LA PRINCESSE ET SA NOURRICE
II. était uae fois un roi qui avait une fille unique. Quand elle vint au monde, soa père dit qu'il irait consulter les sorcières pour apprendre ce que le sort réservait à l'enfant. Il se rendit donc chez les sorcières, et une d'elles lui dit : « Mettez cette fille dans une cage, car son horoscope dit qu'elle fera le mal, et qu'elle le fera avec un forgeron, a
Alors le roi retourna chez lui, et, quand sa fille eut cinq ou sis ans, il fit bâtir une haute tour avec une seule porte, et y en- ■ ferma sa fille avec sa nourrice. Cette tour n'avait de fenêtres qu'à l'étage le plus élevé; le roi seul y pénétrait tous les jours. On portait aux deux recluses ce dont elles avaient besoin, et le roi seul fermait ta porte et s'en
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allait. Avec le temps, la jeune fille devint grande et atteignît sa douzième ou treizième année. Un jour, elle se mit à la fenêtre, au moment où passait en bas un forgeron, qui vendait des pincettes, des fers et autres objets analogues. La jeune fille tomba aussitôt amoureuse de ce forgeron. Celui<<i étant repassé une seconde fois, la jeune fille l'appela en toussant. Alors le pauvre forgeron devint h son tour amoureux de la jouvencelle. Il venait au pied de la tour et ils conversaient ensemble.
Un jour, la princesse dit à sa nourrice :
« Nourrice, je vais faire monter le forgeron, pour lui parler, car autrement je mourrai, a
< Mon enfant, dît la nourrice, cela est impossible, car la porte est fermée et ton père en a les clefs, a
Que voulez-vuus? Un jour la fillette dit au forgeron : e Comment donc nous y prendrons-nous pour te faire monter ? «
< Je viendrai un jour, lui dit le forgeron, et je ferai en sorte de vous jeter une corde, que vous attacherez solidement et h l'aide de laquelle je monterai, u
La pauvre nourrice pleurait et se lamentait, mais la jeune fille lui disait : t Si tu ne
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