A UN DE SES CONFRÈRES
ou IL HAPPORTE LA CONVERSION DE M. ALECRE , CI-DEVANT PROTESTANT , ADJOINT DU MINISTRE DE JIONTARAN.
Avignon , ce t.** {énitr 1789,
Monsieur ,
Que le Seigneur soit béni à jamais ! il vient d'opérer , dans ;sa grande miséricorde , un prodige de grâce bien propre à consoler TEglise dans ces malheureux jours, et à remplir de joie ses vrais enfans ; car ne puis-je pas qualifier ainsi la conversion d'un protestant qui , après avoir abjuré l'hérésie qu'il professoit depuis son enfance, et qui depuis plusieurs années Tenseignoit aux autres , en qualité d'adjoint d'un ministre de sa secte, a eu le courage de renoncer à son poste pour se
retirer dans un séminaire et y étudier les desseins de Dieu sur lui ? C*est le séminaire d* Avignon , où personne n'édifie plus que ce cher néophyte : si Dieu l'appelle à l'état ecclésiastique , nous avons tout lieu d'espérer qu'il sera un digne ministre des saints autels.
Vous m'envoyâtes , il y a quelques mois , la relation de la conversion de M. Thayer ; je vous envoie le précis de celle de M. Alegre ; c'est le nom du néophyte dont je vous parle : le premier a été ministre protestant en Amérique (i); le second a été adjoint du ministre en France : vous trouverez en Tun et l'autre de grands rapports de ressemblance. Je souhaite que vous soyez autant édifié par la lecture de la lettre que je vous adresse, que nous l'avons été en lisant celle que vous nous avez fait parvenir. Vous pouvez la faire circuler; elle ne contient rien que de certain , rien dont on ne puisse donner les preuves les moins suspectes. Je me serois fait un crime de mêler le faux au vrai , ou même de rien exsçérer.
Je ne crains point que M. Alegre se plaigne jamais que j'aie altéré les faits : s'il vient- à lire son hiisloire imprimée , je ne daute pas que sa modestie n'en souffre ; mais il n'y trouvera rien qui ne soit exactement conforme à la vérité.
(i) Chçz les BostQiû«09.
Je sais que M. Alegre vous écrivit du sétni* naire d'Avignon avant d'avoir abjuré le calvi* nisme ; si vous rendiez publique ce que je vous envoie , vous pourriez faire imprimer sa lettre à la fin de la relation , ainsi que celle qu'il adressa à M. Thayer : elles confirmeront une grande partie des faits que je vais vous rapporter.
C'est dans le diocèse de Nîmes qu'est né M. Al^re , d'un père et d'une mère calvinistes : on lui enseigna , dès sa plus tendre enfance , la doctrine de la religion prétendue réformée. On peut juger des soins qu'on prit à en graver les principes dans son ame , par la profession de son père , qui étoit ministre protestant , et qui en exerçoit les fonctions à Clarisson. Celui-ci le mit au collège de cette ville dès qu'il fut çn état de commencer ses études ; mais il ne manqua pas de le prémunir et contre la saine doctrihe qu'on y enseignoit , et contre les saintes pratiques qui y sont en usage ; on ne lui permettoit pas de les suivre , et s'il en demandoit la raison 9 on lui donnoit une de ces mauvaises réponses qui ne sont que trop capables d'en imposer à un jeune homme peu instruit : en voici un exemple. Je demandois un jour , nous disoît-il , pourquoi je ne devois pas aller à la Messe à laquelle assistoient tous mes condisciples ? on me mit entre les mains un livre où je trouvai ce raisonnement :
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« N*est-il pas évident que dans tout sacrifice le prêtre doit être supérieur , ou au moins égal k la victime ? Le contraire arrivcroit à la Messe si elle étoit un sacrifice ; le prêtre seroit un pur homme ; et , selon les catholiques , la victime seroit un Dieu-Homme. Je me payai de cette raison ; je n'avois alors qu'environ treize ans. »
Quelle mauvaise foi dans le ministre qui étoit Tauteur de ce livre , s*il n'étoit dans l'ignorance de ce que croient et enseignent les catholiques ! Ceux-ci disent tous que Jésus- Christ est le principal prêtre ; que ce divin Médiateur s'offre lui-même sur l'autel comme il s'offrit sur la croix : que le sacrifice de la if esse est le même que le sacrifice de la croix , quant au prêtre , quant à la victime , quant à la fin , et qu'il n'est différent que dans la manière dont il est offert.
Il y avoit peu de temps que M. AÏegre étudioit, lorsque la mort lui enleva son père. Il se vit avec deux frères dont il est l'aîné , sur les bras d'une mère remplie de bonnes qualités et pleine de tendresse pour ses enfans , qui ne négligea rien pour leur donner la meilleure éducation.
Elle se détermina bientôt à venir s'établir à Nîmes , et les fit étudier chez les Pères de la doctrine chrétienne. Son premier soin étoit de veiUçr sur leur conduite , pour coqseryer U
( loi ) pureté de leurs mœurs. M. J^Iegre se distingua de ses condisciples par ses grands talens et son application constante au travail. Ses anciens compagnons d'étude lui rendent témoignage qu'il les surpassoit tous. Ses premières études étant finies , la mère et les enfans partirent pour Lausanne. Il y a dans cette ville un séminaire établi pour préparer un certain nombre de Français à exercer les fonctions de ministre ; ils y sont entretenus gratuitement : M. Alegre y fut admis , ainsi que ses deux frères. Sa mère le voyoit souvent : par ses sages conseils elle sut le préserver du libertinage si commun aux j eunes gens. Il ne déi^roit rien tant que de s'instruire : son émulation augmenta par l'objet des études auxquelles le livrèrent ses professeurs. Us admiroient ses talens autant qu'ils aimoient son caractère et estimoient les belles qualités de son cœur. Mais plus d'une fois la pénétration de son esprit leur donna des inquiétudes. Ces Messieurs soutenoient une mauvaise cause , et M. Alegre , quoique jeune , n'étoit pas de caractère à jurer sur la parole de ses maîtres. Un catholique agit en homme raisonnable lorsqu'il s'en rapporte à l'autorité de son curé , de son évêque. Il lui est aisé de se convaincre que l'un et l'autre n'enseignent que ce qu'enseigne le commun des pasteurs , soit du premier, soit du second ordre j mais M. Alegre ne tarda pas à s'apercevoir que ses maîtres et
ses professeurs les plus instruits n'étoient point d'accord sur les articles lesplus importans. L'un ^ nous disoit-il , prêclioit avec les bons protestans et tous les catholiques , réternité des peines. L'autre osoit enseigner publiquement qu'elles ne seroient éternelles qu'autant que Dieu ne voudroit pas user de sa miséricorde à l'égard de celui qui les auroit méritées.
II y en eut un qui , dans une conversation particulière, lui fit entendre qu'il pensoît en socinien; qu'il ne croyoit aucun mystère; qu'il n'admettoit qae ce qu'il connoissoit par les lumières de la raison.
M. Alegre faisant sa philosophie , avoit lu certains ouvrages des incrédules de nos jours , qui avpient fait sur lui de funestes impressions: on n'avale pas cette sorte de poison impunément ; le fruit de ces lectures fut de préconiser le génie et l'éloquence des auteurs auxquels il avoit pris goût , de prendre leur défense contre ceux qui leur rendoient justice en les dénonçant comme des hommes trèsdangereux , et d'adopter plusieurs de leurs principes impies. Il est facile à un protestant de se faire un système de religion dans lequel il n'admet point de mystère ; juge de sn. foi , il sait éluder la force des textes de la sainte Ecriture , et leur donner le sens qu'il lui plaît. La conversation qu'eut M. Alegre avec le protestant socinien le conduisit à ne plus rien
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Croire de ce que croient les protestanfi comme les catholiques sur la Trinité , Tlncar nation , la satisfaction.
Mais le Seigneur ne permit pas qu'il demeurât long-temps dans cet affreux abtme.
Qu*alloit-il devenir ^ et que seroient devenues tant d'ames avec lesquelles il devoit avoir des liaisons étroites ^ s*il avoit grossi le nombre de ces hommes de scandale qui affichent Tirréligion ? Ce qui retira ce jeune homme du précipice est surprenant ; vous y admirerez le doigt de Dieu. Le lendemain du jour où il s'étoît entretenu avec le socmien , et avoit bu tout le venin de sa doctrine anti-chrétienne , à son réveil , il trouva sur sa table le poème de Racine sur la religion ; il le prit , et il en eut à peine lu quelques pages , qu'il revint de son incrédulité* Ses doutes furent entièrement dissipés ; dès ce moment il demeura convaincu de la vérité des dogmes que croient les catholiques , d'accord avec les vi-ais protestans. M. Alegre , qui n'étoit plus mécréant, tenoit encoï^c trop aux préjugés de l'éducation pour se rendre k la religion catholique ; non qu'il fût toujours aussi attaché aux erreurs du protestantisme : il voyoit où il conduit , faute d'admettre un centre d'unité; mais il étoit arrêté par les imputations calomnieuses dont les protestans noircîssetit la. doctrine de l'Eglise. Sa religion , si c'en est une j étoit le tolérantisme , etc.
Cependant sa santé fut considérablement altérée ; les inquiétudes dont il étoit agité , et une application excessive à des études qu'il prolongeoit bien avant dans la nuit , le jetèrent dans un état d'épuisement qui dura deux ans. Lesmomens que sa foiblesse lui permettoit de donner à l'application , il les employoit à lire , tantôt les ouvrages des protestans , tantôt ceux des catholiques ; plus il lisoit ceux-ci ^ plus ses préjugés diminuoient. Un jour qu'il venoit de lire Nicole, il dit à son frère : « Si » je reconnois que l'auteur de ce livre n'en >) impose point , je n'hésiterai pas , lorsque je i> serai de retour en France , de me faire ca- » tholique. » Le frère est protestant à Uzès : on peut s'assurer de la vérité du fait par son propre témoignage. Une circonstance lui fit connoître clairement la facilité avec laquelle les protestans s'éloignent des sentiment de Calvin : elle contribua beaucoup à lui montrer combien la base sur laquelle porte le protestantisme est peu solide.
M. Alegre paroissant aux exercices théolo^ giques des protestans, après plusieurs jours d'absence , le professeur , qui traitoit alors la question où l'on examine la manière dont la grâce agit dans nos cœura, l'interrogea. pour savoir son senfiment; il crut ne pouvoir mieux satisfaire à ce qu'on lui demandoit, qu'en exposant le système de Calvin qu'il avoit étudié
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en son particulier ; tous furent singulièrement étonnés de ses réponses. Un de ses condisciples lui ayant demandé où il avoit puisé des idées si extraordinaires : dans Calvin , lui répondit-il- Un tel système , lui repartit-on , pouvoit être bon dans le seizième siècle , mais on pense bien différemment aujourd'hui.. Notre étudiant n'avoit-il pas raison de conclure qu'une Eglise dont la doctrine n*est pas toujours la même , ne peut être la véritable Eglise de Jésus-Christ ?
Dès qu'il eut fini son cours d'études , on l'envoya en France avec des lettres de recommandation pour le synode du Bas-Languedoc. Ces lettres étoient aussi flatteuses pour lui qu'elles pouvoient l'être ; on y faisoit tellement l'éloge de ses vertus , de ses talens , et des progi'ès qu'il avoit faits en tout genre , que , les ayant retrouvées quelque temps avant sa conversion 9 ii les brûla , tant sa modestie en étoit alarmée* Un sacrifice de cette nature étoit bien propre à attirer sur lui les grâces que Dieu prépare aux humbles.
On le nomma proposant à Saint-Laurent , dans le diocèse de Nîmes.
Un proposant est un adjoint ou un secondaire que l'on donne à chaque ministre , parce qu'ordinairement il a plusieurs districts ou paroisses à gouverner. C'est sous l'inspection du ministre que le proposant fait chaque dimanche le prêche , la prière et l'instruetioa
( io6 ) dans le district où il est envoyé ; le ministre n'y paroît ordinairement que quatre fois l'année , pour y lire la liturgie , et y distribuer la cène ; fonction qui lui est réservée. Le proposant est encore chargé de visiter les malades et d'assister les moribonds. Le troupeau de M. Alegre étoit composé de plus de six cents personnes: tandis qu'il y exerçolt ses fonctions, une maladie épidcmique s'y répandit, et il en fut attaqué.
On craignit de le perdre bientôt si l'on ne le plaçoit dans un poste oh l'air fût plus sain ; c'est ce qui détermina le synode suivant à le mettre à Montaran , qui est à une petite lieue d'Uzès ; il en fut fait proposant , et sut se concilier tous les cœurs.
Tout parloit en faveur de M. Alegre ; ses mœurs , qui étoient irréprochables ; son extérieur composé , prévenant , honnête ; son amour pour la retraite ; toute sa conduite enfin y qui faisoit dire : « Les autres ministres et proposans sont tels dans les fonctions de leur ministère ; mais M. Alegre est proposant dans toutes ses actions. » On admiroit se& talens , son érudition , son éloquence dans la prédication.
Ceci vous étonnera ; mais vous saurez que M. Alegre , qui cherchoit toujours la vérité ^ qui l'entre voy oit et pensoit à entrer dans le sein de l'Eglise catholique , ne prêcha jamais
( I07 ) sur les matières controversées J cVtoît ordînaî-^ rement sur la morale : s'il parloit quelquefois des dogmes , c*étoit de ceux qui sont également admis par les protestans et par les catholiques* Il peut se rendre ce consolant témoignage ^ qu'étant ministre de Terreur , il ne Ta jami^s enseignée. Ayant eu occasion de montrer un de ses discours sur la satisfaction pour no^ péchés , à un ministre ^ celui-ci voulut qu'il en retranchât une phrase comme exprimant le dogme catholique.
M» Àlegre étoit autant chéri qu'estimé h Mon* taran ; les anciens lui en donnèrent une preuve non équivoque. Après une exhortation qtt*îl eut occasion de faire dans une circotistaticc, frappante , ils s'assemblèrent , et arrêtèrent d'une Voix unanime qu'ils ne recevroient jamais à Montaran d'autre ministre que lu'u Ils ne soupçonnoient pas ce qui se passoit dans son ame. Il étoit catholique dans le fciid du cœur ) et sa résolution étoit prise , que s'il lui survenoit une maladie dangereuse , il feroit appeler le curé de la paroisse , et prononceroit son abjuration , voulant mourir dans le sein de TE^lise romaine , quelques représentations que pussent lui faire ses amis , son frère et tous les ministres protestans^ S'il tâchoit de sef corriger de ses moindres défauts , et d^ vivre d'une manière conforme à l'Evangile , c'étoit afin de ne mettre aucun obstacle au don pré-^
( io8 ) cieux de la foi , et d'obtenir les grâces dont il avoit besoin pour surmonter les grandes difficultés qui s'opposoient à Texécution de son dessein. Il fut souvent tenté de différer sa conversion jusqu^à la mort , pensant qu'il lui falloit renoncer à un poste qui fournissoit, à peu de chose près , son entretien , ainsi qu'à l'espérance d'en avoir bientôt un autre plus hoïiorable et plus lucratif; qu'il ne pouvoit se convertir sans s'attirer l'indignation de ses amis et des ministres de sa secte , sans affliger très-sensiblement un frère qu'il aimoit , et encore plus une mère dont il étoit tendrement aimé.
A ces réflexions que lui suggéroient la chair et le sang ^ il en opposoit d'autres qui lui étoient inspirées par la raison et la religion. Sui&-je assuré , se disoit-il à lui-rmême , de pouvoir faire à la mort ce que je voudrois remettre à ce dernier moment ? Quand je pourrois le faire , qui. m'a dittjue je le ferai ? en aurai-je le temps ? en aurai-je la grâce ? Si j'aime quelqu'un plus que Dieu , fût-ce ma mère , je ne suis pas digne de Dieu : à quels châtimens ne dois-je donc pas m'attendre ! Si je suis sage , mes intérêts temporels me ferontils sacrifier un bonheur éternel ?
Heureux si tous ceux qui sont nés dans le sein de l'erreur faisoient souvent de telles réflexions ! Le respect humain n'en arrêteroit
( 109 ) pas un si grand nombre qui , voyant la lumière et n'osant pas embrasser la vérité , sont déchi* rés continuellement par les plus cruels remords, et finissent par mourir dans Thérésie.
La paroisse de Montaran avoit pour vicaire un homme plein de science et de piété* M. Âlegre le connoissoit de réputation. D'après ce qu'il en avoit entendu dire , il jugea qu'il pourroit prendre de lui les éclaircissemens qu'il désiroit : il ne se trompoit pas ; il le vit , et dès la première conférence qu'il eut avec lui, il en fut très-satisfait. Celui-ci lui développa ce qu'enseigne l'Eglise catholique sur les principaux dogmes , ne donnant pour vérité de foi que ce qu'elle a décidé : il ne tarda pas à être convaincu que V exposition de la doctrine ca-tholique , composée par M. Bossuet , conte-^ noit la pure doctrine de l'Eglise. Dès-lors le vicaire de Montaran et M. Âlegre contractèrent une amitié fondée sur la plus parfaite estime c[ù'ils avoient l'un pour l'autre. Elle s'entretint par de fréquentes lettres qu'ils s'écrivoient pour ne point donner d'ombrage par des visites trop fréquentes ; et voici quel fut le résultat de leur correspondance. 11 fut conclu que M. Alegre , bien résolu de faire tous les sacrifices que Dieu demandoit de lui , et surtout de vaincre la tendresse naturelle qui lui faisoit craindre de déplaire à sa mère (ce qui lui coûtoit le plus) , se retireroit au séminaire de saint Charles , à
( iio) Avignon , après néanmoins qu'il auroit passé à Nîmes pour faire part de son projet aux supérieurs ecclésiastiques ; il convenoit qu'il en agit ainsi ^ parce qu'il étoit né dans ce diocèse. Il ne tarda pas à se rendre dans cette dernière ville, et personne ne pouvoit soupçooner le motif qui Vy conduisoit : la circonstance étoit favorable pour le voyage et sembloit même l'exiger. On étoit aux approches du synode que les protestans dévoient tenir en cette ville , et le proposant devoit être confirmé dans le posta où il étoit en si grande considération.
Arrivé à Nimes il s'empressa de voir M- Clemenceau , vicaire^général et curé de Saint- Castor ; charmé de l'accueil gracieux qu'il en reçut, il lui ouvrit son cœur , et le quitta plus affermi que jamais dans la résolution de partir incessamment pour Avignon, M. Clemenceau lui-même fit arrêter une voiture , et lui donna un prêtre pour l'accompagner jusqu'au séminaire de saint Charles. Sa générosité le porta à se charger , par une lettre particulière y des frais du voyage.
Ce fut le 3 mai 1788 que M. Alegre arriva à Avignon et entra au séminaire. Dès la première entrevue avec le supérieur et les directeurs , il leur fit part de son dessein. C'étoit , disoit-il , de chercher la vérité ; ajoutant que , s'il la trou voit dans l'Eglise catholique , il l'embrasseroit avec ardeur j mais aussi qu'il n'y vour