‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 31 sur 181 · BALLADE SUR LA TRÊVE FAITE ATEC L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

BALLADE SUR LA TRÊVE FAITE ATEC L'ANGLETERRE

PAR ECSTACBE DC8CBAIP8.

En 1594, une trêve de vingt-huit ans fut conclue entre la France et l'Angleterre, à roceasion du mariage d'Isabelle de France avec le roi Richard II. Froissart a consacré le chapitre xliii du livre 4 de ses Chroniques, au récit de cet événement. Malgré les assurances d'amitié qu'échangèrent entre eux les chefs des deux nations, beaucoup de gens n^ajouturent pas foi à cette réconciliation qui , en effet , ne fut pas de longue durée.

Le poète Eustache Deschamps partageait cette opinion , comme le prouve la ballade suivante dont il est auteur. Le dernier vers surtout exprime une grande vérité , mais qui ne devait s'accomplir que plus d^un siècle et demi apns. Calais rentra sous la domination française seulement en 1558.

BALLADE

Poésies d'Eustache Deschamps, page 71.

Antre Beau Raym et le parc de Hédin , Oa moys d^aoust qu*on soye les fromens, M^n aloye jouer par un matin :

Si vi bergiers et bergières aux champs , Qui tenoient là leurs parliers moult grans , Tant que Bochiers dist à Margot la broingne Que Ten aloit au trailtié à Bouloigne , £t que François et Anglois feront paix. Elle respont : Foy que doy Magueïoingne , Paix n'arez jà sUlz ne rendent Calays.

Lors vint avant Berthelot du Jardin»

Qui respondit : La paix suis desirans ; Car je n'ose descouchier le matin , Pour les Anglois qui nous sont destruisans; Mais dire oy , il a passé dix ans , Qu'à leur dessoubz quièrcnt toudis aloingne Pour mettre sur leur fait et leur besoigne £t puis courent le règne à grans eslays; Maint Tout véu , et pour ce je tesmoigne , Paix n'arez jà s'ilz ne rendent Calays.

mi

Après |>arla par grant courroux Robin A Berthelot , et lui dist : Tu te mens , Car les François et les Anglois enfin Veulent la paix , il en est désor temps ; Trop a duré la guerre et li contens , Ne je ne yoy nul qui ne la ressoingne. Certes tout ce ne yault une escaloingne. Ce lui respont Henris H contrefais ^ Encor faulra chascun sa broingne :

Paix n'arez jà s'ilz ne rendent Calays.

Car Vautre Jour oy maistre Martin

Qui racontoit le roy est mendre d'ans j

Et qu'il estoit une loy en latin

Qui deffendoit rien vendre des enfans.

En Guyenne sont deux mille et cinq cens

Villes, chasteauls, qu'Angleis veulent qu'on doingne

Et grant tas d'or, et que le roy esloigne

De roy en duc Tommaige qui est fais.

Qui fera ce ! respon sote Caroingne,

Paix n'arez jà s'ilz ne rendent Calays.

Guichars li bruns , qui fut nez à Séclin, Dist que cilz faiz est doubteux et pesads ^ Voire , cl qu*Eng!ès y pensent mal engin Pe retenir ce port , qui est constans;

Se ce ne fust , bien le fussent rendans ; Mais ils pensent barat , guerre et alloingne Faire au derrain. Ne le duc de Bourgoingne Et de Berry ne feroient jamais Tel paix à eux. Qui voulra ?Si me perdoingne , Paix n*arez jà s'ifz ne rendent Galays.

ENVOV.

Princes , là fut Bertrisons et Hersans Et Alizons , qui moult orent de sens ; Et jugièrent , quand U parlers fut fait , Que telle paix seroit orde et mcschans ; Et concluirent aux bergiers eulx disans : Paix n*«r«x jà sHlc ne rèodenC Caiayt.

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