‹ Recueil de contes populaires grecsChapitre 31 sur 53 · I.E l-ErjT KOUGET SOaClER t · texte numérisé non relu

I.E l-ErjT KOUGET SOaClER t

vînt d'une source aussi impure ; qu'elle le priait donc de prendre le rouget et de le faire servir à dîner, sinon qu'elle mourrait de chagrin. Son mari fit tout son possible pour lui démontrer que sa demande n'avait pas le sens commun, et que c'était bien cruel à elle de vouloir la perte de son bienfaiteur; mais, voyant que sa femme, qu'il aimait plus que lui-même, pleurait et se lamentait, il se décida avec douleur k se rendre au bord de la mer pour confier au rouget les inquiétudes et les exigences de sa femme, à laquelle il serait forcé de céder, si le rouget ne lui indiquait quelque remède. Le bon rouget, au ;ieu de le détourner de cette cruelle résolului conseilla de le faire couper en trois égaux, qu'il partagerait entre sa Femme, sa jument et sa chienne, et de plan- Ler la queue dans le jardin. Le pêcheur sépara avec beaucoup de chagrin le poisson en :rois, le partagea selon ses ordres, et aussitôt Femme, jument et chienne furent fécondées, et mirent au monde chacune deux jumeaux tout à fait ressemblants. En même temps, la queue donna naissance à deux cyprès de la même grandeur.

Les deux fils grandissaient dans la maison

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palernelle. Bientôt l'aîné voulut voyager pour coanaitre un peu le monde ; mais, craignant une opposition de ia part de ses parents, il ne confia son dessein qu'à son frère, en lui disant que tout le temps qu'il verrait l'un des Jeux cyprès fleuri, il serait bien portant ; et que, lorsqu'il le verrait se faner et sécher, il serait prèsde sa perte.

Après avoir pris congé de son frère, il monta sur l'un des deux chevaux de la maison et partit.

Après un voyage de quelques jours, arrivé dans une grande ville, il descendit dans une aubei^e, pour se donner le plaisir d'observer les curiosités que cette ville ofiFrait aux étrangers. En s'informant de l'état du pays, il apprit que le roi était le meilleur homme du monde, et qu'il était très aimé de ses sujets, mais que la ville était soumise à un très grand malheur.

La fille du roi, qui était son unique héritière, avait la manie de frapper de folie tous ceux que son esprit lui indiquait, par le moyen suivant : Elle se montrait tous les soirs sur un balcon qu'elle s'était approprié à cet effet, et, en invoquant les étoiles, elle se faisait un jeu de la tranquillité de ses sujets,

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qui risquaient lous de s'attirer cette affreuse maladie, sitôt qu'ils étaient remarqués de Ia princesse.

A ce récit, le jeune homme, étonné, attendait avec impatience la nuit pour voir de ses propres yeux la princesse qui se faisait si fort redouter par sa puissance surnaturelle. A peine fît-îl obscur qu'il courut du côté du château, et te premier obtet qui frappa ses égards fut la princesse enthousiaste et faisant différents signes sur son balcon. Aussitôt y monta, et, la prenant par les cheveux, il i dit : « Jure-moi que dorénavant tk i)e Feras plus ce vilain métier, ou dans l'instant ie vais te tuer. »

Celle-ci, terrifiée du danger qu'elle courait, ra, dans sa frayeur, que, pendant toute sa e, elle n'essayerait plus ses maléfices; et le ieune homme, après avoir fait cette bonne action, retourna précipitamment à l'auberge oîi il était logé. La princesse, de son côté, alla chez son père et lui raconta ce qui s'était passé, en l'assurant qu'elle était tout-à-fait guérie de sa passion, après le serment qu'elle avait fait devant l'homme menaçant qui l'avait surprise.

En conséquence, le roi, pour tranquilliser

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ses sujets, publia aussitôt le récit de la gué* rison de sa fille, en ordonnant que tous ses sujets, aussi bien que les étrangers qui se seraient trouvés dans la ville depuis la veille eussent à passer sous ses fenêtres, voulant de cette manière reconnaître l'individu qui lui avait rendu un service aussi important. Il ordonna aussi à sa fille, qui assurait pouvoir le rec«nnaître, dès qu'elle le verrait, de tenir dans ses mains une pomme, qu'elle laisserait tomber sur celui qu'elle croirait ressembler au jeune homme. Cet ordre ayant été publié, l'aubergiste avertit le voyageur de l'obligation OLi il se trouvait aussi de se rendre aux ordres du roi. Le jeune homme tâcha d'abord de l'éviter; mais, voyant qu'il était forcé de le faire, il vint défiler comme les autres sous les croisées du palais.

La princesse l'ayant remarqué dans la foule, lui jeta aussitôt la pomme, et le roi ordonna sur-le-champ à la garde de le saisir et de te faire monter au château. Arrivé en la présence du roi, et questionné sur sa naissance ' et sur le motif qui l'avait porté à la bonne action qu'il venait de faire, le jeune homme répondit siq^tlement qu'il était étranger, et qu'ayant appris dans cette ville le malheur

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