perdus 11 saint liéUi Diex soffH por noui knôft glorieuse \ i laissons nos eimemis mortleui usjours mais iert ilostre vie honteuse.
fe ; les dames aussi qai vivront chastement et Dt fidélité à ceux qai s'en iront* Si par mauvais elles sont iniidèles, c'est avec des lâches qu'elles Dt; car tous les bons iront à ce voyage.
eu! assta long*taii|M nous avons été eounifeux les, or on va voir ceux qui le sont en effet; •DS venger U honte douloureuse dont chacun doit et s'irriter^ ear de nos Jours est perdu le lieu I 0leu sottflVit pour nous une mort glorieuse. 7 laissons nos enbemis mortels, notre vie sera tée à tout Jamais.
— lie —
)iumc de la Blblioth. Roy. TttS. — Suppl. fr. 1S4. — » Romancero français, p. lOS.
Maogré tons sains et maugré Dieu aussi, Revient Qaenes, et mal soit-il vegnans ! Honis soit-il et ses prééchemens, Et honnis soit qui de lui ne dit fi ! Quant Dtex verra que ses besoins est gransi Il li faudra, quar il li a failli.
Ne chantés mais, Quenes, je vous en pri, Quar vos chanson ne sont mes avenans ; Or menrez vos honteuse vie ci, Ne voulsistes por Dieu morir Joians.
1. En dépit de tous les saints et aussi malgré Dieu, Qttènes revient; puisse*t-il être mal accueilli! etiiooBi soit qui ne dit pas de lui : Fi ! Lorsque Dieu le Ter» dans un pressant besoin , il lui fera défaut, car il a été abandonné par lui.
2. Ne chantez plus, Quènes, je vous en prie, car vos chansons ne sont plus à propos. — Vous mèneres i^ une vie lionteuse. Vous n'avez pas voulu mourir de bonne j;r&ce pour Dion ; vous ôtcs compté au nombre des nn^'
I conte-on avoec les récréans, manrés, avoec vos roi, failli, mte Diex, qui seur tous est puissans, >i avant et de vous n'ait merci.
fo Quenes preus, quant il s'en alla, ^rmoner et la gent préécbier ; lant un seus en remanoit de çà , lisoit et honte et reprouvier.
(t venus son lieu reconchier, st plus ords que quant il s'en ala ; puet ses crois garder et estoiér icor la-il tele qu'il l'emporta.
vous resterez paijore comme votre roi. Qoe le Dieo y qui sur tons a puissance, n'ait merci ni 'abord, ni de voos.
lènes ftit bien hardi qaand il s'en alla ponr sert prêcher les gens. Qaand un seul voulait rester il l'accablait de honte et de reproche. Or, il e^t lir sa maison; il est plus vil qoe quand il s'en peut bien garder sa croix et la montrer, car il l'a elle qu'il l'emporta.
llaniuc. de la Btblloth. Roy. 1080. 8. Genn. T cxv r*.
Nuns ne poroit de rnavaise raison Bouc dianson ne faire ne chanteir, Por ceu n'i veut matre m*antansion , Car j'ai asseis atre chose à panseir.
Et non porcant la terre d'outre mefr
Yoi en si très grant balance C'an chantant voil preier lou roi de France Ke ne croiet cowairt ne losangier De la honte nostre Siguor vangier.
Ai 1 gentb rois» cant Deus vos fist cftosier, Toute Egipte doutoit vostre renon; Or perdes tous cant vos Yolés laisler
1. NhI ne pourrait faire ni < pour ane mauvaise cause. Aussi n'est-ce pas à cela que je m'applique aujourd'hui, car j'ai autre cliose à penser; cependant je vois la terre d'outre -mer en si grand péril , que je veux par mes ciiants prier le roi de France qu'il n'écoute ni les lâches ni les traîtres pour venger les affronts faits à notre Seigneur.
2. Hélas! gentil roi, quand Dieu vous fit croiser, toute l'Egypte redoutait votre renom. Or, vous perdez tout
rasalem estre en chativesons , cant Deus fist de vos élection Et signor de sa vanjance , 1 déusiez monstreir votre pousance revangier les mors et les chaitis por Tos sont et por s'amour occis.
i, s'an leil point vos metefs à retour, nce dinit, Ghanpagne et tontes gens , rostre los aveis mis an tristour e guingniet aveiz moins ke niant, les prisons ki vivent à tonnent Décmes avoir pésance , 1 déosieE querre loar déHvranee.
[>or ▼€< sont et por «*iiiiour oceb, (t graat pediiez •*« i laxiés norîr.
vous laissez Jérusalem en captivité. Car, puisque oos a choisi comme seigMor 4e la vengeance , ■salei dû montrer votre pulasMce en vengeant les et les malbeuteux qui out péri pour son amour rvous.
toi , si vous retooTnef dans cette ciroonRtance , la I , la Champagne et tant le monde dira que vous ompromis notre cause et que voUs avez gagné q4ie rien. Von« devries avoir pitié des prisonniers re»t dans le tonrroent ; vous devriez travailler à leur inoe. C'cjit pour vous et pour Dieu qu*ib 8ont dans il; c*è9t mi grand péché si vous t(»s laisR>z niomir.
Rois, vos aveis trésor d'or et d^argent Pins que nus rois n'ot onkes, ce m'est viz, Si an deveis doneir plus largemant Et demoreir por gardeir cest pais ; Kar vos avez plus perdut ke conkis.
Se seroit trop grant vitance De retomeir à tout la meschéance ; Mais demoreb, si fereis grant vigour, Tant ke France ait recovrée s'onour.
Rois, vos savez que Deus ait poc d'amis M^en oukemais n^an ot si boen mestier, Car por nos est ces pueples mors et pris Ne nus fors vos ne Tan puet bien aidier. Ke povre sont li atre chivelier
4. Roi, vous avez des trésors en or et en argent plus qu'aucun roi n'en eut jamais, je pense; aussi devez-vous en donner plus largement et demeurer pour rester maître de ce pays, car jusqu'ici vous avez plus perdu que gagné. Il y aurait trop de honte à retourner après tous ces échecs ; restez plutôt jusqu'à ce que la France ait recouvré son honneur, et vous ferez preuve de bravoure.
5. Roi, vous savez que Dii^u a peu d'amis, et jamais il n'en eut si grand besoin , car nous voyons son peuple réduit en esclavage et frappé de mort; |)ersonne exce|»té vous ne peut lui venir en aide : les autres chevaliers
Si criement la dcmorance , s'ans teil point lor féisiez faillance, nt et martyr, apostre et inocent plainderoient de vos à jugemant.
aunes et craignent l'exil. Si dans ce moment tous à leur manquer, les saints, les martyrs , les ap6les Innooens , se plaindraient de tous au jour du
BOt.
^li BM01I1. t«y. lM.«-8. F. f nu, r.
Jenisalem se plaint et li pals
U dame TDiex sousfri mort doucement,
Que de çà mer a poi de ses amis
Ki de son cors li facent mais nient.
S'il sotenist cascun del jugement
Et del saint liu û il soutfri tonnent,
Quant il pardon flst de sa mort Longis ,
Le descroisier fesissent mont envts :
Car ki pour Dieu prent le crois puretDehty
n le renie au jor que il le rent.
Et com Judas faura à Paradis.
1 . Jérusalem et le pays où notre Seignear Diea a souffert la mort avec résignation , se plaignent qu'en deçà des mers il y ait si peu de leurs amis qui veuillent exposer leur corps pour les défendre. Si chacun d*eui^ se souvenait du jugement et des lieux saints où Dieu souffrit tour^ ment, quand il pardonna sa mort à Longis, ils n'auraient garde de se décroiser ; car celui qui a pris la croix pour Dieu purement, le renie du jour où il la rend, et comme Judas s'exclut du Paradis.
— IM
e pastour gardent mal leur berbis, t pour déniera cascnns al leo les tant ; que péchiés les a si tous souspris int mis Dieu en oubli pour Targent.
kvenront ii riche gamiment , quièrent assés vilainement lus loiers k'il ont des crois>iés pris? autés et Dius et fois ne ment, u ont et Achre et Belleem le cascuns avoit à Diu pramis.
era jamab^ eo nul aermon, ieu parkr, en place n*em monalier, loncier ne bienfait ne |iardon, e qui poiat noatro Seignenr aidiar erre conquerre et gaaignier
s patleiirs gardent mal leurs brebis quand Ils ant an loup à bean deniers. Le péché s'est era« Dx tous à un tel point qu'ils ont onblié Dieu gent. Que deviendront les riches parares qu'ils nt si hoûteiiaetnent avec l'or qu'ils ont pris aux Si Dïm j loymié et bonne foi ne mentent pas , ont repris Acre et Bethléem, suivant la proquMIs avaient Talte à Dieu.
li osera Jamais parler de Dieu dans tm sermon place publique ou dans une église , on annoncer , pardon, ou quelque eliose qui poisse aider notre ' à conquérir la terre sur laquelle II paya notre
U de son sang paia no raençoii ?
Seigneur prélat, ce n*est ne bel ne bon, Qui son secors faites si detriier :
Vos avés fait, ce poet-on teamoignier, De Deo Rolant et de Vos Gaenelon.
En celui n'a mesure ne raison
K'il se çou n'oist 8*il vai à vengier
Ceuls kt pour Dieu sont de là en prison
£ pour oster lor âmes de dangier.
Puis c'on muert ci, on ne doit resoignier
Paine n'anui, honte ne destorbier.
Pour Dieu est tout quanc*on fait en son nom^
Ki en rendra cascun tel gnerredon
Que cuers d'orne ne Tporoit esprisier,
Car Paradis en ara de loier :
N*ainc por si deu n'ot nus si riche don.
rançon de son sang ? Seignears prélats. Il u'est ni beao ni honnête de retenir le prix des secours destinés an Se^ gneur. Voos avez fait, ce peut-on témoigner, de Dieu Rolans et de tous Ganelon.
4. U n'y a ni sens ni raison dans celai qoi n'éooute pas cela et refuse d'aller venger ceux qui sont en prison à caose de Dieu et de sauver leurs ftmes du danger. Puisqa'id l'on meurt, on ne doit redouter ni peine, ni ennui, ni honte, ni dommage. Tout ce que l'on fait pour lui est au nom de Dieu. Il en rendra à chacun une récompense telle que le cœur de l'homme ne peut pas l'apprécier, car on y gagnera le Paradis. Jamais pour si peu 11 n'y eut si riclie présent .
Poésies du roi de Nanire, t. n, p. 1S2.
Signer, aaciez, ki or ne 8*en ira
En celé terre, u Diex fu mors et vis
Et ki la crois d'oatre mer ne prendra ,
A paines mais ira en Paradis :
Ki a en soi pitié et ramembrance
Au haut Seignor doit querre sa venjance,
Et délivrer sa terre et son pals.
ToQt li mauvais demorront par deçà, Ki n*aiment Dieu, bien, ne honor, ne pris. Et chascuns dit : ma feme que fera?
Je ne laierai à nul fuer mes amis :
1 . Seignears, sacliez que celai qai n'ira pas dans cette irre où Diea vécut et moamt , et qui ne prendra la xÀx d'ontre-mer, ne pourra pas entrer en Paradis. Celui ni n'a pas oublié un si haut Seigneur doit chercher à le mger et à délivrer sa terre et son pays.
2. Tous les l&ches resteront par deçà; ceux qui n'ailent ni Dieu, ni honneur, ni vertu, ni prix. Chacun se it : Ma femnie, que ferait-elle? je ne veux pas ainsi
Cil sont assis en trop foie attendance , KHI n^est amis fors qne cil, sans dotance, Ki por nos fu en la vraie crois mis.
Or s*en iront cil vaillant bacheler Ki aiment Dieu, et Fonour de cest mont, Ki sagement voelent à Dieu aler; Et li morveus, 11 cendreas demourront.
- Avugle sant, de ce ne dout-je mie, Ki un secouts ne Ibtit Oieu en sa vie. Et por si pot pert la gloire del mont.
Diex se laissa par Doa f Q croia paneTi Et nous dira au jour, où tuit venront. « Vos, ki ma crois m'aidâtes à porter, » Vos en irez là, où 11 angele sont,
■ ■ ■ ;■ I i - ■■^l■ •■ *.1i tflTWli-i» .Mfc'.»
abandonner mes amis. Ceux-là se livrent à wie attente vaine , car il n'y a de véritable ami qne celui qui fut mis pour nous sur la croix.
3. Us s'en iront ces bacheliers valUans qui aiment Dieu et l'honneur en ce monde , et qui veulent aller au ciel avec sagesse. Mais les morveux, les lâches, resteront. Ils sont aveugles,' on n'en peut pas douter, puisqu'ils refusent de secourir Dieu , et pour si peu perdent la plus grande gloire du monde*
4. Dieu se laissa pour nous en croix supplicier; il nous dira le jour où tous comparaîtront : Vous qui m'avee aidé à porter ma croix , vous irez là où sont les anges,
— It7 —
ne verrez, et ma mère Marie ; os, par qui je n'oi onques aïe, cendez tuit en inh^r le parfont.
ns quide demourer toz haitiez
e jamais ne doive mal avoir,
les tient enemli et péobit i)
Is n*ont sens, hardeoient^ ne pooir.
are Diex, ostex nos tel pensée ^
s metez en la vostre oontréei
Qtementi que vos puisse veoir.
i dame, roine coronée ^
: pour nos, virge bien eurée ^
is après m nos puit meseheoir.
irrez et ma mère Marie. Mais vous de qui je al secours, descendei Ieii4 au fend 4a TBnfer.
icon croit être toujours heureut et croit n*alis de mal; aidé! les trottl||)ettt leurs péchés et ; mais ils â*oiit sens, ni eoumgé, ni Ibree. Beau , ôtezFDous telle pensëe et eoUdulaei-noUs dans trée si saintement que nous puissions vous voir.
dAme, reine couronnée, priez pour nou^, Vierge iuscx et dès lors le malheur ne pourra nous
Poéiiei du roi de Nanire, t. n, p. ISà.
Aq tans plein de félonie, D*enTieetdetra!8on, De tort et de mesprison , Sanz bien et sanz cortoine, Et que entre nos barons faisons Tôt le siegle empirier, Que je vois escumenier Ceaus qui plus offrent raison ; Lors vueil dire une chançon.
Li roiaumes de Surie Nous dit et crie à haut ton , Se nos ne nos amendons , Por Deu, que n*i alons mie, NU ferions se mal non :
1 . Dans ce temps plein de félonie, d'envie et de son, d'oatrages et d'indignités, sans vertu et sans toisie, où nous autres barons nous rendons le n plus mauvais , où je vois lancer l'anathème contre qui ont le plus de raison , je veux faire une chant
2. Le royaume de Syrie nous dit et nous parle ï ment que si nous ne changeons pas de conduite n'y allions pas , car nous n'y ferions que du mal.
Dex aime fln cuer droiturier, De tel gent se veut aidier, Cil essauoeront son non, Et conquerront sa maison.
Encor vault mielx toute voie Demorer en son pais , Que aler pauvres chaitis, Là où il n*a solaz ne joie.
Phelipe, on doit Paraidis Conquerre, par mal avoir, Que vos n'i trovcrez voir.
Bon estre, ne jeu, ne ris, Que vos aviez apris.
» cœurs pleins de droitore ; c'est d'eux qu'il attend »pni; eux seuls exalteront son nom et pourront irir son temple.
J vaut mieux, dites-vous, demeurer dans son pays aller pauvres, cbétifs, là où ne se trouve ni joie, ni stion. Philippe, on doit conquérir le Paradis par ivations, car vous n'y trouverez certainement ni ni les plaisirs, ni les joies, auxquels vous êtes tumé.