I A PRINCESSE CT SA NOURRICE
me laisses pas feire cette chose, je me jetterai par la fenêtre pour me tuer, s
Le forgeron monta donc et s'entretint avec la princesse aussi longtemps qu'il voulut. Le pauvre roi ne sut rien de cela. Que voulezvous i Au bout de quelque temps, la jeune - fille se trouva enceinte, et notre bon foi^eron partit et s'en alla. La nourrice ne pouvait se mettre pareille chose dans l'esprit, mais, un jour qu'il passait en bas des raisins noirs, la jeune fille se mit à dire : n Donnemoi des raisins noirs, nourrice, car autrement je vais m'évanouir. n Et elle n'avait pas encore achevé de parler qu'elle s'évanouit. Alors que pouvait hire la pauvre nourrice? Elle descendit un fil auquel on attacha une grappe de raisin qu'elle tira en haut. La princesse mangea le raisin et reprit ses sens.
Laissons ces deux femmes et revenons au roi. Plus le temps passait, plus le monarque était joyeux, parce que la sorcière lui avait dit que la chose était à redouter jusqu'à ce que la jeune fille eût atteint sa seizième année. Le temps s'écoulait, et le roi disait h sa femme qu'au bout d'un an leur enfant au palais pour la marier.
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L'époque des couches de la jeune fille arriva. Les douleurs la prirent et elle accoucha. Quand elle eut aci.ouché, elles dirent, la nourrice et elle : « Qu'allons -nous faire de l'enfant? Si nous le jetons par la fenêtre,
Alors la nourrice dit : « Allumons du feu, faisons cuire l'enfant et mangeons-le. > La mère et la nourrice font cuire l'enfant et s'asseoient pour le manger. Mais la pauvre mère, qui l'avait mis au monde, avait l'âme déchirée, et ne mangeait que du bout des dents. Quand elle vit l'intérieur de l'enfant, ses intestins et son cœur, elle dit à sa nourrice : a Ma nourrice, je ne puis davantage. »
Alors, pour lui faire plaisir, la pauvre nourrice s'assit et mangea tout. Au bout de deuï ou trois mois, le père de la princesse résolut de la prendre et de la marier. 11 la ramena au palais, on fit demander sa main, et on était sur le point de la marier. Elle dit à sa nourrice ; o Maintenant comment vaisje faire ? "
Elle lui dit : s Mon enfant, dis à ton mari que tu ne peux dormir avec de la lumière ; fais cacher ta servante sous le lit, arrangetoi de façon à descendre pour pisser, et que.
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aussitôt, la servante monte dans le lit et se couche avec ton mari, a
La princesse promit à sa servante de la doter, elle la fit mettre sous le lit, et la chose se passa au gré de ses de'sirs. Au point du jour, la servante descendit du lit, et la princesse alla se coucher avec son mari. Alors elle donna à la servante ce qu'elle lui avait promis et la congédia ; ensuite elle dit h un des serviteurs de prendre la pauvre nourrice et de la mettre à mort. Le serviteur alla la prendre, lui iît faire un long trajet, puis lui dit: • La princesse m'a donné ordre de te
lui répondit : a Eh ! mon garçon, à quoi cela te servira-t-il de tuer une vieille femme ? Laisse-moi vivre comme je pourrai, i
Le domestique la laissa, et la pauvre vieille vivait misérablement. Un jour, elle eut une inspiration de Dieu; elle écrivit à la princesse une lettre en vers ainsi conçue :
,ue. lorsque nous mang«in»
:t feuilles 4e dessus el moi I
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Elle cacheta la lettre et la lui envoya.
Quand la princesse vit combien sa nourrice lui était restée fidèle après tant d'épreuves, elle l'envoya chercher aussitôt , et elle vécut royalement dans le palais jusqu'à sa mort.
Je n'étais pas là, ni vous non plus, pour que vous croyiez cette histoire.
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