LA BOULANGÈRE
IL était une fois une boulangère. En face de son four habitait un prince. Un jour que la boulangère boulangeait, le prince se tenait à la fenêtre. Il passa une pauvresse qui demanda l'aumône à la boulangère. Aussitôt celle-ci coupa la moitié d'une tourte et la lui donna. La mendiante la bénit et lui dit :
Le roi qui entendit cela se mit à taquiner la boulangère, et, chaque fois qu'il la voyait, il lui disait :
Tu as donné la tourte et tu as reçu la bénédiction ;
Un roi tu f pooseras, Et reine lu sera»
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364 CONTES POrULAlKES GRECS
La boulangère ne lui répondait pas, mais était très honteuse. Le lendemain, la mendiante reviot et lui demanda de nouveau du pain. Alors la boulangère lui dit que, à chaque instant, le roi lui répétait la bénédiction qu'elle lui avait donne'e, et la taquinait, et qu'elle était si honteuse qu'elle ne savait quoi faire.
IX Bah! lui dit la pauvresse, et tu es aussi sotte que cela ! Écoute-moi et tu ne t'en repentiras pas. Quand le roi te le répétera, ne perds pas de temps, mais réponds-lui :
J'ai donné la tourte et )'ai reçu la bénédiction;
Va roi J'épouienii,
Et trois boiBaeaui de xl Sot ton boaX je broierai.
La boulangère lui donna de i moitié d'une tourte. Le lendemain, le roi se mit à sa fenêtre, et commença de nouveau à la taquiner, en disant :
Tu as donné la tourte et tu as reçu la bénédiction ;
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\ BOULANOGRE
La boulangère lui répondit ce que la mendiante lui avait conseillé r J'ai donné la tourte et j'ai reçu la bénédic-
Sur toD froDt je broierai.
Cette réponse taquina le roi, et il fut fort irrité de ce que la boulangère lui avait répliqué de la sorte, car il ne pouvait comprendre ce qu'elle entendait par les trois boisseaux de sel. Le même fait se reproduisit deux ou trois jours de suite. Le roi, ne pouvant supporter cela, prît le parti de faire un voyage. Sa mère voulut lui préparer des gimbletles pour qu'il les emportât avec lui dans son voyage. On manda la boulangère pour l'en charger. Celle-ci apprit des chambrières que le roi partirait tel jour pour allerà Alep.
Le même jour donc où le roi devait partir, la boulangère se rendit sur le bord de la mer, elle étendit un tapis, et dît : n Viens sur moi, bénédiction de mon père et de ma mère, pour que j'aille à Alep. » Et, une, deux, elle arrive à Alep; elle loue un palais auprès de la mer (sic), le meuble , prend des servantes.
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achète des habits royaux, s'habille, se pare, s'assied à la fenêtre, et attend le prince.
Le navire arriva, le prince débarqua, et alla loger dans un hôtel. Il sortit pour aller se promener, vit la boulangère à sa fenêtre et la trouva de son goût. Il lui demanda la permission de monter, et elle le reçuL La jeune fille devint enceinte, et, au bout de neuf mois, elle mit au monde un garçon, qu'elle nomma Alépieo.
Au bout d'un certain temps, le prince partit et pour signe il laissa un poignard à son fils. Le prince s'en alla donc, et la boulangère laissa son enfant à la nourrice ; elle étendit de nouveau le tapis sur le rivage de la mer, et, une, deux, elle revint dans la ville oii elle habitait, et reprit son ancien métier de boulangère.
Quelque temps après, le prince arriva dans son palais; il la vit de nouveau par la fenêtre et il lui dit :
Tu as donné la tourte et tu as reçu la bénédiction ;
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