‹ Recueil de discours prononcés au Parlement d'AngleterreChapitre 6 sur 11 · I -confiance que tios coniuiettans ont en nous · texte numérisé non relu

I -confiance que tios coniuiettans ont en nous

t^di nous en rapportant à l'opinion de nos cou-

Bicîtoyens , en réveillant le peuple sur le danger

Brilui le menace , et en obligeant le ministre à

K abandonner la marche la plus împolilique quî *

Beit jamais été connue, nous avons fait notrd' (|

Ridevoir , et noa consciences doivent nous dire

-que nous avons rendu un service signalé à la.

Dation.

Maisbn nous a dit que cette diséussion augmente l'embarras ; qne sans elle la Russie aurait lléchi ; qu'elle n'aurait pas voulu courlf les basords de la guerre. Je crois que cela est vrai ; mais un gouvernement comme celui de

la Biusie, qui is'e«t pas soumis àû coritrôle ié . lopioion pufoliq^^ , /aurait été.jporté à résister par obslinatioaou^par reâseutiment et à courir les dangers de la guerre. L'Impératrice a dé- *claré quelle ne céderait pasi le ministre de m^me : que serait-i^il donc arrivé si la minorité idu Parlement et Vopinion publique ne se fussent pas montrées ? Le ministre aurait conti- ,nué ses menaces, rimpératrice sou obstination, et la guerre eut été déclarée par Un motif que le ministre lui-même reconnaît aujour- • d'bui ne valoir pas la peine d'exposer une naif ion , au lieu de la laisser médiatrice : dé^ l'Ëu- ;rope. Il faut que le ministre ait dit :

;, ,cj ai voulu intimider Tlmpératrice , mais f elle ii'a pas eu peuf* : alors ) ai dû me rétrao- . ;i ter y et il ma fallu faire lapologie de mes me- . > nac^ péremptoires et insolentes^ par Thumi^ .»U|té de ma. rétractation 9 et par la bassesse de ; »nia 90umissioq. •

r,.,-. Il faut que \e ministre , dans ciette circons- .tance, n'^it pas hésité à persuader sa majorilé de soutenir son plan dans 1^ intérêts de la nation , tandis que cette majorité avait résolu 4 abandonner le poiut comme n'étant d^aucune .importance. J'ignore ce qu'ont éprouvé ceux .qui ont vu ce changement. Je sais ce que j^cîn ai re^^nti moi-même. J'avoue que ce qui me pa-- . ir4t «UiM ne nj^meni le pluA difficile à conce-

Jroir, c'est le courage de l'honorable baronnet d'appuyer une motion d adresse qui approuve ce qu'il blànie tui-mùmc.

; Nous alleudons les pièces qu'on nous a pro- ' ^ises , et queS. M. elte-nièntc a bien voulu nouj annoncer , car si la Chambre persiste dans leu résolutions qu'elle a prises par rapport ù l'af- i .faire d'Espagne , il ne nous reste aucun moyen de les obtenir , que par la volonté de S. M. Oçl ^ dit l'année dernière que les pièces relative^ ^ une négociation ou à un traité, ne devaient l pas être demandées è moins qu'il n'y eût liea iâ supposer un motif d'accusation contre ua •ministre dans ladite négociation.

. J'aime, toutefois, pour l'honneur des mi»

'«istres, à supposer que, dans ce cas-ci, si les -pièces n'ontpas été communiquées, c' est d'aprèa la doctrine établie parla Chambre, et non point par d'autres motifs, et que ce n'est pas parce que le Roi aurait réfléchi après avoir arm^ ■ pour appuyer une négociation , qu'il fallait cependant abandonner l'objet pour lequel il aurait armé, mais qu'il a vu, dans la conduite :dc ses miiiislrcs, une telle absurdité, que sans vouloirattcndre une accusation probable contre .eux, il daignera envoyer ces pièces pour 1^8 soumettre aux recherches de la Chambre.

. Quant à l'espoir d'une diminution de taxçs < •^unoQcée dans le discours de S. M., çt P^iy

lequel mon honorable ami a demandé Uit ainendeiiieat, par !e motif que c'est empié^ 1er sur les privilèges de la Chcimbre, dans le "dessein de s'attirer une popularité spécieuse; j'observerai qtie la remarque de cet honorable membre a été reçue par le ministre avec un mépris qui me parait bien déplacé. Les taxes Établies sont du ressort de k Chambre , et tout ce qui semble mettre en question ce droit, attaque les privilèges de celte Chambre. Néanmoins, ce n'est pas sous ce point de vue que je considère la question. Nous avons une dette énorme pour laquelle nous devons payer des intérêts considérables. La Chambre a affecté un million annuel à la réduction de cette dette, mais elle n'a jamais dit que, dans le cas où le revenu augmenterait, elle n'aflecferait pas une somme plus forte à celte réduction. Déterminer combien dans ce cas il faut employer pour celte réduction, et combien il parait convenable de réserver pour le soulagement du peuple par une remise de taxes, est une question de la plus haute importance. Ne considérer qu'un de ces deux emplois est injuste. Il faut qu'une discussion libre nous éclaire sur ce point diflicile. C'est vouloir influencer les opinions que d'en pressentir la décision par ■des paroles de S. M. En efl'et, quel serait le rétviXal de ce qu'indique S. M. , et de son désir

f »49) i cet égard ? Supposons que la majorité de la Chambre pense que nulle des taxes ne doiva être rapportée (et je suis loin de présenter ceci autrement que comme ime supposition)^ L dans quelle position s« trouvera la Chambre? I ^ux yeux du public, le Roi paraîtra vouloir ï décharger son, peuple d'un fardeau pénible, H 'tandis que ses représentais prenant moins P leurs intérêts que S. M. elle-même, s'y oppo" seraient et persisteraient à. laisser peser cette eharge dont S. M. voulait les alTrauchir. Et quels seraient les hommes qui, dans ce cas^ voudraient donner leur opinion? Qui voudrait «exposer ainsi à une impopularité apparente, aussi injuste en réalité? Déjà la Chambre a la he cruelle d'imposer des taxes et de fairo ^des lois rigoureuses pour les percevoir, et c& lerail abuser de la bonne foi de tout le monde que de prétendre qu'elle dût s'adresser à la? couronne pour apprendre à participer auxt.- ^peines et aux charges de ses eommettans.

, D'aprês-quel principe les Pairs ne peuvent-ila BÏ proposer des taxes ni les rapporter? Rapporter une taxe n'est sûrement pas imposerune charge nouvelle au peuple, et cependant,l^s Communes iiont aussi jalouses de ec droit que de celui d'imposer. Il ne peut y avoin d'autre motif que d'éviter do faire paraître l^ jfihaxabi'e des Communes dans la positloa

.aus

^cl

truelle où je l'ai dépeinte, voulant maîuteni des taxes dont les Pairs e «le Roi vondraii décharger le peuple. Je [e répète, je ne discal pas ici s'il faut ou non annuler des taxes, ne parle que du principe. Pour prononcer sur les taxes, il faudrait avoir devant soi l'état exact des dépenses et des revenus, que, jusqu'ici; BOUS ignorons. Mon but unique est d'être bien à portée de nous former librement une opinion, qunnd ces documeos nous seront soumis, sans avoir à appréhender l'odieux d'une idée impopulaire qui viendrait détourner notra jugement,

. Mais on pourra me demander si j'ai l'intei tion de refuser au Roi l'avantage de décharge Je peuple des taxes qui pèsent sur lui, quand il a la lâche de proposer les moyens d'établir Ces mêmes taxes. Non. sans doute, mais j'observe que le même inconvénicni existe aussi] pour la Chambre des Communes. D'ailtcura; il n'est pas exact de dire que le Roi propose des taxes: non, il fait connaître les besoins, et propose les moyens d'y subvenir, tandis qu'à la Chambre seule est réservé le droit de proposer des taxes.

L'iionorable membre semblera itvonloirnous dire que c'est une chose nouvelle que de rapporter des taxes; cependant, après toutes les différentes guerres, excepté la deruière, il y

( tS- )

«n 3 eu pour environ un demi-millioo surl'im-' pôt foncier, et cela, sans qua le Roi l'ail indi-' que; ce u'cst donc paa la chose qui est nou-^ Telle, mais le mode.

Quand l'impôt foncier a été rr!'duit d'un quart' en l^6<>, si j'avais été dans la Chambre, j'au- Eais voté contre cette réduction ; et si ('eusseagi ainsi après la proposition du Roi, on aurait pu Cil conclure que cette Chambre ni aucun de SCS membres n'étaient exempts de se; laisser influencer.

Je suis îaliniement convaincu que le mï-^ nîslre n'agit paa avec uujiiaiivais dessein, mais-, ^u'il est entièrement dans l'erreur, car ce n'est) ^u'eu se tenant fortement attaché aux prin-^ «tipes qui ont si long-temps dirigé les IroUi branches de la législature, par rapport aut taxes, que l'on peut garantir la constitution,.' ^or»t tant de personnes s'aunoncent être les soutiens. Je suis prêt à partager ce zèle, toutes !fes foi» qu'il sera franchemenl dirigé, et quaud «u ne fera pas des allusions indirectes aux af-* filîres des autres pays , et que l'on ne soupçon- ,aiera pus indirectement des personnes de vou-. Kptr agir contre celte constitution. , QuaiU à moi, qui trop souvent suis aieo; mes amis l'objet de ces attaques insidicuaesw ;|p le répéterai, j'approuve franchement touH «f q^ui s'est fait eu France , et je rcDUJruiu l^J

noble baronnet qui a appuyé ta motion, ûo l'occasion qu'il me donne de réilérer cette pro^ fesaioti de foi. La constitution de la France était essentiellement mauvaise, et tout devait être employé pour la détruire. La constitution d'Angleterre, au contraire, est parfaite, < nous d<?vons tout faire pour la maintenir. C'est donc une idée fausse que de prétendre qu ceux qui trouvent l'une mauvaise doivent d sircr de détruire celle qu'ils trouvent bonna^ Il n'y a aucune similitude entre elles : elles soaj diamétralement opposées; c'est le bien ot-j mal, la liberté et l'esclavage, elles ne pcnvenil être comparées. Personne plus que moi i professe un profond respect pour notre contj titution. mais je ne puis fermer les yeux i £trc sourd à la voix de la raison, et quand f Tols le mal, je dois dire qu'il existe.

Les ministres n'ant pas voulu tempérer 1 plaisir généralement ressenti par le peuple e entendant S. M. parler de l'inestimable biefl! fait de l'ordre et de la liberté, et ils n'ont pft^ voulu introduire dans ce discours le regw que l'on doit éprouver d'avoir vu cet ordre troublé l'été dernier. Coite omission' ne peut oertainement qu'être volontaire. En lieaut cç j discours, on se plaît à voir que rien n'a ] troubler cet ordre que notre expérience de^ liberté uous p i:ocuce; mais le mal ne peut P^

toujours se cacher : il est impossible d'ignoré» que, vers la Rn du dix-huitième siècle, des hommes , au lieu de suivre les progrès des lumières et des idées libérales , ont l'idée de faïro ' revivre cette ignorance des siècles les plus barbares, et que dpjà cet affront a fait quelques progrès. Je dis affront, non pas pour les mi-« nistres, mais bien pour la nation. Ils sont cen-> ses avoir fait tout leur possible pour arrêter lea progrès d'une si barbare déraison : cependant, soit qu'ils n'aient pas bien pris leurs mesure», soit que les personnes chargées de les exécuter , s'y soient mal employées, il est de fait que la 1 populace effrénée, prenant le change, sant doute, s'est déclarée d'une manière d'autant 1 plus dangereuse , qu'elle semble avoir pour prétexte de soutenir le {«oxivernement ou la religion ; que celte marche jrr^uHère et dan-. [ gereuge existe depuis plus d'une semaine dans une des parties les plus riches et les plus peuplées du royaume, et que ceux dont le devoir ' était de déployer la rigueur des lois ont semblé | plutôt approuver ces désordres que de vouloiï }es arrêter. Cela n'est -il pas fait pour porter à peu- ] ser que cette conduite irrégulière de lajpopulacei qu'il eût étésifacilcd'arrêter, n'est pasdcsagréa* I bleau Gouvernement? Je suis loin d'en accuser. | les ministres; mais il me semble qu'il eût été plus convenable de faire parler S. M- de cea

însarrections, de moiilrer l'horreur que l'on m du prétexte employé, vt la déteriniuation uù l'on est de piiuir leA coupables. Ces insurrections ne soDt pas causées par le besoin du piiin^ ïii par suite d'nxcès de la liberté; l'une et l'aufre, toutes Fesp<;ctables qu'elles puissent être,, {l'en sont pas moins réprouvées par ton! homme de bien comme par tout partisan di: la vérila-r ^le liberté; mais cllt'S comportent avec cUe» une pspèee d'excuse. Non , ce sont des hommesgui n'ont aucuns griefs, aucunes plaintes, maîsqui , prétendant être les ai;ins du Gouvernement, font envers leurs concitoyens, san»

motifs d'animosilé parliculière, de haine oi|' d'insultes personnel 1<-'S, tout ce que la yiolcocç des persécutions peut opérer sur une classq d'individus parmi lesquels se trouvent les pluft^ zélés soutiens de la fumille ro^'alc. S. M. , au liei% dépasser ces actes coupables sous silence, n'ait rait-elle pas dû en tnontrer toute l'horreur ti tout le danger ? Quand des hommes ^ont assc plongés dans l'erreur pour supposer que Icuqj intention n'est pas désagréable au Gouverne;! ment, et sans doute c'est une erreur, ils peu vont produire plus de maux que les minislrei|i ne paraissent le craindre.

J'ai supposé qu'on avait pris toutes les mtsures convenables pour arrêter ces excès e^l pour punir les coupables, afin de servir dexeio» T

pie aux autres; niaÏB, après ({u'ils ont inenacô In personne et détruit ia maison d'un homme distingué par ses connaissatict'S et sa vie liltcpaire, du docteur l'riestley, que je ne puis noin-^ mer sans un profond respect; quand ils ont détruit tout le résultat de ses recht'rches et de ses travaux, ce que l'argent ni l'industrie no peuvent remplacer, et qui aurait dû être l'or- Beniciit de sou sii^cle , c'est alors que ceux aux^ quels leur rang et leur posîlion donnent ané( Traie influence, ont uianifestéledésîrdese retirer. Et eoniuient ce désistement s'est-il fait?' i Je n'insisterai pas davantage à cet égard , uoâ tSieilleurc occasion peut se présenter d'eu entretenir la Chambre.

Maintenant que j'ai montré les omissions faites dans le discours de S. M., qu'il me soit permis d'expliquer, pourquoi je vote pour l'aniendcincnt proposé.

S. M. exprime l'espérance qu'elle conserve, qu'en conséquence de la bravoure et des talcasde lord Cornwallis et des oRiciers sous ses ordres, la guerre sera promptemcnt terminée dans l'Inde. L'année dernière, pareille espérance nous ayant été donnée sans qu'elle se flcit réalisée , nous devons ajouter moins de foi à celle-ci. Si, l'.inoée dernière, j'avais dit que ia guerre continuerait jusqu'à ce moment, ou L'aurait accusé de supposer l'impossible, et

de me montrer opposé aux personnes failet^ J par leur situation, pour connaître la vérité, et principalement aux espérances données par S M. elle-même. Cet espoir nous est de nouveau offert , et , d'espérances en espérances ^ J nous arriverons à reconnaître qrie l'on désôi père quand on espère toujours.

Qu'est-il donc arrivé qui ait pu empêcher l'espérance donnée l'année dernière de se réaliser? la lutte est-elle plus redoutable qu'à l'ordinaire? est-il survenu des événemens quel'oaw n'a pu prévoir, ou bien réellement est-ce la( faute des officiers employés? Il ne nous est pas permis do juger ni de blâmer, puisque le discours nous dit que nous devons approuver leur conduite. Je connais peu lord Cornwallis; mais je suis disposé bien favorablement par tout ce^ qui le distingue, et comme talent et comme bravoure^ cependant je n'engagerai pas la Chambre à prostituer ses éloges pour un officier qui n'a encore rien fait jusqu'ici qui puisse lui mériter raisonnablement udc approbation aussi flatteuse. Quel est l'événement qui , dans toute cette guerre, pourrait lui mériter cette approbation ^ nous voyons que, malgré l'espoir annoncé, la. guerre n'est pas terminée : est-ce donc là un© preuve de talent? fa ul-il l'en remerciel"? 11 a marché contre Seringa patam et n'a pas eu de succès;il a ordouné au géaéral Abercrombie de faire

"Va îonctloD avec lui, et au moment de VetTcc- ■tuer, il s'est aperçu de l'impossibilité, à cause xi'une rivière qui les séparait ; et la seule ques- 'tion a été de savoir si celte armée qui ne pou- ■Vaitle joindre, et qui, d'après ses ordres, avait franchi les plus grandes difficultés, pourrait •être sauvée : ost-ce là une preuve de talent? Le -talent déployé dans la retraite appartient au général Abercrorabie. Comment donc la Chambre pourrait-elle voter des remercîmena pour *uno conduite qui mériterait le contraire? Si ton parle de la bravoure anglaise, faut-ÎI donc •en prendre pour preuve la capture d'un fort ''dans l'Inde, ou une victoirp sur l'armée de ce pays-là? n'avons-nous pas le droit d'attendretout d'une armée si considérable , si bien dis-* «iplinée, commandée par Jes meilleurs oÛl •ciers, et dont les traitemens sont plus cousidé- 'tablcs que jamais armée dans l'Inde n'en a eu? '>Crâce à Dieu, nos armes n'ont pas toujours i eu besoin de toutes ces considérations pour ' -être victorieuses.

Je pense donc que ce serait insulter au noble caractère de lord Cornwallis que de lui voter 'des remercîmens quand îl n'a eu aucun succès; 'c'est à ses amis à s'y opposer eux-mêmes.

' En ne considérant que l'objet de la guerre 'idans l'Inde , je crois sincèrement que nous auloua le succès qu'où nous promet ; mais ai

■i '58 ) comme l'honorable membre l'a dit à la fin de la dernière session, la pai\ est la meilleure de toutes les nouvelles à recevoir de l'Inde , daas ce cas , la victoire ne vaut pas la peine que l'on courre les dnngersquit accompagnent toujaura.

On me reproche d'avoir compta moi-niéme sur le succès de celte guerre l'année dernière. Sans doute j'y complais , et ma confiance reposait sur lord Cornnallis et sur sou armée ; mais -si l'honorable membre peut un instant se détourner de toutes ses occupations ( et elles sont de nature à lui en laisser difficilement le loisir) il verra , en se repartant à l'histoire d'une autre guerre, sur la justice et la politique de laquelle j'ai eu pareillcmcri t le malheur de dilTérer avec .lui, combien de brillantes victi^ires noua avons jobtcnucs ; combien d'officiers de terre et de mer se sont signalés et ont mérité des éloges pourleurconduîte, et cependant combien tous Cl -s avantages nous ont peu servi pour obtenir le but que nous nous proposions.

Toutefois je ne vois rien dans la conduite de lord Cormvallis qui puisse me porter à mal juger de ses talons. Mon seul motif est de ne pas donner d'éloge par anticipatiou : que le tioblelord mérite tics remercîmeDs, et nous les voterons à l'unantmité. Si mon meiUeur ami était dans sa position, je croirais le servir en é cartant ces remercîmeus préaiaturéa.

^e désire qu'il soit bien entendu que je n aï rien voulu dire dedésagréaUe pour lord Cornwallis. Je réponds au discours et à ladresse <jui m'obligent Fun et laulre à dire franchement ce que je crois de mon devoir de faire connaître.

D'après ces considérations j'appuie la proposition d'amendement.

Si je n ai pas répondu au premier objet du discours de S. M. concernant le mariage da ^uc dTorck , c'est que je ne crois pas de mon devoir, comme membre du Parlement /de inêler mon respect pour ce qui regarde la famille et les intérêts particuliers de S. M. avec ïes objets qui doivent m'occuper pour le bien de mon pays*

M. Pitt répond à ce discours , après quoi on met au^ 4oix la question de savoir si les mots proposés pour être -omis resteront tels qu^ils sont.

Pour, 209. Contre, 85.

; L amendement de M. Grey est rejeté, et

ladresse est adoptée.

SirnATiON des dépenses et revenus de i'EtaU

M- Fox fait observer combien c'est induire 4a nalion en erreur, ftee de iui montrer une prospérité ifui repose sur V augmentation présumée des re~ venus de l'État, et qui autorise ie ministère à offrir une diminution de taxes. — Il dit que le eut est d'obtenir de ta popularité , maïs que ce ne peut Être qu'auxdipens de l'intérêt national.

lia Chambre se forme en cômU^ poCtr examiner 1^ portion du discours de S. Al. ijul a rapport aux iéf penses et revenus de TÉtat , porlaal en substaaov que les reasonrces rie l'État sont pluK que suffisantes pour faire l'ace aux dépenses, et donnent l'espoir qu'une partie de cet excédait t pourra être employé à décharger le peuple de quekpics-unes des taxei qui pèsent sur lui.

H. Pitt saùit celle occasion pour représenter l'état des finances dans une situation si heureuse, qu'il cd conclut une diminu t!on importante dans les chaînes. Il estime le revenu de i6,7jo,ooo liv. st. , ce qui est de 3oo,!joo lïv. st. |>lus que les quatre années précé' dwtes. La dépense , y compris l'intérêt de la dett«

publique, le millinu annuel appliqué à l'amorlisse'

. ment', la liste civile , les dépeuaea de l'armée, de

la niarioe , etc. s'tïlëve à 1 5,8 1 o,doo liv. st- , ce qui

laisse uri exctidant de ct(>»,o(i<> liv. Nt. 11 propose en

cotiiuiqueiice de rapporter celie§ des taxes qui lui

, paraissent le {tlusàcliarge, pour cavii'on aoo,oool. st.

par an . et d'appliquer ^oa,aoti livi st. à la r^duc-

, tlon de la dette, eu ajoutant celte unnme au luil-

lion destiné anuucUemculàcet effet. ,

Il ajoute que cet état de choses , tout heureux qu'il pa» ' ralt , est loin encore d'approcher du degré de prospérité auquel l'Angleterre doit atteindre. Il dit que . t'accroisscmentétunnant du crédit él<:vera tellement les 3 pour loo, que le Parlement pourra effectua la réduction des 4 > et insensiblement des 5 pour lOo; ' ce qui ajoutera une somme de 700^000 1. st. au fonda 1 d'amortiesemeut. Enfin, il ajoute que l'augmeutar, lion journalière du produit dc,^ taxes eiil au-dessus de tous les calculs. L'exportation a au^entâ d'un tiers de valeur depuis 1765, c'^^^- dire <|a i4,74iiO<^ l>v- st. à ab, 130,000 liv. RnIPPk coid* merce iutérieur a éproiivé le mCme progrès.

De cette manière, poursuit -il, rexliiiction de la delta publi(|ue sera obtenue dans un court espace de temps • ce qu'il eût été bien malaisé de calcula , avant. Il est di file ile cependant de calculer positivemeiit sur la continuité de cette prospérité croîs» i santé; mais jamais circonstance n'a été plus favo-i ( rable pour la laisser eàpérer, que celle où se trouva 1 TEurope entière, puisqu'elle nous permet de comp^ i ' ter sur une paix durable. Il nous doit Être permiy 1 d'en conclure <iue cet état de choses n'est pas dùh J des eirconstances accîdeuteUes et à la prospéri^ '

nr. d'im jour ^ maldà* jiés caases règt^tes ejt penna^

irr, nentes^ Notire-éptetivti a eaHèu$'neOâii$i6fiiixiê$ à

I' Fabri désonnais Âes dangers qae nou»' poaViops re-

^f ! do))ter il y ia i^uelqiTes années ; et , atitan^ qiiMl> est

> jKissible ' de 'câlci!iler «les. affaires '- h umaines ^ i\ous

pouvons > d'après rexpérience du .passé 9- envisaiger

'le pFéseâ%^&<r6c sâetk^etion et avoir confiance dans

l'avenir. '"''

Niknc demum redît animûs , cum non spem modo àô volum «ecù* ritas jniMioa , sed ipriiis vàéi fidûctafn et roôvr assunipserit.

' M. Fox, aprè une répliqué de M. Shéridan, dit:

U Hie serait impossible de prendre la parole

fidnfi V avant tout , rendre honimage au talent

*fciipérietir de rhônorable membre, et au prin-

çipçp^^^pphique de Gouvernement, d aprè^

lecnû^^Vraisonné. Il a sans doute fait Ténu-

mératw^vraie des causes de prospérité et de

^^gl^ndeur nationale ; je m accorde jparfaitemeiit

; aye^ lui i cet ^ard , et si je n ajoiutç rien a ce

^qu'il a dit, c'est qu'après lui il ne me reste

rien à dire, et que, dans tous les cas, je serais

'loin de pouvoir m'exprimer aussi bien. Je me

permettrai, néanmoins, de faire observer que

^,tpul;esççs causer de prospérité sont appli*

.•Ombles à notre pays, mais non pas seulement

ià 'la prospérité des revenus. L'honorable mem«

'fcre a dît clairement qu'avant tout, elles étaient

dues'â Theureuse forme de notre constitution.

'S'il en f^st ainsi, chac'ub des mbmbrcs de cetffi OhaiTibredoity Contribuer eu ihatatciiatit celte

feonstitulîoh aVec la vigilance et le soÏd qui sobt *és premiers devoirs de la Cliiiuihre: Il est de ■noire dréît essentiel d'empêcher que la moia- '

drc atteinte y soit portée sous quelque pré- 'texte ou Sôlls Quelque couleur que ce soitj et 'loin de penser comme un lioooràble prcopt- 'iïatit, que noUs ne pouvons trop évaluiT notre J 'heureuse' position , je trouve, au contraire, que 'i'iôus c6or'6ns le danger d'être jetés dans ua | 'escès de sécurité. L'objet qui nous occupe 'm'amène nccessàîrénicnt à cette observation, ■ car je' pense, comme je l'ai annoncé au cora- 'ïnenfcemcnl de la session actuelle, qu'il y a, 'dans la nlani^Te de présenter celle proposition, ^ 'iànc telle' violation de principes et une tellag! "hisiiUe'à la Chambre des Communes, que ce^iÉ 'mérité la plus sérieuse attention. ,

Depuis lùng-lenips je suis 'occupé à détiOQ-* ■"iier lès iibùs qui se sont introduits dans le mi- 'bîstère de l'honorable meiïibre, et qui l'ont ! 'rendu plus remarquable qu'aucun autre mî- "niStère dé ce pajs. Un des objets les plus ap- i 'parèhsl est le désir d'annuler les fonctions de ( 'biilté Chaml>re, et de livrer au Gouvernement I

Icsmesut-es qui nous a ppiir tiennent. La natioa

'est aitienée petit à petit à ne plus regarder les 'ttanchêS de la Tég'tslatûre , et a n'fcuvisa^er que

\e Couverneraent pour obtenir ce qu'elle di^ *

!. Déjà

i obscr'

3 le discours de S. M.

serve dans 1< que l'espémnce qu'elle y donne de rapporter des taxes est véritablement ud enipictemci^ sur les droits de délibération de cette Cbambrf «ur la liberté des débats.

Au lieu de venir interroger la Chambre sur" Ja question de savoir si, dans l'état de nos finances, nous pouvons, sans manquer à nos devoirs envers l'empire, proposer une diniH Dutiou de charges à nos couimettans, on nous a placés dans l'alternative pénible, ou d'accorder implicitement à S. M, ce qu'elle nous demande, ou d'être considérés par nos comraettans comme des opposans au bien qu'on voudrait leur procurer. Je le répète, c'est une violation de la constitution, et je m'en plains îiautement. C'est au nom de la branche populaire de la législature insultée, c'est au nom du peuple trompé et abusé par cette intervention insidieuse, que j'accuse cette propositioa d'être imaginée pour détourner son attention et sa confiante de ses gardien? fidèles, la Chambre des Communes, et pour mettre toute Bon espérance dans le Gouvernement. Je ne crains pas ce qui parait impopulaire, c'est mon devoir que je vois; je ne crains pas d'être mal représenté et interprété, j'en cours les hasards;

mais je me plaius de ce c^u'on me met daus

une position Tousse et dans laquelle je ne pui*^ exercer librement mon jugement, et dire \tan^ tement que ce moment-ci n'est pas celui où Ift I Parlement peut avec prudence et avec sûreté- 1 abandonner une partie du revenu , sans avoïip f A redouter un mal plus grand encore que ce-- 1 hii que je dénonce.

Non-seulement S. M. a, été inconslitution— ■ ' nellcment conseillée de venir faire la proposition de cette mesure contraire aux. principesdu Parlement, mais aûn <l'y ajouter ce qui manquait à cette proposition dans la première partie du discours. les ministres lui ont fait désigner plus loin quelles sont les taxes qu'it propose de rapporter; ainsi, en outre de Ul chose, ils ont encore voulu enlever à la Chambre le droit d'examiner, dans le cas où il seraitdccîdéqu'on rapporteraitdes taxes, quelles sont celles qui sont les plus oppressives pour le peuple, et quels sont les intérêts de uos eommettans. Au lieu d'avoir présenté franchement, d'un côté le montant du revenu , et de l'autre le total des^épenses, appelant l'attention de la Chambre sur ce point important, afin de décider si elle ne peut pas alléger le fardeau du peuple, l'honorable membre vient nous montrer l'estimation seulement du revenu, estimation qu'iln^ peut appuyer d'aueuae expérience, et le détail des taïAs odieuse»

qiii toiilca sont de sou fait, i\ç manicrf; à.eÇL J ^ti'il soit impossible à la Chambre de lui rcfu-^ i ser ce qu'il demaude. Puis-je en cflct m'oppo-. I 8cr aiijoiird'Iiui au rappel des taxes que j'aij / ■ cgmbatlucs lorsqu'on,» voulu les établir? Non. | je ne le puis, et l'honorable membre qui les a'i

* établies, que j'iii combattu dans le temps, saîtf ■bien que je ne puis ni'opposer à leur suppres^

L sipn : la Chambrç oHe-mcnie ne le peut paj^l

^lus que moi, et, ainsi, nous sommes forcé^ |

qe suivre la mesure proposée, sans pouvoir J

; Gi^Iibércr sur son motif.

La question eût dû, être posée aînsï; U doit J ; y. avoir un excédent de 4oo,ooo iiv. st., voule^^ ' Tpus, l'appliquer à l'exli^içtion de la dette PH-«*T ilique, ovi à alléger le peuple de, son fardeau, ou partie à l'un et à l'auti-e? En suivant ccttef 1 \ marclic. la Chambre aurait exercé son pouvoîç ; tléiîbératif, et je ne doute nullement qu'ell» ] L eût jugé plus convenable d'appliquer l;i tota« 1 k Jilé. de ct}t excédant à l'oxtiuctioii de la dcltQ [publique. U est évident qu'en parlant ftinsî, je "

* n|ignore pas combien d'intérêts particulier^ ,^ '. j'aurais à combattre.,Lc Roi, par son discourSj

propose de diniinuer des taxes, ainsi il est çcr^ ifiin que je n'entre pas dans ses vues. Le peuple à qui l'ou montre i^e diminution de ta\e^^ ne peut pas envisager une autre idée, quelque» désordre que la mesure proposée dqive am»?»

ncr dons les finances. Cepnmlant, si ('avais à Houtcnir ctlte qilfwtion, j'ninïïloi^i-.lifClt'S'jtro*' pres-prtroWs de rhotiôrrtWeHieinhre, qui' eU . Vopposanfdrtns un iiutPeVnoment « la dithE^' I îjution'dt^ laxea, et montrant combien il «'MtC 1 ^his important (i'appliqiitplcs fcsaodrces'àlai | ïliniiiinlio'n de fe'ttélie,"^i»nit':' Bw fonds ddi J ^ioyt'; de colte mjmîtTP.ppftdViin); eh 1808, ait 1 fitiit tel,' qu'il «t dé iitt]|i deVrtÎTf de? prPOfM^ { •lous'It^S moyens poiïf quis'te'niîhislère d(^ cb- 1 temps ne puisse pils en détttum\îr remploi.'' ' AinÀi n a£[îssaft donc Côntir l'opinion qli'ili I 'énonce en ce liiônient.cmitre celle de sonp^rt^', ^ fel il éiaîl ennemi de la dette' (Voblique au poirit "d'empêcher tout ministre de Jî'rTfivoîr faire utt ', "Jour ce qu'il propose luî-nièlnèl^ncet inslanf^- l ■Telle est la dîfF»'renre entre une of^riion fixe 'et "reposant sur des principes, r! des sitbterfitgdr , que l'on' emploie pour obtenir la popularité.* Toutefois il me semble, avant tout, qu'B ferait nécessaire au moins d'avoir l'expérience^ d'une année . d'Un mois , d'un jour , poti:

Voir si cet excédent est réel. Kicn , selon moi , 'n'est plus hardi que de proposer une mesure* ' semblable. Tous les e-ilcula sont spéculatifs" ,' , "et quels sont les calculs de cc^cnrc qui se v8^ j rifient entièrement ? Tout-ce qui se rattachk' \ aux réductions et aux économies à faire rosïfe à exécuter. Et ne faudrait-il pas aumoias coii?-*

tnencer par-là et voir l'espérience d'une anaéflfl

Je m'accorde parfaitement avec mon hon^f I rable ami , M. Shéridan , qui trouve dans l'ai Ricment contre la Russie la cause de cette préft] cîpitfttion et de ce sacrifice inconstitutiotmd fait en faveur de la popularilé. Je dis incon^ titutionnel ; car tout ce qui dcrange l'ordre dn ' Parlement , tout ce qui place la couronne entre .Ja Chambre des Conimuiies et ses comniettans, est inconstitutionnel et alarmant.

, Certes, si celte question nous eut été soumise d'une manière convenable , j'aurais voté contre. Aujourd'hui je suis forcé d'y dono^p-^H mon appui f de crainte d'encourir par l'oppost'^^l tion le danger plus grand encore d'établir une division entre la Chambre des Communes et le peuple ; division qui proviendrait de la proposition du tronc. Pressé au sujtjt de la guerre de Uussie , l'honorable membre a mis eu avant cette ofl'rc séduisante pour le public , afin d^ détourner l'attention de sa conduite.

Ayant fait connaître mes objections au pni^ cipe, je dirai pourquoi jeblàmeaussi la manière dont ou a procédé. Quelle sera la conséquence pour l'avenir? Dans le cas de surplus , agira^ t-on delà même manière? Quelle règle suivrat-on ? L'opposition ne peut être accusée en ce Qiomeot d'agir pour obtenir le pouvoir , |e [lartî cQQtraire est trop nombreux et jouit do

trop de coBfîauce pour que l'on puisse 9up\ poser €C projet. Mais si pareille circoaslaoc^ arrivait daps.lc cas où les deux partis se trouif Teraient plus égaux en force , quelle consé^^ quence dangereuse ne pourrait-on pas tirer da \ , cet antécédent ? Un parti voudrait que la nioii iié de l'excédant fût employé eu diininutioa, ] de taxes , l'autre que ec fut la totalité ; le pou^; Toir serait ainsi remis à l'enchère, et la faveutî | de la nation serait accordée aux dépens dç ses propres intérêts. ^

Convenons-eu, cette marche est insidieuse, ^t l'honorable iiicnihrc lui-même ne peut Iç pier. Il sait ce que la nation tout entière pense , ^e son armement contre la Russie : il n'y ^ qu'une opinion , à ce sujet d'une politique "i désastreuse, et il ne peut ignorer que s système de l'Inde est également rempli de dao? | gers, et reconnu comme tel.

Relativement à la réduction des /j pour ioo0-' je pense que c'est une mesure d'une bonne politique. Je pense, d'après le calcul que j'ai établi, que le bénéfice annuel qui doit en résulter peut être de 260 à 270,000 liv. sterling; (Hais l'aurais souhaité que l'honorable membre nous eût développé le plan qu'il se propose de suivre. Je suis prêt à soutenir une mesure qui me paraîtra reposer sur un plan bien cotnbioé. La hausse des fonds publics est ua

bénéfice Traiment iiationnl ; cnr. niale;rc qu'elfesoit un obstnCle au paie'irrent de îadellr; publique, elle donne «ne force nouvelle à loiitci 1rs parties de iiolrc prosp(;rUi'', A nVrSurr qui les fonds publics s'tlèvenr, larfrent dcvïiiiijfl plus fiïcilte'à ôbtcliir pour ft^' fcbmmercc. 1^ inanufactiires fe't l'iiidustpic (!e toute naturt cela .ijoiite ati fcapiial de l'aïialion , les moyens d'activité de rirtdiistrîe. et pro(W iinerichcssèqui balance !a diirérenee que ntli£ à*on5 à' pàycr'en rachetant la dette. Si noiiS considérons !c montant de nètre dette eomit Tin capital, il îest ecriainemcnt aiigmenlè lort que les fonds ' haussent: Ainsi, le capital' a¥ ïiotre dette est plus fort qo'ît n'était en iina'is les annuités sont inoin.ïres , et c'est I; que je considère toujours comme une vcrîtabW aette. Quelle conséquence peut-on en tirofl^ S'il est \tài de Uirc que la hausse des fonds pvè blics impose à la nation l'obligation de payel [i^ne plus forte somme pour racheter I.i r

quantité d'aurtuités , mais qu'en nièine temp't'l cette hausse procure une opidehre i^'-i'ératé | la nation, et lui facilite le moyen de racheter] ^lus aisément 1rs annuités, il faut cil conclure! que le moment de racheter est' celui où 1 richesse augmente.

Maintenant quefaisoDS-nous?aulicude prw filer de cet avantage réel de la haussée dc3 fûaoï

( Kl )

pul}lics en clic:rchitiit à éteindre notre detïc, nous voulons nous relâcher sur les nioycns de délriiire cetle grande cause de détresse; nou^. ■ nous amusons au Heu de combattre ouvertement noire ennemi; et tandis que nous cxailiinons, il avance et fait des progrès que bieur toi nous ne pourrons plus arrêter. Pour éga- [ lîser ce combat, il faudrait donc ajouter ai|[ J fonds destiné à l'amortissement de la dette uuq pomme égale à la proportion qui existe entrQ ' notre prospérité et nos cliargcs. Certainement, il est plus facile de racheter une annuité dg 42,000 liv. sterling dans un moment de prospérité, que dans une circonsLince critique:

ccpend;int, nous ferions positivement le con-

traire dans le nouveau plan conséquemnif^nt, je dis qu

qui est propose; le ministre cherche il obtenir de la popularité au^ dépens des. principes.

C'est l'usage du jour de vanter la constilu-. tion et de travaillfr en dessous à la détruire. Tous les moyens sont employés pour reudrp , les fonctions de la Chambre odieuses au pcu- ,plc, pour lui faire conaid^Ter ses représentana .comme opposés à ses intérêts, et pour empè- , .cher ceux-ci de remplir fidèlement leur devoir ^ envers l'empire , s^uis avoir à redouter une ira;- , .pression défavora^e contre eux. La confiance ; ^aus (es ministres du lloi remplace celle qu

aTaîl dans la Chambre des Communes attaques à la constitution sont mises en queï*' tion et offertes aux passions inconsidérées. Tar depuis si long-temps manifeslé mes craintes i' ce sujet, et )ai obtenu si pt^:u de succès, que je suis loin d'en espérer davantage en ce moment; mais, de même que j'ai su résistera l'iitOuence du pouvoir, je saurai, dans cette occasion , résister aux dangers et aux clameurs des préjug(:3 populaires ; et , quoique ce fût avoir beaucoup de présomption que d'appliquer au système que je suis le passage d'ua poëte célèbre, je hasarderai néanmoins d' faire l'application à mon devoir :

Justum et ttnactm propositi vimm- Pfon civium a-rdar prava jui/ttitium,.

iVoit vuttus instaiitis tyranni Mente (juaiit saiidâ.

M. Pitt réplique à M. Fo» , après quoi celaCci reprend la parole, et dit :

A moins que ce ne sott avec l'intention de mal interpréter ce que j'ai avancé, je ne puîà concevoir la manière dont l'honorable membre vient de raisonner. Je n'ai jamais eu l'idée de déterminer qui serait ou ne serait pas ministre dans quinze ans d'ici : jamais une idée

aussi ridicule n'est entrée dans ma tête, et je supplie l'honorable membre et la Chambre ■cile-niéme, de se ressouvenir quequand j'en ai parlé, cola a été comme une simple questiou à | l'honorable membre , mais sans aucun rapport à la personne qui clfectivemetit serait miuistre aloi-a. Il se peut qu'aux yeux de l'honorable membre, je ne paraisse pas doué d'une grande > dose de talent et de perspicacité; mais ït m'ac- ■cordera au moins do n'être pas assez dérai- ' Gonnable pour établir une spéculation . comme il a bieu voulu le laisser entendre. Je le répète ; dans l'état actuel des choses, je suis Ioîq «l'entreteuir le moindre espoir de succès raison du uombrequt est contre moi; et, quoi- 1 que je sois plus âgé que Hionorable membre] de quelques années , je ne pense pas que ce ■ soit un motif pour devoir espérer que dana quinze ans je puisse lui succéder.

L'honorable membre s'est étendu avec emphase sur l'accroissement prodigieux et inat- i tendu de nos revenus; je lui céderai tout le 1 plaisir qu'il peut en retirer; mais je ne puis lui passer le mot inattendu, quels que soient les motifs qu'U puisse avoir pour répandre cette idée t't acquérir, par-là, uue popularité qu'il parait rechercher si ardemment, et qui me semble bien précaire.

L'honorable membre pense qu'il pourra

de l'armement ; que la I)liis grande diligence est ordonniSe. Il espère d'ici à pea prénenter non-seulement les préliiain^ires eotie les parties bellîg^ rantcs, mais encore les Iraîlés de paix dL^initifâ. telle réponse ne paraissant paasatislaLtanleàM. Grey» il propose une adresse an Abi , alla de lui faire cette demande d'une manière claire et positive. Il dit que le moment est arrivé nû «no discussion convenable àl'împortancedusuiet et àla dignité delaChambre, doit avoir lieu de manière à prouver que les membres iiuî la composent entiiint dans les intérêts de leurs commellafts. Il esptre que le systtme d'une confiance aveugle dans les ministres , n'est pas encore assez établi pour que la Chambre se refuse à des enquêtes.

I Le discours de S. M. nous a parlé pompeusement, » dit-il , delà perfection de notre cous tilulion ; l'IiO- >nnrable clianceller de l'échiquier y a ajouté todt ce «que l'éloquence dont il est doué a pu lui fournir; limais la Chambre n'oubliera pas l'expression' de iilord Chaihum cii parlant de ces discours : t'opiat tannuet du discours du Roi.

ill est des per^onces qui vont plua loin que l'ac ncroissemcnt du taux des rentes pour établir la nprospérilé d'un pays. Ces pcnsonnes ne se conlenitent pas d'entendre dire que celle constitution idoit durer à jamais; elles voient dans ce système «de coutiance toutes les causes d'une destruction. »Ces personnes ne peuvent pas suulTrîr que le9 «ministres aieuEla permftsionde disposer de t'aient nde la nation pour des arméniens, sons qu'il soit

la motion de M. Grey est soutenue par M. ■Wyndham,

lord North, M. Fox, et combattue par M. Pitt et M. Dundas.

U. l^itt dit qu'il est des circonstances où le secret est cibsolument néccssaiite pour anieher à bien une négociation. La confiance est due à ceux qui administrent, jusqu^à ce qu*il soit prouvé qu'ils en oùt abusé. Les pièces déposées prouvent assez le but de Farmement , et jusqu'à quel point on y a réussi.

Lord North montre la dernière négociation comme un objet de mépris aux yeux de toute l'Europe.' Il dekilande une enquête, et dit que san.^ les pièces elle devient illusoire. Il observe que c'est un des plus beaux privilèges de la Chambre ; et qu'un refus de ceg pièces serait entraver ce privilège. Le ministre^ dit-il, a vanté notre constitution avec l'éloquencô de Gicéron; j'espère que, comme ce graVid liomme^ il ne donnera pas de motifs <ie penser que ce qu'il admire est ce qu^il cherche à détruire» Jamais, nous devons l'espérer , cette constitution ne don-* nera lieu de dire t

Lauderidum^ Mmandum, Mi^èndutn,

M. Fox prend ensuite la parole et dit :

Monsieur,

La q[uestîon qui lious occupe en ce mônient a été ti*aitée d'une manière si supérieure par ceux qui partagent nioh opinion , qu'il me faudrait beaucoup présumer de mes moyens pour supposer que Je pusse y apporter quelque nouvelle clarté. Il est néanmoins des circonstances qui me font désirer d occuper la Cham-^

bre uo instant^ quoique je puisse regardM comme suffisantes toutes les raisons qui oâl déîà été avancées. On a beaucoup parlé dei éloges prodigués à la constitution , et de l'in; porlance dont il est d'accorder de la confiance aux ministres. Comme j'ni toujours prétendu que celle confiance, que l'on regarde comme si nécessaire, était une atteinte portée constitution, je me trouve forcé de répond à ce qui a été avancé,

On a dit qu'on jetait l'alarme relativeuei à cette confiance. Je l'avouerai donc encoFI je crois qu'il est de mon devoir de ta sonnet cette alarme , dans la Chambre , de le faire { tous les moyens en mon pouvoir, et de diri quand l'occasion s'en présente, à tous :

commcttans, non-seulement à ceux qui noi ont nommés leurs ruprésentans , mais au corps collectif de la Grande Bretagne, qui. à mon sens, est le commettant de tous les membree; à quel point cette alarme est fondée, et cora bien ils sont trompés, si cens en qui ils t mis leur confiance transfèrent cette confiance^ aux ministres; de leur faire voir que quand leurs représentans négligent d'exercer la vigilance, qui est une de leurs plus împortantig fonctions, il est de leur devoir de veiller c mémos à leurs propres intérêts, de snbstituiïi au contrôle du Parlement celui do l'opinion

ance land

publique, et de voira ce tfne leur argent iie' soit pas accordé iocoosidérément et sans un niûr examen,

L'hooorable membre dit que la confiauj^e'

LjcUns les miaistres est un principe reconnu de

Lia constitution. Personne ne nie ce principe;

F mais dans tous les bons gouvernemens . c'est-!

B^â-dire les gouvernemens mixtes, car je doute

P ^u'il y ait de bons gouvernemens sans qu'il»'

soient mixtes, une portion de conSance doit'

être accordée à l'un et à l'autre, une portion

semblable selon les diverses fonctions, et ja-'

mais une entière confiance en un seul.

Mon honorable ami , qui a fait la motion ,' , «, très-justement observé que dans l'alfaîre' . d'Espagne . on avait refusé un rapport exact du' ■ temps où cette lutte avait commencé , parce' ■que, disait-on, une négociation était entamée.- Quatid cette négociation n'a plus été pendante* on a encore refusé de donner des informations ," trt on nous a demandé de pourvoir à la dépense* 1 d'un armement, parce que, disaît-on, il n'y* | avait aucune preuve de conduite répréliensiWw J dans tonte cette transaction.

Quant à l'affaire de llussie , on ne nous en fy' j appris ni l'objet ni la cause pendant la négociation. Aujourd'hui qu'elle est terminée, la] oonfiaQce extrême mise dans les ministres faîf qu'on ne demande rieiij quoique pour moî

cette confinnce soit inexplicable, et soît mot qui puisse recevoir une autre acception<

Mais on a demandé d'un air d'autorité et de doute 9Î on pouvait accorder des informations pendant le cours d'une négociation. 11 me semble que cette que&tion est absurde, pour ne pas dire plus.

Dans l'affaire dEapa^ne, la Chambre a été înlormèe de la nature de l'offense et de ta réparation demandée. On a jugé la cause de l'offense suQisante. et la réparation convenable, et on a voté un crédit d'après la confiance générale qui est accordée. Quand l'armement a été achevé, on a demandé s'il n'avait pas continué plus qu'il ne l'aurait dû, et si n'aurait pas pu obtenir la réparation plus La réponse a été : ■ Nous sommes si heurei ide révéncment que nous ne voulons pas eu a rechercher les causes : nous ne voyons aucune «cause de blâme, nous n'en voulons pas cher- ■ cher;» et de cette manière, l'argent de la nation a été prodigué, et, ce qui est encore plus, la liberté et les propriétés de ces hommes qui, à la moindre occasion d'alarmes, sont toujours prêts à venir au secours de la chose publique.

Telle est la conliance que l'on pi^opose d'à corder en ce moment; blâmable comme je trouve, je ne la désapprouve pas encore au-

lant néanmoins qnecelle accordée le printemps df'rnier, etquiaétéportéeàuntelexccs d'fibus, que si on savaiE qu'elle ne peut s accorder ave&^J lit volonté réelle du peuple, on pourrait à just^îj titre dire que c'en est f:iît de la constitution. ■ ■ Si la confiance dans les minisires est utt-i ^Xnal nécessaire dans la constitution, ce mal ■est de beaucoup augmenté, quand on établie ''comme principe de la constitution que le Koî | doit nommer des personnes c» qui la Chambre ^ est obligée de placer sa confiance, sau& avoir aucun moyen de s'opposer i\ leur nominatioq, ' .Cependant c'est ainsi qu'il en a été depuis 1784^ ■ce qui est bien dilTérent de ce qui était avant icetle époque, et depuis l'^viSnement de la niair '-«on dcBruiJBwick.

'■' Uest néanmoins des cas où nous ne pouvons, -^ïéeilenicnt , sans manquer à notre devoir, voter, • Je confiance; par exemple celui de l'argent da- *4liandéànoscon)n)ettaus.Leiloialcdroitincon— , tteslahle de faire la ^errc; mais les Communes 09nt celui de lui reluser les uiojciis.de la sour- 4eDir ; l'exercice «le l'un et l'autre de ces droits ■»e peut avoir lieu quand ils se trouvent eu contradiction; il doit donc nécessairement y avoir concession d'un coté ou de l'autre. II paraîtra sans (loule plus raisonnable que le droit ^du Koî soit concédé, que de voir l'argent de 1 ion pris sans l'avoir cousultée, etjiour un.

motif qu'elle peut ue pas approuver. Mais cette nouvelle inaiiîère de voUt rarg;oiit de confiance, et de payer pour des HroieniLUs dont on ne peut counaîlic la cause, est une attaque aux principes iondamenlaux de la coristil lion, dans la fonction la plus impoitante repréaentans du peuple, qui est avant tout veiller à l'emploi de soti argent. S'ils sont ^i gués poMr cela , si c'est une partie esseutii de leur mandat, ils n'ont pas le pouvoir de ie fier aveuglément à un ministre, de le rendre juge et arbitre des dépenses, et de lui ouvrir la bourse publique sans examen, aansenqui sans l'exercice enfin de leur propre jugem*

Telle a été cependant leur conduite, et remède reste -t-il? La dépense a été faite sur un TOte de crédit; la majorité a décidé qu'elle doit être payée, que celte dépense soit utile ou folle. Voilà le résultat d'une confî.ince aveugle, qui empêche en premier lieu de questionner, et qui fait qu'ensuite on n'ose plus le faire; qui porte les hommes à s'écarter de leurs devoirs, et dont la malheureuse conséquence est que la fortune publique est dilapidée, sans avoir eucouru le contrôle du Parlement.

Mais, afin de rendre la chose plus sensible, qu'il me soit permis de supposer un cas qui peut à chaque instant se rencontrer. Supposons qu'il y ait division d'opinions sur le motif

que

idre ivrir -

- d'uue gaerre; que la majorilé de la Chambre, soutenue par une considérable majorilé de la nation, soit d'une opinion opposée à celle dtf ministère: Ufautde l'argent pour cette guerre; quelle est l'opinion qui prévaudra? Est-il un ,'scul individu dans celte Chambre qui veuille prétendre que dans ce cas l'opinion du ministère doit être suivie? Mais ou dira : Le droit est seul au Roi de faire la guerre. Oui: maïs qu'est-ce qu'un droit qui ae comporte pas le moyeu d'exécution ! c'est un contresens. Néan- , moins il eu est de niètue de l'autre cûté de ,1a .question: toutefois le contresens est moindre quand le Iloi se pliera à la volonté de la na- ^tiuu, qu'en cherchant d exercer contre elle sa ^prérogative, puisqu'il n'a pas le moyeu de la mettre à exécution. Avec la confiance aveugle, ifians doute cet incouvénient est évité. La nation peut trouver que la dépense est mal faite , est , contraire à ses intérêts, elle n'en est pas moins '^. ordomiée ; la Chambre ne peut plus se refuser « à payer ce qu'elle a vote : il y a impossibilité. . Mais, dira-t-on, ou peut accuser un minis- tre qui aura été coupable d'avoir induit en V erreur, et d'avoir abusé de la conliance. Quoi ! , accuser un ministre parce qu'il diffère d'opi- I, nion avec quelques membres de ia Chambre, et que cette différence peut être honnête et consciencieuse 1 Ce serait un moyen cruel rc-

seryé à cette majoritù de dire à un ministrf ■ Vous serez puni de )a confiance que noul » avons folloment et aveuglément mise > voua.-! Quoi ! le punir parce que la nia}orlt| a pensé que le ministre pouvait non-seuleo^ei connaître la ma jorilé, mais même encore < cn'^er une!

Et cependant Toilà où mène une confîànaj aveugle. Si un ministre peut persuader la mSE Jorité de la Chambre de voter de confiance sans discussion , il peut tout aussi bien dicté leur opinion , et ce serait le cas qui vient d'êtf supposé.

Dans le cas actuel, l'opinion du niinîstèHI est dîamëtralemeul opposée à celle de toute li Dation. La Chambre a accordé l'arf-ent ddl mandé; il a été dépensé. Si mes coramettarii me demandaient pourquoi cet argent a été ao cordé, je serais forcé de dire que je m'y suflf opposé en vain ; et ceux-ci devraient me dtrel La majorité a été contre vous; elle a demandl| Ja cause de cette dépense, et elle a pensé satiV doute qu'elle pouvait l'allouer. Que réplique^ ■ rai-je à cela? sinon que cette majorité est rcs-*^ ponsable seule de sa conduite; qu'elle i fusé d'entrer dans un examen sérieux, et qi* 1 cet argent étant dépensé bien ou mal, la na-4 tion doit supporter la perle.

^ Je reviendrai maintenant aux piétés dcman-'.'l

•( '85 ) dées. Ceux qui les ont demandées ont tu des motifs d'objections dans celles déjà produites, et désirent en connaître plas, afin d'y trouver des excuses ou des sujets aggravans de plainte». Ceux qui s'y opposent disent qu'ils ne veulent point voir d'autres pièces ; non par la raison déjà produite par un honorable membre, mais parce qu'ils sont décidés à ne trouver rien de blâmable. Le ministre , de son côté, dit , que sf on réclame ces pièces, on finira par en de-* mander qu'il serait dangereux de produire.

Cependant si ces pièces peuvent être sa défense^ n faudra bien que la Chambre les connaisse.

Sans doute cela peut être sujet à de graves inconvéniens ; mais si nous devons choisir en<« tre ce mal et celui bien plus grand de voir dU lapider des millions , et exposer la vie de tant de nos compatriotes , sans avoir le moyen d'en juger la nécessité , je dirai plutôt , rompez toutes négociations , abandonnez toute espèce d'àl-* Jiances , plutôt que d'exposer notre constitution.

Mais la question ne m'est pas faite , je ne suis pas forcé de demander des pièces dont la publicité puisse être dangereuse. Si le ministre le veut , la Chambre peut nommer un comité pour examiner dans le secret ce qu'il serait dangereux de publier. L'honorable membre qui a fait la motion n'a pas dit qu'il voulût WB pièces pour y rechercher un motif 4'^CCU'«

fiatioD contre le ministre. Il a dit qu'en conséquence des pièces présentées, il croit de l'intérêt public d en demander de plus détaillées. Et là où il n'y a rien de mal , il ne peut y avoir de secret.

On a dit dans le public que la Prusse avait été sacrifiée aux intérêts de l'Angleterre ; 11 .semble qu'il serait important de savoir quelle lest l'opinion de la Prusse à ce sujet.

On a dit aussi que la Porte, loin de solliciter notre intervention , y £^ uiis obstacle ; que si une flotte anglaise avait voulu entrer dans la mer Noire , ceux qu'elle aurait été c«nsée venir protéger , se seraient opposés à son entrée ; de ^orte que nous aurions été dans l'obligation de faire la conquête de nos alliés. Tous ces faits né sont-ils donc pas de nature à ce que la Chanvbre les examine avec la plus sérieuse attention? Jifais on nous dit : vous en savez assc:^, vou9 savez tout ce que vous pouvez savoir.

Si cependant le ministre est considéré com* faç pouvant être accusé , il me semble qu'il doit être la dernière personne à déterminer lanature de son accusation. S'il n'est pas considéré sous ce point, de vue , alors la Chambre doit avoir tous les renseignemens nécessaires pour décider s'il doit ou non être accusé. Je maintiens d'autant plus ce principe , qu'on prétaid établir celui d'une confiance illimitée , qui

selon mpi serait la destruction de la constitution.

Si les membres de cette Chambre s'écartent à ce point de leur devoir ; s'ils se refusent à examiner afin de biea juger , et préfèrent accorder, une confiance aveugle aux ministres , alors au lieu d'avoir une constitution, nous n'en avons que l'apparence; car personne ne peut douter que la chose la plus claire et \sk plus précise de la constitution ne soit notre droit de voir et d'examiner, avant d'accorder les sommes demandées par le Gouvernement » si l'objet nous en paraît juste et conforme aux intérêts de nos commettans.

Là Chambre met aux voix la motion de M. Grey.

Pour, 120. Contre, ji25.

La motion est rejetée.

1?" Mars;.

Motion de M. Whitefyread concernant i^ar-^ tnement contre la Russie.

M' Fox montre qvs la politique du ministre est cto- . rejeter tout V odieux de sa conduite sur ia Cham," ire eiie-même \ oûiiasu si adroitement se former une majorité considérahie , en persuadant iès membres que pour ne pa^ entraver ia mwrche du. Gouvernement i ii faiUdt accorder une confia/ncê UUmitée aux mimstres.

EXPOSE

M. Whitebread propose à la Chambre dé déclarer r « Qae nul arrangement concernant Oczakow ne parais » avoir été de nature à porter l'Angleterre à interve- » nir dans la querelle entre la Russie et la Porte. » Il représente la conduite des ministres dans dés termes d^îndignation. Il parle de leur témérité d'avoir prodigué For de la nation en vain. Il montre toute Tintrigue qui a eu lieu , et à la(}uelie TAngleterre a ^participé. Il parle d'un traité secret par lequel la Prusse se flattait d'obtenir Dantzick et Thorn, comme compensation^ si elle souffrait que la Russie retint Oczakow»

Cette motion est appuyée par MM« Grey, Wyndhaitt^ Shéridan'9 Fox, et combattue par M. Jeukinson (depuis lord Lîverpool), MM. Dundas et Pitt.

M. l)andas répond au reproche fait dans plusieurs des nombreux discours que cette question occa--' sionne , sur le silence de M. Pitt , et àii que cet honorable ministre ne parlera qu'après l'honorable [. Fox.

M. Fox se lève et dit :

J'ai lieu de m'étonner d entendfe l'honorable lâembre itie désigner comme un motif suffisant, pour que le ministre réponde aut ques-* tions , aux reproches même qui viennent de lui être faits. Personne n a jamais eu le droit d*en appeler un autre à la tribune. Au surplus^ sans me soumettre à cet appel , je me dtspo-' fi3is à prendre la parole ; cependant , avant de le faire , je ferai observer à là Chambre que rheure avancée m'engage à lui proposer d'ajourner à demain*

L'ajournement est adopté.

Le lendemain M/ Fox prend la parole le premier.

Monsieur^ Après le défi qui m'a été donné hier, je me tois forcé de me jeter dans quelques dévelop-. pemem sur la question qui nous occupe ; mai^^

ataiït d'entrer en inatièré , ledeitoandéia-per^ mission d'expliquer pourquoi je n'ai pas obéi de suite àFappel réitéré, et peut-être déplacé qui m'a été fait.

J'ign(h:*e si un membre a le droit d'en appeler Un autre; mais je sais fort bien pourquoi je n'ai pas cru convenable d'y répondre. On a dit que l'honorable chancelier de l'échiquier désire avant de parler entendre tout ce qu'on a à dire sur cette question. Dans ce cas, j'ignore, pourquoi je me lèverais en ce moment à la place d'autres membres , qui peut-^étre ont: quelques réflexions à soumettre encore â la Ghambre. Je le répète donc, cette manière de ifi'appeler me parait étrange. Un ministre est accusé d'avoir imprudemment entraîné la na«.

ttpn dans une marche désastreuse, et quand, on propose de le:'censurer , il préfère et annonce / le désir même de ne parler que lorsqu'on aura tout dit ; en telle sorte qu'il ne serait plus pos-' sible de répondre à sa défense , de prouver la fausseté de ses raisonnemens, ou de relever ses fausses interprétations. Si l'honorable ministre désire sincèrement entendre toutes lès accusations portées contre lui ; s'il a assez de confiance dans ses talens pour espérer de faire approuver sa conduite , pourquoi ne pas se présenter franchement et loyalement? pourquoi ne pas demander la forma tioii d'un comité ,

c^mmè^ l'a demârndé mon honorable ami t{iii^a'

fait la motion , afln que chacun puisse répon-t

<lre au fur et  mesure à toutes les ob)e(diofis ,

en présenter de nouvelles, et y répliquer en-r:

core ? >

En agissant autrement, Thonorable ministre;

garde tout l'avantage de 5on côté, et je neof

suis pas étonné, car, pour parler franchement,*

jiamais il n'en a eu plus besoin; jamais ministre

ne s'est présenté à cette Chambre dans une

attitude moins avantageuse. En effet, Monsieur^

quelle est notre position? Nous avons eu, dans

k dernière session, quatre séances im pointantes

au sujet de cet armement fatal , sans que jamais

Thonorable membre ait voulu éclairer la Cham-^

bré sur sa véritable cause. Lia minorité ne s'est

pas découragée, et s'est constamment opposée

à ridée d'entraîner la nation dans une mesure

seiilblable, sans en connaître la nécessité. Le

ministre s'y est obstinément refusé, et a appelé

sa niàjorité à son secours. Toujours, le minis^

tre nous a tépondu : • J'entends vos accusa-*

» tiens , je pourrais y répondre , mais je con- »nais trop bien mon devoir envers mon Roi; » pour exposer en ce inoment le secret de l'E* »tat, et pour vous expliquer pourquoi je vous » demande votre confifance entière. Je préfère • rester soiis une apparente accusation, sûr, » comme je le suis, que l'explication de ma co»*

1 igs

>duite, qtiadd je pourrai la donner, vous fq| ■ changer d'opinion. *

Je l'aTOue . je ressens pour l'honorable Membre ce qu'il u'éprouvc pas lui-riiôiue. Je conçois bien qu'il ait trouve dilScile de s'exposer d^s le commencement, maia quand la négociation a été terminée, j'aurais cru que, comme le cheval décrit par Homère (si je me ressouvenais du passago je le citerais), une fois dans un pâturage nouveau, libre de son frein, l'honorable membre eût daigne nous accorder quelques explications ; et que n'ayant plus de causes pour cacher les mulifs de j conduite, il ferait retomber, en liabile tacl cien, les accusations qu'on lui a intentées sd ses propres accusateurs. Il n'avait qu'un sefl moyen, il fallait franchement et ouvertemej ^ paraître devant nous. Il a préféré le contrairi il ne nous a jamais donné le moyen de coi^ naître bien sa conduite; il nous a montré dd{ pièces imparfaites , mutilées, arrangées , et i pouvant servir qu'à établir une accusatiQ^-i contre lui. Nous en demandons d'autres; U'J nous les refuse. Pourquoi?» l'arec que, disent! ■ les honorables membres de l'autre côté. 4 J * moins que les pièces qui sont devant ■ » ne vous mettent à même de porter une accv » sation réelle , et à moins que vous ne forniic « cette accusation, il n'est ni sûr, ni couvenablft^l

tàe vous en accorder d'autres.* Mais est-ce là (ine défense pour le ministre?

On s'est eUbrcé sans doute de uoug prouvée jqu'il n'y avait aucune culpabilité! Mais corn-* J)ien tes argumcns employés sont puérils et faux! Quaud nous avons demandé des pièces 4lans i'alTaire d'Espagne, on nous a repondu \Qu'il serait dangereux de tes donner pendaut la négociation. Après cette uégociation, on a ait t voyez les résultats ; la nation en est salisfaite: et de cette manière, jaiiiais nous n'avons jpu rien connaître.

Aujourd'hui, l'honorable membre, fort de ■ce qui est arrivé l'année dernière, répond aux ^questions. Parle/;, dîtes tout; je ne dirai rien .qu'après voua; je profiterai de mon avantage .sur vous; telle est la position où l'honorable •membre nous met, et sans doute il croit avoûï raison d'en agir ainsi. i .,i

l. Mais après avoir fait ces premières observai^ I .tions, je vais maintenant établir par quelles ' ■causes je voterai sur la censure proposée. ,

I On a parlé de beaucoup de choses qui ne ' Jlie paraissent nullement utiles à l'alfaire qui ' ^ous occupe: daud ce nombre est la balance l jde l'Europe, dont on nous a entretenus. Soit I

que uous dussions préférer l'isolement de toute 'espèce de rapport polilique continental, ou

que l'on juge eonvcuable d'adopter un sya-

fème,5i'pulsfeârayttentWcômmandët)£irUii jeune

orateur dans la^ deraiëre ^attice, de rapporté

complefs av€C les puissances étrangères , on ^

sok enfin, ce que \e crois le plus sage partp,

^ue nous combinions ces deux diverses opi^

nions , ce «ont sans doute autant de questiôné

dbla plus haute importance; mais je ne péns^

pa» qu'elles soient intéressantes relativement

à celle qiii nous occupe en ce moment.

• Onâ'est occupé plus particulièrement dé là

fiuerre entre la Russie et la Porte* : j'ignol^e quel

rapport cette guerre a avec notre armemeti^

abais )!y reviendrai tbut-â-l'heure; il me tarde

id'jenlamer une question plus importante pour

nous ; je veux parler du prix que les minis^e^

a4e S. M. attachât- à ki forteijesse d'QezakoWt

Quoiqu'ils n'aient encore rien répmidu aux

râgumens présentés par mon bdnorable ami

qui a fait la motion. On a dit feulement qut

•la lialance de l'Europe serait -menacéev si

Oidzakow iqestait dans les maïAs de la Russie.

Dès l'année demièrer,* <» nour^ parlé! de cette

éorferesse comme d'un talisman d'6Û dépendait

3e; sort de la Turquie. Je demande ce qui a pu

dTairé chatiger les ministres d'opinion à tét

jégâk*d, et si l'année dernière ils ont cru tovrt

fierdu plour l'Europe/ comment ils peUtëirt

JMius répondre aujourd'hui de notre sûreté*?

-S'il est vrai que Ja possession d'Pozakow p^r

|a Russie puisse alarmer l'Europe catière , coo^bien n'a-t-die pas dû trembler quand elle a TU nos négociateurs mettre la Russie i portée de s'emparer de Constant iuo pie inèrae? Telle est la base du raisonneuient de M. Wlùtebrea^, et il l'a présenté avec tant de foçoe, qiji'oa n'« jDième jamais osé lui répondff. .

Afin de relever néaumoius la valeur d'Ocz^- Jiow. un honorable membre (M. GrantJ a jugé convenable de remonter jusqu'au règne de ta reine Élizabetb. Que cjis-je? il s'est transpofl^ \ jusqu'aux jours de P-hiUppe et de Démo^ ' thiÈnes, et il nous a rappelé qi^e qmmd ce q^ i ^èbre orateur voulait porter les AlJiémeos ,â faire la guerre à Philippe, et leur reprQcJjait I le peu de yilks qu'ils avaient prises, leur moq- ' tr^l le peu d'importance de «es yilles à peii^ ^îoniiucç, il leur disait que c'était cepeodaut l/t , -çlef dfi la Grèce; il eu résulta qu'il leur apprit | quel était leur véritable danger. J'observerai 1 .quç, si cet orateur ai^ lieu de produire q^ | '^{Tet, aTaît rencontré dans ses auditeurs un tf\ ! jpubii de tout devoir» que loin d'étrq^eflrayé^ , | )|eB concitoyens eussent abandonné non-seul^ j 4Qent ces villes, mais bien d'autres cnt^ore, pfl peut deipapdtT quelle aurait éjé sa situation " ;^uand il a di'claré à ses coucitoyen^^tat r^^l ■^e leuF faiblessje, si en naém'^ ?[wP8 U ^H^

youîn leur représenter la sécurité dont Us de^ Vâient jouir, la paix stable qu'ils semblaient avoir. Oui, je le répète, Démosthènes lui- • même , dans cette circonstance , n aurait pti soutenir une telle inconséquence.

' Cependant, afin de prouver que les ministres méritent la censure proposée contre eux, supposops un instant que la conservation de la Turquie soit nécessaire à la balance des pou- 'Toirs : que gagnera le ministre à cette supposition? Les Turcs, it me 'semble, sont dans #ïe position pire ; éar^a vaut ^ori intervention , si la Russie'âvait été à Constahtînople , il n'eût 'pàs étéibrcé, lui et éës alliés, d'intervenir pour si^uver la Porte d'Uiiédestriidion totale. Ainsi, la destruction de là ÏPôrte a Jenu-à l'acceptation ou au rejet dé la proposition dé Vbôfiôtable membre. EtqueUé^st-elle^en effet? que les Turcs non-seulement abandonnent te priti- Hcipetie la* guerre, mais aussi^Oczakow^^qur, dans les mains de la Russie, suffit pdUrr^Br- Terser la balance. Ainsi, Oc2akow était donc de la plys faaut^ im{>ortancé à obttaîr. Or, il n-a pas obtenu Oèzakow. Lesmintstrès méritent donc d être censujfés : si cet objiÈJt -ti*est pas îéMportant , ils n'auraient pa« dû le demander, et Ils doi|Épat'eocbre, dans ce ca^, Mte<:ènMrés

jpour raclait Un armement, où jBim, p^ilr

(■07) désarmer sans l'avoir obtenu. Ainsi, de toutes les manières, ils sont blâmables, et je prendrai la chose sous racception qu'ils voudront.

Mais, nous disent-ils, il est injuste de raisonner ainsi , il y a un terme moyeu. Oczakow est certainement très -important; mais cette importaace dépend d'autres circonstances.

A cela je répondrai que c'est une astuce de raisonnement qui tient au système adopté. Il s'ensuivrait donc que cet Ot:zakow mériterait qu'on se jetât dans les frais énormes d'un armement, mais non qa'on lit la guerre; qu'on menaçât, mais non qu'on exécutât ces menaces. Je ne puis rien concevoir de plus insultant, que cette manière de raisonner. Faire une me- ^ nace sans avoir vraiment l'intention de la. ' mettre à exécution , si cela est nécessaire, est ce qu'on appelle constituer la bonté et Icdésr ^ouneur d'une natiou; et cependant telle est ip conduite des ministres de S. M. aux yeux, de l'Europe. Ils la soutiennent avec des raij^nuemens qui, appliqués à la conduite partir^' çulière d'un homme, le constitueraient ua^ lâche. Oui. j'ea suis bien convaincu, cette ob-' nervation n'a jamais encore frappé le noble duc, de Leeds. dont la conduite dans toute celte^ ' Affaire a démontré l'élévatiou de son car.ac|èr,ei, c'est cependant lui qui , de @a place , a dit aveq: tes collègues qu'Oczakow wéritait qu'où fit

une menace, mais non pas qu'on fit la guerrèï Cette opinion me p.n'aU bien plutôt celle i ses colI^gues que la sienne.

Je k répète, cette manière ci'envisaper le*l choses est sérieuse , et tend à attaquer i bonneur et noire caractère national ; car il e évident que les ministres regardent Oczakom Comme tout pour eux; et quand à la posseï Sion de celte place ils comparent l'honoeri national , celui-ci n'est plus rien. L'honneii! est dans leur poHtiqne la moindre des chosei

Je suis véritablement honteux de suivre ce? ' raÎ9onnemcnt,et je suis mortifié quand je pense à tout ce qu'il fait rejaillir sur le nom anglais.

Cependant les ministres nous disent qu'etf aljandonnant l'objet pour lequel ils ont armé,' : ils ont suivi l'opinion publique. J'avouerai franchement, moi, que personne ne priai plus cette opinion publique, personne ne Idtfl regarde plos qUe moi comme le guide le plwi sûr à suivre ; mais c'est dans les choses d'unie. ] haute importance telle que la guerre ou Itfl J pais ; et , si j'étais ministre et que je connusM lé danger pour mon paya d'une mesure ado^ téc , )c n'hésiterais pas lin instant à suivre ntiti propre opinion. Si le public ne voyait pas aiiit^ 1 que moi ce danger"; si, après le lui avoir dé* ' montré, il persistait à croire une autre marchemeilleure, je regarderais comme de mon de-

•voir et (le mon honneur envers mon Roi , ea- J«rs mou pays, envers moi-même, de me j'etirer et de laisser suivre le plan que je u'au:jais pas adopté, par celui qui le croiraif, avec

Je public,' le nieJleur. Telle serait ma con- ,iiiuite sur tous les points qui me seraient asseje ■démontrés pour ne puuvuir pas laisser fléchir

mon opiniou. Si la chose était douteuse , ou ,que le danger ne fût pus aussi pressant, je

céderai^ sans doute à ropinlon publique; maM

ce qui me serait démontré serait dans tous lt{s

cas la néco^stté de donner au public le moyeu (de former son opinion.

Si je nome suis pas trompé dans l'opinioh jquc je viens d'avancer, et si les honorabl^ ;piembrcs de l'autre côté de la Chambre conj- .TÏeunent avec moi que, dans l'objet qui nous joccupc, l'opinion publique doit nous diriger,ïil s'ensuivra que cette opinion aurait dû ètrle consultée avant que nous eussions été exposés jBU jugement de l'Europe . et que nous aurions ^ù avoir tous les moyens de bien juger à pact ;I10U3 l'importance de celte question.

ji Or, je le demande , les ministres de S. M. en .ont-ils jamais agi aiusi? ont-ils jamais écouté

cette opinion publique, ou nous ont-Us donné

le moyen d'en former une?

j, , Le a8 mars, le message est arrivé à cette Xhambre. Le 2Q mars nous avons appro.uvé ,

f aoo ) mais on ne nous a demaudc' Diillement notre opinion, de même qu'on dr nous a donaiA aucune explication. Loin do là , on nous a e&t pressiîment dit que noire a^vis n'était pas n^ cessaire ; qne nous n'osions rien à voir avec 1a prérogative de la couronne de faire la guerre^ que tout ce que nous avions à faire était 4ft donner notre couliancc au ministère.

Je n'ignore pits , sans doute , qu'il est plus d'iât moyen de connaître la disposition du public hors de cette Chambre aussi bicnqu'au-dedaus. Jesais qu'une rçunionâ Manchester d'hommes de diverses classes , que celles de JVonvitcb, de Wakefield et d'autres lieux de l'Angleterre, peuvent donner au ministi^ une idée assez -juste de l'opinion du penple. Je dhai plus: il peut aussi la trouver dans les discours des ora- • leurs de la minorité de la Chambre. Mais que fait tout cela au ministre? 11 a sa majorité , et il est sûr avec elle de suivre le plan qu'il voudra. Ce n'est pas votre opinion, Uii dit-U , que îe recherche; accordcB-moi seulement confiance, prélcz-vous à ce que je vous demande, et peut-être dans quelque temps je pourrai vous initier dans le but que je me suis proposé,. Tel est le langage qu'il nous tient, «i toutefois une conduite peut être expliquée par desi paroles ; et je ne crois pas qu'il soit facile d'en, ^rouTet un plus indécent et plus déplacé.

- Mais(;coulonssonhoDoiTtbIecollt'giie,M.Duiidas; il nous a dît avec sa franchÎRe ordin;iirn: « Nous ne savons siiremcnt p*i3 si l'opinion pu- » blique est contre nous . nous savons seu- B lemeiit qu'il y a un graud parti dans cette » Chambre contre nous; par cette raison, nous ■ avons craint que, quoique nous eussions pu f obU'uir une campagne, on ne nous arrêlât

> dans la s<^sston procbaine, en ne nous accor-

> dant pas les sommes nécessaires pour conti- B nuer. s

Il me semble que j'ai saisi bien exactement les paroles de l'honorable membre, et qu il me soit permis à ce sujet de le remercier des éloges qu'il donne aux membres de ce côte-ci de la ^/Chambre. U m'est agréable de voir que, quoii|ue nous n'ayons ni les places . ni les honneurs, ni lu pouvoir, cependant nous ne sommes pas exempts d'influence dans les mesures du Gouvernement; nous sommes glorieux de n'être pas. BU ce moment un comité votant la dépense de ilottes et d'armées. Il nous rend justice en cela, et notre pays nous saura quelque gré de l'avoir eauvé des misères de la guerre.

Un honorable membre ( M. Jenkinson) nous a dit que notre opposition à la mesure proposée par les ministres a été cause qu'ils l'ont fibandonnée; mais il nous refuse le mérite d'avoir sauvé notre pays du malheur d'une guerre:

il pense au contraire que nous sommes cause que l'on n'a pas obtenu les conditions que l'oâ pouvait obtenir. IVous ne ropoussons pasl'uM et l'autre de ces assertions. Je dirai néanmoÏDS que le ministre, pressé à ce sujet dans la dernière session, a répété qu'il persistait dans sa conduite, parce qu'il était absolument cott* \aincu qu'il agissait sagement. Cependant, a^ l'honorable ministre pense que nos raisonne* mens sont de nature à égarer la nation 3or ses véritables înlércts, pourquoi donc gerde-t-il le silence? St l'opinion publique lui est si né-. cessairc que sans elle il ne puisse pas faire tok pas, pourquoi n'arrêle-t-il pas l'effet de noj raisonnemens qu'il prétend Bidangcreux?poi ijuoi donc écoute-t-il froidement et Iranqui ]ementeesraisonnf;mcns?pourquoileurdonneL t-i! de la force en n'y répondant jamais? pourquoi, enfin, laisse-t-îl la nation dans un si grand danger? Et ai, après nous avoir laissé argimicntcr sans répondre, il vient nous accuser d'entraver ses projets, ne sommes-nous pas ■autorisés à dire qu 'il met tout le blâme de son côlé? M. Dundas, je le répète, nous voit soua un aspect inoins défavorable, et je l'en ai remercié. Au moins il ne dit pas, comme d'au* très, que nous formons une faction désapprouvant tout, que ce soit bon ou mauvais. Lui, au contraire, convient qu'il est des choses que

né^ not^l

ifious approuvons. Oui, sans doiilo, nous approuvons l'affaire de la Hollande, celle d'Espagne. Dans te premier cas, parce que tout a élé si jusle, que personne ne pouvait y trouver rien à blâmer; dans le second, parce qu'on nous a donné des expiications; l'insulte et là réparation nous ont' été appliquées. Mais est-ce donc un motif, parce que nous avons approuvé les affaires de Hollande et d'Espagne, pour quô l'honorable membre vienne, par anticipation, fitablir quel doit ^tre notre jugement dans cette circonstance? C'est nous retirer la liberté dé Juger pour ftons-raêmes. Quoi ! il faudrait que Bous laissassions prendre l'argent du peuple; Sans même avoir le droit de juger si c'est bien ou mal l

' Mais, dit-on, le but de l'armement a été établi; le moyen est laissé aux conjecturea. Il est de mon malheureux sort d'entendre toujours les mots d'une manière différente de celld de l'honorable membre. Selon moi , l'armement a été le moyen d'obtenir la paix, et Oczakow le but de cet armement. Les événemens prouvent que les ministres pensent ainsi cun-mémes; 'Car ils ont abandonné !e moyen quand ils ont vii qu'ils ne pourraient pas obtenir ce qu'ils Se proliosaient par cet armement. Ce but, comme it » toujours été représenté, à tort ou à raison;

C ao4 ) est la clerdeConstanliiiople; que dis-je? sdi quelques personnes, la clef de nos [lossesaio] dans l'Inde-, et c'est à cela que nos mitiisti ent renoncé l

Ils nous disent néanmoins que la balance l'Europe est garantie.

Cependant, si la Russie possède Oczakoi cette augmentation de puissance est telle , qi malgré ce que nous disent le& minislrea pourrions un peu uou^ en inquiéter.

Je ferai observer ici à l'honorable M. Jei kinson qu'd n'a pas l'ail attention à la Pologi comme si ce pays , jouissant mtiintcDant d< moyens d'agir pour lui-même, après le chan gement opéré dans sa constitution, ne dev( pas attirer nos reg;uds.

Quelques autres orateurs ont avancé, et j'i gnore sur quel fondement , que, dans la guern l'impératrice de Kussle avait été l'agresscucft' que, de son côté, la guerre était offensive, et qu'il nous était important d'arrêter ses progrès. Je n'aurais autre chose à dire pour répondre que de prendre l'autorité des mini trca eux-mêmes. Dans une des dépèch duc de Leeds à lord Witinyorth, il le prie dire à la cour de Pétershourg que, si el faire la paix avec la Turquie sur le statu quo^ les alliés coasentiruat à lui garantir la Ciimée,

ré-

( ao5 )

6bjet de la guerre, dît-il. Rien ne prouve davantage que nous regardons les Turcs comme Jes agresseurs*

Ct'i't/ùnenient les ministres ne soutîendroBb pas qu'une cession faite en conséquence de traités ne donne pas droit de possession. S'il en clail autrement, la France pourrait réclamer de nous le Canada, cédé en i^GS, ou Tabago, cédé en 1783; dans ce cas, le Caniida, la Jamaïque, tout pourrait élre de nouveau mis en question., Et où en serait la piiix dd l'Europe si cette doct^-ine «lait accueilliei' Heureusement un système difiérenl est reconnu ■de toutes les nations; et s'il est vrai, comme le prouve la dépêche précitée, que la Criméfl soit l'objet de la demande, alors la Turquie est l'agresseur.

Quel est donc l'objet de la demande de l'honorable membre? Je le dirai, 1 celle d'un anlr fcitieux qui désire montrer sa suprématie. L^ Frauee <?st hors dti question , elle a abandonr^^ le système de son ancien Gouvernement iTho-- Borable membre veut jouer son rôle, et aller, s'il le peut, encore plus loin qu'elle.

■Quel est l'effet de cette nouvelle tactique? Que nous nous perdons aux yeux de l'Europei que le nom de S. M. est déshonoré et ent taché; que la nation est irritée; que son com-r -laierce souffre; que les citoyens sont inquiétés;

(âo8) ^^

Vànt cette méthode politiquement, atroiUcé boii de se réserver Temploi supériearî et de ne nous laisser que le subalterne*

Si on lui demande comment la Chambre dés Communes a pu faire larmenlènt Tannée dernière, il répond que c'est lui qui la fait, • et que là Chambre la seulement approuvé. •/.

Mais, lui demande-t-on pourquoi il a abafH donné cet armetpçnt, il répond : Je ne l'ai pas abandonné; c'est la Chambré qui a vouln la-»

bandonner, c'est cette Chambre qui occasionne les clameurs contre mes mesures « c'est elle qui est cause de tout; et ainsi il saitsedébar^rasser de l'odieux, qtti, sans cela, retomberait surluil

Mais, Monsieur, je le répète, ce seitiit^en vain que nous chercherions dans les teitips passés pour trouver une honte pareille à Eà nôtre : le règne dç Louis xiv, si fwtile en évé-nemetis heureux, et ailssi en adversités, ne tioiii montre pas, au fort de sa position huniiUahte, un sacrifice semblable à celui qtié nous somiiiM forcés de suj^porter en c^ moment. La guerre de la Succeâ&ion , si injustement cominencée par lui, a réduit son pouvoinen détruisante il est vrai ,:et ses flottes etson iarniée; à ruméses provinces, englouti ses trésors, et a inondé la terre du sang de ses meilleurs sujets : accablé de tant de calamités, il offrit à ses eonenûs de faire le sacrifice de l'objet pour lequel il

avait fait la guerre, il finit «nfin, tout ambiW lieux qu'il était, par supplier qu'on lui accur^ dât la paix , et fut trop heureux de la recevoitf de notre modération: néanmoins, quand una des conditions de la paix a été qu'il dcvuït agir contre son petît-fils, et l'obliger par la force à abandonner le trône d'Espagne; humilié, hoa-> teux comme il l'était, cependant le malheur^ n'avait pu le réduire à une conditioD pareille. Chacun sait que, loin d'acquiescer, il a per— . Hsté dans la guerre jusqu'à ce que la folie et l'incapacité du ministère de b relue Aline io mirent à même de conclure la pai\ d'Utrcchb à des conditions moin» désavanlageuses que!

celles qu'il avait d'abord proposées. '

Et nous, Monsi'mr, l'cxeinple de notre sîè^ cle, la terreur de l'Europe, nous ferions alnsL te sacrifice de notre honneur! Avons-nous donc été vaincue à ^leiiiheirn? et souffrirons-* Bouâ que noire prospérité croissante, que les, ressources do l'Otre immense capital, notre ma-, rioe, tous nos trésors soient détruits, et, ce qui, est plus encore, tandis que noticennemi naturel^' ne peut nous iuq^iiéter.soulFriroHs-nousqu'otï. veuille nous poiter à faire ce que la France a> refu&è de faire dans le moment de sa plua.

grande détresse, en nous reiidai|tiius.ycux de lîEurope un obJBt de Uonle et de «j^ria? : Mais, nous discal quelques honorables mem- X. X. i4

brés, en eïplîcatioD, du moins je le suppoM^ celte paix entre la Russie et la Porte n'est paS^ ta seule cause de notre acmement, et riuus avons lieu d'avoir quelqu'appréheusion de la part de l'cniperfiir.

A cela je répondrai en çiant celle suppose tîon. Je ne puis, en efTet, imaginer que quao&l S. M. envoie un message pour aunoncer qu'el^l croit nécessaire d'armer, pour un motif qu'eltig' spécifie , elle ait intérieurement un objet en vue, et je ne puis entendre commeol on lui ferait annoncer une fausseté. Je peniS que daus ce cas , s'il est exact , l'honorable meit bre aurait dû venir avec un autre message a4 Parlement, exposer le nouvel objet avec les d^ tails suffisons pour mettre la Chambre à mémv de bien juger de leur convenance.

' Mais , Monsieur, il est un argument employi^^] fréquemment, auquel je a'ai pas encore asseft | répondu. On a dît, pour la défense de l'honW fablo membre, qu'il n'avait pas pu obtenir c qu'il désirait, parce que l'opposition y a mil des entraves , et que, sans cela, jamnis laRussl n'aurait couru le danger d'une guerre : je penM f^u'il en est absolumi^nt autrement, et je croil^ ition assertion tout aussi bonne jusqu'à cefj qu'on ihe prouve le contraire. Je pense doaa^^ que si !à Riibsie n'avait pas consenti à ce qu'<^ ^ denl^ndâit , le ministre aurait ét'é de menaces

en menaces; et l'impératrice persistant, que serait-il devenu, sans l'opposition qui lui a fourni un prétexte du se désister et de se sauver de la honte que devait lui causer soii opir niâtreté? Certes, je suis loin de dire que le» préparatifs à la guerre ne sont pas souvent né* oessaircs dans une négociation; mais c'est ua double malheur pour j'honoruhie membre, qu'en armant sans avoir l'intention réelle de faire la guerre , il nous ait privé de cette ressource de négociations.

En eOet, si nous étions engagés avec un^ autre puissance pour armer l'une et l'autreâ ne pourrait-on pas nous dire : Quelle garantit} jne donnerez-vous que vous armerez réellet ^ ment? vous ne pouvez faire la guerre sans que ]a nation le veuille.

Si, au contraire, nous armons seuls contré une autre puissance, elle se dira: Persistons; car, bien qu'ils arment, ils ne feront pas la guerre. Le ministre ne risquera pas sa place pour courir la chance de la guerre.

Un honorable membre, qui toujours est là- ' franchise même (M. Dundas ) , nous a dit, eil forme d'excuses de n'avoir pas présenté toutes les pièces , que nul cabinet de l'Europe ne V( drait traiter avec nous si les secrets devaient i être publiés dans des débats de la Châmbrç 4es Communes. Sans doute il aimerait mieux

quîl n*en fût pas question du tout; et ifaï-' xnel%t \e penserais comme lui s'il doit être re^ fusé au Parlement de connaître quelles sont les sommes a voter et les conditions d'une né^ goeiation dans laquelle oh doit entraîner nos commettans. Hé bien , moi , je déclare hautèifnent que la éor^titution parle ouvertement contre cette maxime dés ministres; je déclaré que le devoir de la Chambre est la T^ilànce , de préférence encore au secret.

Jai donné mes raisons. Monsieur, pout Bdùténir la motion de mon honorable ami ; j*éc6uterài la défense de Thonorable membre avec attention , et ]e suis prêt è me rétracter toutes les fois qu'il me prouvera* que j'ai tort.

M. Pitt répond. Il donne pour un des 1110U&. du dé-** rangeaient d^ la p^||;Qciatiou , la. diyislon qui existe dans la. Chambre, et (|iu a encouragé la Russie. Il dit au surplus que si (Test un triotnphe j^our Toppositiony 11 ue l'envie nullement ; car eè ii^st^ pasxin triomphe sur Ténncml , inàla ë^r le coassa du 'Roi.

Il ajoute , .9H farplPff» qu'il m glorifia d« pi^vonr ^re qu'en se prégen^t^ot dan« M capitale de cet Smpire ^ mie ropposîti/)u a si bien servi ^ il est sOr au m^ins d^ ne pas se trouver placé eptre deux orateurs (xélèbrës.

(M. Pilt fait aUufîoH àuliu^te de Fox placé par Tim-^ iièratrïcè de^K.ùssîé à côté de celui de Déniosthënes. )

M. Fax se lève "pdiik* répliquer :

Je proteste â la Chambre que je inëi)ome«

(âi3) -

rai strictement à donner quelques eipHcalions , puisque de tout ce que je viens d'en^ tendre d^ Iti bouche de Thonorable ministre, rien ne peut me porter à me rétracter sur la censure demandée contre sa conduite. Je prie mes coJlègUes de s& ressouvenir que , dès le commencement de la dernière session^ î*ai demandé quel était le motif d'un armement con« jtre; TEspagne* On ma l'cpondu qu il était néxxîSsairQ^qUela situation de TËurope TesLigeait, €t que Ja protection à accorder au commerce de nos colonies le réclamait. Jamais je n'ai en.^ tendu, ni donné' à penser que j'entendais» que cette force fût destinée contre la Russie.

,L assertion du hiinistre, que dès le premier moment \e Connaissais et avais approuvé le but réel de cet armement, se trouve dôac dé^ nuée de fondements.

Relativement à ce que l'honorable membre s'est pin à dire ausujet de l'honneur que S^ M. l'impératrice de Russie a bien voulu me faire, )e déclare qu'une distitictiôn pareille, obtenue pour une semblable cause, m*honorera toujours de quelque souvepin qu'elle me vienne.

J ai toujours pensé <}ue la Russie était la puisrsance dont l'amitié était la plus importante à l'Angleterre , jc dirai presque métue avant celle de la Hollande. Mon opinion n'a jamais varié, soit comme ministre» soit comme particulier.

( îl'l )

A la fin de la guerre d'Amérique , j'ai pensé que les forces navales de la Russie jointes aux nôtres pouvaient balancer les marines réunie^ de la maison de Bourbon.

Quand j'ai été ministre, )'ai refusé de co»l courir à faire des remontrances à la cour dé Pétersbourg, pour la prise de la Crimée.

J'en appL'lle aux annales de cette Chambre; elles diront quels ont été mes aenlîmcns quand j'ai applaudi aux mesures pour assister le sU^.^ tliouder en 1787. J'ai démontré que cette mesure nous mettait à même de former une alliance sur le continent qui pourrait nous de- Teuir très-avanlagcuse , désignant nominative^ ment la Russie, qu'il nous était, selon moi^ important de cultiver. C'est ainsi que je petiot Bais, et rïea jusqu'ici ne s'est présenté qui me faire changer d'opinion.

Od met la proposition de M. '^'liitebread aux voix; elle est r«jetée.

La seconde queslion , portant que l'intervention de l'Angleterre n'a pas en de succès , est adoptée.

La troisième, qui accuse les ministres de S< M. d'avoir induit la nation en des dépenses exIiorMtantcs et II la dëbhonorer, est mise aux voix.

Pour, 116.

Contre, 344

a Avril.

ABOLITION de la Traite des Nègres.

M' Fox Tenouveiie ses opinions contre la traite» — // prouve i^ danger de ne pds V abolir immédiat tentent y et montre que dans lé cas où on adopterait une demi-mesure à cet égard , f opinion puMique qui fait de grands progris, pourrait forcer Vaiolition^ d'wne manière qui serait peutêtre moins honorable pour la nation.

EXPOSE

M. Wilberforce demandé' la formation d^un comité pour esçaminer la question de Tabolition de la traite des nègres. Il en fait la proposition directe y après

, tin discours fort remarquable , dans lequel il exprime tout ce que cette cause lui fait éph>uver : il parle, dit-il, pour des millions d'individxiiS'qui ne peuvent se plaindre; ce sujet absorbe toçrtes ses pensées, et il est déoidé à ne jamaia Tabandonner»

Cette motion est combattue par plusieurs membres y qui prétendent que la traite est absolument nécessaire au maintien de nos colonies. Cette abolition serait, disent-ils, pour l'Angleterre une perte de six millions stèrlings , provenant d^objets des manufactures qui sont exportés à cette population»

(ai6)

Elle est an contraire fortement appnyée par M. Pîtf ^ M. Whitebread et antres. Ce -dernier , parmi les motifs qu'il présente 9 dît :

c€*est Fessence du despotisme de corrompre le cœur, »et le mal moral de ee système est pire encore que «celui politique ; il porte à dégrader Thommc en fai- « sant de aoAi semblable Tobjet d^un honteux trafic. »

M. Dundas qui est parvenu au ministère observe qu'il faudrait insérer avant le mot oMitian celui gra^ duttU.

M. Fox prend la parole» et dit :

MoNSIBUk ,

Quoique ce qui a été avancé par un des honorables «orateurs ait plus de force que tout-ce que je pourrais dire, cependant je lai entendu avec peine, au lieu de nie procurer la moindre satisfaction , et {atnais je n ai éprouvé une résis* tance plus pénible^ la motion de mon hono* rable ami. Je né veux pas ici rechei^cher la sincérité de Thonorable ministre; mais il a été avancé quelque chose qui semble indiquer non^eulement que ce systèine de trafic abominable puisse encore durer quelque temps, m^iiSi même qu'il pourrait contîntief toujours. Je suislôtatçmèîxt opposé au prihcipe de tromper la naliç;!, même dans Tidée que cç peut être pour son bien» et il me semble qu'il jay a qjuutie intentioii de cette natiife gui puisse

avoirempêrhc'lecoiiiilcil'eKaminrrcrtlo fincstioo dans son véritable [oiir. Il s'agit de savoir ,1 si ce traBc de la trnîte des nègres sera aboli ou non.

Les deux derniers orateurs qui ont parlé se sont qualifiés d'bommcs modérés; niuis je suis loin de vouloir éprouver de la modération sur Uq sujet semblable. Je considère l'idée de continuer la traite des nègres comme celle de continuer à encourager tous les crimes. L idée de la modération avec ce systcme me paraît la plus absurde de toutes les idées, et il nie semble entendre un assassin qiù. après s'être, introduit dans une maison où il aurait égorfjé maître et valets, femmes et enians. prtteudrait l'avoir fait avec modération. En clFet. où peut être la modération lorsqu'il s'agit d'aller piller et détruire un pays tout entier? Ce n'est pa»' une question de simple juetice que celle-ci : il s'agit de savoir si on doit tiutoriscr par les Iois, en Afrique, la réunion de Ions les cri nus pour lesquels ici on serait sujet aui cbâtimens leg plus sévèrca ; que dî»-je '•) à la peine capitale la . plus ignominieuse?

D'après ce qu'ont dit les doux derniers orateurs, je ne vois pas ce qui peut me prouver qu'ils voteront pour l'abolition. Je les somme donc de produire les arguniens qu'ils pourront trouver pour soutenir ce trafic, si tou-

tcfois ua cfime sembljible peut être autorU4.-| par des raisonnemens î qu'ils m'indiquent comment une loi pourrait être tol'rée quand son objet est si diamétralement opposé à toutes les lois.

L'honorable membrequi indique, selon luif le chemin de lu modération, propose que l'esclavage héréditaire soit aboli; mais ce principe est curieux : l'enfant né serait libre, instruit dans les préecptcs de la religion , et conscquemment de la liberté; et quand ces principes seraient établis chozlui, il devrait oublier ces principes en devenant esclave. Les charmes de la liberté sont tels, an contraire, que l'idée seule de l'obtenir un jour adoucit toutes les cruautés de l'esclavage; m;iis obtenir l'esclavage aux dépens âe la liberté, c'est changer l'ordre naturel des choses.

Un autre membre a proposé qu'une prime soit accordée pour transporter des femmes :

ainsi, il faut alicr encore plus loin dans let recherches de la cruauté de la traite; il fa»< que celui qui se livre à cet odieux trafic aillt séduire de jeunes filles, qu'il les arrache di bras de leurs amans, de leurs mcres, de leur»^ parens, ou , ce qui est pire encore , qu'il sépare des époux pour les accoupler avec des êtres pour lesquels ils n'ont aucune sympathie, aucun autre rapport que lesclayage. Je serais

irs^^l

(■"9) curieux de savoir comment une loi semblable pourrait être présentée à un Parlement d'Angleterre; je voudrais voî*- la hardiesse de celin I qui oserait établir les considérans de cette toh certes, pour l'honneur de la Chambre, lepens^ I que personne n'oserait la soutenir.

Quand le réltéchis que la question n'est pai j de modération, mais de justice, je suis étonné de voir la moindre hésitation dans la Chambre. . On a très-pathétiquement exprimé son horreur I pour l'esclavage et pour la traite, mais il s'agit 1 d'en voter l'abolition.

Qu'il me soit permis toutefois de relever j l'opinion d'un honorable membre (M. Duo- J das), qui croît qu'il faut commencer par l'é- j mancipation, au lieu de l'abolition de la traite; 1 qui appelle une régularisation si humaine de I ce commerce une invasion à la propriété, 6t J • qui lui-même propose l'extiuction de cette pro- i priété.

Pourquoi ne s'est-il pas plutôt montré fraft* 1 chement et ouvertement, comme l'a fait un-' honorable membre qui a soutenu que la traite ne devait pas être abolie?

Pourquoi, au moins, n'a-t-il pas dit, comme un autre , qu'il voulait abolir la traite graduellement, en améliorant le sort des nègres et en finissant par les rendre inutiles?

L'honorable membre qui a fait la motion a

dît fort jiKÎicicusenient : Je di'sirc procureK graduellement l'abolition de l'esclavage. d^M abolissant iminédi;itempnt la traite; et ji; con^ tîniierai de pnîsentrr mon plan jusqu'à ce ({d^J j'aie obicDU son adoption. '' 1

Parmi tous les objets présentés , le plus rïdî- 1 cido. sans doute, est l'idée de faire naître tc»J eiifan» libres, puis de leur assigner un cscla-^l vagede dix à quinze ans pourîndrmnïser Icuf maîtres des dépenses de leur éducation, et pour ensuite redevenir libres.

Mais, disent les avocats de la traite, nous parlons p;is de cela; nous disons seulemei qu'il serait impoli tique A nous d'ahnnduoni une mesure qui serait immêdintcment adopt!

par les autres puïssancts de l'Europe.

A cela je réponds, que si les colonies doive! être approvisionnées d'eselaves, il vaut mtei que ce soit encore pnr les autres nations de l'Etf^ rope que par nous; car, s'il est vrai que cette ntfl» ftire est atroce, nous devons préférer d'en latj ser l'odieu'i aux antres peuples. Un honorai membre a dit qu'il convenait que des atrocités avaient existé et existaient encore; mais il demande s'il est juste de représenter le caractère d'une nation d'après le jugement des tL. butiaux. Je répondrai que cet honorable niertf*. hrc a sans doute oublié que quand les jugÈv mens des tribunaux montrent comliicn il y a

eu (le crimes commis dans 1r pnys, ils nous appreonenl en mèmetenips qu'ils ont tous clé punis, soitpnrin dtîporldlioii, soit par la'mortï tandis que si on nous pnrle de crimes commis dans la traite des nègres, on les voit tous impunis, et souvent même récompensés.

Au surplus, personne ne douter des atroritéa qui se commettent diins la traite des nèpres. \js colonel T»rlclun lui-même n'a jamais dit qu'3 y eût la moindre régularité dans la manière dé se procurer des esclaves ; mais la chose la plu» ' aH'reuse de toutes, est de les regarder comme' ayant été couvaincua de crimes. Ce moyen est j trop atroce pour pouvoir être employé, hé j nombre des esclaves s'élève jusqu'à qitalrfr^ *' vingt mille auniiellement ; esl-il supposable que ce soient auLmt de coupiiltles? et si cela était, ne serait-il pas toujours déplacé pour nous de prendre la charge de transporter ainsi tant de criminels?

Dans la dernière session, on nous avait promia de nous présenter quelque projet à cet égard; l'année s'est éeouléo, et rien n'a été fait. Pcvons-nousdoncainsi être trompés dans notre espoir, et l'Afrique doit-elle continuer d'être opprimée et ravagée d'une manière si atroce?

C'est une chose bien dure à soutenir, que, par la raison qu'on nousalrompésl'amiée dernière , U faut que nous restious dans la croiute

C aaa )

d'être trompés de la même manière. PourqueJ n'a-t-oo pas proposé, à cette (époque, le sytfi tème de modération, l'abDlJlioo graduelle, eirfl fin tout ce dont on nous parle en ce momentlFI je crains fort que si cette question ne s'étaît4 pas renouvelée, on ne noua eût parlé de riet^V de tout cela.

Si nous examinons quelques-uns des faiU qui sont produits comme preuves, nous ver* TOUS qu'un négociant de la traite, bien connu^^ amène une petite négresse à un vaisseau, pour la vendre : quelques personnes viennent plili tard , apprennent d'elle qui l'a amenée et vendue; ils vont chez ]e négociant, le prennent et le vendent lui-même pour esclave. Il se récrie auprès du capitaine, et celui-ci de làî' ] répondre : Sans doute, je vous achète, vous dp-' tous ceux qu'on voudra m'amener, pourvu que je sois sur de pouvoir vous revendre. En examinant cette histoire, elle semble faite à plaisir; mais il est de fait que c'est la peintun de tout ce qui arrive dans cet horrible coin4| merce. Le capitaine ne peut pas savoir quffl est le maître réel qui vend. Je ne puis savoir dit-il, quel est celui qui a le droit de vendrel^ si on m'offre un esclave, mon métier est dn l'acheter quand je croîs pouvoir le revendre.- C'est ainsi que se fait la traite, et les guorn perpétuelles qui ont lieu n'out d'autre but quë:^

( ,A ) du fournir à cet odicu\ commerce ; ji: défie qui que ce soit de contredire celte vérité.

Si mou honorable ami, M. Wiiberforce, n'a^ pas donné à sa motion toute l'étendue dont elle est susceptible, et s'il n'a pas demandé, Que fibolitioo immédiate, il a bien laissé en-^ tendre cependant que c'était son inlenlion po-, I sitive. Cependant, cette motion est susceptible, d'amendemens , et l'honorable ministre ne manquera pas de remplir les blancs qui y soat laissés vacans, ^

La question est donc uniquement de savoir si la Chambre veut ou non déclarer l'abolitioK de la traite, à quelque période que ce soil. H en est qui désirent que ce ne soit que dans si;^ *ns. d'autres dans douze; d'autres, que cft toit dans six mois; mais tous ceux qui désirent l'abolition doivent certainement la voter en ce moment. Pour moi, je ne mets pas de délai dans mon vœu; je désire que ce soit immédia^ 'tement que cette abolition ait lieu.

' )■ J'avais espéré que la .Chambre aurait pris, 'en considération toutes les pétitions qui lui Sont adressées à ce sujet; elles renferment deï demandes qui peuvent diflicilement être refu-; aées, puisqu'elles reposent sur la publication de faits. Je suis assez âgé pour me ressouvenii^ ' d'avoir vu soutenir des pétitions diverses dans plusieurs occasions, et j'ignore ce qui pour-

rait, àam le cas présent, faire passer légèF^i meut sur le contenu de celles-ci. Ce n'est quff qunnd il est bien reconnu qu'il y a erreur dans les moyrns de se procurer les pétitions, tela que des noms supposés ou des signatures obtenues par des moyensfrauduleux, qu'on peut se permettre de les négliger; et ici je suis con- Taincu que jamais le bureau n'a eu plus de pétitions exprimant sincèrement les vœux de la nation, et auxquelles la Chambre soit à mémO de faire droit avec plus de justice.

Un bonorable membre nous a dit possédi des lettres qui lui montrent que les pétilïc contiennent des noms faux; comment puis savoir si ces lettres elles-mêmes ne sont pSï fausses? Il est absurde de penser qu'une si I - grande quantité de pétitions venues de toutes les parties de l'Auglelerre, sont fausses ou fi briquées. S'il en était ainsi , comment n'en ai rait-on pas fabriqué un nombre égal pour maintien de la traite? Oui mais, dit Ctt hoi rable membre, les personnes qui peof connne moî, sont incapables d'employer tel moyen. Je pense, moi, qu'il est tout aui facile de faire le raisonnement contraire.

Riais, nous a-t-on dit encore, il n'y a pas nécessité de prendre des mesures violentes, cal l'abolition de la traite trotrvera son terme daBJr ïu ciYtlîsatiou de l'Afrique; Et moî , je prétend^

la

ÔUe cette civilisation est impossible , tant i)ns 6pt affreux trafic aura lieu. Ce serait un vaBi-^ ifiucot de cruauté de maintenir un système ablable» jusqu'à ce que la civiiisalioa put y iCltrc obstacle* quand il est prouvé qu'il y a., ^r la chose même, obstacle à la civilisation, ài Si nous jetons nos regards sur Saint -Doiugue, n0u3 serons fruppés des mallieurx 'igui l'accablent^ L'opprcssioa continuelle dei >|paîlreâ a rendu les esclaves cruels et féroces^ Vt le comité doit être effrayé de l'idée qu'une #6niblable vicissitude peut arriver un jour daul Qbs iJes. tant qne la traite n'y seia pas aboliet ' Aéjà plusieurs propriétaires de la Jamaï'qua expriment leur désir pour qu'il ne soit pai JDiporté de nouveaju nègres , attendu qu« Meutes les insurrcctiras récentes ne sont occ»lîonnées que par les nouveaux venus. L'a-»

bolitiou de la traite ayant lieu, les maîtres. se verront forcés de traiter leurs nègres aveâ' j^a de doucrur, et ils éviteront par -là let; iip préhension 9 qu'ils ont d'insurrections pro-t cfaaincs. Le changement sera tel* en cela, que^ 4ùt-il y avoir quelque danger à redouter, jd ' ^iuinipterais autant sur les créoles nègres, si là. traite est abolie, que sur les blancs euX'*

«Bernes.

i. Mais, dtra-t-oD^ pourquoi tous occupez*'^ TOUS tant de la position, dea nègrca dam yoé' \ T.X., 1 5

•oeiotiieâ, et si peu du sort de leurs ftèrèiH Afrique? Parce que lil.i ilssont chez eux;' ne demande pour eux que de ne pas y p((rte# Je. crime et le int!urlri\ dans le but d'étaWiP un commerce. Je v»is supposer un instant qu'utt vaisseau parte de Bristol pour aller' dans Un -des ports de la France, où, par les excès d'une ^etTc civile , les démocrates seraient vendiÉ comme esclaves par les aristocrates, ou ^^4^ versa, pour être transportés à la Jamaïque oÉ tlans toute autre Ile. Sans doute cette suppoA tion fait horreur à imaginer: Pourquoi? pan ■que ce sont de nos semblables, des homm de la même couleur. Je prcmlrai pour ap^ ce que disait Artstote «n parlant des barbant dont beaucoup étaienU^ la incme couleur:

« Ce sont des honnme^B'une race diATérente et faits pour être les esclaves des Grecs. ■> Quel motif avnit-tl pour parler ainsi? 11 voyait la tyrannie domestique exercée à un degré extrême, dans un État où la tjTaanie- ] tique n'aurait pas été souBerle, et ne pouvaqCJ s'en rendre raison, ni trouver un moyen dsi l'empêcher, il essaya de persuader ses co^l h^^ citoyens que, comme les barbares avaient été' 1 conquis par eux, ils étaient d'une espèce infi£( | rieure à la leur, et destinés à être leurs esclw ves. Un semblable raisonuemeut De pourrait ' élt'c jsouITurt de nos ^oura.

( 327 ) Eufiii, pour mettre le comble à tout ce qu'on peut dire à ce sujet , il suffira d'observer que les condamnéd à la déportation à Botany-Bay, se plaignent du mauvais traitement qu'ils éprouvent dans le passage , et cela »

parce qu'ils sont ordinairement transportés sur des vaisseaux de traite, et dont les capitaines sont habitués à toutes les horreurs qu'il me serait difficile de représenter. Je me résume en déclarant que la traite est impoli* tique, inhumaine et injuste, et je la regarde comme tellement inhumaine, que si les colo« pics ne pouvaient être cultivées que par ce moyen, j'en concilierais qu*il ne faut pas lès cultiver du. tout*

La question de savoir si le mot grudueir* iement sera introduit , est mise aux voix.

Pour, 195.

Contre, i25.

' M a jorijté contre l'abolition immédiate de ki traite.

( aa8 )

%i«WvwvY«yvwwil»«

4AvriI,

CoifTlNUATION.

EXFOsé.

M. 'Wilberforce dit qu^il doit déclarer sa ferme résolulion de ne jamais présenter un biU pour Tabolition graduetU de la traite; attendu qu'il lui est abso-^ ment impossible de sanctionner, même pour un? . ^temps donné 9 ce qui lui est prouvé ne deiroir pat» ■ exister un instant de plus.

M. Fol dit:

L'honorable membre est le seul a pouvoir Uen juger de son intention; quant à moi, j'étais si parfaitement convaincu du désir gé^ néral de la Chambre de prendre les mesures les plus immédiates pour rabolition de la traite* . que j'avais imaginé qu'un bill nous serait présenté avant la réunion de ce jour. J'apprends , pour la première fois , qu'on n a pas Tintention de poursuivre cette mesure, et qu'on laban*donne à ceux qui ont voté contre. Mais quelle ^era donc la marche? La Chambre a yoté l'abo-

lition avec l'amendement du mot gradueltôf au lieu (ïhnméUiate; mais comment est -il possible à Thonorable membre qui a fail la paotlon, et à moi qui Tai soutenue, de former un bill sur un principe que nous n adoptons pas, et que nous, ne pouvons approuver ? Nous jregardons l'abolition immédiate comme le seul remède. Ceux qui ont jugé que labolition graduelle était praticable, sont les seuls qui peu-* vent en proposer le moyen. S*ils ne le font pas» il s'ensuivrait qu'ils auraient induit la Gham*^ bre ea erreur; ce serait une insulte à la Cham«i bre et à la nation elle-même. Ceux qui ont Voté pout l'abolition graduelle auraient sans doiite voté pour celle immédiate, si on ne les avait pas persuadés de la préférence qu'ils de-^ valent accorder â cet amendement. Au surplus,, les moyeûs ne manqueront pas à mon honorable ami de reproduire sa proposition d'une abolition immédiate; elle est appuyée par la, généralité de la nation, et par n.ombre de personnes des plus respectables de cette Chambre^ qui ont ajouté à leur réputation , déjà si bîea établie, de nouveaux litres, par les brillans. discours que nous avons entendus lundi derliier.

(.'honorable membre (M.Dundas) nous a dit qu'il désirait que les assemblées des différentes îles fussent consultées; s'il en est ainsi,

( a3o ) SI ne faut plus parler de la session actuelle jpour obtenir labolition de la traite.

' Mais, Monsieur , il ne peut en être ainsi , un Beul jour ne doit pas être perdu : t En consé-' ^^ quence , jç propose que la Chambre se forme , ^ le 18 de ce mois, eu comité général, pour 3 prendre en considération les mesures conve- » nables pour labolition de la traite. »

M. 'Wilberforce appuie la proposition. Il dit qu'il ne doit pas y avoir de temps peMu, soit par rapport à leur propre honneur, soit pour, celui de la nation ji soit enfin pour la cause qu'ils ont épousée* 11^ peuvent suspendre leur délibération ; mais pendant ce temps la mort exerce sion pouvoir en Afrique.

IHH^triU Roma.^ périt Saguntum,

La proposition de M. Fox est adoptée.

t7 AvrîU

Continua Tiair.

EXPOSÉ

l'ordre (Sii jour pour se former* en. coaoûté gëRératlû^ lendemain 1 8 , pour prendre en considération l'abo- Ution delà, traite^ étant Lu,

M. Fox dît:

Mon intention en faisant ma motion a été lîe veiller à ce que cette importante affaire n'éprouvât pas de retard. J'apprends que Thonorable membre». M^ Dundas> a- le projet de présenter quelque plan de régularisation lundi prochain. L'espoir où je suis que ce peut être un bill pour l'abolition immédiate de la traite» fait que malgré nvon ardent désir qu'il n'y ait aucun' délai à. cette affaire» je consens â ce que le comité général de demain soit ajourué à lundi prochain. J'espcre que la proposition de l'honorable membre sera telle que ceux

C «îa ) qui pensent comme moi que laholition immédiate est îudispeosable'rconGime ceux qui la croieDt possible en rétablissant graduelle-^ ment , voteront tous pour cette abolition. Moi^ tut, je le répète, eVt de tenir la Chambre et;

ïe public çoqstamment «attentifs ^ Tiinportanç^ de ççtle question.

■lu

y j ti^ m m0tft0tmmMt*ntt0tttm0*^n^

aS ÀTiil,

Cqntinuàtion.

BXPOfé,

Xa Chambre se forme en comité général,

^I. Dnndas , après un long discours , fait les proposl* tîons suivantes :

1*" n sera défendu expressément par la loi dMmporter des nègres d'Afrique dans les colonies britanniques.^ à partir du 1" janvier 1800.

9^"* Il sera défendu d'exporter des colonies anglaise! pour toutes autres Isles aucun nègre africain 9 à partir d^ i*' mai 1 793.

$''NuI vaisseau ne pourra-, à partir de la promulgation de ladite loi, sortir des ports d'Angleterre, pour aller sur les côtes d'Afrique y prendre des nègres 9 k moins que le , ou les vaisseaux , niaient été employés à la traite avant la susdite date.

4* A partir de la même époque , nul vaisseau destiné pour les côtes d'Afrique ne pourra y prendre plus de nègres mâles que femelles:

5* Il est défendu de prendre des nègres au-dessous do

vingt ans , et des négresses au-dessous de seize ans. 0* Tout vaisseau se destinant à ce commerce , sera forcé de faire une dédwation du but qu'il se pro* poie f de rtle où U veol apporter des nègres.

y' Un droit tie 5 liv. st. sera perçd par les perccplcuw ordinaires des con tri hu lions daii<i l&i colonies , puufr tout nfgre mile importé , aprf-s le lo octobre Ladite taxe aura lieu do- lo^liv. st. après le la lobre 1798, el de i5 liv. st. pour i^[)Q.

8' il seradéliiudu d'importer dans aucune des tsli à partir du 10 octobre de lu présente année , dt nègres inAIes ou femelles, niuiàti'es ou autres Afrie colonie étraugèrc.

g" Enfin une humble adresse sera présentée h S. TA. suppliant de prendre duus sa sagesse toutes les ine-\ suresqui lui paraîtront sullisantespotireiitainer . uégoeiatiims avec les puissances i^trangires , afin de parvcDir à une aliolition définitive et totale delà' traite; le tout sous le rapport de la justice, de l'hi manité et d'une bonne polititjue ;

la su)>pliant en outre de donner des ordres dans le» coloiiies , pour que , par une législation prévoyante , l'acr^oîssement de la population sot établi de manière à ce ijuc , en améliorant contî-nuelleroeot le sort des nègres, la culture y soit cus tretenuc, que le régime intérieur puisse contribuer à la tratiqaillité et à la prospérité permanente' de chacune desdites colonies.

La proposition est fortement combattue par M. tiiiir et par 11- Wîlberlbrce. . 1|

Jamais rien ne m'a procuré plus de plaisir que le discours que je viens d'entendre de rhonorHble chancelier de l'écliiquicr, et celui de l'honorable membre qui a parlé le dcrBi(3'>

(r.35 ) l'un et Tïiilre nous ont prouv qu'il n'psistait piis d'otstaclrs à ce que nous revinssions à la première question de l'abolition immédiate de Ja traite et que le plan développé p^ir l'honorable ocmbre et son impossibilité prouvera la néceatté d'en revenir à la première proposition di cchii qui a fait la motion.

Je n'mlrerai pas dans de nouveaux détails SUT cett question, il est cependant dtnix ou trois obcrvalions que je crois convenable de préscnfcr. L'honorable membre semble penser qu'il es nécessaire, en suivant le système d* modérAioD dans la mesure, de déplaire à toutetl les paries. Si le mérite de son système de mo*] dératioL doit reposer sur ce point, alors sanfe^ doute i doit être satisfait du succès; car je-1 puis asiirer que tous ceui; qui sont d avis de | l'abolit^n immédiate, préféreront voir ce bi^ 1 totniemnt rejeté à l'idée de suivre la m;ircha i qu il iijîque , et de fixer une période de tcmpk J pareilltà la distance qu'il a établie.

Quat à moi, je l'avoue, j'aimerais mieuf] encore 'abolition fixée à trois années, que d me souieltre au maintien de la traite; mais', J plus loi, je ne saurais fixer mes idées pouV'l voler ui bil! qui abolit la traite à une époque ] indéfini Mes motifs pour penser ainsi sont ■ l'espoii'ù je suis d'amener à juger à une autre

époque qu'il est nécessaire d'obtenir celte abo*^^ lition plus prochainement.

Si j'eu crois le raisonnement cie l'Innorable membre, il cherche à tout accorder ; à qui demandent l'abolitioii iaimédîati, il dit( Vous ferez mieux de \oter avec moi pour uH;, espace de temps fixé, sans cela peut-ftre u'ob: tiendriez-vous pas l'abulition.

A ceux qui ne v(;ulent pas abolir h traite^j il dit : Sou mettez- vous à un tcm;:s iké; câr«d «ans cela, la traite sera abolie inimédiitcinenté la nation m: \oul ptus la souffrir; la (hambrQi est déterminée à s'y opposer; c'est m trafic condamné, et de crainte qu'il n'arrive fuelqa chose de pire , acceptez uu remps dcto'miDé. . j ' Je l'uvoue, je m'accorde avec l'h'nordbla membre pour celte dernière menac; maisi^.

je le répète, plutôt n'avoir pas de lll à celu égard, que de fixer un laps de tenps aussk-i long que cinq aunées.

J'approuve l'adresse eu majeure patieimaift^ je ne puis être d'avis d'intervenir dau la régUi lartsation que chacune des îles croiiit con-* venable d'établir dans ses propres îiiérêts. 11 me semble qu'il y aurait une sorte c danger •< à trop insister sur ce point.

L'honorable membre nous a dit ue l'étal H actuel des lois des colonies n'étaiipas une-^i

preuve de la situation désastreuse des n^gresj il l'acomparée àcelledes catholiques romainsi, ■ l]ut,defai(, est en suspens. Ilmeseinblcqueleif i deuscassont bien diflerens.Pour les catholiques^personne ne la met en vigueur; et, si aucune i rédauialion n'est faite contre les lois, il ne pi-ut , arriver aucun d.ingcr de la part des papistes) mais pour les colonies, il s'agit de ta protectioK* J de tous les nègres. 11 n'en existn aueun inoyeÂ' leurs maitres sont cux-inénies les législateurs 1 qui leur refusent non-seulement protection'/ mais qui exercent sur eux le pouvoir le plirt L arbitraire. '^J

A la Bnrbadc, une loi dit qu'un maître qxéf | tue son esclave en lui inlli^eant une ptmitioiï/ n'est nullement coupable ni responsable de^ I vaut la loi.

Si. par excès de cruauté, il tuait un esclave.. 1 la loi le condanme à i5 liv. sterl.

Je n'irai pas plus loin dan^ la citation de c^ lois; tous les membres de cette Chambre doî^ vent être convaincus de leur irrégularité.

Mais examinons la proposilion de l'honol rable membre; il est de noire devoir de l'ap pvofondir. Il a commencé par abandonner td talement le principe sur lequel la traite r car il a déclaré que les iudividus qui seraieiri dans le *;as d'être iT.msporlés ne sont pas cri** Ittiuels. 11 a pensé qu'il pouvait y avoir djuger

pour les coloDies par le transfett de âondamarJ nés africaÎDs, et consi'quemmctit il l'a restrelllf à des enfatis. Ainsi, doréaaviuit les faiseurs ^jlm ^raito seraient forct's d'enlever dos en fans d'ai|f4 près de leurs paretis. Tel est le remède que ]al modération de l'honorable membre i trouff'J convenable d'apporter, 11 ne regarde pas cej comme une injustice, et il pense qu'ils sopj élevas pour être esclaves et vendus comme to]

11 en est absolument autrement. Les n^gl:<É .qui sont destinés A être esclaves ne sont jair vendus que comme des coupables; cela est 4 notoriété publique. Ces barbares, ces sauvages, comme nous les appelons, ne nous vendent jamais un de leurs esclaves , à moins qu'il .n'ait d'abord commis un crime. Telle «ff^ l'horreur qu'ils entretiennent de notre traïl et de son principe. Ils ont trop d'biunantté.3 tout sauvages que nous les appelons, pour nÔlHv vendre des esclaves qui font bien leur devoiflj il faut qu'ils se soii^nl rendus coupables.

Danscette hypothèse, comment donc pourn J-on obtenir des eiifans?

Mais il est d'autres dillicultég encore qui ïOfiM .paraissaient de nature à rendre le plan de l'hâ"! norable membre tont-a-fait impraticable, ^t dit qu'il ne faut pas (juc les nègres' vendus soient J des coupables condamnés, parce qua ce ser£B^j| trop dangereux , et cependaut il désire qu'4^ ]

■oient dans l'âge de quiiue à trente ans. Coni' ment cet âge pourrait-il exclure les crimes?

C'est chez nous, au conlraîrc, celui oi'i se troib ■ vent les crimes; c'est l'âge de l'égareuieu^ j D'ailleurs, coaimuot connaître leur âge? col^* ' meut un cipitaîne distinguera- t-il une fille dé | quinze d'une de dix-sept iuis? comment pourra- S-il savoir s'il agit cot^ormément à l'acte du

' parlement? Rien ne me parfait plus imposiiiblâ 'fjue le pl^n de l'honui-able numbre. ,

i L'qboJitiou immédiate au contraire est sim-; |

I pie , praticable ; c'est une mesure qui repose

■ autant sur la justice que sur l'humanité; et la ] Chambre réfléchira sans doute au danger d'à*

I ■doptt.T une demi-mesure , et bien plus encore à l'horrible idée de légaliser la traite des , oègrcs.

. Le ministre nous a dit, et j'aï eu du plai&îlr -

* à entendre cet aveu de sa bouche , que duIIq importation ne pouvait être permise dans la ■

' l>ut d'accroître les possessions, mais seulement •dans celui d'entretenir la culture et la pupu- ,

> latiou actuelle. Cette déclaration franche et '

■Royale me satisfait d'autant plus, qu'il sera

' bientôt prouvé que la population actuelle peut

i^e maintenir sans avoir recours à de nouvelles i

importations. La Chambre, une fois convaincue

Vide cette vérité , en tirera la conséquence naélurelle de voter alors l'abolition immédiate.

•ko :

U U0U9 feste à regretter sans doute que l'ho* norable membre ait proposé si précipita tnmetM son amendement du nxotj)'î'orf«e/a»antd'a écouté l'évidence des faits. La Chambre île p manquer de reconnaître l'impossibilité ( mode d'exécution : quant à l'idée d'une com pensation , je la rqiousse ^ comïne membre d fcette Chambre. Le Parlement ne peut pas en trCT dans une considération de cette naturf C'est riujustice que nous devons cherchera supprimer, et les arrangemens des Afrlcaioj ne sont point ce qu'il nous faut examiner.

Quant à l'agitatio n qu'occasionne cette q lion et que le ministre cherche à nous dis^ muler, c'est une erreur de sa part. Celle j tatîon ne cessera que quand l'iibolition sel déiinilivement obteime. Pourrait-on | que l'honorable membre qui a fait la propoaj lion de celte abolition, après une longue i ilexîon'et de grandt'B méditations sur ce sujet Voulût consentir à abandomicr cette questioaa La nation elle-même, éclairée aujourd'hui ne consentirait pas à l'abandon d'un princlpi ([II! tient à son honneur. D'ici à l'époque qi» demande l'honorable membre, il y aura un élection générale ; et peut-on supposer que Ieâ;'l disposilionfi générales soient indifiéientes à C&^ I BUJeÉ* quand si généralement on y a niontr<l'3 de tous les côtés une anxiété et une ardewé

unanimes ? Les éleôtions eUes-mémes ne seront^ elles pas influencées par cette disposition ? leÉ partis ne s'agiteront-ils pas? Je suis loin de vouloir dire que nous devions en être efFrayés; mais, enfin, il est juste de prévoir làgitation réelle qui aura lieu. ■

. Je <:rois en conséquence qu'il est nécessaire ^ apporter quelques changemens aux dispôsir lions qui viennent de nous être présentées; (çt:< av^tit tout, )e demande que le terme que Ï01X. cfoirait convenable de fixer pour ràboli-» tion àfi la traite y fût déterminé fran<^hemenf. Ccst alors que Ton pourra )uger de ces dispos sitiond , les combattre , ou les adopter.

Pour moi , )e demande que d'abord laboT»tion iiùmédiate soit proposée; car ) espère qu'en conséquence de ce qu'il nous est permis d'en»trevoir du plan du ministre ,elle sera adoptée; ilans le cas contraire , )e proposerai , comme amendchient, le terme d'une année ou deux au plus. Il

M. Drake dit que M. Fox a parlé des commettans des . membres de cette Cham&re. Il se regarde^ lui, comme •ayant pour commettans toute la nation qui a délégué ses pouvoirs, pour le nommer, à un certain nombre d'électeurs. Il dit qu'il est envoyé pour maintenir leurs droits 9 et qu'il le fera toujours.

)i s'étonne 9 ajoute-t-il^ qu'un pareil langage sorte ' T. x. i6

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