‹ Recueil de discours prononcés au Parlement d'AngleterreChapitre 8 sur 11 · IL. Mai · texte numérisé non relu

IL. Mai

Motion de M. Fox pov/r rapporter certaine statuts concernant les opinions religieuses.

Af . Fax entre dans des détails profonds sur le syg-' tème de tolérance en matière religieuse, — H montre la nécessité de rapporter des statuts établis dans des temps barbares,

L'ordre du jour étant lu, M. Fox dit:

Monsieur,

J'appelle l'attention de la Chambre sur Tob* jet de cette motion relativement au rappel de certains statuts concernant les opinions religieuses. J'aime à' penser que la manière dont je me propose de discuter ce projet important me mettra à l'abri du reproche de vouloir y mêler des considérations de gouvernement, comme on l'a dit dans d'autres circonstances. L'objet qui m'occupe est non-seulement digne d'un pays qui jouit d'une constitution libre, mais même de nature é^étre recommandé dans le gouvernement le plus despotique^ parce

t »0i ) ^'U est basé sur la plus véritable justice et sur la plus saiae politique. Si donc je ne doute pas de son succès dans le deruier cas, com* bien ne dois-je pas éli-e aùr ici d'obtenir l'assentiment du Parlement d'Angleterre? ' ' On a beaucoup écrit et parte sur le sujet que ie présente; tout le geure humain s'accorde en prineipc sur la tolérance prise en général : il n'est pas un homme qui ne la regarde comniç îuste; mais rapplicatioti a fait naître quelqucd diflicultés dans les idées de certaines personnes. Déjà on m'eu a présenté plusieurs, quand, il y a quelques années, j'ai proposé la révocation E l'acte du test et de corporation. Je delaiide à ceux qui m'ont combattu, s'ils ne ,i'ont pas fait parce qu'ils ont pensé que, bien Ique la tolérance soit un acte de juslicc, néan^ moins l'étendre en cemomenl-Ià jusqu'aux pcp- ' eonnes en faveur de qui je la demandais éfait^^ ■une mesure dangereuse? Je suis forcé de dirô' que, quoiqu'à regret, je renonce entièrement en ce moment au rappel de l'acte du test et' de corporation, tout en me promettant bien, quand l'occasion s'en présentera , de reiiouve- ' ]er cette proposition, que je suis loin d'aban-i' donner pour toujours. ■<

On a dit que la tolérance, tout en reposant sur la justiee, politiquement parlant cepcndEmt, ne devait pas mettre en danger les choses

( 26a ) existantes. Il me semble à moi que le contir3ÎFe est un principe fondamental , c'est-à-dire, qu»^ rien ne doit exister, dans un gouYeruemelu eagc, qui ne soit (i'accurd avrc cette tol(}r:mcfl Ce n'est pas une chose convenable à un Etan mai» une chose eo elle-même juste et {UisitiveJ Je [lËDso dune que l'on peut établir ce prio çipe. que coux qui vivent dans un Etat oui y a une religion recounue, peuvent être jun tement liés par cette partie de la religion qtt est d'accord avec les principes de la tolériindr Quels sont donc ces principes? sur quoi sôii ils fondés? Incoutcstablemcnt sur les droits l'homme. 11 cgi vrai qu'il est quelques-uns t ces droitâ que les hommes doivent abandon ner, iiTiu d'eu assurer daulrcs à la soci^tée tiére; nmis il est vrai -aussi qu'ils ne doivei abandonner qu'une- portion des droits natt rels , afin d'obtenir un Gouverncmcnl qui pw tège le reste. Or. demander à un homme d'à bandunni'r ses droils relif;ieux, c'est lui dcH mander ce qu'il ne peut jamais consentir. Nœ EUit ne devrait pouvoir le faire, nul, af%^ moins, ne di;vrait le demander, parce qii'ï(3 n'est pas dans la nature de l'homme de pouvoi^ l'accorder.

Mais, dira~t-on , quelle que soit la répu-^ goancc ou la difiicullé pourun hommed'aban-.

tlonner see opinions, il peut ai* moînt les taire ^

car. nialgvê tous les droits d'un hoinnii^^ il Soitc toujours se conlornier iV ce qui est dans l'ÎQ* térèt de la coDimiinaiitr. La liberLi; rnli^icuâff csl d;tns ce Cits; cile doit être modifiée poiù* l'iivantage coniiiittii de lu socii'itc; ainsi \a liit berté dns droils de l'iionimn doit être appro-t priée à Ui cooveuonco dr i'frUat où il vil, et; d'npn» ces idées, les peines à tulli^er ei» aia* ' (ii-re de religion sont donc iié<^sairt>s. (

Je regarde eel*i roiiime une graiiclc erreur j car, comme je l'ai déjà dit, il n'est pas pos4 Bible à un. iioninte d'abaodnnnnr ses «{unions* iConséqnemnieiit la sociéljé qui lui demande cd sacrifice lui demande l'impossible. A quoi celé, «ondutt-il Sucette coDséqucuct! que luilliomiue ne doit être privé d'une partit; de su liberté patrapport à fies opinions, à mains que ses actions qui dérivent de ses opinions ne soient pi-éjudî- «ables il l'Etat. i

Un homme prut être placé de trois manicrei diOétentes par rapport à la religion : d'ubord*. ayaut une iiidiflerenct; totale pour elle, comme ' le paganisme était avant Le christianisme. A. ' cet égard j'engage la Gliaiubrc à se riipp<:)er wne\cellent ouvrage l'ait par une personne quÈ aeul'honneurdésiégerdan&son sein, iaChute de i'Kinpire romain. Il dit queiaperâé4.:utiaaBi \ dans le cliristlanisme était moins ciiielle qii«daas le piiganisme, parce q^ue le paganisme

n'adineltait pas, comme le christianisme, le principe de Uilérancr.

Puis, dnns une situiition qui rend l'opprt sion moins criminelle, ic pitpiume; < qui suivent ee principe imaginent, et surtonl imaginaient dans ces tL'nijis de bigoterie, qu'e persécutant ceux qui nv pensaient jîas comn eux, ils servaient la vérité et la )H3tîCL>; qil Dieu les avait mspirés de latérite de la religiw fX qu'ils je servaient en détruisant leurs sein blables. C<Ttes. ce raisonnement et les elFal qui ca résultaient étaient pitoyables; maistj était excusable; PU quelque sorte, comme étaij le résultat de l'ignorance ; le principe qui \ dirigeait diminuait la criminalité de la pcra cution.

Le troisième état, enfin, est celui où doi| sommes maintenaut. La nation n'est ni iod férente à la religion, ni attachée plus partiel lièrement à aucune foi. Elle n'est ni compo< de payens:, ni de bigots papistes; il n'y a doa aucune sorte d'excuses pour la pfrsécutîa Nous savons tous que la religion est fondée su un principe qui ne peut jamais être soumisij aucun pouvoir humain. Il est une maxime r connue de tout le monde en général , quoi trop souvent oid>lié(i de quelques-uns : FaiH aux autres ce ijzie vous voudriez qu'c vou$ fit.

Je le demande, les membres de la relîgioli dominante voudraient-ils être jugés d'après of principe? «u bïeu oseot-ils dire avec orgueil ek ] impiété que leur religion est la seule vraieî J que tout ce qui s'en écarte doit être vouéii d'éternels tourmens? >

Dans ce pays-ci nous Eommes gouvernés par «Il Roi, des pairs, des coniniUDcs; pcrsonat ne peut dire que l'un de ces trois pouvoirs soit infaillible; pourquoi les membres de la relii gion reconnue prétendraîent-ils l'être? sur qud principe une religion d'Etal peut-elle être maiiH tenue ? Sur l'idée d'être préférée par la natioof et nullement sur celle de son intiullibilité, Qua devraient donc dire ses menibresàceuxquidifV firent de leurs principes/' «Vous qui ditTérCx > de nous, comme vous qui suivez notre doc-f

* trine, vous ôtcs tous égdu?c eu droits. Nou»

■ ne sommes ni païens ni papistes; nous avons

■ appris à faire ce que nous désirons qui nous

* soit fait: si nous vous persécutions, ce serait » persécuter peut-être la vérité au lieu de l'err

* reur; venez, et îouissoDS ensemble de toui t les droits attachés à la communauté. i

La persécution est un mot si odieux, et là tolérance lui est tellement opposée, qu'il est inconcevable que, n'ayant qu'une idée à cet ' égard, 11 y ait tant de diverses manières d'en faire l'application. 11 s'agirait donc avant tout

f ««8> de bien s'entendre sur le mot tolérance. Il faut prouver cjiie c'est plus q-ue i',>b3ence de I:i pei?sécution, qui consiste à refuser à fel ou tel l jouisgauce den droits coquuurs. 1.i piirticîpa^J tion des nvniitagcs conimuDS, par rapport à &■ opinions religieuses.

Je ae me burn<.'râi pas à uia propre opink sur In dOtiniliou de In vr.ûe tolérance. Je potilj rais citer celle de IVirchidiacce paicy , qui ^'gi déclaré ami zélé de l<i tolérance envers toiin espèce de dissident; n>ais l'opinion de ce prâ^I lat, toute ivspectable qu'elle soit, pourral^a pcut-élrc ici rencontrer des ob)eetioa& sojis i rapport de l'Etal, et des entraïes qu'elle sert blerait y Apporter. Mai» ]e prendrai l'op^niofi de l'hotior^bie chancelier de l'échiquier, qu: l'année dernière, en soutenant ce système c tolérance , a dît que ce u'ét^tt pas une laveur^ mais un droit à accorder; que <;'éUiil une quai tion de iusttce. Quel cet le principe de la pai eécution ? La condamnation d'un liomnic av qu'il ail commis faute devant l;i loi. Cet étaj nous force à vivre dans une habitude cooti tuelle d'hypocrisie devant Dieu et devirot le) hommes; car il oblige celui qui ue croit pai aux doctrines de l'Eglise , à aller constammeiïl à l'Eglise et à suivre ses cérémonies; véritablement ordonner par autorité. ri)|fn pocrisie. La loi dlL qu'un homme suivra f

religion qui, selon lui, ïe'd.imne pourtn»* , jours; elle nous farce » HiTï'â -UH |l^^p: Voti(if-| nnppreiidr*!/ pns à v'ohe fils celle rélifjioii ipiï, selon TOUS, doïl lui procurer tin bonhntir clPl*» ^ ncl ; il faut que vous l'inalrtiUi^e diins ccll* ] que vous rfgai'ilcz comme un moyen sur (i'étn4 1 d<ininé, ou bîcri qu'il n';lil «ncnn« religion^ ToîU là vraie perSL'Culfon. Personne lie pcUV i nîtir qu'il en arrive ainsi parVapport aux CîW { tlioliqiics. Qu^queg person'ties pensent qu'il J{ a eu Jes motifs pour dtablir une choso n'use)

.îibsiirde, et moi, je miuntiens que jamnis i| ' n'en a pu exister, l.cfi règnes «liingereiïs méms ,

, d^'ltziibelh el de Jacques, ne peuvent JH&tifîei^ de lela statuts, à plus forte raison te tenipl pri^seul. 'i 1

On a voulu quelquefoi''S défendre le principe de persécution ei) disant que c'était un môyett de prévenir la» danprers qui pouvaient i^siiltë? de la propagation d'opinions religieuses errcrt . née8;que cV'tiUt le devoïrd'un homme d'È^ttfV ie saVofr diftlinguiT ee qui était dai^ereux dr €6 qu'il fallait éviter. "'

- A cela je répondrai qu'il est bien difiîcile (!• déteruiiner quelles sont les opinions erronée «h matière de religion ; puis il faudrait déter" , miner les cas où l'aetion peut et doit siiivr#^ l'opinion, car c'est là seulement où serait le (Lstnger. Pour les bien juger, ces opinions, et

f sm )

savoir s'il existe le danger de l'action, il (é.\irdrait les avoir entretenues-

Mais, dit-on, il d'en est pns ^insi des prn ceptes de l'ÈgUse d'Angleterre, il n'est pas l commandement qui ne puisse être nuîvï i toute sûreté; l'église est la sauve-garde i Tblnl. Sa demande si cette assertion est bî« esacte? Un hunirne qui suivrait avec la pld grande rigidité 'J^ principes de iTËgliat peut-il donc pi^s èlr.e, malgré cefci, un mauvai citoyen? [ndubitnblenienl , car ils noits si|^ prennent que nous devons la plus absolu obéissance aus magistcalg, quelles que ï l'illégalité et l'injusEice du leurs ordres: ils nocl] commandent une ubéis^ance absolue, sans présentation. QucHps dangereuses conséqueM ces! et cependant:, telle est la doctrine ï Jacques if. Il est bien vrai que, maînlenanS ce n'est pas la loi, mais c'est toujoural» dofl trine de l'bglise; ainsi don£, tout en étant fon religieux , on peut être un fort mauvais citoyen Quelle est la conséquence de tout cela? Ce que. comme dans la roligîon U y a tant ,d"e rcurs, qu'elle ne peut pas être suivie à la lettt et qu'elle est fortement modifiée ,par des loî^ il est de la plus grande injustice de per&écut^ 'quelqu'un pour omettre de se confot-mer'J cette religion de l'Etat.

La Chambre doit prendre en considération

ces obsertattonB , la ditliculté et le dangoi' d'établir encore plus de rigueur ; et elle doit aoager à relever des petaes et punitions que les statuts inlligent, les personnes qui y sont assujéties. Sices statuts ne peuvent étnrsuivisi ils doivent être abolis.

Mais on a parlé d'un parti qui désire ren-

pSerser la constitution ; eh bien, c'est afin d'a-

r contre ses intentions, si elles existent , qii'il

ut annuler les im|ierfections qui tendeut à

iftttaquer rédificc entier. Si un étranger veut

[.eonnaîtrc notre constitutioa, il va rechercber

\ vos lois. Que dira - 1 - il quand il verra que lei

E.ltiituts du rùgne d'Élizabeth contre les catho-

Kliques existent encore en ce jour? Que dira*

Al , surtout , si, à son observation , ou répond,

, mais on ne s'un sert jamais? Sans doute

l dira; si on ne s'en sert pas, pourquoi ne

f pas les rapporter? La non-exécution fait même

i mauvais effet, car le principe tend à divi-

r la nation et à encourager la bigoterie des

^^ens d'église.

Avant i64i. quatre personnes ont été accusées et convaincues de professer la doctrine ' V.»nitaire. M. Pecble, reconnu comme le fon- ■ lïdateur de cette doctrine, soulFrit toute espi!^tce ' fesde persécution de la part de Cromwoll et de'l [ CUarles ii. A ce moment, la loi ne dislingui [•pas cette secte, mais elle est réprouvée. par

sagesse quel est le ridicule d'empêcher un bonime d'expliquer et d'interpréter l'Écriture à sa manière; de Itii dire : < Lisez cette Ecri- • ture-Sainle, éludit'z-la, coBformez-y vos ac-

■ tions comme vos pensées; m^iis ayez soin de a l'interpréter comme l'Église d'Angleterre le ifait; sans lela, vous seriez privé do tout ce >qui est accordé à l'homme dans la sociél

■ Eotendez-y bien ce que nous y cuteadi

■ et rien de plus; autrement, vous ne fei

■ plus partie de cette société. •

L'Église romaine nous engage à obéir ai préceptes d'une religion bienfaisante; l'Églîag d'Angleterre noua ordonne de lire, mais pas de juger.

Je conclus en demandant le rappel de ces statuts que je viens de déuoncor. Je sais qu'il en existe beaucoup d'autres qui méritent même attention , sans doute ; mais nous y an verons successivement,

; ce

Cette molion est fortement combattue par iV et M. Pitt.

M. Fox ajoute :

Je me lève pour répliquer ; et d'abord , qa^ me soit permis de m'autoriser de l'indulgeoç^ que la Chambre, dans sa justice, accorde tovl jours à toute proposition nouvelle.

Je l'avouerai, la conclusion des discours que nous venons d'entendre me donne quelque inquiétude. L'honorable ministre, ainsi qu'un honorable membre qui siège de ce côtéci (M. Burke), ont présenté, pour s'opposer au système de tolérance, des motifs qui m'ont paru fort étranges. .Te ne suivrai pas l'un de -ces orateurs dans tous les écarts qu'il a l'habifude de faire dans les questions importantes; mais très -certainement la France n'a rien à faire dans celte question. Mon opinion sur la révolution française est exiictement , en ce piomcnt, ce quVlle a toujours été : je la regarde comme l'événement le p I ua heureux pour Ipous et pour le monde entier; et l'honorable Ipiembre sait bien que ce ne seraient pas quel- [ues revers que les Français éprouveraient daus îur hitle pour obtenir la liberté, qui pour- ^îent me faire changer d'opinion.

De t^Bévenemeos doivent arriver au comoencement d'une guerre de cette nature, et [uand les attaques sont faîtes par des troupes indisciplinées; mais cela n'a aucune ronséquent^e. Telle a été notre opinion» l'honorable membre le sait , au commencement de la guerre d'Amérique.

Ona beaucoup parlé, et d'une manière différente de la prise de la Bastille, de cette forteresse où l'homme gémissait souvent sans être

Jïigiï : on a représenté Mt événement i l'eUet d'une trahison t on met en doute même tout ce qui bous est rapporte de cet horrible repaire; et moi, j'avoue que je me glorifie, comme anglais, cnninic ami de l'humanité et de la justice, devoir ce moyen atroce, réservé seidement pour des despotes, anéanti de manière à ne jamais reparaître.

Relativement au livre de M. Paync, j'avoue que je l'ai considéré comme un libelle, mais non conmie un libelle infâme. C'est un libelle contre la constitution anglaise, tandis que lu livre de l'honorable membre (M. Burke) est un libelle contre les consti lu tiens des paj'3 libres. J'ignore pourquoi le docteur Priestley, parce qu'il approuve la révolution française, mérite d'être puni, sous prétexte qu'il est unitaire, tandis que je ne le serais pas, parce Je suis triilitavi'e. ^^

J'ai lu plusieurs ouvrages de cqHbcteiir Priestley; je n'ai jamais rien vu de politique dans ses ouvrages religieux , et dans ses ouvrages politiques il ne m'a pas paru y avoir mêlé des opinions relîgienscs.

Dans la dernière session, M. Burke a de* mandé que les lois cruelles qui infligent la inort en matière de religion fussent rapportées; je ne sais si l'honorable membre aura changé d'opiuiou à cet égard , comme it l'a fait

( «75 ) sur tant dobjets; mais je lui ferai observer toutefois que robjection présentée, que de rapporter des statuts, c'est mettre la nation dans le cas d%tre accusée d'indifférence pour la relifiion, est bien futile et bien vide de sens. Les païens auraient pu en dire autant des chré« tiens. Jamais on n'a vu une mesure de tolé* ra'nce venir de la part des évoques; et, certes, ils sont les derniers- à consulter à ce sujet.

Plus je me suis occupé de cette matière, ]plàs j'ai cherché à m'en éclairer, et plus je suis piartisan d'une tellgion de l'État. Un motif de popularité ne doit pas empêcher la Chaçi*bre de se ranger à mon opinion; car depuis long-temps elle semble.bien généralement disposée à ùÀxe toud ies sacrifices à la popularité.

Je terminer e6 detrtatidant que TespHt de tolérance puisée; dfe jotrr en jotir, s.'éténiire; let j'Indique comtné le meilleur moyen, dédis-* icuter lés point^..qi;^e j fii préjéntéçi. ., ..,...,.

' La-motion dé M. Fol ètt imse atlï itobL'''

Pour, 65. - Goalt^,'i44i

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ADRESSE d S. M. relativenient à ia proda»

maUon. faite contre les écrit» êéditieux.

M'J'ox se plaint de ce que cette proclamation n'eu

'pa$ faite dam-ie Imt pour lequel on Va annoncée. — H démontre que tes ministres ont ^intention de porter (OUintc à ia constitution.

EXPOSi.

Dèsrterconuneiiceineiit.de TaDDëe, le' procoreur du Jloi dirige une poursuite conl^ J||. Payoe'^ relativement à un livre ayajat pour titre : les Droits de

' !^ nomme. Il s^ënsuit une proclainatîon contre les 'écrits séditieux', avec injonction de saisir lesdits ouvrages et de poursuivre levMauleursv

Cette j^ra^laination ayant été déposée ^ur le bureau de la Chambre, le garde-des-sceaux propose une adresse d^apprdbationà S. M.

M. Grey s*y oppose avec chaleur , et réprouve la proclamation elle-même* H dit qafe!iBa.nioyens proposés tendent à établir un espionnage odieux et arbi« traire ; c'est ce système qui a fait si généraleibent détester Tancien gouvernement de France. Il est indigne d'un pays libre comme d'un souverain coniilitutionneL Cette mesure est faite pour atta-

quer la wciété des amis de la liberté , pour {eter J parmi eux la diworde et IVpouvantc. C'est la lac- 1 tique du plus habile général , le chancelier de l'échiquier, de cet homme, pourmût M. Grey, dont la politique entière est un tissu d'inconséqueaces, d'asscrtiouB et de ri^ tracta lions ; qui n'a jamais pré- 1 sente une mesure sans l'idée Lie tromper ceux à qui .

■ elle est proposée ; qui est un apostat complet de- ( puis le premier moment de su carrière politique, ius<|u'à ce moment même, et dont la mali^ilé veut

■ aujourd'hui diviser des amis formant une société j respcctabkt.

■11 parle do son parti dans le sens contraire , et t'ei^ j prime sur Al. Fox, en disant : «Cet homme que ' j'estime trop pour le flatter , dont les qualités ne ] peuvent pas plus être mises en doute que l'hour < aeur qu'on reçoit d'une liaison avec lui ; qui, placé j dans la position la plus délicate, entre des amis 4 difTéreutes opinions, et qu'il estimait également, al montré néanmoins une élcvalion et une dignité dfi^ principes qui doit rejailbr sur toute sa vie. » ^ ^

II termine, en proposant comme amendement :

Qu'une adresse soit présentée h S. BL pour la remercier de sa communication relativement à la proclamation , et l'assurer de la disposition où est sa fidèle Chambre des Communes de manifester eu tout temps Bon attachement à sa personne ,* à la famille royale et à la constitution , résultat heureux de la glorieuse révolution , en ^'opposant de fout leur pouvoir à tout ce qui pourrait tendre à renverser le gouvernement constilutionucl, aouicc de la pais et de la prospérité du royaume; l'assurant de nouveau

■ de la disposition de la Chambre a arrêter les progrès

tl.iugcrctix dr tout ékûI séJîlieax et capable de Ti leverscr l'ordre ; mais tni faisant observer que 8 Goitverpennent est assez iuvcstî de pouvoirs pot arrêter le mal ; (|Ue si de Icls (écrits ont paru e violalioa des loi.^ exisUiolcSt le* minUlres de S. 1 sont coHpdbJes do négli(;cnce. Qu'en conséqnence^V la. proclamation qui a été. cummuniquÊe est nnfrV mesure iiiulile, cl faîte plutôt pour alarmer; qw les minifilres qui ont conseillé S. U. sont coupât de l'avoir proposée, etc.

La première proptMÏtion d'adresse est soutenue par' a

grand nombre de membres, et entre autres par m. Pitl»^

L'amendement de M. Grey reçoit un accueil égal,^y

entre autres de M. Fox, qui, à cette occasion, dit:

MoxsiECR, Cost en raison de cette position délicate o& je suis ft qu'a si bien rppréscnttic l'honisfab^ membre, M. Grey, que j'aurais diîsîré doonfÉ simplement mon vote sur celte question; liiall comme il se pourrait qu'elle fiit adoptée saâ division, il s'eiisuivriiit que j'aurais l'air i donner mou assentiment à l'opiaiou cje ceiu avec qui j'ai l'habitude d'agir. Je déclare doin ir.î soloiiiiflllomeot que je suis loin de donne! mon approbation à une mesure que je regard!

comme dangereuse, impolitique et alarmant^ Je désapprouve la proclamation parce qu'ellj me paraît insidieuse et ambiguë, parce qu'elljl est calculée évidemment dans une autre i tçntion que ccUe annoncée, et parce qu'elle]

porte avec elle ce caracttrc de duplicité quï dénote si bien d'où elle vient.

ËBt-cUti en effet cuulrc M. Payne, contre son livre et les (kliteurs qui eu sout coimus? Si cela est, pourquoi uioutrc-t-cUe le désir de counaitrc les auteurs et éditeurs, qui déjà sout couuus? Si elle a un autre but , pourquoi donc uq pas l'annoncer frauclieuient et loyalement?

>Pourquot? parce qu'un ycut jeter l'alarnie însidieuseiuent , et que celtu proclamation aiv; ' nonce autre chose hors la CLanihre que parmi nou8. Ici ou dous aunoucu qu'elle u'e^il paft dirigée contre lu société des amis du peuple,, quelles que soient les apparences qu'elle com- -■ porte , et jamais mesure n'a mieux porté le ca-t ^ raetcrc de la duplicité.

Mais on demandera : comment, s'il en c^ ^ ainsi , vos propres amis , ceux qui agisseaf avec TOUS, ont-ils donné t«:iirâ voix au mioia* j tère sur cette mesure ? Ma réponse aéra fran-* che et vraie, et je déplore l'obligation où j^- J suis de la faire. La raison eu est que ces amia.' j ont été trompés sur les véritables intentions d^ i ministère; on les n dupés adroitement et lion-f { teusemcDt; ou leur a fait voir qu'une réfarm^ ! dans la représentutlou nationale n'était nuU^ ment nécessaire, qu'elle n'était ni sage QÏt prudente, que l'agltrttion de cette questiutv ' était faite pour engendrer beaucoup de mal-

■•nsî-r

hpnrs. Les ayant g-igncs sur ce point , eomniç il est facile d'y riîussir vis-à-vis de perjootie# i honnêtes, et di-sirant sincèrement le bi(^n de J leur pays , on les a amenés à soutHnir cette qua^] tioii, et on les a assimilés à ceux fjuï diffèreltS. J de h'Ur opiiiiua vérîttible cuinnic le despot^J tisine et la lyranriie djifèrent de la libeité?J et du bonbeur, comme l'honnêteté, la fratt chise , l'bonneuret la loyauté dilièreot de 1 ruse et du mensonge. Et qu'il nie soit périr de le dire,, voilà ia position où je me suis trou véj que mes amis d'un cûté comme de l'autreoiH paru s'être également déclarés.

Je n'ai pas souscrit à la di'claraEion par }ù*^ 1 quelle les amis du peuple se sont associés}^ f mais je ne puis pas davantage souscrire au^^-s principes qui portent quelques-uns de mesamis à soutenir la mesure de cette procïama^d tion. Des deux eûtes, il y a une réunion dfl^ parties nullement faîtes pour s'associer eœt semble.

Je me ressouviens qu'en 1789 M y eut uneasf «emblée où étaient l'houorable ministre, M. Pitt? le ducdi' Richcmoud, le major Cartwright t M. Home Tooke, et dans laquelle il fut pris el^ résolution certains objets. Par une singularité'^ toute parliculière, uueparticde mesamissesonlf' rangés au bord des deux premiers, et les autre» avec les deux derniers. Les amis du peuple ont

déclaré qu'ils n'avaient aucuns rapports avec les doctrines de M. Cartwriglit et de M. Horne Tooke , mais il n'y a ianiais eu de di'claration pareille pour les autres. L'honorable M. Pitt, ^ et le duc de Richemond ont trouvé convenable de changer d'opinion relativement à la réforme .ftarlemenlaire, et non-geuletneiit d'opinion, yinais encore le ministre a cru convenable de présenter une proclamation , tandis que le noble duc parait s'y opposer fortement. Je suis loin de m'élonner que l'honorable membre ait changé d'opinion; c'est un privilège qu'il semble s'être approprié, et depuis long-temps il «en fait le monopole. Il y a peu de sujets sur rlesqucls il n'ait changé d'opinion. L'année derrière, il avait annoncé à la Chambre que nous ^étions forcés d'armer d'une manière formi- ■dable, parce qne la Russie mettait notre pays en danger par sa menace de s'emparer d'Oc- '«akow ; et cette année, voyant la disposition •de la nation contre lui, il nous dit que nous sommes dans la plus parfaite sécurité, la 'Ilussie ayant obtenu ce qu'elle désirait. Ainsi 4'aBnée dernière, il eût pu dire que nous devions rapporter les statuts , comme in- .«onvenans et honteux , tandis que cette année il dit que nous devons les consei> .Ter comme moyen d'édilication contre le ^caudale.

( >BJ )

TI est surtout , ilaiis in proclanintion. un passage qui m'a frappe particutii^reiueut. On dit:

■ que la pro&pùrîtc de in naliou dépend d'ua

■ juste coufiancti dans l'intégrittî et la sagcsi

■ du Parlemenl. »

Que dirons mes amis qui appuient cetll pruclaniDtion , quand ils se rtssouvicndroqfc-l que cette expression vient d un ministre quïT a commcDcé sa carrière on déclarant ù la naf 1 tion qu'tlle ne doit pas avoir conlianue danfcl l'intégrité et la sagesse du Parlement? ^'e t rappellent-ils donc pas que quand l'honorabl* " ministre a trouvé que la Chambre lui était opposée, il a conseillé à S. M. de ue pas f^dra attetitiou à la sagesse de la Cbambre, mais dela dissoudre et de montrer à la uation qu'e lut seul ou doit avoir confiance. Quelle bcUaj leçon pour la nation! quelle intéressante do Irine pour le Pnrlnment ! Obéissons, et tiaw entendrons vanter notre inléLfi-ité et noire s gesse : désobéissons, et immédiatement noôl serons dissous.

11 me paraît, à moi, que l'intention ptisitifi d« cette proclatnatioD e»t d'éLablir une din »î(Ai dans le curps des patriotes unis, connii^l suus le nom de whigs. formant un parti donlrJ l'union est le plus sûr maintien de la consli t|ition. Rico, selon moi, n'est plus utile que] cette union, et j'aime à penser que leur dé^^

stinion est désormais impossible. Us peuvent sur divers objels différer de manière de voif €t de penser; niais sur les principes îniporlatis ;i la nalion, il n'est pas (i'art, quelque insi^ ' dieux qu'il soit, qui puisse pnrvcnir à les diviser. '

Tel est le but de celte proclamât ion , et noa le sens qu'elle semble renfermer. Il n'est pas question des écrits dont on voudrai! faire croire que l'on veut s'occuper; diverses associations Bcit à Manchester . soit ici , ont eu lieu , et s'il y avait la moindre cause d'alarmes à enlre-i^ lenir. les mesures a cet égard auraleht du être prises depuis long-temps.Eii fait . cette proela- ', inalion est la seule cause d'alarmes; et s'iljJoît y avoir des troubles, la cause en est de l'autre' xôlé; car toujours le cri qui ec fait entendre-est ^ous le prétexte du, Roi et de l'Église. i

, Je suis toutefois loia de penser que noitt 'ayons à redouter l'esprit dé républicanisme. Je peos^ que la nation y est fort peu disposée. S'il existe des dispositions hostiles dans le 1 peuple, c'est dans l'autre sens: c'est la partie supérieure du clergé et une opposition à toute espèce de réforme, qui caractérise plus que toute autre chose la disposition de la nation.

Je terminerai en faisant observer que, malgré la distance qui existe entre moi et quelr i ques-uns de mes honorables amis dont jamais je ne cUercberai à me séparer, et dont mon

( jS'i )

ambitiou sera toujours de rechercher l'apprtrbatioa,)t; u'en reste pas moins convaincii qu'ils n'agissent ainsi que dans le sentiment intime de leur propre conscience, puisqu'ils sont d'un côlé hors de toute faveur de la cour, et qu'ils se sunl privés de toute expression de recoDDaissauce de la part du peuple.

M. Pîtt reprocha à M. I'oiï li'ètrc la seule pe#* * Bonae qui iib voie ancun.s dano^ers daus les écrits et les docirines récemment publiés. 11 dît i]iie cette conduile Be peut s'accorder avec le patriotisme dont il

M. Fox réplique et dît:

Je dois chercher à me justifier de l'accu!

lion qui m'est portée par l'honorabie membre. Je l'avouerai, je ne vois aucun danger dans les écrits dont il est question, parce que je connais les diâpositions patriotiques de la nation , et combien elles sont une sûre protcctioÉ, contre toutes les théories absurdes et impol^ tiques dont il est question. Telle a été l'opî nion de l'honorable membre lui-même, jui qu'au moment où il a vu, où il lui a sembtfrl bon de feindre de voir le moyen de diviser Im amis de la liberté.

Je ne répondrai pns aux insinuations avancée», que j'ai sans doute des vues hostiles contre

jre. ^^

( «85 ) la constitution. Tous les actes de ma yie répondent suffisamment à cette injure. Je dirai seulement que laccusatiqn est indigne de celui qui la proférée. C'est à lui^ s'il veut rétablir l'idée qu'on doit avoir de son jugement 9 de citer les occasions où j'ai mérité une aussi grande malveillance.

La Chambre, à quatre heures du matio'^ adopte l'adresse proposée.

iS Décembre.

Ameniâment de M. Foic.àVadresse proposée pour le Discoturs, du Roi à i'awveriure de la session.

M. Fox (tueuse les ministres d'avoir fait prononeer au Roi un discours rempli de faussetés, et calculé pour induire la nation en alarmes sur (es causes deprétendues insurrections. H dit qu'elles n'eans^ tent que dans leur imagination, et que Von veut profiter des craintes qu'elles peuvent occasionner.

La session est ouverte* par le discours vSuivant de S. M.

^ c Mtlobds et Messieurs 5

• ^yant jugé convenable de rassembler la milice du royaume J'al^ exi conséquence de ^ loi, donné ordre de vous réunir dans le^délai fixé à cet égard.

■J'aurais été heureux de pouvoir vous annoncer que rien n'a troublé la tranquillité ; mais des événemens récemment arrivés requièrent votre attention sur les intentions séditieuses qui, dans la dernière session, ont été réprimées par la sages$<e de \03

mesures ; elles ne sont renxniTelées, cfl atéc tine persévérance inquiétante.Desinsurreetionsont nécessité rinterveolioo de la force militaire pour venir à l'appui des mesures civi][es des magistrats.

• LMntention d'attaquer et de détruire notre heureuse constitution parait être appuyée de moyens étrangers.

1» Jusqulci j'ai cherché à conserver une neutralité entière dans la guerre du continent, etfai surtout évité d'intervenir en rien dans les affaires de France ; mais il m'est impossible de douter des intentions criminelles qui existent contre nous. Je ne puis pas moins disconvenir d'un système d'agrandissement et de conquête dirigé contre nos alliés les États- Généraux. J'ai dû, dans ces circonstance , prendre des mesures telles que notre sécurité fût assurée ; U m'a faHii augmenter nos forces tiavales comme ' cdies de l'armée. Rien de ce oûté ne sera fiégligè . pour assurer à mon peuple la continuité de cetlo paix dont il a joui jusqu'à ce moment. .

» MesRsieurs de la Ghambiie des Communes ,

>J'aî donné ordre que toutes les pièces relatives ant dépenses vous soient soumises , et je ne doute pM que vous ne fassiez ce qui est nécessaire pour assu-* rer le service }>ubUc« '

9 J'ai la satisfaetion de vous anaoiicâr que nos succès dans l'inde ont amené à terminer la guerre.. ..«,...

^ Je ne fais aucun doute que vous ne sentiez la nécessité de prendre des mesures pour prévenir les infractions aux lois, et réprimer les attaques faites à nôtre tranquillités Je me repose entièrement sur lef dispositions qtie toq» m'avez toujours montrées^

pour maîntemr la constitution el a

de mes sujets. Comptez §ur tous me» efforts po»

coopérer avec mon peuple fidèle et loyal. ■

On propose une adresse de remerciemens.

Elle est cumbattue par lord 'Wycombci qui prétew que pour lui elle est inintelligible, et que le c cour» de S. H. calomnie l'a nation, qui, au lîet de moutrer une dispoHition à l'insurrection , dontf en ce moment la preuve de la plus grande loyauté.(J

M. Fox se lève inimédiatement après et dit a Monsieur,

Quoique ce que nous venons d'entendre du' noble lord contienue en substance tout ce qw j'ai a dire sur cette question , et quoique son' discours doive avoir produit uaturcllement ce que la raison , le jugement droit et le savoir ont d'effet sur les personnes qui l'ont entendu ; quoique personne ne semble disposée à se lever pour répondre ; néanmoins je oe puis me refuser la satisfaction d'offrir mon opinion dans une question d'une si grande importance , et dans un moment si critique.

Je n'ignore pas assez la nature de l'homme, pour ne pas savoir qu'en parlant au public afia d'attirer l'attention de l'auditoire . il ne suffit pas d'avancer des raisonnemeiis justes et convenables , il faut encore rester à l'unisson avec r les dispositions deceux qui vous écoutent Aussi

(désirai-je montrer ici que bien que je difièro Bur quelques points , j'ai néRnmoiiis le même but en preniint la parole ; l'amour de la Yf^rité. C'est dans cette disposition , Monsieur , que |e vais expliquer l'elVut qu'a produit sur moi le discours de S. M. Kt d'abord qu'il me soit permis d'observer que DOiAsouiiries réunis dans le mopient le plus critiqur, dans un mom<mt lel qu'il n'y en a pas d'autre exemple dans notre fiistoire. C'est une crise qui n'a de rapports qu'avec nous seuls ; elle intéresse toute l'Ku- Tope , et de la conduite du Parlement dans «ette crise dépend, non-seulement le sortfulnr <le l'Angleterre , mais aussi celui du genre •humain.

■ Le discours de S. M. renferme une foule' '^'assertions , ou plutôt d'insinuations qui se transforment en assertions, et qui doivent im- -priraiT à tous ceux qui les ont entendues une appiéhënsion bien forte pour la sécurité de, . tout ce qui est cher à un Anglais. Il est de notre ■devotrde rechercher la force et la vérité de ces assertions ou insinuations.

J'espère qu'il ne m'est pas nécessaire de reproduire ici les anciens usages du Parlement, -pour déclarer qur quand je me permets depar- (ler du discours du Roi , j'enlendsne parler que * ■dvt discours des ministres ; personne j'ose le penser ne m'accusera de vouloir manquer de T. X. 19

r 3go ï

Tcspect à la personne de S. M. C'est du discotf que S. M. a été conseillée par les ministres d prononcer que je 'veux parler. Ils sont responsables de tout sou contenu, et à eus seuls leg observations qu'il donne lieu à faire sont adressées.

C'est donc en partant de ce principe que ie déclare qu'il n'y a pas un fait dans le difffe^H cours de S. M. qui ne soit erroné et faux ; |MÉ^B une assertion ou insinuation qui ne soit sang fondement, il y a mieux , je dirai que les miîiislres eux-mêmes ne peuvent pas croire ce qu'ils ont fait dire à S. M. Cette accusation coU" trcics ministres est si sérieuse, que je ne la présente pas légèrement ; et je déaire que mes collègues examinent franchement et librement ce que j'avance, afin de bien prouver la charge qu'ils ont d'être les représenlans du peuple.

Ce que le noble lord nous a dit est strictement vrai. Le sens dominant de ce discours est d'être une calomnie complète et intolérable contre la nation , une insinuation d'une nature et d'un genre si grossier et sî absurde qu'elle demande l'examen le plus circonspect , et la punition la plus sévère.

On nous dit , en effet, qu'il existe une insurrection dans le royaume.Uneinsurreclion? Mais où donc est-elle ? Grand Dieu, une ineurreclioD en Angleterre ! Je ne m'étopQc plus alors que

laniilicc soit con-voquéfidune manière extraordinaire à ce qui devrait être. Mais où donc est cette insurreclion ? Deux orateurs ont été entendus un faveur de cediscourfi, et quoique Cette prétçndiiciosurreGliou esjstedepuis pim lie i3 jours» ils ne nous ont Honnc^ aucun rcnseigncuicnt ;i cet égard.

■ Il est I)ien vtai qu'un magistrat nous a ankioncé que &a situation munît:ipale (te lord^ maire) l'a mis à même de savoir des choset qu'il ne croit pas convenable de noua comibuniquer. C'est une des preuves de la coif iiance que nbu» devons avoir qui me parait ttn peu étrange. Quoi I il ne suffit pas que la Chambre (les Communes ait une confiancç aveugle dans les ministres, il faut encore qu'un lord-maire ayant connaissance d'une insurrection , dise à celte Chambre : I^lon assertionvous «ufiît pour être alarmés; je n'ai pas besoin do Vous dire ce que je sais. >

' L'honorable membre qui a appuyé la motion nous a dit que l'insurrection est trop no* Joirc peur avoir besoin d'être décrite : ainsi, à cela se bornent tes détails que noUs sammei Téservés à avoir sur cette ins'flrrectiou. Et moi> J'ose ici déclarer, Monsieur, que ce n'est pas du tout la notoriété de l'insurrection qui env pèche ces messieurs de jiarler, mais la uo»

existence de cette insurrection.

Le discours de S. M., lians son esprit de calomnie et de fausseté, dit : « L'adresse em- «ployée à exciter le mécontenleiuciit sous di- ■ vers prétextes et dans divers lieux du ïoy^u-

• me, parait avoir pour but d'attaquer et de

• détruire noire heureuse coostitutïpD , et de " renverser le Gouvernement. > , [

Je supplie les membres de cette ChamBiU^^ de bicu peser l'importance de ces mots, ettJt'H leur demande si , en honneur et en coosCieDce, ils penseut que cette assertion soit fondée. Je sais, comme tout le monde, qu'il y a eu quelques mouveiuens dans quelques villes do l'Angleterre ; mais , je le df mande , le prétexte qu'on y attache n'esl-il pas exagéré et fait uniquement pour masquer le dessein que l'on a de détruire notre constitution? Dans toutes les places où ces mouvemens ont eu lieu , les causes en sout connues; il s'agît partout de matelots qui demandent une aUg;mentatiou de paie* Est-ii un seul individu eu Angleterre qui osât les accuser de vouloir détruire la constitution? Au surplus, c'est ce que je demande à savoii^ Qu'on nous apprenne s'il y a d'autrcq motif ~ qu'on nous prouve ces intentions perfides tre lesquelles on nous appcllu à prononcei'J veut nous faire prendre part à l'acciisatic portée contre nos commettant; on noua piv~ I pose de dire dans l'adresse, qui est la répoo^<j

( 29J ) nu discours: iQue nous sommes fâchés d'ap- » prendre qu'il y a des insurrections. » Pour moi, )€ sais qu'il y a eu quelque tumulte; mais je n'ai connaissance d'insurrections que par le discours de S. M.

Il ne me parait pas convenable d'entrer dans le détail des affaires de France qui sont l'objet du passage suivant du discours de S. M. j néannvoips , il m'est impossible de cacher mon opinion sur certaines doctrines qui viennent d'élré avancées.

L'honorable membre qui a appuyé l'adreSse, pour nous prouver qu'il existe une disposition dangereuse dans ce pays, nous dit qu'on peut la reconnaîtreàl'aspecttristeet sombre de certaines personnes en apprenant l'arrestation de Dumouricz. Et quoi donc ! ce serait In une preuve de méuontentemenl et d'esprit de répubiîca- Bisme? Que des hommes soient affectés d'apprendre que les armées du despotisme ont triomphé sur celles de la liberté, si c'est là une preuve du désir de renverser la constitutioa et de se joindre à des étrangers pour la dé-»' fruire, alors je m'avoue coupable; car quandi j'ai appris la retraite de Dumouriez. et queles armes de Prusse et d'Autriche pouvaienti triompher de la liberté de la France , j'ai éprou- Té un sincère chagrin. Quel est donc l'Anglais qui, aimant sa constitution , pourrait souhaiter

uji succès au duc de Brunswick après avoirja son manifeste ? Il viole toutes les doctrines jusqu'ici sacrt^ea pour un Angkiis, il foute aux pieds tous les principes de justice et d'humn- , nité, toutes les libertés d'un Cou^-ernemeBJ c'est cependant d'après ce principe que ]ts bn Aiées combinées sont entrées eu France, 4 elles n'avaient rien à faire, el c'est aussi ce q fait que quand }'ai appris qu'il y avait une p babîlité de succès, moi, comme véritable i glais, j'ai ressenti un véritable chagcio. Je 'M confesse. Monsieur, jamais peut-être îe. nfeS ai éprouvé davantage dans toute ma vie, j'ai vu dans le triomphe de cette conspiration non-seidcment la destruction de ta liberté « France, mais de celle d'Angleterre aussi, celle du genre huauiin.

Dira-t-on que mon chagrin est la preuve à mes rapports avec la France ou avec quelqnj individus de cette nation, afin de créer t mécontens en Angleterre, et par-là arrivetj| la destruction de Dotre constitution?

ost la conséquence de ce que j'éprouve, qiij pourra-t-on dire de ceux qui avouent qu'îb sont tiLchés que l'invasiou u.'ait pas. réussi doîs-je en conclure que ceux qui sont fâch« dans ce cas, avaient des rapports avec rAu> triche et la Prusse, et que ces personnes fora partie de la ligue qui existe contre la liba-tiS&l

f JgS)

fiiut4l , après avoir établi le principe quand on a pensé que Dumoiiriez éUiit en retraite, ne. plus le suivre quand on sait que c'est au r.o(i-. ' traire le duc de Brunswick qui est for :é de 36 jretirer? Pour moi, je nepui» les accuser delrft complices avec lea envahisseurs de la France. ,. Mais, Monsieur, examinoits quelles sont left doctrines qu'ils cherchent à établir par les insîaiiations de ce chagrin dont on a parlé. Ces doctrines sont que les Anglais ne doivent pas oser penser, sentir, agir par eux-mêmes et d'aprè» leur propre mouvement; maïs uniquement d'a«- , près les ordresqu'ils rcçoiven t et lea instructions ' qu'où leur donne à cet égard; qu'ils ne doivent pasenvisagcrlesévénemeusqui arrivent aux na'' tî )us quilesavoisinentsousle rapport de ce qui à peut être avantageux ou nuisible au reste dui genre humain, et que toutes leurs opinions et ^^irs décisions doivent être uniquement cal« culées d'après l'avis du ministère et de ses satellites. S'il devait en être ainsi, sans doute \o kA'hésiterais pas à prononcer que de ce jour-l^ jç'en est fait de notre constitution. Nous avons tous lu les détails de la plus horrible persécufation envers les catholiques romains, nous sa-^ ^^ -çons quelles sont les horreurs de l'inquisitioa <en Espagne; mais jamais encore ces odiéuK principes n'auraient égalé ceux dont je viens de parler. Eu éflet, Monsieur, sous divers prô-

textes, il y a eu des désordres , et l'on préteu ieuT assigner pour objet la destruction de 1 constitulion. Il a existé à Loudres diverses s ciétés dont le but plausible a été de diecutï des question!! de constitutionnalité; on Icuj impute l'intention d'établir des doctrines sédijl lieuses : de manière que nous ne sommes plui appelés à juger des hommes par leur coiiduitel mais nous nous arrogeons k' pouvoir , jnaqu'iQJ réservé à la Divinité seule, de jugerleurs intea Hons secrètes. Nous devons punir ces homn>es^ parce que nous supposons une intention couii pable au fond de leur cœur ! Nous devons leui dire ; • Vous prétendez vous assembler poit » un but louable, nous en savons plus à ce sut «jet; et, de notre propre autorité, nous v 'déclarons traîtres à la patrie. ■

Quelle est donc l'innocence qui puisse nag pas craindre pour elle-même? quel est t'in-^l quisiteur d'Espagne, le tyran des temps passés ^\] qui puisse parler d'uue manière plus révol-oi tante?

' Comme le noble lord, je dirai, en répétant" 966 propres paroles, aBn de n'en pas affaiblîm;! le sens : stm

« Il est dans ce pays une classe de personne» ■ I *qui spéculativcmeut désapprouvent le sys-M J

• terne de notre Couveraemi-nt, et il en exis-i>J

• tcra toujours tant que nous joLiiroas de lit^V

»lllirrté;carc'e8tun des caractères de la libère. ' »de difFérer sur des points de matières spécu** ^ • latives, »

Personne ne peut douter de celte Térité b 1 du moment qu'elle sera mise en question, et que tes opinions des hommes dépendront de la volonté des ministres , de ce moment , dis-je, c'en est fait de ta liberté nationale. Notre cens** j tJtution n'a pas été faite en un seul jour; c'es^ j le résultat de ta sagesse et des progrès de l'e\*' périence. Elle nous parait parfaite; personne n'a de doute à cet égard. Nous devons jouir t de la sagesse et de la prévoyance de nos pères. ' C'est à nous de la montrer aux nations éton-nées dans toute sa perfection, comme un modèle de la sagesse humiiine. Rejetons toute espèce de perfectionnement; car désormais ilé.i Bonl impossibles, ils sont inutiles : que per-' sonne n'ose toucher à ce grand œuvre do.

l'homme; il est comme l'œuvre de la Divinité,.parfait dans tous ses points; il ne peut ni s'amè:<\ lîorer, ni se détruire

Tel est cependant le tangage que nous osons tenir; nous faisons plus, nous frappons d'aoathcmc tous ci;ux qui osent penser autrement. :

Voici, Monsieur, selon moi, ta crise fatale et alarmante où nous sommes arrivés : il s'agit-j de savoir si nous donnerons au Roi et à soa gouvernement un pouvoir aussi absolu sur

notre propre opinioD; si nous abandonnert^v toutes nos fncullés iiitclkrctuetics pour i repost;r sur celles di^s ministres, ou si i maintiendrons encore qu'eu Angleterre homme n'est criminel que par ta déclaration de ta loi.

, C'est là ce que ('appelle une crise plus c£r frayante que Joutes celles que nous préseafi^, notre histoire. Je n'ignore pas, et mon exp^ rience me dît assez que j'avance en cet instant une assertion que Vou peut envisager comme très-impopulaire : ce n'est pas la première fois que' je cours ce hasard; mais, comme en 1783*je suis prêt à résister à cette opinion généralfr qui semble aujourd'hui adopter le&hautesdofr trines. comme alors elle avançait que je voQit lais sacrifier le peuple aux intérêts de la co»>>' ronne. Je ferai en ce moment ce que j'ai fuit alors; et, comme à cette époque, j'agirai dans la ferme conviction que le temps me rendra iustice. ,,|

. Je n'ignore pas toutefois qu'il y a des socié^« où on a publié des opinions et établi, par des pamphlets, dea doctrines tendant, si vous Ift voûte?., à renverser !e Gouvernement; mais je dis qu'elles n'ont rien fait en cela d'illégal ; car les pamphlets n'ont pas été réprouvés par la loi. Montrez-moi celle qui ordonne qu'on lea brûle. S'il est donc vrai qu'il n'y a pas de loi

( »99 ) pour ]a Hprcssion de ce quon appelle un délit, il n'y a pas de délit. C'est violer la lai que d'agir sans son autorité; et cepeuciant a volé, sans cette autorité, qu'il y «vait criQj niinalité. ' M.

Que dit la loi? Si une doctrine est publiéfl^ tend.inte à renverser la constitution, l'KglMe et l'Ltat, le procureur du lloi doit intcrveoir et se saisir de l'affaire. Qvi'a-t-ou fitït? I)e votre propre autorité, vous avez supprimé ces écrits, et par-là vous avez rendu chacun inquisiteur, juge et espion. Votis avez armé le p^Te contre le fils, Je frère contre le frère, et vous [n'étendez de cette manière nkiintenir la paix et la tranquillité ! Bans tous vos actes, vous avez négligé le premier principe de t<Hil gouvernement légitime, les droits tlu peuple; et, sans une cause réelle, vous répandez t'aJarme, aGa d'autoriser ee que voua av«z fait. 11 s'ensuit qu'un parti extrême conduit niiturellement à un autre extrême. Ceux qui sont épouvantéa du républicanisme cherchent un abri près du trône; mais aussi ceu\ qui désirent des réformes et qui sont calomniés, sont conduits par le désespoir au républicanisme. Voilà le vrai danger que je cj-ains.

Telle est cependant la manière dont sont, égarés des bonimcs qui répugnent autant à> l'idée du républicanisme qu'à celle du despo-

( Sm )

tisme. Le nombre de ceux <fiiî. malgré cela ont su jusqu'ici pr<^9erver leur pays «le toiW ces dnDgers dimïuue tous les jours , je siiis U ehé de l'avouer; mais,' qu'il me soit pcnnîs le dire, le nombre n'en sera p^s tolalemi éteint lant que ma faible voîx nie permettri de ni'oppoBer àcu* datigcrs; il existera ai moins un homme qui franchement ■vouflra bien de son pays. Jepuisêtrcacciiséparunci de cette Chambre, peut-èlro blâmé par l'autr) on peut empoisonner mps intentions; tôii)aui ost-il vrai que, malgré tout le prix que je mel à la popularité, et h la bonne opinibn de m( concitoyens, jamais on ne réussira, par auCUl sorte de tentation , à me joindre à une social qui aurait pour but le renversement de constitution. Seul, s'il le faut, je saurai résii 1er à tous les projels d'une théorie exagéré) comme aussi à toutes les monstrueuses \nv quités des nouvelles doctrines. Je sais que lé' dernier de ces cas est plus à craindre que le premier; je reconnais que la proclamation de ces doctrines est faite pour jeter une alarni^ générale.

Il existe des associations dont les vues ni sont pas déguisées : l'une d'elles , a pour prii cipe de défendre la liberté et les propriété! contre le système républicain. J'applaudis si(icèrement à cette intention; mais les moyens'

de

(Soi )

^^elte .einphrie so&t de nature à effrayer; et ^ t:;ertes , ànn% le cours du siècle présent , le langage qu'elles tiennent aurait été accusé de iiaute**tsahison. En 1715 et 174^, la personne qui aurait osé -dire que les rois recevaient leurs pouvoirs de Dieu , aurait ^té poursuivie pout àirimé de lèse^-majesté; et, ]e le demande « si iei même c'est un bon moyen d'inculquer les principes delà vér itable^oyauté ? Non , certesi^ et la nation a un meilleur motif , de loyauté envers la maison de Brunswick que le droit divin; car les princes qui en* proviennent sont ses souverains par s» propre élection. Ce n'est pas un objet de superstition; c'est l'objet de son choix ; c'est la source la plus pure du pou*» voir royal /la volonté générale; et ce -choix a été' confirmé par l'expéri^uce , parce, que la maison dé Brunswick s'est toujours vessomvenue des principes d'après^ lesquels elle a- reçu la couronne. . /

• Mais, Monsieur, n'estai pas étonnant d'entendre médire autant du système républicain, au moment même où nous sommes appelés à protéger la république de Hollande? Dire hs(u<tement que les Rois ne gouvernent que par le droit divin , peut indisposer fortement contre 'nous et lesf porter à ne pas recevoir nos seeours« Us peuvent ne pas vouloir recevoir un amiral ou un général qui étant nommés par un^ftoi^

( 5oa )

dont la puisâSDcc est divine , pcuveat pai^la| «t son honneur et sa disposition à ne. pas re^ i:onDaitre d'autre forme de goiivcriiciuent.

Certes à parll'absurditùde protcaser une tella doctrine, il est bien impolîtique de la loi trer » nos loisiiis.

Si un gouvernement veut être respecte faut qu'il agisse avee la plus grande itnparl lité , et montre qu'il est tout aus»i dispoi préveDirlitpropagationdedoctriuesinjurîou!

aux droits du peuple, que eelle qui attaqi rait la couronne.

Quand î'ni entendu annoncer que la milice était convoquée, |'aî été, je l'avoue, effrayé. J'ai pensé qu'il était arrivé des preuves de noi velles ÏDSUrrecttous , et peul-étre d'une iai sîon. Mais quand j'ai appris que les trou| u' étaient; pas destinées pour l'Irlande ou l'E» cosse, mais pour entourer Londres, j'ai vu immédiatement qu'il y avait un objet perltde. Mous avons tous des moyens de connaître la Térité de ce qui se passe à Londres , et tout aussi bien que le lord-inuire nous sommes à même de savoir si uu objet qui noua intéresse autant que la tranquillité publique cal ou nos eu danger. Une insurrection ne peut avoir lieu sans que nous en soyons tous instruits. Je le répète donc , il y a intention coupable à vouloir noua k faire croire. Je ne suIk pas habitué »

teUs

dire ici des cfaoses en lair , je répète dontt qu'il y a un projet perfide. >

Mais , Monsieur \ il est de notre devdir .

d'examiner la irérité dç mon assertion.

- Sans doute nous reconnattrons comme j'en Suis CQQveDU dé)à^ qu'il eiiste des sociétés qui se plaisent à entretenir des idées spéculatives fantastiques ; qui portent des toasts peut'-étra blâmables ; mais^klà à une. insurrection H y a loin encore i et surtouS quand ii à'agit, comm^ on voudrait nous k.fiiire penser , de renverse? le Gouvernement , je nie ^ fait* • Maintenafit , s'il' y a fausseté dans l^ssertion des min^tres , examiopns quelle peut en être l'intention. La nation doit-elle être tellement dans les maiois de ce» ministr^es qu'elle doive à leur gré se réjouir ou trembler ? Boivent-ils I4 traiter comme -certains hommes- sont habi-» tués à traiter leurs femin.es on- leurs maîtres*^ tes ? L'alarmer parades histoires faites A plaisir et se complaire dans son effroi et dans ses larmes? Pensent -ils que des inquiétudes réf pandues avec intention, porteront cette nation généreuse à laisser exhaler sa loyauté pour un

Roi qu'elle chérit» et qu'il poifrra.en: résulter qudques reflets heure^ix et/ bien^eijlans sur ceux qui SQût honorés de sa confiance ? Us pourraient se tromper, les ministres, et en lii^bituant le peuple à une crainte imaginaire ;

ils pourraient le rendre inaccessible au dani véritable.

S. M. nous a parlé de l'appréhension de guerre ; je ne traitenii pas ce sujet en ce tn<i/ ment; désinint me borner uniquement à l'objet qui m'occupe, jedîrai seulement que jamais peut-être nous n'avons eu de plus juste sujet de désirer la paix . jamais peut-être il n'y a eu si peu de motifs de rompre nos rapports avec la France et les autres nations. Toutefuis je ne pense pas exactement comme le noble lord sur la convenance de prendre la rùsolutiun de ne jamais faire la guerre à moins que nous ne soyons attaqués ; mais je désirerais que quelqu'un fit une motion pour exprimer notre désapprobation à l'idée de faire la {guerre si nous pouvons l'éviter. Personne ne doit s'effrayer défaire partie de la minorité , c'est la minorité qui a sauvé le pays d'une guerre avec la Kussie, et sûrement c'est notre devoir notre politique de chercher à écarter de noi pays une semblable calamité.

Nous nous ressouvenons tous qu'en 1789' l'Espagne nous a provoqués par une insulte, et cependant quoique ce fût une aggressioa réelle , nous n'avons pas fait la guerre sai considération ; une négociation appuyée d' aruicnient a eu lieu. Nous avons négocié et éyj H' la guerre. Pourquoi dédaignerious-nous

(So5 )

toégocîtT aujourtl'hui ? Pourquoi? Parce que nous n'avous pas de ministre à Paris. Et pour* 1 *juoî? Parce que la France est une rcpubliquct Ainsi pour ce motirdecouaid^ration de formes' nous devons dissiper noa trésors , répandre le Cang de nua concitoyeua. Certes , s'il existe dea méconlvns dans ie royaume, cp. moyen est le ^luB propre à les enflaminer. De quelle importance est-il pour une nation de savoir quelle est la forme du gouvefncintnt d'une iiatioa:

avec laqnelle on a à traiter. Ceux qui gouveri. heiit. quels qu'ils soient, sont lea personnca avec lesquelles on doit traiter. N'ayant rien i rechercher dans l'administration intérieure d'un état indépendant , le moyen de traiter est < simple et direct.

Veut-on prendre pour prétexte l'ouvcrturi de l'Escaut? Jamais )e ue croirai que ce soiturt motifvéritable. Je doute même que ce prétexte puisse être approuvé des Hollandais. Quelle a été la conduite des Français même sous leur an^' cieu Gouvernement , dans lequel l'avantage de la nation n'était compté pour rien ? L'Empereur menaça d'ouvrir l'Escaut en 1786. Les Français ont-ils déclaré la guerre pour ï'y opposer? Non . ils ont entamé une négociation et l'oatSl empêchée en traitant. Et pourquoi ne ferions* • nous pas ainsi ? Parce que la France est un« république. Malheureux Français 1 Inconsidé- T. X. ao

f 366 ) rés politiques! Pourquoi ati lieu de briser ] ptiiole sacrcb de Ueîms , ne rave2-vous pas répandue sur voire pouvoir cxéeutif , alîn que loutes les puissances de l'Europe pussent traiter avec vous plutôt que de vous faire la guerre par l'horreur que leur inspirent toutes rcla-^ lions avec vous! Combien vous vous êtes abusél quand vous avez pensé que les préjugi^s déi siècles passés pouvaient disparaître avccrigndd rance, et que les Etats étaient enfin parvenu à la raison 1

Cette digression m'amène , Monsieur, â 1 question qui nous occupe , savoir , si on devaiç? ou non accepter l'adresse proposée.

. Je désire que cette question soit soumise i la conscience et à l'honneur des membres d^ cette Chambre, afin qu'ils déterminent si cen'est pas réellement servir la cause du républicanisme que de plonger la nation dans une guerre qui donnerait à la couronne le moyen d'arriver au but qu'il semble se proposer.

Faut-il déclarer cette guerre sans savoir réellement s'il existe des causes de craindre une insurrection dans notre intérieur? Pouvonsnous entraîner nos cotumeltans à l'obligation d'une soumission aveugle . sans leur avoir prouvé avant qu'il j a eu des causes pour autoriser les mesures sévères du Gouvernement?

Si nous voulons que les lois soient respectées

( 5o7 ) par le peuple , il faut lui montrer qu'elles le soDt aussi des classes supérieures. Si tous ne prouvez pas à ce peuple qu'il existe réellement des insurrections, vous ne pourrez jamais lui persuader que tous n avez pas agi illégalement ; et alors , comment attendre l'obéissance aux lois quand on les viole ^oi-méme? Quand vous établissez la ratio suasoria au lieu de la ratio justifica, le peuple discernera facilement la fausseté de votre logique, et expliquera en bon anglais la véritable cause de votre prétexte.

Ut amerisy amabilis esta,

est une vérité aussi puissante en législation et en gouvernement que dans la conduite privée.

Le peuple ne veut pas se laisser tromper : il demandera toujours, en regardant autour de lui, où donc est le danger? est-ce en Angleterre? Il y voit les expressions de la profonde loyauté, et ne pourra envisager que comme une fausseté lies prétendues insurrections.

En Irlande , vous savez qu'il existe du danger, mais vous n'osez pas l'avouer; c'est ainsi que vous avez, dans ce pays, prorogé le Parlement le 17 de ce mois, pour n'être réuni que vers la fin de janvier pour les affaires , quoique vous sachiez qu'une formidable convention , je* dis formidable; parce que, selon mx)i, rien

( So8 )

n'est plus Tormidable que la raison, la yérm et ta justice, vous obligera bientôt d'accédâ aux deinanded que la nation a le droit de yofl faire. Ainsi, tous vous êtes prives des nioyei d'accorderaniicalement ce que vous serez fora d'accorder à des sujets aussi attachés à !ei| Koi que tous tes autres sujets de ce royauraB

11 est donc vrai que, tandis que les demandé) de tant de millions d'individus sont repouM séee, et qu'en outre de leur position pénibnl ou les insulte par l'assertion imprudente d'u^ J ascendant tyrannîque.on enlrelient une alarmv'l funeste sur des troubles en Angielorre qui n'otitT aucune existence, inaïs qui donnent le prétexte I d'assembler le Parlement extraordinairemenl I aHn de vous engager en réalité dans uinl lutte étrangère. Quelle sera la CDnséquentjl du jugement de ce peuple:' Qu'il reconuaitÀfl qu'on l'a trompé, et que ce n'est quune mai^ iiœuvre minislérielle. Les ministres avouerontils la vérité? Diront-Us qu'ils avaient besoin d'un prétexte pour assembler le Parlement?

Pour cela, il faut qu'ils se déterminent à en- ; courir l'indignation de la nation.

Et cependant nous entendons des personUEni vanter leur vigilance ! • ■

Examinons maintenant quelle a été ce^V Tigilanee. ■ f

Ces miuîslrus Ttg;ilan5 ont vu, <jug dis -je ,{1

DQt espéré que la Fniuce nllait être sacrifiée aux Torces K^unics dd'Autricho et de la Prusae, deux puissances dont les forces sont les plui redoutables à l'Au^'leterre; mais ils ne redou> teat pas ce danger, quoique, réunies ainsi, clleA puissent devenir puissance maritime. Ils n'y ont TU aucun danger, même apics l'abandon dé la Pologne, parce que je suppose qu'ils pcn-^ sent que quand Oczakow est perdu , la bulance « ije l'Europe n'existe plus. Ils ont aliimdonnS la Pologne sans égard à la hunte qui devait ea Rejaillir sur eux de la part de l'Europe entière; Je sais bien qu'en général, ils sont doués d'une - ]>ien grai>de duse de complaisance pour eux- fuémes. Mais je suis trop vrai pour leur cachée qu'il n'en est pas un seul parmi eux qui ait '■ un talent assez remarquable, eu fait de polt'^ tique, pour attirer l'attention, et surtout 1»» confiance de l'Europe. S'ils veulent encore nous parler de leur habileté et de leur vigi*' tl lance, je leur dirai que la reddition d'Oczakow ■« aurait sauvé la Pologne; )c leur dirai qu'Us ne 1 font peut-être pas assez d'attention à l'union * de la Prusse et de l'Autriche. Je leur dpman- <rj dcrai s'ils ue craignent rien pour la Hollande et le Brabant, tandid que tous les amis de 1^ * liberté se réjoulsscuL de la retraite du duc djf" J BruDSwicK devant les armées françaises. Je les ' ^uestioDoecai pour savoir sic' estde la vigilance

que de ne pas pPL^oir les oons^cpjcnces dé celte retraitp, et de ne pas envisager avec effi l'ardeur des soldnts animés de l'esprit de Iierté? Il me semble que la but;ii|le de Jpi mapes peut avoir montré à ces ministres vi ïans tout ce qu'ils ont à craindre. Cette batailn a eu lieu le 6 novembre , et le même jour, lé GouTernement des Pays-Bas a pris la fuite."

Et c'est sur ces ministres vigîlans que nous devons reposer noire confiance , ils comptedil sur la loyauté de la naltou pour accorderleur système (es sommes dont ils ont besoll Pour y parvenir que fonf-ils ? Ils tout rechei*j. cher dans l'histoire les fraudes nrluïstériell qui ont obtenu dos succès. Us trouvent le règne de Charles 1 1 , celle du prétende complot des papistes qui a si mervi/îHeuS^ ment réussi. Ils savent bien qu'aujourd'hui rien de semblable ne peut arriver ; mais ils espèrent néanmoins dans- l'aversion où on est généralement contre la république. AloriF' comme-aujourd'hui, les dissidens protestt étaient un objet de terreur , et tout était employé pour provoqueriarageel l'ignorance des temps lefe plus barbares. Cette fraude aujourd'hui comme alors a réussi ; beaucoup de honorables amis sont tombés dans le piège' et'lâ proclamation, mesure la plus caiamiteuséf a reçu leUr approbation. Je ne puis décrire

( 5'< ) micnx cette calamité qu'en lisant un passage d'un historien célèbre, BaJph, sur tes conséquences fatales de la ruse du complot des pa^ pistes; en comparant mes amis dans cette circonstance au célèbre lord Ilussel du «e tempslà , il me semble que je ne puis pas les mieux traiter , et en même temps donner un tribut trop juste à la mémoire de ce personnage distingué. Comme lui, leur intégrité et leur attachement à leur pays les a fait donner dans l'erreur.

Ce passage est ainsi conçu.

• Mais il jf avait des personnes disposées à rc-

■ connaître des talens à ce Oala toutes inipar- • faites , chimériques et ridicules qu'étaient ces j notions , on pensait qu'il était convenable

■ pour allumer le flambeau de discorde qui «devait embraser tout le royaume ; chez les luns c'était faiblesse , chez les autres crime.

■ Les premiers pensaient que le plus grand de iitous les malheurs était le danger des papis-

■ tes , et en exerçant un système de persécution

■ ils pensaient que c'était sauver la nation ; les

■ criminels, au contraire, étaient les grands •» politiques de ce temps , considérant les Rois , mon pas selon ce qu'ils étaient, bons ou mé- >chans , mais sous le rapport de leurs projets. B Avec ces données , le complot a été formé et 1 a servi soiis ce rapport leurs intérêts. ■>

( 5lA

Maintenant , qu'il me soit permis de le dire à mes honorables amis. Us doivent rétléchir aux conséquences de leurs erreurs , ta position est la même. La mesure prise par la proclamation a. échoué. Qu'ils évitent à l'aveuir d'étro une seconde fois trompés , et qu'ils reconnaissent la nécessité de l'union par l'expérience des avantages qui en sont résultés , qu'ils se ressouviennent de lu manière dont lea ministres actuels sont arrivés au ministère, qu'ils se rappellent les efi'orts qu'on a faits pour nous désunir, et aujourd'hui que la mesure de la proclamation est annuelle , qu'ils prea-ment les moyens de ne pas retomber dans pareil piège.

Je suis loin d'approuver les déclaralioi qu'il est de mode de signer en ee momeol Celle des négocians de Londres me parait néanmoins la mieux calculée pour recevoir l'approbation des bommes constitutionuds î, mais on entend et on voit des choses si vii lentes, des mesures si blâmables , qu'un homi qui chérit la paix et k tranquillité ne peut pga. y souscrire.

Un noble lord (M. Fielding) pour qui | le plus profond respect, nous a dit qu'il aval l'intention de demander la suspension de r/ia*>< ^eas corpus : j'espère bien que non. Malgré; tout mon respect pour lui , je resterai lidèle

ire

en-, J|

mon devoir. Je m'opposerai toujours à loulo espèce de mesure de cette nature, cominB élant4 ' des plus dangereuses.

Mais, dira-l-on. que proposerez- vous de»!

faire dans un temps d'agitalioii comme celni-cid* f A cela, je répondrai franchement; s'il existai 1 réellement une tendance au mécontenlcuientt I de la part des disaidena, comme se croyant* | injustement calomniés et maltraités, alors, )<it-J rapporterai do suite l'acte du test, et je déi>t truîrai par-là toutes les justes causes de plaipteskd de leur part.

Si , d'un autre côté , il est des personnes qui» ^vraiment sont disposées ati rcpublicanisme, i CD pensant que le gouvernement représenta-) tif est plus parfait dans une république. J'améliorerai la représentation de la Chambre defl4 Communes, afin de montrer que cette Cham-^l bre , quoiqu'elle ne soit pas le résidtot de chois ^ f universels, ne peut avoir d'autre intérêt qua> / ■de prouver quelle est la représentation da»

■Jtous.

S'il est en Irlande, en Ecosse, ou aitleurft'^ àe& raécontens, en raison de quelques privilèges et d'injustes préjugés, je rapporterai les *■ lois pénales comme étant la honte de noa-ill lois.

Enlin, s'il existe d'autres plaintes, je cher- ' Vherai à les prendre en considération et à en

i-éparer le mai s'il est bien prouvé; car, avant tout, je voudrais écouter les plaintes. Mais j'annoncerai publiqncmeut que. partout où un homme aura 4 se plaindre, il peut librement venir à la barre de cette Chambre y développer les motifs de ses plaintes . et , dans tous les cas, chacun devrait être cou-

- vaincu que les ptatiiles reconnues véritables seront toujours réoulées et redressées. Telle est, scion moi, la proclamation que je feraU, tels sont les moyens que j'accorderais au Gou,^ ' vernement. >

Au lieu de cela, qu'arrive-t-il, il faut cacher «es plaintes, il faut retenir les connaissances

1 -que l'on a des choses; il faut, pour ainsi dire, ne pas lire et ne pas penser, et d« même qUe

* pour tuer une perdrix, il faut prouver i oo 1. st. *le revenu; de même pour penser, lire et paEt^ 1er, il faut justifier 20 ou 5o liv. st. par afA}

Dans la cité de Westminster, les plus es- - travagantes résolutions ont été prises paroles as- *' semblées de paroisse; malgré toutes les oblir

* gâtions que j'ai à ses habitans, je ne puis me I • taire sur la singularité de ses résolutions : elles

' sont toutes opposées aux lois et à la constitua tion. Tantôt on a établi un registre où doit être inscrit le nom de (ous les étrangers vir -vaut dans une paroisse. Tantôt les maîtres de lieux publics sont menacés de perdre leur

( 515 ) licence, s'ils souffrent qu'on lise dans leurs maisons des iournauTc réputés par les uns comme séditieux. Grand Dieu! où donc estlaC^ justice de cette loi? Jai toujours pensé quriJ rien n'était plus délicat que l'exercice d'util pouvoir discrétionnaire donné à la justice re- | lativement aux licences , et que par-dessus tout il était expressément défendu de mêler des motifs politiques dans la délivrance qu'on peut en faire.

Ainsi, eux aussi ces maîtres de cafés et autres lieux publics, deviennent des juges de libelles. JVul journal ni pamphlet ne peut être lu, à moins qu'ils ne soient exempts d'idées séditieuses. Nulle conversation ne sera soufferte, hors celles qu'ils jugeront loyales. D'après quelles règles doivent-ils donc agir? Est -ce d'après l'avis d'un de ces jourqpux, qui dit que si Pélhîon , le maire de Paris , avait été assassiné pendant son séjour en Angleterre, tout aurait été pour le mieux, et que l'on pourra it regarder comme un excès de vertu d'exterminer tous les dissîdens ! IVous dira-t-on que des écrits semblables sont innocens et dignes de louanges, tandis que toute espi'ce de discussions sur la constitution dans des sociétés politiques (et jamais je n'ai vu, dons aucun temps, Londres sans qu'il y ait de ces sorttes de sociétés ) doit être arrêtée , les papiers saisis

et regardés comme des Ubelles. Quelles Btront cependant lus congéqiienccs d'une semblable doctrine ? Que tout ce qui est une marque dç désapprobation de la conduite des aiiuistrea, doit être considéré comme libelle et séditieux. J'aime et je chéris uoire constitution telIO' qu'elle est. Cela pour moi est devenu non-seii; lement une habitude ; mais d'après la convii tîon où je suis, cela est devenu aussi uu besoîi Je sais qu'elle tend à rendre tout le monde' heureux; qneles trais branches qui la composent, le Roi, les Pairs et les Communes ne peu-- Tent être attaqués sans que la nalion entière nesoit dans le plus imminent danger. Je sais quec'est le système le plus heureusement con^.

biné pour l'Angleterre;, car, comme le uoblf^ Jord le dit , la nation le trouve ainsi, et c'est euidc le plus certain pour un CouverucmeDi Convainc» donc comme je le suis qu'il est notre devoir, pour maintenir la tranquillité le bonheur du peuple , de préserver cette coni ^îtulion de lonle espèce d'innovation, je peni néanmoins qu'elle n'est pas plus à l'abri que toute autreinslitution humaine d'être détruite; en conséquence, je crois que nous devons redoubler de courage , et que le peuple lui- ^ème doit augmenter sa vigilance pour empêcher la chute dont toute espèce d'édifice est menacé par le temps. Je pense aussi qu'à forci

de nous présenter des alarmes Tûtes d'abord pourclïrayer la loyauté, on peut finir par nous y habituer, et nous jeter dans un état d'en- , gourdisscment tel , que cette constitulionf J puisse elle-même tous les jours en être at^ j teinte; que sous le prétexte de la préserver de» I républicains, noiis courrons le danger de Id laisser trop exposée à l'autre parti extrême J que l'influence de la couronne doit en profiteil pour accroître sa puissance au détrimetit dé 1 celle de la Chambre des Communes. Enfin JB j pense que le moment est venu où les attaque^ J les plus dangereuses peuvent être faites dtoiifi • nosdroits; et, pour s'en convaincre, je demande 5 à mes collègues de jeter les yeux sur tous léi ' actes du ministère, et d'y reconnaître ledésit de dégrader la Chambre des Communes aux I yeux de la nation, et de diminuer de jour ei ■■ jour son influence et son pouvoir.

J'observerai que ce n'est pas du commence^ ment de leur administration que cette conduite s'est niaitifestée ; au contraire, cela à augmenté graduellement, et tous les jours leurs \oix se sont élevées contre le vœu de la Chambre, et aujourd'hui c'est sans le cacher que cette disposition a été annoncée dans la question de la guerre avec la Russie , question où les ministres ont amené la partie de la Chambre t[ui les aoutii.'Ut à se rétracter et à reconnaître

que son opinion à e}le-méiiie n'était pas d une grande importance.

Le ministre semble dire : <r Je ne m'inquiète i>p^s de ce que la Chambre peut penser; j^ » veux agiter la nation; )e veux voir si on osera » se prononcer contre moi ; et , quant à la 9 Chambre des Communes , si dans l'excès de » sa confiance aveugle en moi , elle est amenée » à dire une cl^ose un jour , )e lui ferai dire le » contraire le lendemain. »

. Tel est le véritable sens de la conduite de l'honorable membre que je trouve si dange* reuse pour notre constitution.

Mais à quoi cela tient-il? à reconnaître que la Chambre , comme le dit Thomas Payne ef; d'autres écrivains de cette sorte , n'est pas la représentation nationale , le véritable organe du peuple. De* la même manière, les auteur»

peuvent attaquer nos tribunaux^ nos jurys; ils peuvent dire : .

ff Ne me présentez pas le jugement d'une 9 réunion de douze hommes sur mon livre ; » ne me parlez pas de l'opinion des tribunaux. » Je rejette tout jugement qui ne vient pas du • peuple; qu'il soit mon juge, et il applaudira » à toutes mes do^ctrines. »

. Je demande si un pareil langage n'est pas la conséquence de tout ce que nous sommes .forcés de recoiwaitre.de la part de^ ministres?

(3.9) J ai rempli mort devoir; j ai osé, sans craîncire la fureur du moment qui va se diriger contre moi , donner mon opinion ; je Tai fait entièrement , peut-être même en abusant de la patience de la Chambre.

( On crie écoi^tezl écoutez ! La Chambre garde le plus grand silence. )

J'ai osé vous mettre en garde contre le danger de reconnaître , comme on vous le demande , qu'il y a insurrection , et vous ai demandé avant de prendra cette décision, de faire toutes les enquêtes nécessaires. J'ai demandé qu'avant de nous entraîner dams une guerre fatale , on nous' fît bien connsA^ la situation réelle du royaume , afin de nous éviter la honteuse démarche de nous rétracter d'une mesure que nous aurions ado|Plée, comme déjà nous l'avons fait. Je terminerai maintenant et en conséquence de ces principes, par demander qu'il $oit introduit dans l'adresse au Roi, après ces. mots :

« PouT reniercier S. M. des paroles royales

• qu'elle nous*a fait entendre, » ceux-ci :

€ Pour exprimer à S. M. notre attachement sa la constitution, la persuasion où nous » sommes de la nécessité de sa préservation 9 pour le bonheur général , et notre détermina-

• tion de la maintenir;

( SdO )

% Qu^en cotlséquence de cette détertnioation^ i^nous voyons, avec le plus profond chagrin « »les mesures adoptées par le Gouvernement f «-et que la loi n autorise qu'en cas d'insurrec-« » tion^ ;

» Que notre réunion , ordonnée d'une ma-- »'nière nouvelle et alarmante pour la nation ^ »nous mettra à même de reconnaître la néces-'- >4ité de ces mesures si elle existe, désiraUt^ »comme nou3 le faisons tous, de donner Une • nouvelle force aux lois du royaume..» .

. L^aitiëtidemeiit de Mé Fox est repoussé p^v il. Vfyn* iiiàxa y M. Bjiirke 9 M. Dundaâ.

11 est appuyé par M. Orey , M. Shéridan, M. Té Grenville et M. Ërskine*

Plusieurs orateurs se féunisseiit pour dematider à M. Fot de retirer sou amendement. Il pen^te cepen** dant, et dit. qu'A n'est plus possible, après ce qu'il a avancé y de prendre en considération le motif de» mé-' nagemens.

A trois heures du matin on met aux voix l'adresse telle qu'elle a été proposée par le lord-maire^

Pour , 5904 Contre , 5o.

14 Décembre^

Coi?TINUATIOir. /

A la seconde lecture du rapport sur Tadresse votée & là dernière séance ^

M. Fox dit:

Monsieur,

Je reprends la parole sur cette question^ comme si c'était la contloiiation de. la première discussion. JTça profiterai pour répondre à ^elques argumens qui ont été dirigés ooïitre moL

Ou m'a blâmé d'avoir proposé un amende* ment à l'adresse quand l'unanimité est si né^ ^essaire. J'avoue que j'ai agi selon monopinipm Je suis fâché si d'autres agissent en conséquence du besoin de cette unanimité. Les mêmes personnes qui me blâment ainsi , ont loué les ministres de rester neutres envers la France; je les blâme , moi , mais c'est par un touti autre jnotif que d'autres. Je les blâme tellement que je panse que la Chambre deà Çommuiies df^

wait les mettre en état d'accusation. Je IrouTe que du moment où ils ont eu connaissance qu'une ligue était formée coutrc la France, ili auraient dû olTrir leur intervention. La Frani^l avait pour cUe la justice de sa cause; et, par ' une négociation adroite avec les puissances de l'Europe, nous aurions pu prévenir les scènes horribles qui otit eu lieu, et éviter d'être réduits à la position où nous en sommes; nous aurions montré à l'Europe l'exemple de la modération^ de la justice, de la dignité d'uo grand empire. Telle est mon opinion relativement à la conduite que noua aurions dû tenir, et tel est le contraire de ce que les ministres ont fait.

Toujffois ce mal tournera à un bien général ; il peut apprendre aux hommes les plus ambitieux qu'il existe une énei^ie pour la cause de ta justice , que rien ne peut altérer. Dieu merci ; la nature ne se dément pas. La tyrannie a été vaincue, et ceux qui ont combattu pour la liberté restent triomphans.

Toutes les personnes qui ont appuyé les mesures des ministres, ont dit que la France avait des vues d'agrandissement et de conquête générale. S'il en est ainsi, pourquoi donc remercier les ministres de leur neutralité, tandis qu'ils auraient dû s'opposer à ce principe.

?f«n, ic préteûUs qu'il «si, impossible

jprouver l'adresse proposée, sans ua âbatidbti jgénéral de tous les iatc^Téts iiatioQuux. ,

£t toutefois je supplie la Chambre de bîeil entendre que je suis plus loin que qui que cb soil de dire que le système d'agrandissement de la France doive èlre pour uous un objdt.

ùidiiTérent. Maïs le fait est qu'elle s'est agrandie, qu'elle a répondu à l'exclamation d'ua honorable membre qut^ dans la dernière aeaeion , s'écriait ;

■ 11 n'existe aucun danger du côté de l'Eu-

• rope; et si je jette les yeux sur la carte, j'y

• aperçois un vide que l'on appelait autrefoi»

• France. -

Ce vide , il faut en conveoir, est aujourd'hui Irempli ; il ne peut plus être dit :

Cailos otim ietio fîontissei

Je pense que cette nation doit devenir tous les jours plus formidable pour nous. Jadis elle l'était par son alliance avec l'Espagne et l'Autriche, Aujourd'hui, avec des finances épuiséesj sans liaison aveC l'Espagne , et hostile à l'Au' a friche, elle est devenue mille fois plus formi^ j dable. Son esprit de liberté la rend plus fortê'l que jamais. Tous les habitans de l'Europe qui, ^ connaissent cet esprit de liberté sympathisent avec la France, et forment des vœux pour ses succès , qui la font s'aff'raachir de la tyrannie

s'approprier un gouvernement sage

libre.

Mais, dira-t-on, ta France est loin d'avoir Gouvernement libn

Je répondrai avec les expressions d'un auteur remarquable, qu'un Gouvernement libre est celui dont la pratique convient au peuple qu'il gouverne. Cessons de dire et de vouloir faire croire que nous jouissons seuls d'un Gouvernement libre, que nous seuls en sommes dignes. La liberté n'appartient à aucun p^ys; c'est l'héritage de tout homme sur le globe , et partout où elle existe elle produit les mêmes effets.

D'après ces considérations, je suis loin de penser que notre conduite ait été ce qu'elle de vrail être. Nous aurions dû reconnaître immédiatement le Gouvernement français, et rechercher tous les moyens de faire la paix. Nous aurions dû envisager toutes les conséquences de la guerre , apprécier toutes les ressources de ce pays-là, et voir tous les moyens qu'il a de former des alliances; nouS aurions dû porter nos regards sur l'Irlande , et ne jamais nous permettre, comme nous l'avons entendu hieid'un honorable membre, qui, par sa position, doitavoir quelque chosed'un homme d'Etat, de dire qu'il est illusoire de parler de l'irlinde- Quoi ! l'Irlande

( ja'â' )' il s';igit de la guerfe ! Elle le doit , sans doute-, '■ et de la manière la plus solennelle.

Le temps n'est peut-être pas éloigné où d^l I ministres ne ferout pas- la guerre spulemenA 1 per la pTérogatiTe. de la couronne; ils pensiff-»rorrt plutôt que l'assentimput d-u P<ir1ementl I est aussi indispensable que la ¥0*10016 de \d^\

DBtioD.

Mais enfin cette question reste à déciderai savoir . si ou fera la ffuerre? et. dans ce c«ïv' 1 si ce seront les ministres actuels ({ui la cou^t I duîront? Nous examinerons l'effet que notrir^ I décision doit produire parmi les cours do l'Eu-'» 1 rope. QueHe est celle qui s'accroîtra par cgHc ■ décision de qotre part; ou qui se IronTppf^l domptée par l'effet de iio5 mt:naces, après cov I qui nous est arrivé a-vcc la Russie? ^Il

Us'agira de savoir si nous pouvons compter* 1 sur nos alliés, et s'ils doivent compter sur nouBi* Pensons à la retraite du duc de Brunswiuk.

Maintenant examinons la cause de la guerre.- 1 Celle qui est apparente est l'invasion de la Hot-> lande par les Français. On sait que dans cef.J pays il existe des personnes qui sont opposéatf.-J »u gouvernement du Stathouder, et que \tf*t nombre en est assez considérable. Il est dilHi^^ eiie de supposer que ce parti accueillera favoM ' rablcment l'idée d'une guerre ; Oiûison compte beaucoup sur Amsterdam. Les principes ar

tocraliques de celte cité sont d'accord avec tn^ guerre, et l'ouverture de l'Escaut procurera à, l'Angleterre des secours effectifs d'Amslerdam. fe denaandc la permisBion de faii'e observer ^, ceux qui parlent ainsi que la cause du Bn bant est encore là. Le clergé de ce pays dirigeait le peuple n'était pas ami des Fraaçaîs . et cherchait bien à les faire repousser dans le progrès de leurs armées. Celte aristo-. Cratie du clergé du Brabant n'a néanmoins pu rien faire. Aussitôt que les Français approchèrent, ils furent reçus à bras ouverts. Ce mêmeçffct ne peut-il pas être produit d Anisterdara?- Mais examinons notre propre position. On dit qu'il existe des insurrections, et un hotuhb, rablc membre nous a même dit que partoi il a reconnu un esprit de mécontentement. Ja^ rend toute justice ait caractère et à la sagacité, de cet honorable membre, M. Wyndham ; je tais qu'il est impossible de trouver réunis de» - intentions plus pures, un cœur plus droit avec plus de talent ; mais je ne puis m'aiccorderavoc la nature de ses observations à cet égard.. Autant que je puis juger, je n'ai nulle part re-, connu cet esprit de mécontentement ; mais, s'i^ «n était ainsi réellement , il s'agirait de savoiç si, dans ce cas là, il nous serait facile de troui jtT à recruter notre marine et notre armée.

l'oHttfoîi j« n'ai pa» l'iateutioa de prés«%i.

iraa^H

( S»7 ) ter cet argument , comme n'ayantaocunc força contre la guerre; car je suis loin de croire J l^xistence de ce mécontente ment. C'est ] des faits positifs que je raisonne contre la p babilité de la guerre.

Maintenant, examinons l'état de l'Ecosse* I L'honorable M. Dundas a avoué très-franchei« 1 Hicnt qu'il avait perdu sa popularité, quoique^ I d'après tout ce que je connais de lui et touS ] ce que j'ai eu l'occasion d'observer de aa con-r duitc, personne o'ait plus de droits à l'estima | générale; mais le fait est que l'Kcosse a étA I traitée avec indignité. La Cha mbre a refusé d'en^ 1 tendre ses plainte». Les personnes qui connais* sent plus particulièrement ce pays, convienTncnt que l'ouvrage de M. Payne y a eu une très-grande influence, qu'il y a été lu par tout le monde en général , particulièrement par le peuple, et que cette clas&e étant en Ecosse plus instruite généralement qu'en Angleterre,. la propagation de cette nouvelle doctrine y a été plus, prompte et plus alarmante. Ceci me parait une singulière sorte do raisonnements Il en résulterait donc que le meilleur moyen, de préserver la constitution serait de maintenir le peuple dans i'i^'norance , de le replonger dans les temps barbaFcs. des siècles sauvages. Quelle défense de notre constitution l J'ignore si le peuple d'Ecosse est plus ou moins.

fnetrnit que celui d'Angleterre, mais j'affin que l'applicalioa qu'on fait pst fausse. Silre^ mpDt ce n'est pas en raison de leur instruc-' tion que les Ecossais sont plus ou moins iné- COQteDS, mais à cause des justes plaintes qu'M Mtit en droit d'adresser. Leur demande devrai donc être traitée avec respect et comme pro^ Tenant de concitoyens qui souvent ont contri- }>ué à l'honneur national. Il nio semble que, par ces motifs, nous devons- prendre en coDsî^ dération cet important objet.

Mais, maùiCcnant, on se demande comment éviter les calamités de la guerre? Je répondrai , en entamant des négociations avec la république française, et en essayant tous lesmoyei «n votre pouvoir avant de vous déterminer eonrir les chances de ïa guerre. Tel est , seloi moi, le devoir du Gouvernement. Il se peut que les ministres ne soient plus en mesure d'entrer en négociation, mais la Chambre ei . toujours à temps.

Que si l'on me demande quand les nrînisln auraient dii négocier, je répondrai, quand le duc de Brunswick voulait effectuer une invation. Au lieu de cela , le ministre a paru indif" férent sur la conquête du Brabant et de 1»

Flandre, qui étaient les portes de la Hollande.. H est vrai qu'il se peut que l'ambassadeur d'une république française n'eût pas été un assez*

lé-

gtnncî personnage à ses yeiiic pour figurer dang ses appartemens, et il s'en est suivi que nous n'avons pas pu rntamer de négociations.

Ainsi , les ministres doivent un jour rendra tompte des motifs exacts qui ont fait qneM'^ sang et les trésors du peuple d'Angleterre ont 1 été prodigués. Sans doute ce n'est pas le siècM I de la chevalerie qui est revenu : non , il y j( T des motifs plus substantiels pour expliquer léJ guerre.

Qu'il me soit permis, toutefois, d'ebservdf J que je n'ai pns ^té traité avec indulgence dan* f ïa dernicrii; séance par un lionorable memliri* i (M. lïurke), quand il a prétendu que j'aVan-^'j çais des faits que je D^^ouvaia pas croire mo^même. Je croyais q^ï me connaissait trop 1 pour nï'adresser une semblable accusation.

Il m'a accusé aussi d'avoir employé ^n^]1 mon discours plus d'invectives que de raison> I iiement. J'espère que cette accusation pron- j Tera par elïe-méme que je n'ai jamais été aî j loin que lui sous ce rapport, puisqu'il est i .notre connaissance à tous qu'il s'est cru obligé de descendre jusqu'aux enfers pour trouveï* lies images qui pissent se comparer auxGo«J verneurs de la Fraiice. I-'honnête et \ertuein<^ M. Roland Ji'a pas échappé à sa n'probatrorf cruelle. J'ignore si ce moyen est convenable pour concilier la France, mais je suppose qu'il

est difficile  ceux qui sont rob{et de son îiia< version , de jamais l'oublier.

Je peose, moi , tiu contraire, que des moyeiw, conciliatoires sont importans pour les deux pays'; je le pense si bien, que je me propose de faire demain la motion d'une adresse àS.M. pour la supplier de traiter avec le poi voir cx<^-cutif de France. C'est, néanmoii avec plus de conviction de ta bonté de cel mesure que d'assurance de pouvoir vaincre ; je sais bie» que plus tard cette m cessité sera sentie. On se souvient qu'il a été à la mode de parler, daus la guerre d'Amérique, d'un congrès ridicxUe , d'nn certain Adams, et cependant l'Angleterre a été forcée de reconnaître l'indépeiîdance de l'Amérique^ La même chose peut arriver pour la république française, et je pense qu'il serait plus convenable que nous envoyassions un. ministre en France, le Parlement se réunissant, que plus tard où les événemeDs le rendront peutêtre indispensable.

Je suis d'âge à nie ressouvenir du mépris avec lequel on traitait les noms de Washington, Adams et Franklin : toutes personnes qui^ peu de temps après, ont contribué à établir la constitution la plus parfaite, car tel est le gouvernement d'Amérique. C'est peu apcè^ qu'étant moi-même secrétaire-d'État, j'ai ea-*'

( S3. ) l-oyé en Am^ique pour traiter avec Franklin.

Sans doute il eût été bien déplacé de le faire ai l'eussfl employé les mêmes épithètes prodiguées à cet estimable citoyen.

La république française sera reconnue pap ] jioua un (our ou l'autre, pourquoi ne pas le iiaire maintenant? Celle d'Angleterre n'a-t-ello pas clé reconnue du temps de CromwcU ? N'a-

,t-on pas rendu hommage: à, notre nouvellg forme de Gouvernement après l'exécution de

, Charles i"? exécution, quelle que soit à son sujet la dilTércnuc d'opinions, qui a en elle-* piêmc infiniment moins d'injustice que cdlo qu'il est malheureusement trop naturel de craindre pour l'infoituné Roi de France, si la Providence ne sauve pas ce pays d'un si grani} lualheur.

Mon honorable ami a dit hier : comment, pourrions -non s recevoir ici un ambassadeur teint du sang d'innocentes victimes, et peul'i -J être bîeutôtde celui de son Roi p Je répondrai à cela que , si la France se portait à cette extré-. mité, elle porterait à jamais la responsabilité d'un tel forfait; mais, toujours, n'est-ce pas wn motif pour ne pas traiteravec elle, car noua ne pouvons pas supposer que les rapports ea-i trc les deux nations puissent rester dans l'éta|

■ où ils sont.

]\oii3 désirons tous arrêter les projets d'cn-i

f 33» J vahissement de la France; powr cela, le moilteur moyen n'est p»s de lui f lirc la gnerre, car no»s ne devons pas oublier que sa cause sur le coutinenl est populaire. Les Français dîseofc ^e tmw les Gouvernemens sont leurs enoei»is, c'est une Tcrité faite pour les servir, car loule l'Europe a su obserTer et détester lerf principes des chefs des armées combinas: eUcF ïeur crie : fionnettr et humanité !

Qnand le brave et malheureux Lafayette, accablé so«s le poids des événemens, est tombée en leur pouvoir, au lieu de le recevoir avec hi dignité que son caractère, son rang, et surtooi son malheur devaient lui mériter, ils l'ont saisi «omme des furieux, l'ont enfermé comme an eriminel, et l'ont cruellement gardé, ntalgrâ les vœux unanimes de l'Angleterre et l'indcn gnation générafe de tout homme vertueux «a Europe.

Mais ce général était distingué parmi les amia de la liberté; son caractère était connu, n'était-ce pas assez pour exciter leur haine? H ne m'appartient pas d'en dire davantage en cb moment: un temps viendra où cet exemple db la férocité du pouvoir deviendra plus impor-* tant à relever, et je me réserve de faire entendra ma voix au milieu des cris et des reprochai universels.

- Je cencluB en proposant comme amende-

( 353 ) ment à l'adresse, qu'il y soit ajouté ces mots: c Espérant c[ue S. M. emploiera tous les

• moyens poureqtamcr des négociations, aBn

• qu'en nous conformant à ce qui intéresse » rhonneur et la sûreté de la nation, elles puis-

• sent éviter les malheurs inséparables dune

• guerre. »

L amendement est rejeté et ladresse est adoptée.

5 Décembre;

MotloN de M. Pox pour eiwôyer un ambaê^ sadeur à Paris ^ afin de traiter avec ié Gou/veimement provisoire de France.

ilf . Fox montré qu'il vailt ritieux traiter (jnand U en est temps encore i que d'être forcé un jour dé te faire- far suite des événem^nsi

Èxposi.

Aussitôt le retour de la présentation de FadreâÉe a«l Roi^

M. Fox Se lève et dit i

Je me lève pour faire la ittotiofi que j'ai égbi* lioncée. J aidéjà entretenu la Chambre de mon intention â cet égard , et je pense qu il mef rei^te peu à ajouter à toutes les considérations que' Je lui ai déjà présentées*

Je suis Icùn toutefois ^ et je prie lai Chambré de bien lentendre, je suis loin d'approuver la conduite du QQUveraemeut actuel de France 1

%t de tout ce qui a amené ce pays à la poaitiort où il se trouve; )'ai uniquornent l'intention de déclarer qu'il est de la politique bien entendue de toutes les nations de traiter avec le Gouvcrnemeut existant de toutes les nations avec lesquelles on a quelque inlél-ét, sans toutefois ; rechercher ou esamîoer comment ce Gouvernement est constitué, ou par quel moyen leï personnes qui l'exercent y sont parvenue».

Aon-seulcment une opiuiou semblable est raïlorinable, mais c'est la marche que l'on suit ' toujours. Si nous trouvons des objections à faire au Gouvernement de France, nous devons, par le même principe, ne pas avoir de relations avec celui d'Alger; et cependant uousy avons un consul. Si nous abhorrons les crîmea commis en France , nous devons abhorrer également ceux commis à Maroc; et cependant nous y avons envoyé un consul immédiatement après un crime qui fait honte au genre humain. IVous n'avons jamais entendu par-là approuver les actes de cesgouvernemens; il ne doit donc y avoir aucune conséquence dilTércnte liréft de ma présente motion.

Sans doute ce que je propose aurait été \ jnieux plutôt, et les circonstances le rendent j moin» convenable en ce moment; mais la faute f n'en est pas è moi. Je profile de lu première occoâioi^ de celte scasiou. 3i i ou n'avait pas

rappeM notre ambassadeur de Paris, cela eût été mieux encore, sans doute; car les autres cours n'ont pas fait comme nous.

En conséquence de ces considérations, j fais la motion :

€ Qu'une humble adresse soît présentée.^!

» S. M., afîn qu'rlle veuille ordonner qu'il sen » envoyé un ambassadeur à Paris, pour y irai

■ ter avec les personnes qui exercent provisoî

» rcment le pouvoir exécutif, relativement aiClE J /> objets qui peuvent être en discussion eob

■ S. M. et ses alliés , et la France. »

Cette motion est appuyée par MM. Crey, Shéridaiif Erskinc et autres.

Elle est repoussée par lord North, MM. Burke, Wyndham et autres.

Ce dernier déclare qu'il n'est pas habitué k repousser les mesures proposées par M. Fox. 11 connaît la pureté de ses intentions; mais il envisage la queslioa sous un autre point de vue 'que lui , et comme deux hommes de bonne foi peuvent souvent le faire, tout en professant les mêmes principes,

M- Grey, au contraire» donne à son énergie t l'e|sor dont elle est capable. 11 dit qu'il ne s'agit j de se soumettre à la France, mais bien de traiter avec une grande nation; et, si on éprouve un refus de traiter, de déclarer alors franchement la guerre. U accuse les ministres d'avoir différé et laissé échapper l'occasion de prévenir bien des crimes , et peut-être d'éviter cet acte d'injustice, que nous redootojU.ll les jours d'apprendre-

f -M. Burke dit qne traiter avec des hommes teinta' ' 4n aang des vicUmi». est la honte des hontes.

M. Grcj répoud yu'il s'agit d'éviter une guerre hor-,^ rïble, el qu'il faut traiter. Tla joiite'que si la si luation dci ilioses porte quelques nmis de M. Fox à l'abandunuti):^ flans cette circoiistanee , il se sent « lui , au contraire,' redoubler d'enthousiasme pour son grand caractère; C'est à lui, dit-il, dedéféndrelaronslilution; tant quQ * j'aurai la moiudre faculté, je le soutiendrai dans cette eulreprise-

M. Erskitte fait uo éloge remarquable de M. Fox, 4|u'il dil élre formé par la Providence pour sauver dé^ï lâ ruine la conslittition , en hii donnant une nouvelle ' ■force. '

■'■ ' M. Courtonay dit que tant qu'il pourra se faire entendre , ce sera pour agir de concert avec sou auiî , fi. Fo.\, dont il admire au-dessus de tout le noble «aractère. Le jour oii je me séparerais de lui , je garderais çoiome le deruicr de mfi vie politique.

lyL'Foxse lève pour répondre à ce qu'a dit $f. Diindas:

r La fatigue que j'éprouve par une indisposi* tien cruelle me laisse à peine le moyen de me • faire entendre. Certes, si j'avais pu envisagea les choses sous le point de vue ou l'honorable sécréta ire-d'État vient de les représenter, je n'aurais sûrement pas fait ma motion ; mais ■ je suis autorisé à penser aulrementj, d'après 1 le discours de S. M., et en conséquence de l'adresse qui a été votée. Je ne 'pense pas quff

lesiniaistres TcuUI^Dt (ïéeidprderappeW notre ambassadeur de Paris , et ordonnor à celui âe France <te quitter rAnglotcrre, ayanl que Ja guerre soit définitivement déclarée : or, comme S. M; nous a denné l'as&uraace, dans son discours, que rien ne serait aé^jj^é pour oiaiiitenir la paix , il me parait elair q.itecette ^fuevre n'est p«s encore décidée. C'est sur cette aw rance que nous avons voté une adresse de jnerciemens.

L'idée que je me fotuie eo envoyant un aiubassadeuren France, n'èït unllcmcnt de »upipUcr. comme quelques personnes, ont semblé le supposer; mais bien de demander satisfaction, avec l'ordre, dans le cas de reftis , de revenir.

Ce que j'ai voulu avancer en principe, n'est I' pas que la nalïon doit être consultée surl^^é-* cessité de faire la guerre on non; mais d'* iblir que , dans tous les cas , elle doit être îafortnée des causes «le la guerre., Si nu motion est rejetée et que la guerre ait Heu, je craias que la véritable cause n'en soh bien dSoiitense, et que les uns croient que non» nous battoos pour obtenir une cbose, tandis quele^autrcs penseront que c'est point un tout autre motif.

L'bonorabJfi M. Burke, qui s'est montré si violent dans te débat, dit positivement qua aouâ 80U1IUC8 eu gu^cre; et cepeudaut il^a T«té

(3^ ) pour l'attresK qui remercie S. M. d'avoir pris tous les fDoyeDs poor càntctvev la paix. ]) contredit à. 1a fois» eltkt disconra du trône, et

Tiulrcsse.

S'il est vrai que vous devlei traiter un four, et pcrsoniM.- ne peut aict c« i^it, 3 me semble qu'il vaut mieux Iraiter de suite avec le pouvoir qui existe; car, en fe faisant maintenant, TOUS vous donnez une chance de sauver la Hollande de la guerre, de lut consL>rver le (umio- ]>oke de l'Ëacaïl,. et di'obtenâ* peut-être l.i révocation de cette décision du conseil exécutif, dont peut-être j'augure aussi mal que tout autre.

Si le point de dilllculté est de savoir si vous négociiirez par un ambassadeur, ou par le moyeu d'un secrétaire de légatiou communiquant avec les ministres , j'avoue que je ne puis y reconnaître un motif de guerre.

J'ai rempli mon devoir en soumettant mes idées à la Chambre; je ne puis avoir aucun autre motif que l'intérêt public. Sûrement, on ne m'accusera pas de vouloir faire ma cour aux ministres , ni à ceux par qui ils sont soutenus. Ce n'est pas non plus, comme on l'a vu, pour .plaire à mes amis; ce ne peut être pour acquérir plus de popularité; car tout ce qui s'est passé, soit dans cette Chambre, soit dans le public même , prouve que . pour cela , il oi'au-

imt fallu prendre la marche contraire. Il se poiurrait que le peuple allât jusqu a traiter ma iBaison .comme il a traité celle du docteur Priestley : tout cela n'empêchera pas que moa seul but soit qu'il connaisse les causes de la guerre dans laquelle il va être plongé.

Cette mojtion est repoussée sans division.

M. Pitt n*est pas Venu à là Chanibre, ri^ayant pas été réélu depuis qu'il a accepté la charge de lord des jcioq port»', vacante pai^ la mort de lord 6uil6>rd« i

M . . . • . : Il • 5

ao Décembre.

Situation de la famiUe royale en France*

Opinion unanime du Partementsur Us maihêun de la famille royale en France-

BXP0S£.

M. Shéridan dit que malgré tout ce qu*on a dit jpour chercher à rendre le nom français odieux, u est convaincu quUl existe dans ce pays une disposition naturelle à respecter Topinion de la nation anglaise. Il fait allusion à la situation désastreuse de la famille royale de France; Il est convaincu qu'il n'existe pa3 un seul individu qui ne déplore le sort de ces victunes infortunées. Il est d'avis que cette opinion doit influencer la décision de cette catastrophe, les dispositions des habitans de Paris et de ..la France entière. Il soutfent qu'à la tête des hommes qui pensent ainsi , sont ceux qui se sont réjoui dt la chute du despotisme en France.

M. Burke dit qu'il n'y a possibilité de compter sur rien depuis que- les Français ont accusé leur Rot comme un crimineL II ajoute que ce malheureux souverain va être jugé par des. assassins , et qae sa mort est inévitable^

( 54^ ) Fox prend la parole:

Je ne ferai aucune réflexion sur les opinions * que je viens d'eulendre émettre, je n'ai qu'un seul dtïsir, c'est celui de faire bien entendre la mienne à ce sujet.

Quand mon honorable ami (M. Shéridan) j a parlé de magnanimité et de justice, il n'^l pas voulu faire allusion à rêvénemeot que tout^ le monde envisage avec effroi, et que chacun ' condamne d'avance; je veux parler de la SH ' tualion matlieureuse de ia cour de France. H'** m'est impossible de ne pas dire un mot à ce' Bujtit.

Et, toutefois, je désire qu'il soit bien en-' tendu que loin d'appliquer à cet horrible évé-' " ' nemcnt les mots de magnanimité et de justice, ils sont au contraire les résultats des sentimens les plus opposés, de l'injustice, de la cruauté et de la pusillanimité. Cette vérité passera bientôt sans doute en France, avant qu'il soit trop tard encore, car je ne puis douter qu'il existe dans ce pays une disposition à faire attention auK opinions cl aux scutimens . qui s'expriment ici. Il n'y a qu'une seule opinion ici a cet égard : la Chambre et la nation entière abhorrent la manii^re dont la famille royale est traitée en France, Pour moi, je l'a-"]

voue, ce sujet a fait sur inoi nne impression bictt proifondc, et j'ai pensif que la Chambt<4 ■devrait s'adrtsser à S. M, pour lui demiindefr I de conililître les iostructions données à !op< <iower, par lesquelles il a éxé porté à quitte^ Paris. I« proposerai ensuite une adresse de r merciemens à S. M., pour cette conimunrca--!

iion. exprimant en nicmc temps l'horreur^ qu'éprouve In Chambre tîe l'afl'reux lrait&«Q ment de la famille royale en France. La natiûft tou*« entière appuiera celte proposition, n'en doute pas.

Je prie la Chambre d'indiquer les nioyeilsJ (ju! lui paraîtront plus convenables pour ex^^J primer les senliraens de la nation, car je si convaincu que tout ce qui pourra exprin: l'indignation de cette Chambre, de celle de!

Pairs et de la nation, sera adopté à l'unanl-i .mité. Je crois que cette détermination peut, avoir une grande influence à Paris.

Je suis loin d'être dans les secrets de la ( vention nationale, et j'ose espérer que lei moyens que j'ai eus de savoir quelques détail» de ce qui se passe, par des rcuseigncmeng 3 particuliers, ne seront pas mal interprétés, x|u'on ne m'accusera pas de participer en quoi que ce soit à de coupables intentions. Je dis cela afin de contredire uue des plus cruelle»

lUCpFÎscs quoti ait pu fiiîre dp ce qiie j'ai dit dans les derniers dcbats; j'ai dit ce que je pensais, L't je supplie la Chambre de lixer su déterwîuatiQu.

Quant à l'augmentatioa à donner à la marine et à l'armée , je suis prêt à émettre mon \otç, car, si nous faisons la guerre, un armement est indispensable; si nous ne la faisons, pas il est CQCore nécessaire pour appuyer les négociation e.

Toutefois, je conserve l'espotr que nous a donné le discours de S. M., et je crois que .nous éviterons la guerre; mais si les circons- .tanccs nous obligent à nous y décider, alor», les ministres peuvent compter qu'en considération des motifs qui nous y détermineront, ils n'auront nulle part de plus ferme appui que moi. i^M

lu. Fitl propose nne adresse h S. SI. pour la siip^ . plier de laire conaailre les instructions données à lord Gower pour quitter Paris. Elle est acceptée.

Le lendemain M. Pitt propose que ces pièces soieat déposées sur le bureau , pour que chaque membre puisse en prendre connaissance.

M. Fox prend !a parole et dit:

Je me lève pour appuyer la proposition

J'honorable cbanceli^ de réchiqttfer; dette opiaioa est celle, non-seulement de la Cham"* bre, mais de la nation entiète.

On a dit que les mesures que Ton prend en France contre Tirifortuné monarque, sont inutiles; |e vais plus loin , moi, et \e dis quelles sont injustes, et qu'elles répugnent au sentiment humain, mais qu'elles sont aussi contraires aux lois fondamentales de l'État; car il est de principe de justice naturelle, comme faisant partie essentielle de laf politique humaine, de ne point oublier que (es lois criminelles ne doi/vent jamais être rigov/reusement "prises à la lettre^ que des lois subséquentes seront adaptées aux. crimes.

Je pense que, si cette Chambre exprimait son vœu unanime à ce sujet, et que l'autre Chambre se prononçât de la même manière, cette circonstance jpourrait* avoir une grande influence en France.

Je m'abstiendrai d'en dire davantage sur ce sujet; le point le plus important sur lequel mon opinion est irrévocablement fixée, est la règle de justice par rapport aux poursuites pour infraction aux lois. Ce principe ne peut être gai'dé sans condamner depuis le commencement jusqu'à la fin la procédure contre l'infortuné roi de France.

' M. Siiérfidan dilquela qoestion^st d^icate; mais qu'-eoy réCliédbMSiuK^ JLro «oit rien Tàe mieux que la proposition du mîaistre, et il Tappuie.

M. BùrJLe ^^pplaudit à la coaduite francke et klyale de M. Fox et de M. Shérîdajn* Le Roi, dit-419 diaprés notre constitution , est le seul orgaae qui puisse éx- ]^rîmer Topinion de la nation à une autre puissance.

La Chambre doit attirer sur etle le plus grand honneur datwt^ette cîrtonisftante par sa modéra tiou et par Ba^îgBÎté.

La motion est adoptée.

98 DécembM.

Mesures conoçmant les étrangers (allîcik

bifl.)

M. Fox laisse entrev&ir son opinion sur ta mesunf rigoureuse du ministère contre (es étrangers, — Mouvement énergique et théâtral de M. BuHce^

EXPOSE

Il est fait une seconde lecture du biU qui établit des

mesures relatives aux étrangers qui arrivent en Ai»«

gleterre.

Tout étranger doit en entrant annoncer le motif de

son voyage , abandonner ses armes , excepté celles

nécessaires à sa défense personnelle.

Il sera fait une attention plus particulière à ceux qui

sont déjà venus cette année , et reviendraient sans

un motif bien plausible et hors de tous soupçons. Les étrangers qui reçoivent des secours seront répartis

en districts > où il sera plus facile de les surveiller.

M. Fox à cette occasion, dit:

Je suis loin de m'opposer à la manière dont mes. honorables amis entrevoient cette quc^

(548 ) tion; pour moi, je l'ai exatnmée avec atten-

J'ai entendu un honorabiWjaronnet faire allusion à un noble duc (Portland) que j'estime au-dessus de tout le monde, et qui me fait éprouver une sensation toute particulière en partant de lui. J'ai eu le bonheur d'être seize ou dix-sept ans de ma vie dans la plus étroite amitié avec lui, et rien ne pourra jamais me porter à croire que ce noble duc s'accorde avec l'opinion de l'iionorable baronjiet. Je sais qu'en donnant son asseutimcnt au présent Hll, il a dit qu'il n'oublierait jamais la manière dont le ministre s'était élevé, et que la majeure partie de toutes les diflicultéi actuelles provenait de sa mauvaise conduite, ^'en conclus qu'il n'y a pas de différence ,entrc son opinion et la mienne. Nous ne pou- .vons différer sur les principes de liberté, ce n'est donc que relativement à ce blll que nous différons.

• J'ai toujours cherché à agir de concert avec des personnes dont je respecte le caractère, et que j'estime et aime ; maïs s'il devait en être autrement un jour, et Dieu me préservera d'un tel malbeur, j'espère que je pourrai toujours savoir discerner ce qui est de mon devoir, et que j'aurai toujours la force de le remplir.

Quelque pénible que fût cette position pour

moi, il ne me resterait, néanmoins, qu'à déterminer si je dois agir seul , ou bien s'il faut que )e n'agisse pas du tout.

M. BurLe répond à M. Fox avec une {grande véhémence, il parle de trois mille poignards fabriqués à Birmingham, et en jetant un sur le plancher , il s^écrie : c Voilà le résultat à espérer d*une alliance avec la » France! Sachons préserver notre pays de l'infection •'des Français^ nôsopinionsde leurs prioclpea^^t nos 9 cœurs de leurs poignards. »

9i ttécevaSires

M. F«m pttfmà hat parafe Mr k profN>«ti0a d*un comité.

Je n abuserai pa9 des momens de la Chambre, mais il me paraît nécessaire de relever quelques expressions du noble lordRischfield. Il a cru qu'il était nécessaire de revenir encore sur ce qui avait déjà été dit. Son opinion, comme membre de la Chambre, a été si clairement établie, avec tant de dignité, de convenances et de perspicacité, qu il ne peut rester aucun doute. Je l'approuve eu tout, excepté dans l'assentiment qu'il donne à ce bllL Mais, toutefois, je ne m'étonne pas qu'il y ait cette différence entre le noble marquis et moi a ce sujet: nous avons tous les deux une opinion différente sur la situation de ce pays. Il pense que nous sommes exposés aux plus grands dangers, il a donc voulu donnler une nouvelle force au Gouvernement, et il a voté ce bill. Pour moi , je ne vois pas ce danger^ et

je ne puis entendre la nécessité dû bill. Tel est le point de dra c us s ion poUr adopter ou rejeter ce bill. Il s agit d'établir si le danger en question existe: si ont pense que non, le bill devient nul; si on reconnaît au contraire ce danger^' aJ^rs^ il s agira de savoir si ce bill est r convenable pour le.prévenîr.

Sans doute si ItS ehôses étaient telles que les ministres nous les représentent, il serait extrêmement important d'augmenter la force diA Gouiieciicvieal, €\t^ alors, je^serars le premier à e#rir cet appui su Gouvememepit, ewn»e hrtijourK on m a' vu le Caîre quaod cela a été nécessaire/ C'est ainsi que Tannée dernière j'ai voté pour une augmerxta^ioa de l'armée et de la marine, parce que j'ai vu aùe ^ou^^biivionaêtw ni<imclcés> d'im cfenger exfériiaim Ici 'p ne tcconncm pas- ee^nçerrnté^ rietrr dflot on. kk)U9 parte, c* je ▼Hie- contre le feiUir M ks minisCtre» tevient me preuTer ce 4^agpQrv je iTOtorai pow.

- 4 lancier/

CONTIÎÏIJÀTIPH.

KX'POSÉ.

ft

Sur le rapport du comité pour prendre en considération le bill pour les étrangers , un débat imposant a lieu. Ce bill est coiiibattu par M. Fox et autres ^en4)rea>i et soutenu par M. Pitt, M. Wyndhaxn et autres.

M* Fox dit :

La question qui nou^ occupe a été dif dUtéé fl*une.manière si générale, et on y a introduit tant de motifs étranger^j^que je: suis forcé moi-' même de m'éçarter de la marche'que je m'étais prescrite. Je commencerai par examiner quelle est la situation de Fintérieur, et quel était le danger avant la réunion dû Parlement ^ puis quel est celui de ce moment. «

vMon opinion sur la situation au commencement de la session (et j'espère que je ne serai pas mal intei^rété comme je l'ai déjà été) , est qu'il n'y avait aucune espèce de cause qui pût justifier l'appel de la milice en assemblant le

Parlement, et surtout la manière dont cela a été fait.

. Un honorable membre (M. Wyndham) a dit que les dangers dont il est question dans! la proclamation ne doivent pas être envisagés en détail ; qu'il faut voir lefFet produit sur la généralité des individus. J|3 ne sais quelle peut être cette grande distinction : le danger provient de la crainte de la propagation des opinions françaises révolutionnaires , ou de la crainte du progrès de leurs armées. Je de^' mande la permission d'entrer dans quelques détails.

La propagation d'opinions révolutionnaires* me parait si peu dangereuse ici, qu'il m'est impossible de considérer ce motif comme un sujet réel d'alarmes. On a dit que la proclamation publiée à la fin de la dernière session avait' frappé le mal dans sa racine; mais c'est un pur gratis dictwm.

' Quelle était donc la cause d'alarme?

S'il en existait en mai dernier, elle doit être bien plus forte encore en ce moment, à mesure que les succès de la France augmentent.

J'ignore ce qui est là où je ne suis pas ; mais je puis répondre que dans cette grande ville,* et j'espère partout ailleurs de même , les opinions françaises n'ont fait aucuns prosélytes alarmans. Je sais que mon honorable ami a dit

qu'en coniparaot le phrnomèue à la Ihcorier,] caserait effrayé du danger. Je crois qu'il est tel" Icmeut habitué à s'occuper de théorie , qu'il envisage le phénomène d'une manière différente de celle sous laquelle il doit être vu . Pour moi, je pense que s'il est des pays où ces doctrines révolutionnaires puîssentséduire, ce n'est pas en Angleterre, où on jouit d'une liberté sage et ■ convenable. Je me fonde en cela sur l'opiuion'i que j'ai de la constitution , et sur l'attachement géuéral du peuple à cette constitution : l'événement prouve que . loin d'avoir des craintes, il est plus juste d'avoir des espérances.

Si le danger existait réellement, si ceux de qui on l'appréhende avaient agi, s'ils avaient pris les armes, s'ils s'étaient même emparés de .la Tour (en supposant ce que personne ne croira possible), alors, sans doute, l'appel de la miliceaurait été une mesure salutaire;maïs, sans cela, quel peut être le but d'une semblable raesurti? est-ce pour repousser l'opinioD? jamais on n'y réussit par la fotce des armes; la milice ne peut rien contre l'opinion. Quel est donc le moyen d'y parvenir si elle cscit&ile mépris, si celle opinion est absurde? des raisons, si elle est sensée; des me~ sures vigoureuses, si elle est séditieuse. C'est un moyen que je luis loin de recommander 1

aux miiiistrea, ils n'y ont que trop eu recours déjà.

Mais toujours est-il vrai que s'il n'existe aucun acie appuyé sur cette opinion, ceux qui ont votii contre l'adresse dans les premiers juurs de la session ont eu raison; car rien ne peut autoriser les mesures qui ont été prises.

L'alarme répandue relativement à la propagation d'opinions révolutionnaires, ne peut donc pas autoriser les mesures qui ont été prises par les ministres, principalement quand on a voulu y ajouter une accusation d'insurrection : loin de l'apaiser , cette alarme , il y a de quoi la créer véritablement.

Dn autre sujet d'alarmes a été !e progrès des armes françaises : ceux qui voudraient me représenter comme indifférent à ces progrès me feraient une grande inîusttce; il çn est tout autrement. Il me semble que la France est influencée par le même esprit national qui, sous Louis XIV, a menacé toutes les libertés de l'Europe, et qui aujourd'hui dirige les Français: la seule différence est dans l'application de celte disposition, qui selon moi, est plus faite aujourd'hui pour réussir.

Je pense que la navigation de l'Escaut, qui, si elle n'est pas garantie à la Hollande par la lettre du traité de 1788, l'est par le traité lui-

(3Si

même, serait, si on Toulait insister, un boa casvs fffderis.

Dans tous les cas, il me semble que les parties conlractaDles doivent èlrc prises eu con-sidératiou, et ellc& ne doivent pas faire la guerre sans avoir c\amiué séparément leur propre intérêt. Il me paraît à peu près certain que la IloUande , en raison des risques à courir et du douteux avantage du monopole de l'Escaut, préférera ne pas faire la guerre, et surtout n'en pas encourir la dépense. Sûrement, nous ne voudrions pas forcer la Hollande à faire la guerre contre son propre intérêt, parce que nous sommes ses alliés. . Je regarde le décret qui fisc les instructions pour les généraux français comme une démarche hostile , s'il n'est pas expliqué qu rap' porté à notre satisfaction, toutefois en faisai cette demande de la manière con-venable.

J'aperçois donc des causes réelles de danger! extérieur, cl j'en attribue la faute à !a conduite pégligente des ministres. Si j'examine ensuite les relalions diverses dans lesquelles nous sommes par rapport à la France , et les pointa sur lesquels les deux parties doivent communiquer, la circonstance de rester sans moyen de communication devient un danger réel.

J'ai, en conséquence, voté l'augmentation de

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( 357 ) rarihée et de la flotte , non jJas par les motifâ qui ont été allégués; mais parce que je ne connais pas de ministre, quelque mauvais qu'il soit, â qui je n'accordasse pas une flotte et une armée, plutôt que d'exposer le pays tout entier.

Maintenant que j'ai repoussé l'idée d'un* danger intérieur , et établi celui extérieur que nous pouvons avoir à redouter, examinons si les mesures adoptées sont de nature à y apporter remède.

Selon moi , ni les mesures ni le mode ne sont convenables.

Si la France menaçait d'envahir la Hollande

ou refusait d'expliquer son décret, il me semblerait que le rassemblement de la milice serait une mesure sage; mais pour repousser des doctrines et des opinions, il y a assurément folie à vouloir le tenter. J'ignore le moyen de se battre contre une opinion, et l'histoire ne nou9 en montre aucun. L'opinion de Luther et de Calvin a été combattue par les armes; tous les princes réunis , tous leurs eflforts y ont cchouéj ils se sont, au contraire, répandus partout, et ont prospéré au milieu des persécutions. La comparaison de celte circonstance avec deschoses d'une toute autre nature paraîtra . peutêtre insidieuse ; mais il n'en est ainsi que dans^le cas où on l'attaquerait par le raisonnement »,

if

( 358 ) et non par la guerre. Jamais la force des armes n'a pu subjuguer la force du niisonnemcnt.

MaiSj a-l-on dit, si nous déclarons la guerre un des moyens de la France pour agir contre nous sera de noue faire passer ses opinions ici ^ Je réponds à cela, avec confiance, que ce luoyeifcj ne réussirait pas.

Qu'il me soit toutefois permis de blâmetfouvertcment ceux qui désapprouvent la constitution, moi qui en suis un si zéK- partisan. Je parle de la constitution dans sa forme primitive. J'aime à rendre la justice à la nation en général, qu'elle semoiitrera de monopinioB à cet égard. Comme toute œuvre humaine, la constitution est loin d'être parfaite, et si elle l'était, elle ne subsisterait pas long-temps ainsi, à moins qu'il n'existât une surveillance bien soigneuse de la part de la nation.

Si le bitl proposé a pour but de préreoi , les dangers de l'inlérioiir par le. moyen de la guerre, nous devons nous souvenir qu'en i^i5 <^t 1745, on a cherché à semer la dissension en Angleterre, et que, par le traité de commerce, nous avons su prévenir ces dangers «;n accordant protection aux ctraDger9,méDie> après la déclaration de la guerre. - '

Tout cela 3-t-il empêché que les opinions ne s'introduisissent? Non; nous n'avions pas, il est vrai, pris encore la mesure de prohiber

în

tous les livres et les journaux français, comme l'Espague l'a fait clcruii;rement,

Le préambule du bill me paraît la chose la plus ridicule, car il admet le rapport qui existe entre les étrangers et ce pays , comme prétexte de ce bill, tandis que tout le monde sait bien que ce motif n'est entré pour rien dans les considérations qui l'ont provoqué.

Je le deuiande, à l'époque de la révocation de l'Édit de Nantes où tant de français sont venus en Angleterre, aurait -on adopté cette mesure? Dans ce cas. on nous eût privé d'une grande portion des avantages commerciaux dont nous jouissons en ce moment.

Nous voyons, au contraire, que dans l'idée d'obtenir ce bill, un honorable membre dit que 40** étrangers sont arrivés ensemble i Londres, tandis que M. Burke nous assure avoir examiné ces étrangers, et avoir reconnu qu'ils n'étaient nullement dangereux. Certainement, si cet honorable membre ne voit aucun danger, il est impossible q.ue tout le nioude ne se croie pas parfaitement en repos. Si le Gouvernement venait établir un conseil où les opinions de chacun fussent exam-ioiées sous le rapport de la constitution de notre pays, personne ne conviendrait mieux que lui pour èlre à la tête de cette administration.

Pur rapport aux émigriés, parmi lesquels le

( 56o ) bill fait une distinction, ii pjirail que l'honorable membre geraïî dispose A protiïger ceux qui se sont sacrifiéa à lenr attachement à l'ancien Gouvernement de France, et l'honorable membre lui-même dit que ce n'est pas qu'il en approuve les principes, mais parce qu'il respecte leur malheur.

Parmi ceux qui ont eu à soulFrir de leur at' tachemeut à lu nouvelle constitution , j' entendu dire à quelques personnes d'un rang distingué, que si La t'ayeltc ^tait ici, on devrait le renvoyer ilu royaume. Est-ce donc ainsi que le pouvoir confié aux ministres doi être employé?

' La dernière classe de ces personnes se com-posedecelles qui se sont échappées, de crainte d'être comprises dansThorrible massacre du a septembre ; il n'est pas un individu qui ne se réjouisse de les voir échapper à taut d'horreurs. Ce n'est l'acte nî du Gouvernement français, ni du peuple françiiis , l'un et l'autre le repoussent ; mais c'e&t-là tout; et toujours est-ïl vrai que cet acte odieux sera toujours une honte pour Paris et pour la France.

■ Mais encore, je le répéterai, faut-il que noua fassions la guerre à causede ces barbaries? On ne peut trouver de motifs plausibles dans une guerre , si ce n'est le moyen de f lire une paix plus solide et plus avantageuse. Sans doute,

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