‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 28 sur 181 · SAO · texte numérisé non relu

SAO

Par cest mort , Yray Diea de gloire Nous niéis à salvacion.

Or nous garnissiez de victoire Contre toute lemptacion.

Le sathan est de grant mémoire Et nous de foible opinion , Se nous pourrott retraire ancores Dieux, se nous n'avions pardon Ornons relevons qu*à Dieu plaise Que no penance puist valoir.

11, Bâtons noz piz , bâtons no face , Tendons noz bras de grant vouloir Dieux qui nous a Tait, nous préface £t nous doint des cieux le manoir.

Et gart tous ceulx qu*en ceste place En pitié nous viennent veoir Jhésus ainsi comme devant.

Ave regina pure et gente , Très-haulte Ave maris Stella!

Ave précieuse jovantc, Lune où Dieux s^esconsa.

Ave saincte glorieuse ente Ave tu plena gracia ; Faictes finer, rose excellente.

Le mortuaire qui ores va.

I créeresse de créature \m oncques ne (ustes crée , lefendez-nous de grief morsure Lre Dieux, et vous asrenez.

[éé ! doolce royaalx vierge et pure tiez que pour nous soit pitez.

LU peuple laissiez Teuvre obscure >e péchié si vous amendez.

fous te prions , Vierge louée, inceste penance faisant ?our toute créature née :t requiers ton père et enfant.

^e cest mortaire soit destoumée, St saint Esperit voist régnant ; St nos cuers par humble pensée Car d'ayde avons mestier grant.

Se ne fùst la vierge Marfe Le siècle fust piéça perdus.

Bâtons noz chars plaines d'envie Bâtons d'orgueil plus et plus.

-JW-

Poar paresse et pour gloatonnie Et poar ire qui het Tertos ; Pour avarice et lecberie Et pour tous péchiez decéns.

En demonstrant signfllance Que tous nous conrendra morir ; Et en terre en très grant witance No pécherresse char pourrir.

Enfin de nostre pénitanee Nous fault à genoulx revenir; Tous mourrons c'est la reroembrance Qui nous fait tierce fou chéir.

Jhésu, ainsi comme devant Relevons-nous la tierce fois ; Et loons Dieu à nuz genoulx Jointes mains tenons Tescourgie.

Crémons Dieu , tîons les coers dovlz Et chantons à la départie^ Grâce Dieu , car elle est en nous ; Prions pour Tumaine lignie.

Baisons la terre , levons-nous.

(UT* 8làGU.) LLADE SUR LA NAISSANCE DE CHARLES Yi

Ef DB vtmn d'oeléam, ior ntu,

FA& MSTACHK DBSCBÀHFS.

naissance des deux fils de Charles V fù( lilUe dans le royaume avec beaucoup de joie* doute on y voyait un double gage pour Taveiiir Apérance que la prospérité , rétablie par la sa-. i de Charles Y, ne sérail pas interrompue. s 9kémoriaux de la chambre des comptes m| iqré querques^ lignes à cet événement et çon* nt tous les détails énoncés dans la ballade qui livre i « Le dimanche troisième jour de d^n re de Tan du Seigneur i56S , dit le regisive el , premier jour de Tavant, presqu'au milteu nuit , à cette heure où Ton chante : Seç$ uni$ , 90curramti$ oèmam êahatori m^tro , vint «a le le premier né de notre seigneur le roi les , à la grande joie de toute la ville de Paris, srcredi six décembre suivant* jour sauit Micho«

— Î4* — las, dam Féglise da bienheureux Paul ap6tre , à Paris, à fat Iroisième heure, fut baptisé le dit enfant, et le tint sur les fonts de ses propres mains, monseigneur Charles de Montmorency assisté de monseigneur Charles de Dammartin , officiant le cardinal de Beauvais, archevêque de Sens, en présence de la reine de Navarre, d*un grand nombre d'évéques et d^abbés , et d*une multitude qui criait : Noëllnoëlf

Le samedi treizième jour de mars 1571, 'une heure après le milieu de la nuit , deux heures avant le jour, naquit le second fils de notre seigneur le roi Charles, dans Thôtel de Saint-Paul près Paris. Dedx jours après , il fut baptisé dans Téglise dudit Saint-Paul vers la douzième heure. Louis , comte .d'Etampes, fut son parrain, au nom de monseigneur le comte d'Anjou, oncle de Tenfant. L'archevêque de Reims , Jean de Craon , officia , assisté de douze évéques vêtus pontificalement , et Ton nomma cet enfant Louis de France. Il fut tenu sur les fonts baptismaux par monseigneur Bertrand de Gueiclin^ connétable de France, qui, après la cérémonie et Tenfant encore tout nud , lui présenta une épée nue , et lui dit en français : Mameigneur^ Je wms donne cette e»pèe et la mets en vostre main, et prie Dieu qu'il voti« doint autel et ii hon cœur que tous soyez encore aussi preux et aussi bon chevalier comme fut oncques roy de France qui portast espée. Amen,amen^ amen (1).»

(1) Histoire de Charles TI, par Juvénal des TJrsIns, Édit. Iii-f«. Annotations, p. 531.

tache Oeschamps , auteur do la ballade sur la nce des deux fils de Charles Y, fut un des urs poètes du xiv siècle. Écuyer et huissier ss des rois Charles Y et Charles YI , Eustache amps resta toujours fidèle à la maison de e. Dans ses œuvres, souvent consacrées au Jes événemens contemporains , il aime à celéa gloire *de son pays.

œuvres d'Eustache Deschamps contiennent rhistoire du xiv* siècle des renseignemens ux ; on peut y recueillir des faits politiques D sont pas sans importance , mais on y trouve is grand nombre des détails précieux sur les s, les usages et les coutumes de cette époque.

poésies ont été publiées pour la première fois J2par M. Crapelet; voici le litre de ce vo-

PoésUs hiorales et hiêtoriques d' Eustache amps , écuyer^ huissier alarmes des rois fs y et Charles f^I , châtelain de Fismes et dp Senlis. Publiées, pour la première fois yClc. , . J. Crapelet^ PariSy 1832. 1 vol. in-8«.

BALLADE

Poésies d'Eustache Descbâmps , page 9.

En Dîmenche , le tiers jour de décembre, L'an mil ccc avec soixante et huit, Fut à Saint-Pol nez, dedens une chambre, Charles li roys , trois heures puis minuit, FiU de Charles cinquiesine de ce nom, Roy des François, de Jeline de Bourbon, Roiue à ce temps couiotiitee de France, Le premier jour de l'avcnt qui fut bon : Par ce sçara cbascuu ces te aai&sauce.

Ou signe estoit , si comme Je me membre , De la Vierge; la lune en celle nuit, En la face seconde ; et si remembre Qu'au sixte jour du dit mois fut conduit Et baptisié à Saint-Pol , ce scet-on.

Où il avait maint prince et maint baron : Montmorency, L)<imi)marlin sans doubtance, Tous deux Charles levèrent Tenfauçon :

Par ce sçara chascuu ceste naissance.

Troi ans après, qnnnt li mois de mars entre , A tiers jour, sabmcdy, saicheut tuit,

/an mil ccc lx et onze , entendre *uet an cbascun la naissance et le bruit )e Loys , né frère du roi Charlon , iprés mienuit trois heures environ ; La lune estoit à neuf jours de croissance, ilarraine fut madame d'Aleoçon :

^ar ce sçara chascun ceste naissance.

ERVOY.

^rinces , parrains fut Bertran li prodom , ]onnestables qui tant ot de renom, De vostre frère , aicz-en souvenance ; ^ Saint- Poul fut nez en voslre maison , li baptisiez fqt par Jehan de Craon :

^ar ce sçara chascun ceste naissance.

CHAWSOIV.

(xi?«ftlèCLE.)

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