‹ Recueil de discours prononcés au Parlement d'Angleterre (volume 4)Chapitre 5 sur 10 · DES ÉDITEURS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

DES ÉDITEURS FRANÇAIS

1 and i s que la France propageait le sentirileîlt de la liberté , l'Angleterre en a donné la leçon. Pendant que l'une jetait de toute part la semence du bienfait, l'autre en mûrissait sagement le fruit dans sonsein : noble tâche, remplie de diverses manières de part et d'autre, et qui mérite également l'estime et la reconnaissance des nations.

Le moment est venu où la France à son tout doit jouir en paix de cette liberté , qu'elle a pressentie avant même de la connaître. L'expérience politique d'un peuple voisin lui sera Utile ; elle l'éclairera , et la fera marcher plus rapidement et plus droit dans cette route nouvelle. Les discussions et les actes du Parlement d'Angleterre, peuvent servir à nous signaler certains écueils, à éveiller notre attention sur T. i. i

certains avantages. C'est dans cette pensée et avec cet espoir, que nous publions les Discours de deux orateurs illustres, par lesquels ont été traitées, sous leurs points de vue opposés, les plus hautes questions de la politique , de la législation et des finances*

En mettant au jour cette traduction , nous devons quelques éclaircissemens à ceux de nos lecteurs qui ne sont pas au fait des usages adoptés au Parlement d'Angleterre.

Ce n'est point, comme en France, à l'assemblée que s'adresse l'orateur, lorsqu'il a reçu la parole, mais au speaker, qui remplace notre président, et qui est chargé de diriger l'assemblée. On ne sera donc pas surpris de trouver le mot Monsieur en tête et dans le courant de tous les Discours.

Nous nous sommes attachés, autant que possible, à conserver, dans notre traduction, l'expression littérale des orateurs , en respectant même souvent certaines tournures et certaines images, qui sembleraient devoir être repoussées par le goût de notre nation, et par le génie de notre langue. Mais on n'oubliera pas que ce sont des discours anglais , que nous

(3) avons voulu mettre à la portée de ceux de nos compatriotes qui ne sont pas familiarisés avec cette langue.

Il est juste que nous rappellions aussi , comme au reste on s'en apercevra facilement, que tous ces discours sont improvisés à la tribune. Ceci expliquera pourquoi le passage d'une idée à une autre a souvent lieu brusquement et sans transition, de manière à faire paraître l'ensemble quelquefois décousu.

Pour l'honneur des orateurs anglais, enfin, et pour celui des éditeurs français , il est bon de ne pas perdre de vue la presque impossibilité de transporter dans une langue l'éloquence d'une autre langue , en restant fidèle à l'expression originale , et de songer que le but de ce travail a été d'ériger un monument politique , plutôt qu'un monument littéraire.

On verra que, pour suivre l'ordre des temps* les deux premiers volumes seront uniquement composés des discours de Fox; car cet orateur entra au Parlement bien avant M. Pitt. Parvenus à l'époque où celui-ci parut pour la première fois , nous aurons soin de les mettre alternativement en scène , de manière à ce que

les mêmes questions se trouvent traitées et débattues par les deux orateurs.

Quant aux discours du premier, que Ton va lire d'abord , ils ont été soumis, par l'éditeur anglais, à l'illustre ami de Fox, lord Erskine. Personne ne pouvait, mieux que ce noble pair, juger de l'intérêt qu'un semblable Recueil devait présenter au public. En renvoyant à l'éditeur son manuscrit , il lui a écrit la lettre suivante, qu'il lui a permis de faire imprimer, et dont nous offrons à nos lecteurs la traduction, pour tenir lieu de toute autre préface.

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