‹ Recueil de contes populaires grecsChapitre 28 sur 53 · I.E nUACOPHACG IÏ · texte numérisé non relu

I.E nUACOPHACG IÏ

sa bonne fortune, il se mit à lui racoater aussi son bonheur passé et son malheur actuel, et à lui demander des conseils sur ce qu'il avait à faire pour parvenir à son but.

Sa sœur s'efforça par tous les moyens possibles de le détourner de son entreprise. Mais, voyant son entêtement, elle lui dit d'attendre au moins le retour de son mari, qui était le roi de tous les oiseaux, lui faisant entendre en même temps que ce puissant monarque pouvait, k la suite d'un co;iseil avec ses sujets, le tirer de l'embarras où il se trouvait. Le prince attendit donc avec impatience le retour de son beau-frère, qui, aussitôt sa rentrée au château, fit assembler tous les habitants ailés de l'air, et se mit k discourir sur le sort futurdu jeune prince. Mais aucun oiseau ne sut lui dévoiler l'avenir, à l'exception d'un vieil aigle boiteux qui avait le don de prophétie et qui, s'étant approché du roi, lui dit qu'il savait très bien le lieu où se trouvait le noir avec la princesse, et qu'il pouvait même porter le jeune homme jusquelà, mais qu'il ne promettait pas de pouvoir l'atteindre en vitesse, car le cheval ailé ne manquerait pas d'avertir le noir de l'enlèvement de la princesse.

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Au lieu de perdre courage, prince, enchanté de l'espoir qu'on lui donnait, n'attendit pas même le retour du jour.

II monta sur l'aigle qui le porta k l'endroit où se trouvait sa femme. A l'entrée de la cour, il vît un magnifique châteail et un jardin superbe ; et, en pénétrant dans le parc, le premier objet qui frappa sa vue fut sa femme assise sous un berceau , toute en deuil, pâle, défaite, et pleurant sur le sort cruel qui l'avait séparée de son bien-aimé.

En le voyant, quoique hors d'elle-même à cette rencontre inattendue, elle s'empressa de le conjurer de fuir ce lieu funeste, parce qu'il risquait d'y perdre la vie. Mais le prince répondit qu'il préférait mille fois la mort k sa séparation. Il la fit monter précipitamment sur l'aigle, et partit en l'emmenant avec lui.

Ils étaient à peine sortis du château que le noir, averti par son cheval de l'enlèvement de la princesse, arriva comme un éclair, la reprit, et mit en deux pièces son époux. Le bon aigle le porta alors chez son maître, qui unit les deux morceaux du corps, versa dessous de l'eau d'immortalité et lui redonna la vie, en lui recommandant de ne plus penser

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à sa femme, car il ne répondait pas de lui.

Mais, sans accorder la moindre attention aux paroles de son beau-frère, il se mit de nouveau en route pour trouver le moyen de parvenir à son but. Après avoir marché toute la journée, il arriva, à la nuit tombante, auprès d'un château pareil au premier pour la magnificence. Il s'y arrêta et demanda l'hospitalité à une esclave qui puisait aussi de l'eau à une fontaine. L'esclave demanda la permission de sa maîtresse, qui le reçut de très bon cœur, et l'invita aussitôt à souper. A leur grand étonnement, ils se reconnurent encore pour frère et sœur, et se racontèrent mutuellement les événements de leur vie depuis leur séparation. Le voyageur confia alors à sa seconde sœur son projet, dont elle tâcha de le dissuader par tous les moyens en son pouvoir. Mais tout fut inutile, son parti était pris. Elle lui conseilla alors d'attendre le retour de son mari, qui, étant le roi de tous les animaux, pouvait lui donner quelque secours. Son beau-frère revint bientôt et tâcha de lui démontrer à combien de dangers il allait s'exposer. Mais, le voyant ferme dans sa résolution, il lut promit de le tirer de cet embarras, s'il persistait à avoir la

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même résignation et la même intrépidité.

« Le seul moyen, lui dii-il, de reprendre votre femme est de vous procurer un cheval ailé tout pareil à celui du noir, s

A cet effet, il lui indiqua une grande moatagne qui n'était pas trop éloignée du château, et qui accouchait tous les ans d'un cheval de la même race que celui du magicien, lui conseillant de s'y rendre armé de courage, car cette montagne était gardée par une quantité prodigieuse de bètes féroces qui ne laissaient approcher personne. Il promit de lui procurer un soporatif k l'aide duquel il endormirait ces bêtes; mais cela ne suffisait pas encore, sans une grande patience et de la force pour dompter le cheval qui naîtrait de la montagne.

Le prince, muni de son soporatif et bien ferme dans sa résolution, partit enchanté de la maison de sa sœur et se dirigea vers la montagne, oii, à peine arrivé, les bêtes féroces se précipitèrent sur lui pour le dévorer; mais la prévoyance de son beau-frére le sauva, par le moyen de la potion soporifique , qui frappa aussitôt d'assoupissement tous les animaux, et lui donna le temps née pour attendre l'accouchement de la

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montagne. Il eul la patience d'attendre quarante jours, pendant lesquels il y avait des tremblements terribles, et des secousses auxquelles il pouvait à peine résister. Malgré toutes ces épreuves, il attendit avec la plus grande intrépidité le moment des couches, qui n'eurent lieu que le quarantième jour.

Le cheval ailé parut enfin ; le prince courut sur lui sans perdre de temps, lui mit un frein, et, finissant par le dompter, monta sur son dos. Le cheval essaya d'abord de se débarrasser de lui, en sautant trois fols aussi haut que la hauteur de la montagne et s'abattant avec la plus grande rapidité. Après cette épreuve , voyant que l'homme qu'il portait était un être surnaturel, puisqu'il savait résister à tous ses efforts, au lieu de s'irriter et de se roidir inutilement, hennissant d'orgueil, il se laissa conduire tout h fait par son courageux guide, qui le mena directement au château du noir, sous le berceau où était assise sa femme, la première fois qu'il l'avait vue. Il la retrouva à la même place dans un état beaucoup plus déplorable, soit par le chagrin que lui causait la privation de son mari, soit par les importunités et les violences que lui faisait le noir ; mais, lors-

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i6o conte; porur.AiRES grecs

qu'elle le vit sur un cheval pareil k celui de son ravisseur, elle commença & espe'rer et à se préparer pour le départ, qui fut effectué aussitôt et sans aucun danger ; car le noir, quoique averti de leur fuite, ne put les rattraper, malgré tous ses efforts, la légèreté du cheval de son adversaire surpassant la vitesse de sa propre monture-

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