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dit de venir-tous les jours à la même heure, et qu'il le mènerait à des endroits où il ferait sa fortune en très peu de temps: et, effectivement, en suivant la même méthode pendant quelque jours, il parvint à acheter une maison, à la meubler convenablement et à recevoir une nombreuse société. Son bonheur dura seulement quelque temps, jusqu'à ce que l'envie, qui s'attache de préférence à la fortune rapidement acquise, vint troubler cruellement leur repos.
Parmi les femmes qui fréquentaient leur société, il s'en trouva plusieurs qui, jalouses du bonheur de cette famille, demandèrent un jour à leur nouvelle amie par quel hasard, étant auparavant la plus malheureuse de toute la ville, elle était parvenue à avoir tant de richesses en si peu de temps. Elle leur assura que sa fortune venait de la pêche extrêmement lucrative que faisait son mari depuis quelque temps. Ces méchantes créatures lui objectèrent que cela était impossible, attendu la nature des lieux et des choses, et qu'elles étaient certaines que son mari était sorcier, et que c'était à ses maléfices qu'il devait l'acquisition subite de ses richesses,lui conseillant aussi de rejeter, en femme honnête qu'elle
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était, des trésors acquis par le sortilège et l'impiété.
La bonne femme, ajoutant foi à leurs paroles, se mit à importuner incessamment son mari et à le prier de lui confier la manière par laquelle il faisait sa fortune, en lut disant que sans cela elle serait bien malheureuse.
Le pécheur, voyant la faiblesse de sa femme, lui raconta de bonne foi toute son aventure, et lui fit entendre à la fin qu'un petit poisson e'tait la seule cause de leur bonheur. Celleci, extrêmement contente d'avoir tout appris, courut aussitôt dévoiler ce secret à ses perfides amies pour prouver l'innocence de son mari ; mais ces méchantes femmes, au lieu de la tranquilliser, après avoir satisfait leur curiosité, l'assurèrent que c'était précisément là qu'elles voyaient le sacrilège, et que, pour s'en assurer elle-même, elle devait dire à son mari de lui apporter ce poisson, et, après l'avoir mangé, de voir si son bonheur continuerait.
La femme du pêcheur, dans sa simplicité , crut de nouveau à leurs intrigues, et dit à son mari que le rouget n'était qu'un magicien déguisé sous la forme d'un petit poisson, et qu'elle ne souffrirait pas que leur fortune
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