‹ Recueil de conversions remarquables nouvellement opérées dans quelques protestantsChapitre 8 sur 22 · AU MEME · texte numérisé non relu

AU MEME

Monsieur ,

Il est bien temps que je vous témoigne ma reconnoissance , et que je réponde à votre excellente lettre qui m'a singulièrement édifié. Le zèle charitable qui Ta dictée , ce zèle pour le salut des âmes, que Ton ne trouve que chez les catholiques , seroit seul capable de me faire aimer la religion qui l'inspire.

Mais je vois qu'elle ne s'en tient pas là , et qu'elle produit les changemens les plus étonnans. Il m'est impossible de vous rendre l'impression qu'a faite sur mei ce que vous nous dites de M. Thayer : que sa conviction doit être forte ! que sa foi est vive , agissante , infatigable ! Je ne doute pas qu'il ne soit appelé à de grandes choses. Sa conversion est trop merveilleuse , et les grâces qu'il reçoit

sont trop abondantes pour que Dieu n*ait en vue que son salut : nouveau Saul , il verra ses missions couronnées du plus grand succès. Les conversions qu'il a déjà opérées sont des garans de celles qu'il opérera dans sa patrie , avec le secours du Tout-Puissant.

Je dois faire ici cet aveu , que c'est l'histoire de sa conversion qui a accéléré la mienne. Je doutois depuis long-temps de la vérité de la religion protestante ; je voyois les défauts du système de Calvin. Depuis quelques mois surtout je n'étois plus protestant ; mais je n'étois pas encore catholique. Le doute , en matière de religion , est un état affreux pour une ame honnête et sensible à qui la religion est un besoin. Je cherchois à me tirer de cet état d'incertitude ; mais j'avois besoin d'être encouragé par l'exemple d'un homme dont la probité ne me fût pas suspecte , et dont Taa-* torité fût capable de m'entraîner ; je trou— vois tout cela dans M. Thayer. Après qud— ques jours de réflexions et de prières y je me rendis au séminaire de Saint-Charles , oh je suis depuis plus d'un mois occupé à méditer les grandes preuves de la religion catholtqae , et à bénir Dieu de la grâce inestimable qu'il m'a faite. J'ai choisi le jour de la fête de saint Pierre pour reconnoître dans ce grand Saint le chef de l'Eglise , et faire abjuration de toutes mes erreurs passées.

Dès que j'aurai Thonneur d'être membre de TEglise catholique , croyez , Monsieur , que je ne manquerai pas d'adresser pour vous au Seigneur les prières les plus feryentes; c'est un bien juste retour de ma part. Que cette communion de prières me ravit ! Comme je serai alors un peu plus libre , je prendrai la liberté de vous adresser une lettre plus détail* lée pour M. Thayer : si je pouvois en recevoir une de lui avant mon abjuration , je me croirois trop heureux : tâchez , Monsieur , de l'obtenir , je vous en prie : daignez aussi continuer vos bonnes prières en ma faveur.

J'ai l'honneur d'être , etc.

A Ayignon, ce iSjamiySS.

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