‹ Recueil de discours préparés [microforme]Chapitre 13 sur 31 · EE · texte numérisé non relu

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cela ne vous convient pas, c'est votre faute et une autre fois vous choisirez un convive qui ait une langue plus déliée et plus habile que la mienne. De cette façon vous vous éviterez l’ennui dont je vous ai accablé, depuis cinq minutes au moins et que vous avez supporté avec tant de calme, de résignation et de bonne humeur.

Santé du Président.

MESSIEURS

Nous avons passé une excellente soirée, la réunion qui va bientôt se terminer comptera dans le souvenir de ceux qui y ont pris part parmi les mieux réussies et les plus agréables que l’on puisse désirer, et cependant il nous reste un devoir à remplir. Si spirituels que nous puissions être, si joyeux convives que nous puissions nous croire. vous reconnaîtrez avec moi que ce diner n’auraitpe :1 le charme que nous lui reconnaissons si nous n’avions eu à notre tête un guide aussi compétent que celui qui nous préside ce

soir.

Quelle que soit la bonne camaraderie que nous fussions prêts à déployer; quelque étincelante que füt notre conversation, elle aurait perdu tout son sel et tout son entrain sans le tact et là-propos montrés par notre excellent ami dans sa tâche délicate. Il a été en tout point le right man in the right place et jamais président ne fut plus courtois et plus jovial. Il semble vraiment que son rôle dans la vie, ou du moins une partie de son rôle, consiste à mettre à l'aise les amis qui s’associent à ses côtés autour d’une table de banquet, à leur inspirer une humeur délicieuse, à les mettre d'accord avec eux-mêmes et avec le monde entier.

S'il existe un mngnétisme social, je suis sûr que nous en subissons en ce moment l’influence et, convaincu que nous devons le plaisir que

nous éprouvons maintenant, aux causes que je viens d'indiquer, j'ai l’honneur de vous proposer Ja santé de notre président.

Réponse du Président.

MESSIEURS

Il est bien heureux pour moi que je ne sois pas très timide, sans quoi j'aurais été certainement suffoqué par les termes flatteurs dont notre ami commun s’est servi à mon égard, en votre nom, et je me serais trouvé dans limpossibilité complète de répondre. Cependant, je n'ignore pas qu’un peu d’hyperbole est toujours de mise dans les compliments de ce genre, aussi, sans mettre en doute la sincérité et la cordialité de ses remarques trop élogieuses, je ne puis les accepter et les porter à mon crédit qu'avec un assez lourd escompte. Peut-être aurez-vous une opinion beaucoup moins favorable de mes talents de président, quand je vous aurai avoué qu’au sein de l’amusement général de ce soir, je me suis permis, pour une large part, d'oublier la dignité de ma position et de me considérer comme simple membre d’une joyeuse réunion au lieu de songe: que j'en avais la haute direction.

DISCOURS ill

On me permettra cependant de faire remarquer que je n’ai jamais poussé cette indiscrète illusion jusqu’à négliger l’accomplissement de mes agréables devoirs, et jamais vous ne m'avez vu faire honneur à une santé sans lever bien haut un verre régulièrement et consciencieusement plein.

C’est d’ailleurs un devoir que je vais remplir une dernière fois en buvant une copieuse rasade à la santé de tous et de chacun de vous. Messieurs, recevez mes remerciements et mes compliments les plus sincères. Puissiez-vous vivre longtemps pour jouir de toutes les douceurs auxquelles nous avons participé ce soir.

eesecscse

Pour la santé des Maîtres de la maison.

MESSIEURS, MEÉSDAMES,

Je ne vais pas vous infliger un discours. Je veux seulesnent essayer de traduire en quelques mots les sentiments que je vois réfléchis sur vos figures et qui, je n’en doute pas, viennent directement de vos cœurs.

Si vous pouvez trouver dans vos souvenirs un moment plus agréable que celui dont nous jouissons ensemble, je devrai dire que vous avez été plus favorisés que moi. Mais je vois que vos yeux disent non, et que nous sommes tous dans le même cas. A qui devons-nous ces heureux instants, ce rayon de soleil qui vient égayer nos soucis et nos tracas de chaque jour? Ai-je besoin de dire que c’est à la gracieuseté du maitre et au charme de la maîtresse de cette aimable maison, que nous devons l'atmosphère de joie qui nous entoure? La politesse cérémonieuse et la chaude hospitalité sont deux choses

bien différentes, et je n’ai pas besoin d’insister pour vous dire quelle a été notre part ce soir. Aussi, je vous prie de charger vos verres à pleins bords et de boire à la santé et à la prospérité de nos amphytrions. Puissent-ils être toujours aussi heureux que leurs invités le sont ce soir!

Réponse.

Mes Ars,

Comme les dames, en pareille circonstance, délèguent généralement au sexe fort, le soin de répondre, je m'acquitterai du mieux possible de ce devoir, pour moi et pour ma femme. Nous avons tous deux été aussi charmés de vous voir réunis autour de cette table, que vous nous avouez l’avoir été de répondre à notre très humble invitation. Cela fait du bien de se rencontre quelque fois, et si nous n’avions pas de temps en temps l’occasion de faire taire les soucis et les tracas dans quelques instants de bonne et franche amitié, notre âme s’endurcirait et nous deviendrions de misérables misanthropes.

Si nous avons eu ce soir quelque gaieté et quelque entrain, ce n’est pas au maître et à la maîtresse de maison que ce plaisir est dû, mais bien aux invités. Nous sommes entièrement vos obligés, et en mon nom comme en celui de ma femme, je vous remercie de la joie que nous a causée votre présence, joie encore considéra-

blement accrue, je l'avoue, par la conviction que vous vous êtes trouvés parfaitement à l'aise et que vous avez apprécié nos efforts pour vous rendre la soirée agréable.

Si ma femme n'étais pas réfractaire à la déclamation, je suis convaincu qu’elle aurait répondu beaucoup plus gracieusement que moi au discours flatteur de notre ami; mais je compte sur son obligeance pour excuser les imperfections du porte-parole de la communauté et j'ai le plaisir de boire du fond du cœur à votre san-

té collective.

MESSIEURS

Le “ quatrième Etat ”, comme on nous désigne quelquefois, mériterait sûrement, monsieur le président, un représentant plus autorisé que moi dans la présente circonstance; mais, puisque l’on m'a demandé de répondre à la santé portée en son honneur, je me vois obligé de di-

re quelques mots sur un sujet dont l’importauce est capitale et immédiate. “La presse ”, heureusement n’a pas besoin d'interprète. Elle parle d’elle-même. Quand elle est libre, le peuple est libre; quand elle est enchaïnée, le peuple est esclave. Notre liberté est grande, elle est peutêtre la plus grande qui existe, et si quelque fois cette ‘iberté arrive à dégénérer en licence, la saine opinion publique créée et modelée par le journalisme honnête et loyal, réussit toujours à dompter le mal et à réduire son auteur. Les journaux sont les livres du million, les livres qui se lisent en courant. De tous les modes de diffusion de la pensée humaine, c’est le plus simple, le plus direct et le plus puissant. Toutes les notions utiles de l’époque sont concentrées dans nos journaux quotidiens et hebdomadaires et dans nos revues. (C’est là que l’on trouve sous une forme abstraite et concise tout ce que les cerveaux intelligents et travailleurs du monde entier font chaque jour pour améliorer la situation intellectuelle, physique et morale de la génération. Les découvertes, les inventions, toutes les nouveautés dans les arts et dans ta

science, tout ce qui a quelque intérêt dans l’histoire courante ou quelque valeur dans l’histoire du passé, tout est résumé, critiqué et appliqué dans les colonnes et les pages des journaux.

Une des fonctions les plus importantes de la presse, est de rendre public tout ce que le public désire savoir et a le droit de savoir. Nous sommes ici ce soir en famille; le monde extérieur n’a plus accès jusqu’à nous et pourtant | soyez sûrs qu’il doit y avoir parmi nous des détectives amis réunissant de la bonne copie et Î classant nos faits et nos gestes, si bien que de- L| main nous nous contemplerons nous-mêmes, en grandeur naturelle, dans le premier journal du matin. Nous serons obligés alors de nous rencontrer face à face avec nos propres paroles Ë agrémentées sans doute de quelques pointes sur | nos erreurs ou nos prétentions. Rien aujour- | d’hui ne peut se cacher sous le boisseau. L’œil

inquisiteur de la presse pénètre partout. Cet œil

est comme celui du lièvre, il voit en avant, en

arrière et de côté, rien n'échappe à son extra-

ordinaire puissance de pénétration. La presse s’est constituée la police silencieuse du monde

social, et c'est une police autrement effective que tous les gendarmes de la chrétienté. La presse ne peut et ne doit effrayer que ceux qui préfèrent les ténèbres à la lumière. Messieurs, buvons “ A la presse.”

Santé de la Presse, MESSIEURS,

Nous ne devons pas oublier que nous avons avec nous ici ce soir des personnages fort importants et envers lesquels j’ai pour ma part la plus profonde révérence. Pendant que nous nous réjouissions et nous amusions, pendant que les verres circulaient, eux ils travaillaient et ils travaillaient ferme pour nous et pour le public dont nous faisons partie. Lorsque demain matin, la tête peut-être un peu lourde des excellents vins qui ont circulé ce soir et qui circulent encore, Dieu merci, nous déploirons notre journal et nous jetterons les yeux sur la co-

donne des faits divers, nous serons très fiers d'y line notre nom en caractères moulés et d'y constater que nous avons fait un très profond ou très spirituel discours. Nous ne nous sentirons pas de joie si les quelques applaudissements que nous avons recueillis, y sont généreusement signalés. C’est avec une fierté difficile à dissimuler que nous tendrons la feuille à notre épouse pour la faire jouir de notre succès; en arrivant à notre bureau, en nous promenant sur la rue nous aurons un sourire satisfait à l’idée seule que tout ce monde-là à lu notre succès. V&'là le vrai bonheur. Mais, à qui le devons-nous? A tous ces braves amis de la presse qui à deux pas de nous, courbés sur leurs cahiers de notes, le crayon aiguisé à la main, ne perdent pas un mot de ce qui se dit. Lorsque” sortant d'ici, nous réintégrerons le domicile, comme l'exige la bic 1séance, ces messieurs auront encore de longues heures à passer pour redresser nos idées chancelantes et mettre en ordre nos phrases trébuchantes.

Messieurs, n'oublions pas nos bons amis de la presse, ils ont en main une puissance dont ils usent pour notre bien, ils ont droit à toutes nos

sympathies, à tous nos égards et à toutes nos amitiés.

Remplissons nos verres et, “ A la presse.”

ee+e.secce

Massreurs,

Mes amis et camarades me demandent de répondre en leur nom aux paroles aimables que vous venez de prononcer à notre intention et aont nous vous remercions très sincèrement.

Il est inutile pour moi de vous prévenir que je ne ferai pas de discours, inutile également de donner la raison de cette abstention.

Nous entendons, dans notre métier, beaucoup de discours; ces discours il nous les faut écrire; une fois écrits, il nous les faut relire. Je n’irai pas plus loin pour vous faire comprendre que finalement l’éloquence devient pour nous 100 much of a good thing.

Cependant, je ne saurais laisser passer sans un mot d'appréciation le charn:-te réunion à

lhquelle nous avons été conviés ce soir, et dont vous nous avez fait les honneurs d’une façon aussi aimable et courtoise.

Rarement, je vous assure, il nous a été donné d'assister à un banquet aussi joyeux, aussi agréable et aussi libéralement arrosé.

Au nom de mes confrères et camarades, je n'ai qu'un vœu à formuler, c’est que la bonne fortune nous procure encore une fois la chance d'être des vôtres, lorsque votre association se réunira de nouveau, sous d’aussi charmants auspices.

etes Toast de Sociétés Sœurs.

MesstEURS,

Je me lève pour proposer une santé à laquelle,

je suis sûr, vous allez tous vous joindre du fond du cœur. Il y a ici et ailleurs des sociétés dont le but est identique à la nôtre et qui ont droit à nos plus chaudes sympathies. Nous avons parmi nous, ce soir, quelques-uns de leurs représen-

tan:s et nous manquerions aux lois les plus sacrees de la courtoisie, si notre bouche n’exprimait pas pour elles les sentiments de bienvenue que nous avons déjà ressentis dans notre cœur. La santé que je vais proposer, messieurs, n’a pas besoin de longs préliminaires. Elle est basée sur la fraternité et la cordialité qui doit exister et qui existe en fait entre sociétés d’un caractère identique et cette santé s'impose à tous sans que j'aie besoin d’insister sur son importance. Je propose donc, messieurs, “La prospérité des sociétés sœurs et la bienvenue aux représentants qui nous ont honorés ce soir de leur présence.”

tteece

Réponse M. LE PRÉSIDENT, MESSIEURS,

Comme membre d’une des sociétés sœurs comprises dans la santé que vous venez de boire avec tant d’enthousiasme et citées dans les remarques qui viennent d’être faites, j'apprécie hautement les sentiments aimables qui ont dicté

les unes et les autres. Je suis convaincu que les organisations auxquelles elles s'adressent éprouvent à votre égard une complète réciprocité de sentiment. Au nom de la (... société) et au nom des autres sociétés comprises dans la santé et qui peuvent ne pas être représentées ici, je vous remercie de vos bons souhaits et fais en échange des vœux sincères et cordiaux pour la continuation de votre succès et de votre prospérité.

eees Santé des Dames.

MESSIEURS

I1 nous reste une santé à proposer, santé qui s'impose dans une réunion de galants chevaliers

français.

Cette santé c’est celle des dames, que nous boirons avant de nous séparer, pour que notre dernier souvenir soit avec elles et pour elles.

Messieurs, aux dames, à la Canadiennel

eeetcse

Réponse à la santé des Dames. Messieurs,

Nous avons bu la santé des dames avec tous les honneurs qui leur sont dus et je me vois appelé à répondre en leur nom. C’est chose bien difficile, monsieur le président, de répondre Pour les dames, surtout en ce moment où nous assistons presqu’à un schisme, où tout un contingent féminin ne se contente pas de vouloir répondre pour le beau sexe, mais aspire même

à parler pour l’autre. J'avoue que c’est la minorité, et une petite minorité. Néanmoins, dans la société, comme en politique, les minorités ont leurs droits, et je m’empresse d’ad- Inettre que celle-ci proclame les siens avec toute la vigueur possible. Vous m’excuserez donc de ne pas l'inclure dans ma réponse. C’est inu-

tile, elle sait tenir sa place et parler pour son compte. Si ces messieurs en doutent qu'ils assistent à quelque assemblée féministe ou même à quelque réunion du Conseil des Femmes, de la Dominion Alliance, et autres réunions où ces

dames font trembler le vice au souffle de leur éventaill Les femmes de cette majestueuse catégorie, si elles sont comprises dans la santé que nous venons de boire, n’ont pas besoin de représentant. Eles peuvent remplir des volumes, que dis-je, des bibliothèques de leur propre éloge. Mais quant aux douces créatures dont le sourire est le rayon de soleil de nos demeures; qui nous dirigent du droit divin de la sympathie et de l’amour; qui nous guident avec le fil de soie des tendres reproches et dont tout homme de cœur est le champion inné; quant à celles-là, on n’en saurait jamais trop parler! Que serionsnous sans elles? Ne manquons donc pas, surtout ceux d’entre nous qui sont encore garçons, de jeter un coup d'œil de discernement sur le sexe que nous adorons publiquement et particulièrement. Efforçons-nous au moins de faire chacun 1e bonheur de l’une de ces douces missionnaires de la grâce et de la beauté. De plus, et c'est aux maris que je m'adresse, jurez, en cette circonstance solennelle, de prendre un engagement inviolable, sur l'honneur et sur VOS clefs de porte, de ne jamais permettre aux séductions du mon-

de extérieur ni des soirs d’assemblées, de vous retenir hors du domicile après que l'heure de minuit aura sonné.

+e+eccse

Réponse à la santé des Dames (entre hommes).

MEssreurs,

Vous m'avez choisi pour répondre à ce toast qui fait battre nos cœurs, j'accepte la tâche que vous me confiez, mais je me déclare d'avance incapable d’être à la hauteur d’un sujet aussi palpitant. Un homme peut-il vraiment rendre à la femme tout l'hommage qui luiest dû? Je sais bien que notre sexe contient de ces implacables renégats qui osent accuser celle-ci d’extravagance. Mais en est-il un seul qui aurait le courage d'admirer sans frissonner une jolie femme en tenue de combat, un gracieux chapeau paris‘en juché sur un aimable désordre d’adorable chevelure, les épaules ornées ou plutôt garnies de soies brillantes et chatoyantes, le buste cambré dans une cuirasse inviolable de satin ou de soie éclatante, la traîne perdue dans des dé

dales de dentelles et de broderies, en est-il un seul, je le demande, qui contemplerait d’un œil sec un spectacle aussi sublime et songerait ensuite à grogner sur quelques petits comptes?

Que deviendraient nos rues et nos avenues sans ces superbes ornements? Qu’y verrait-on, sinon une suite innombrable de fracs lugubres, de visages glabres ou hirsutes, de couvre-chefs informes. Sans le reflet de leur beauté, sans le frou-frou de leurs jupes, sans le tic-tac de leurs pieds haut-chaussés, qui nous inspire le désir de baiser la trace de leurs pas; sans la gamme toujours mouvante de leurs atours, nos rues et nos avenues prendraient la teinte sinistre des corridors de prison. Et nos maisons donc, nos intérieurs! Oh, je me refuse même à songer ce qu'ils pourraient être si la divine Providence n’avait pas arraché à notre premier père cette côte fortunée pour en procréer un type délicieux dont le seul défaut se résume à n'être pas invariablement angélique. La terre sans soleil serait un châtiment moins implacable que le monde sans femme. Me croyez-vous? Inutile de vous le demander, je connais d'avance votre réponse.

Entre nous, où serions-nous aujourd’hui, vous et moi, si la femme n'avait pas été créée? Songeons-y un peu en dégustant notre champagne.

Pensez un peu ce que nous aurions perdu si nous n’étions jamais sortis, grâce à elle, du chaos. Jugez si vous le pouvez tout ce que nous devons aux dames. Tout cela peut-il se payer même avec de l'argent? Pouvons-nous vraiment prétendre solder une dette pareille, solder notre entrée dans le monde, en ouvrant un compte aux grands magasins, en offrant un voyage de temps à autre, en glissant quelques louis dans le portemonnaie? Croyez-vous vraiment que c'est racheter équitablement notre dû? Je ne le crois pas. N'oublions pas que si l’hamme est l’auteur de ce beau livre, la femme en est l'éditeur et qu’à ce titre, c’est elle qui à la gloire et l'honneur de la mise en circulation. Messieurs, je pourrais parler longtemps encore, car c'est un sujet qui nous tient au cœur et qui embrasse tout, sans nous excepter. Si quel:juefois ce sujet se rappelle à nous sous forme de comptes un peu salés, n'oublions pas que nous trouvons toujours

la femme à nos côtés quand il s'agit de notre bonheur, de notre confort et de notre quiétude. ,

Réponse à la santé des Dames.

MESSIEURS

I1 me semble, M. le président, que c'est plutôt le devoir d'un homme marié que d’un garçon de répondre à la santé que nous venons de boire avec tant d’entrain. Qu'est-ce qu’un pauvre 50litaire comme moi peut connaître de la femme? Ce n’est pas à nous que de timides et rougissantes créatures viennent confier leurs peines de cœur, leurs tourments et leurs angoisses. La connaissance que nous possédons de leurs qualités et de leurs défauts, si défauts il y a, est forcément superficielle. La délicate ironie et les tendres reproches qui émaillent les remontrances faites sur l’oreiller n'arrivent pas jusqu’à nous; les délicieux accès de vivacité féminine qui don-

nent du piquant aux jouissances matrimouiales sont lettres mortes pour l'Homme Seu! qu’a-

nathématise l'Evangile. Pour nous, l'épouse adnrée n’est pas un caméléon domestique changeant continuellement de reflet suivant les variations d'ombre et de lumière de l’économie domestique, c’est constamment l'ange au gracieux sourire, à la teinte invariable, toujours couleur de rose. Si sa constitution comporte, comme on le prétend, la présence d'éléments tempestueux qui quelquefois éprouvent un besoin d'expansion, elle ne leur donne jamais libre essor, à l’état vierge, devant la tribu des garçons à marier.

Aussi, messieurs, ne connaissons-nous que le beau côté de cette fleur embaumée qui marche dans la vie portée sur le nuage des illusions.

Quant aux caprices qui se développent, lorsqu'elle a pénétré dans l’ère du bonheur à deux, nous n’en avons aucune notion; c’est une ignorance qu'on doit avoir la compassion de nous laisser conserver. C'est peut-être, parce que la femme nous paraît si charmante à notre œil de célibataire, que pour ma part, comme tant d’autres de la tribu, je trouve un tel attrait au célibat et le préfère au mariage. Nous aimons voir

tout en beau dans la femme. Elle nous enchante et l'idée seule d’un désenchantement possible nous terrorise et nous éloigne de l'autel; mais je dois dire en terminant que, même célibataires nous l’adorons de la pointe de ses talons à la dernière frisette de sa chevelure avec autant de dévotion que si nous avions accompli le grand sacrifice.

Formes et sentiments patriotiques à intercaller dens des discours de circonstances.

On trouvera ci-après certaines formules ou expressions de sentiments s'appliquant à divers sujets qui ne font pas tous l'objet d’un discours particulier dans ce recueil. En étudiant bien le sens général de ces idées très nobles on y rencontrera le thème d’une foule d’allocutions pleines d’a-propos et pour chacune un toast

final qui sera toujours de circonstance.

Le Peuple Canadien. — Puisse-t-il jouir de la paix politique et du bonheur domestique.

Le Canada. — Mon pays, mes amours.

Rat

Le Canada. — Qu'il soit toujours l’asile de la liberté et le berceau des héros.

Nos lacs et nos rivières. — Des mers immenses qui sont le lien commercial de nos provinces et rendent impossible et impraticable leur séparation.

La vertu de nos femmes et de nos filles. — Puisse-t-elle rester aussi pure que l'air de nos vallées et aussi solide que le roc de nos montagnes.

Puissent nos fils être aussi honnêtes qu'ils sont braves et nos filles aussi modestes qu’elles sont belles.

Le courage canadien. — Puisse-t-il briller à la face des nations.

N'ayons d'autre objet en vue que notre pays, tout notre pays et rien que notre pays.

Notre pays. — Puisse-t-il être toujours dans son droit; mais qu'il soit toujours notre pays à tort ou à raison.

Notre drapeau. — Qu'il monte, qu'il monte jusqu’à sa rencontre avec le soleil levant; que les lueurs de l’aube dorent ses couleurs et que les reflets du crépuscule se baignent dans ses re-

plis.

LI LES niet Toni SR 25e PA

Le Canada. — Qu'il soit ce qu'il veut; avec toutes ses fautes, il est toujours notre pays.

Que notre amour pour notre pays ne connaisse pas de limite, que notre amour pour la justice ne rencontre jamais de borne.

Que celui qui déracinera jamais l'arbre de la liberté soit écrasé dans sa chute.

Nos hommes d'Etat. — Puissent-ils toujours se distinguer par leur amour de la liberté et la sincérité de leur patriotisme.

Les patriotes. — Puissent leurs fils ne jamais déchoir.

Puisse notre pays ne jamais démériter de ses fils; puissent ses fils ge jamais démériter de la patrie.

Si notre pays se trouve engagé dans une dispute, puisse-t-il ne jamais défendre une cause mauvaise et ne jamais fuir une cause juste.

Que nos marins comme no$ navires aient des cœurs de chêne.

Le chef politique. — Puisse-t-il se rendre compte qu'il est plus difficile de plaire à ses amis que de déconcerter ses ennemis.

Puisse-t-il avoir le cœur pour concevoir, le génie pour diriger et la main pour exécuter.

Les meilleures lois. — Celles qui assurent le plus de bien au plus grand nombre.

Les qualités qui font la grandeur des nations sont celles qui constituent la grandeur des individus.

Liberté avec la foi, gouvernement sans oppression.

La femme. — C'est la seule aristocrate supportable, elle élit sans vote, gouverne sans loi et décide sans appel.

La femme. — Aimable, gracieuse, bonne et belle. — Chacun d’entre nous a personnellement connu la meilleure d’entre toutes — sa mère.

L'arme de la femme. — L'aiguille.

Le nom de la femme. — Que son nom assure le respect ; quant à sa présence, elle suffit.

Les lèvres et le cœur de la femme. — Que les 1èvres.soient fermées quand le cœur n’est pas ouvert.

La simplicité. — Elle rend plus fraîche la beauté éclatante et plus intéressante la beauté pâle.

Sourires et pleurs de femme. — Les uns réchauffent et les autres adoucissent le cœur de l’homme.

Les dames. — Puisse leur vertu dépasser la longueur de leurs traines et leurs défauts ne jamais atteindre l’exiguité de leurs chers petits pieds.

Les femmes nous ont fait perdre le paradis, les femmes nous le font reconquérir.

Allocutions pour circonstances diverses.

Félicitations à l’arrivée d’un Curé dans une paroisse. MONSIEUR LE CURÉ,

Mes coparoissiens m’ont fait l'honneur de me désigner pour vous souhaiter respectueusement en leur nom la bienvenue dans cette paroisse où vous venez pour la première fois. C’est avec une joie profonde que je m’acquitte de cette mission qui m’honore.

Depuis longtemps déjà le renom de vos qualités et de vos vertus vous avait précédé parmi nous et la décision épiscopale qui vous appelait à ce poste nouveau a été saluée ici avec une satisfaction générale. Si douloureuse qu’ait pu être la séparation, lorsque votre prédécesseur nous quitta, elle a été atténuée par la nouvelle du choix dont vous étiez l’objet.

Soyez sûr, monsieur le curé, que vous ne trouverez ici que dévouement, obéissance et amour. Votre tâche vous sera facilitée, soyez-en certain, par le bon vouloir de tous, par la dévotion de la population et par ses saines idées morales et religieuses.

Habituée à trouver à l’ombre de son clocher et au seuil du presbytère les grandes leçons spirituelles et morales qu’elle requiert, cette paroisse toute entière s’en remet à vous du soin de répondre à tous ses besoins de l'esprit, du cœur et de l’âme. |

Encore une fois, monsieur le curé, soyez le bienvenu à... et puissiez-vous longtemps administrer votre saint ministère au milieu de ceux qui sont déjà fiers de se dire vos ouaïlles dévouées et vos amis sincères.

A une bénédiction de cloches,

MEssrEURs,

Nous avons été conviés aujourd'hui à prendre part à une imposante et très significative cérémonie. M. le curé et nos amis de cette paroisse nous ont conviés à nous unir à eux pour prier en commun dans le but d'attirer sur cette église et ceux qui la fréquentent la bénédiction divine. L'occasion de cette réunion, c'était le baptème des cloches qui vont désormais vous appeler aux services pieux et dont les tintements sévères ou gais marqueront à l'avenir les diverses étapes de votre existence. La cloche sacrée, ne l’oublions pas, est un des emblèmes les plus touchants de notre vie terrestre; le clocher qui l’abrite concentre dans son nom seul tout ce qui nous retient ici-bas. L'amour du clocher, ce sentiment profondément noble et patriotique, puisqu’il résume les deux idées de patrie et de religion, est le dernier qui survit parmi nous. Lorsque l’homme a tout oublié, a tout perdu, fortune, famille, amis, illusions, ambitions, désir, il

lui reste toujours une chose, plus forte que lui, plus forte que la vie, c’est l'amour du clocher qui l'a vu naître, à l’ombre duquel il a grandi, dont la flèche abrite la dernière demeure de ceux qui l'ont précédé sur cette terre, c'est le dernier sentiment qui subsiste; aussi la chose qui l'inspire doit-elle nous être profondément chère et presque sacrée.

Le zèle avec lequel nous avons répondu à l’appel de votre digne pasteur; la ferveur avec laquelle tous nous avons prié en commun pour ja félicité de ce coin de notre commune patrie, permettent d'espérer que notre appel à la divine bienveillance n'aura pas été vain, et je souhaite d'entendre la cloche nouvelle ne sonner pour vous que des heure: douces, heureuses et calmes. Vienne le jour où l’un d’entre nous entrera pour la dernière fois dans cet asile de la

di puisse le glas dont ce bronze lancera

l'écho sur vos fertiles campagnes être pour lui h signal de la délivrance et de l’éternelle béatitude qui nous est promise et dans laquelle nous

espérons tous.

Et maintenant, soanez et carillonnez, joyer-

ses clochettes, appelez les cultivateurs au champ, cunviez-les à la prière, accueillez le nouveau-né, proclamez l’épousée; cloches, sonnez, l'Eternel vous a bénies et nous vous saluons chapeaux bas et à genoux!

teste Excuse pour ne pas faire de discours.

Messieurs,

Péremptoirement appelé, je me lève: j'ai eu beau épuiser toutes les formes du mutisme le

plus significatif pour résister à votre pression, vous avez méprisé mes signaux désespérés.

Enfin, je me soumets; vous me forcez à prendre la parole, c’est bien,, vous allez vous en repentir,

Messieurs, je me dresse avec un certain malaise. Malaise et moi, réunis, nous allons tâcher de vous faire passer le goût de pareille insistance. Je me rends à votre demande, mais je défie n’importe qui d’entre vous, füt-il le reporter le plus subtil, de reproduire ce que je vais vous dire. Je vous avoue franchement que ma position est dé-

licate; il paraît qu'aux débuts de l’aliénation mentale le patient ignore s’il marche sur les pieds ou sur la tête et je me sens absolument dans cet état d’âme. Rhétoriquement parlant, je suis capable des sauts périlleux les plus multiples et les plus compliqués. Je ne trouve pas une seule idée à exprimer, mais ce ne sont peut-être pas des idées que vous attendez de moi. Si ce sont des mots, je puis en débiter tant que vous désirerez; vous n’aurez, une fois rentrés chez vous, qu’à les mettre en ordre. C’est une besogne intéressante avant de se coucher. Voyons, de quoi puis-je parler? Prendrais-je les femmes comme sujet? Fi donc, les femmes ne sont pas des sujets, e sont des souveraines. Toucherai-je le lion britannique, le roi des déserts africains, le seigneur à la grande chevelure, le magnanime dominateur des races chauffées aux rayons du soleil. tropical? Comment trouvez-vous cela comme style élevé? Descendrai-je dans les replis rocailleux des océans mouvants pour afracher au fond sousmarin, encore inviolé, les richesses accumulées par dix siècles de naufrages? Que dites-vous de ceci, comme style profond?

| } Me |f | |

Me lancerai-je dans la politique pour vous exposer les variations des causes aux effets et l'influence de la galette ministérielle sur la consscience électorale? Goûtez-moi un peu cela comme style terre à terrel Parlerai-je de la notion du moi et du non moi pour retomber dans les incertitudes de vibrations des atômes crochus, voilà, si je ne me trompe, du style nuageux? Allons-nous discuter la liquéfaction des gaz pyrogènes et protogènes, soumis aux hautes et basses pressions? Pas mal pour le style vaporeux |

Voyons, dites, choisissez, je suis à vos ordres, mais faites vite car je me sens une envie folle de rentrer sous ma tente. N’applaudissez pas. Vous êtes les bienvenus! ‘Toutes les fois que vous désirerez quelque chose de lucide, de clair et d’instructif, vous n'aurez qu'à vous adresser à moi. Je suis à vos ordres.

Speech d’un convive qui refuse de prendre la parole.

MESSIEURS

Vous vous demandez la raison de mon silence persistant ; je vous avoue que j'ai trouvé le vin de notre amphytrion si bon que je n’ai pas voulu perdre mon temps à parler. Mais maintenant que l'ondre est inéluctable, je ne puis pas refuser plus longtemps, d'autant plus que je conçois parfaitement votre objet qui est d'économiser le vin en me mettant la parole en bouche. Ceci me rappelle une histoire: un de nos juges anglais, maintenant défunt, un vrai bon vivant, faisait subir un interrogatoire à un jeune homme qui se présentait pour une place de sommelier dans sa maison. “ Savez-vous siffler? lui demandait-il — Pourquoi, répartit le soiliciteur, est-ce donc nécessaire? — Certainement, répliqua le juge, j'exige que mon sommelier siffle tout le temps qu'il est dans ma cave pour être sûr qu’il ne boit pas mon vin ”. Eh, bien comme je ne suis pas orateur, si vous le voulez bien, je vais siffler le reste de mon temps, de cette façon

vous serez certains que je ne ferai pas de tort à votre part de vin.

Excuse pour ne pas pouvoir chanter

Messreurs,

Vous ignoriez sûrement à quoi vous vous exposiez en me demandant de chanter. Si j'étais méchant, je me rendrais à votre demande et vous ferais grincer dans l’affiction. Je n'ai jamais essayé la gymnastique, mais je vous garantis que je l’exécuterais plus facilement que de tenter un couplet. On dit qu'il y a dans la gamme une note qui fait hurler les chiens. Messieurs, c’est la note dont je me sers le plus fréquemment quand je risque la romance. S'il y a dans mon mécanisme intérieur quelque machinerie musicale, ses roues n’ont jamais été graissées et les sons qui en sortent sont de nature à aiguiser les dents. Un beau jour, sur des sollicitations pressantes de femmes charmantes qui me trouvaient une tête de chanteur, Je me suis

lancé et j'ai entonné la Marseillaise. Dès la première strophe, mon succès était complet.

Toute l'assistance s'était enfoncé les pouces dans les oreilles et ne les a dégagés que quand elle a été sûre que j'allais me taire.

Messieurs, après cet aveu douloureux, si vous considérez toujours qu'une chanson pourrait contribuer à l'harmonie de la soirée, mon larynx est à votre service, pourvu toutefois que vous me promettiez de ne pas me lyncher quand j'aurai fini. Je vois, messieurs, que cette proposition ne vous agrée pas et je vous félicite d'échapper aussi facilement à ce qui vous menaçait.

.+.e A l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste.

MESSIEURS

C’est aujourd’hui la fête nationale du Canada français; nous voici réunis en cette journée pour célébrer ensemble l’union, la concorde et la bonne entente des membres de la grande famille canadienne. Il n’est pas bon que l’homme soit seul, dit l’Ecriture, et il n'est pas à propos non

plus que le Canadien soit isolé. Nous tenons de nos ancêtres et des traditions qu'ils nous ont laissées, le goût de la compagnie, de la conversation, de ia causette, Nous sommes un peuple sociable et rien ne nous réjouit autant que d’étre côte à côte pour échanger nos idées et nos réflexions. Aussi, notre célébration nationale est-elle toujours une occasion de joie, d’heureuse rencontre. Beaucoup d’entre nous, entraînés par l’ardeur voyageuse dont nous avons hérité de nos prédécesseurs sur cette immense terre d'Amérique, sont malheureusement absents. Il Y en à aux quatre coins du monde. Quel est le lieu dérobé qu'un pied canadien n’a pas encore foulé? Mais, aux jours de Saint-Jean-Baptiste, ils ne sont pas oubliés! Ils sont présents au milieu de nous par leurs parents et par leurs amis et c'est de mémoire qu'ils se joignent à nous. La fête nationale, c’est surtout la fête du souvenir. Dans les actions nobles et courageuses des anciens dont on reparle au sein de nos groupes et dont le modèle et l'exemple restent vivaces, nous puisons de nobles inspirations pour l’avenir et nous affermissons notre confiance dans

ja solidité de la race. Fondée aux jours de lutte, notre grande association dont les rameaux couvrent toutes les parties du pays, n'a plus aujourd'hui qu'une mission de vigilance. Nous n’'avons plus à reprendre les luttes d'autrefois. Le temps de l'offensive est passé et nous nous contentons de veiller sur notre bien, sur ce que nous avons acquis au prix du sang et des sacrifices des patriotes de notre race. Maintenant que le Canada français a crü et s'est multiplié; depuis que la poignée laissée autrefois, a suffisamment grandi pour devenir une nation, nous avons tous les droits, même celui d’être généreux pour les autres. Et nous le sommes, sans forfanterie et sans regret. Nous accordons à tous le respect que nous réclamons pour nous mêmes. En ce jour nous étendons à tous une main fraternelle et nous saluons toutes les nations sans oublier celle qui nous est chère avant tout, la France, l'ancienne mère patrie.

eseeces

À un diner de St-Patrice, Messieurs,

Saint-Jean-Baptiste se fait un plaisir de tendre une mains fraternelle à tous les fils de St-Patrice réunis dans son immense diocèse à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de cet énergique apôtre. Saint-Patrice paraît avoir eu, dans son temps, beaucoup du Canadien, c'est-à-dire, qu’il n'avait guère froid aux yeux. Le fait est que d’un seul moulinet de sa crosse miraculeuse, il a exterminé tous les crapauds et les serpents de la vieille Erin, sans compter les autres vermines, et c'est là une preuve qu'il était aussi habile avec cette arme spirituelle que ses fils le sont aujourd’hui avec le traditionnel “ Shillelah.” Depuis ce temps là, paraît-il, on n'a plus jamais trouvé entre Soleraine et Killarney, d'autre crapaud, serpent ou reptile, que les collecteurs de taxes, les huissiers et douaniers. Ma foi, c’est à peu près tout ce que je sais du vénérable saint, sauf qu'il à consacré tout son temps, ses talents et ce qu'il possédait, à la grande cause de l'Irlande. Je

sais que tous vous le vénérez comme un grand saint et tout ce que je puis souhaiter, c’est qu'il continue à marcher la main dans la main avec Saint-Jean-Baptiste comme de loyaux et de solides alliés.

Discours pour un Fourth of July.

MESSIEURS

je vous fasse un discours historique, que je rappelle aujourd’hui les glorieux combats de votre grande époque révolutionnaire, ni les incidents du fameux “ Tea-Party ” bostonnais; vos grands écrivains Bancroft et Parkman, ont écrit sur ces phases de votre époque nationale, des pages inoubliables qui me dispensent de tenter de les égaler. Laissons un peu reposer en paix les cendres de vos ancêtres et ne songeons qu’au présent dans votre grande fête nationale. Les petitsfils de tels aîieux ont su eux aussi inscrire au

Vous ne vous attendez certainement pas que | grand livre de ta Légende des Peuples, des faits | |

assez héroïques pour n’avoir pas besoin de remonter si loin. Vous savez tous les liens intimes qui nous unissent, comme Canadiens, à votre grande République dont nous avons suivi l'incomparable croissance et Je prodigieux développement. Nous nous réportons toujours à ce petit groupe qui, il y a cent ans, comptait à peine deux millions et demi de têtes, lorsqu'il réclama sa place au firmament des nations. Et maintenant, nous contemplons les millions de citoyens répandus sur cet immense continent et débordant de ses limites au point de chercher au dehors des territoires pour ses besoins d’expansion. A quoi devez-vous ce développement si rapide et si merveilleux? Simplement au mécanisme admirable de vos institutions libres. Vous étiez libres de grandir: et vous avez grandi parce que vous étiez libres. Votre démocratie toute-puissante depuis longtemps ignore ce que sont les restrictions de castes, d’origine, de fortune et de famille. Tous ces titres du passé ne vous apparaissent plus que comme choses vermoulues et antiquités pulvérisées,

Nous ne vous envions pas cette glorieuse indifférence pour ce que füt la gloire du passé; l'effacement de ces distinctions que vous avez obtenu au prix de combats sanglants, nous y tendons chaque jour par la force, irrésistiblement dominante des grandes idées sociales qui croissent avec ce siècle, et le jour viendra aussi où nous nous joindrons à vous dans le toast funéraire de tout ce qui fût limitation de l'esprit et de l’activité humaine.

Pour le moment, c’est une joie pour nous de nous asseoir à votre table et d'admirer en votre compagnie la grandeur de votre nation et la sagesse de vos institutions, de souhaiter avec vous que, pour bien des années futures, vos fils fassent dater du jour glorieux que nous célébrons, l'ère de la gloire américaine. En songeant à l’a-

venir, vous pouvez en toute sécurité, vous rendre cette justice que les générations à naïtre, vous devront des obligations innombrables pour les services d'aujourd'hui, services bien désintéressés, car après vous, il n’est personne envers qui ils pourront s’en acquitter. Vous me permettrez de clore mes remarques, un peu préten-

tieuses peut-être, en priant toutes Yes personnes présentes de boire “ Aux Américains du passé, du présent et de l'avenir. ”

Speech de 4 Juillet d'un citoyen américain à l'étranger.

Compatriotes, nous sommes ici assez loin de l'aigle américain. Nous ne pouvons pas apercevoir les foudres qu'il tient dans ses serres, ni entendre ses patriotiques grincements. Mais le ca-

lendrier nous informe que c’est aujourd’hui l’anniversaire du jour où il a cessé de compter dans la volière coloniale et où il s’est laissé arracher la plume avec laquelle nos ancêtres patriotes ont signé la déclaration d'indépendance.

C'était alors un bien mince volatile; mais, depuis, les ailes lui ont poussé. Elles s'étendent d’un océan à un autre océan, sa queue balaye les plaines du Sud et son bec trempe dans les eaux glaciales du pôle. Combien d’espace l'aigle américain va-t-il encore embrasser ? c’est ce que personne ne peut dire, chaque jour ajoute eacore à

la couvée qu'il protège. On se riait de lui en 1776; maintenant personne n’oserait plus en sourire. Le lion britannique lui fait même bon accueil et agite fraternellement sa quetk, en gage d'amitié et de bonne volonté, lorsque notre aigle lance à travers les mers quelques mots de sympathie au majestueux quadrupède.

Je considère donc que nous devons être fiers de notre volatile national et je pense que cet écusson rayé et étoilé qu'il tient dans son bec est à peu près la plus noble bannière dont un peuple libre puisse s'enorgueillir. Si vous m'en

croyez, mes amis, et je parierais mon dernier dollar que vous allez dire comme moi, nous allons boire: “A l’Aigle, au drapeau et au foyer de la liberté.”

CERA) Speech d'une fête aux fraises.

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