‹ Recueil de contes populaires slavesChapitre 35 sur 47 · I.ES DEUX l'UE K ES · texte numérisé non relu

I.ES DEUX l'UE K ES

Il s'assit sur l’herbe, acheva de manger ses sâteaux et retourna à la maison.

Son cadet Janko lui reprocha de n’avoir su réussir à rien dans le monde.

— Eh ! vas-y, toi, dans le monde ! lui dit son père. Nous verrons ce que tu en rapporteras, et si tu sauras mieux voyager que ton frère.

Il le fit entrer dans sa chambre, lui donna, pour son voyage, une eau qui guérissait toutes les maladies, le bénit, et l’envoya courir le monde. Sa mère lui avait cuit une miche pour le voyage.

Janko Cendrillot partit et marcha droit devant lui, là où ses yeux le conduisaient. Il arriva dans cette prairie où son frère Jozka avait mangé les gâteaux. Il s’assit, et les mêmes fourmis vinrent autour de lui. Janko tira le pain de son bissac, mangea, et nourrit les fourmis. Elles le remercièrent en lui disant :

— Bon Janko, nous viendrons à ton secours.

Janko continua sa route. Il arriva près d’un lac. Là il vit une carpe qui se débattait sur le rivage. Il la rejeta dans l’eau, en disant :

CONTES SLAVES

— Pauvre bête! pourquoi souffrirais-tu sur la terre, quand tu es faite pour vivre dans Peau ?

— Nous te viendrons en aide! lui cria la carpe.

Janko arriva à un carrefour; là, des diables se querellaient et se battaient.

Janko se mit de la partie, frappa à droite et à gauche, les sépara et rétablit le bon accord parmi eux.

— Nous viendrons à ton secours! lui crièrent les diables.

Janko nota ce détail dans sa mémoire, et continua son chemin.

Il arriva à une ville. Il y trouva tout le monde en deuil : la hile du roi était fort malade, et aucun médecin ne savait comment la guérir. Janko alla à l’auberge et demanda à l’aubergiste :

— Qu’y a-t-il de nouveau ?

— La princesse Julienne est à l’agonie. Celui qui lui rendra la santé l’épousera.

Janko se rappela cette eau merveilleuse que son père lui avait donnée.

— Annoncez-moi chez le roi, dit-il à l’aubergiste, et dites-lui que je suis le premier médecin du monde. Je nuérirai sa lillc.

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