‹ Recueil de dissertations sur différens sujets d'antiquité, par m. Quatremére de QuincyChapitre 15 sur 17 · D'APELLES ET DE PROTOGÈNES · texte numérisé non relu

D'APELLES ET DE PROTOGÈNES

Ou Éclairctssemens sur le passage dans lequel Pline rend compte du Combat de dessin qui eut lieu entre ces deux Peintres.

Plus l'Aude toujours croissante des arts de l'antiquité

critiques modernes, et de tes récits qu'ils se sont plu à qualifier d'historiettes ou de tontes de niant.

Je suis loin de me faire du mérite et du savoir de Pline une idée exagérée. Son style a le défaut d'avoir trop d'esprit et trop de prétention a la pensée; il tombe souvent dans la déclamation : c'est déjà, j'en conviens, un style de décadence. Quoique je sois trés-persuadé de l'étendue des connoissances de cet écrivain, je crois cependant qu'on

compilations, dans lesquelles l'auteur n'esi qu'un rédac- Kur Je matières étrangères A ses éludes ; mais il serait très-injuste Je poilu le même jugement sur plusieurs: autres parties Je ■.un ouvra ji-, spécialement sur telle Jes arts, qui est renfermée- .[il us vr.i.ini; J e ni i en livres, et qu'il me pproît avoir travaillée avec un soin tout particulier.

Pline uvoît certainement sur les arts du dessin le goût exercé et le sentiment éclaire d'un homme qui avoit beaugenre Jont Home abouJolt de son temps. Il parle Je beaucoup de ces objets tl'.rpi è.H h s propres sctisatiulls, et comme ayant vu par lui-même. Il eut de plus l'avantage de connoître une multituJe d'écrits, de traités, de descriptions d'auteurs Grecs, artistes la plupart, et qui avoient écrit sur leur an. Que de ressources pour parler judicieusement et avec goût sur les matières dont il traite I II est malheureux sans doute pour nous que, borné par un cadre extrêmement étroit, Pline se soit trouvé contraint de resserrer

lement la concision de la pensée, et celle vivacité du trait d'esprit qui épargne les mots , à la Jcscrïption détaillée Jes sujets qu'il passe en revue ; mais Pline écrivoit pour des contemporains, dans l'imagination desquels l'idée d'un grand nombre d'objets d'art se Irouvoit suffisamment retracée par la plus légère mention. Il ne put avoir en vue les lecteurs Je notre âge , c'est-â-Jire d'un temps très-postérieur a la destruction de presque tout ce dont il a parié.

à traiter des métauï.des couleura, des terres, des marbres et des pierres précieuse-:, ■IVms-.L i>i>m!>rcuses notions sur les ouvrages Je la statuaire. Je la toreulique, de la peinture. Je la plastique, Je la sculpture, de l'architecture et Je la gravure.

Il a été commis dans tes derniers temps . A l'égard de Pline, une injustice encore plus ridicule : on lui a reproché de ne s'être pas exprime sur le "Ujets d'art en artiste, Je n'avoir pas employé le- mnl- tei 'nitipics. ou lesdocumens didactiques des maîtres Je l'art ; Je n'avoir pas parlé le langage Je l'école, et sur tout de l'école des modernes. On voit que j'ai ici en vue M. Falconet, qui a traJuit trois livres Je Pline dans un système Jétracteur; qui, au lieu de chercher i pénétrer, par le rapprochement des détails, dans l'esprit de son auteur et dans l'ensemble Je ses idées, semble s'être étuJié à les défigurer par une version qui en

contre Pline sur les mal-cnlendusde sa propre traduction.

Le passage relatif à ce que j'appelle le contai dt Jtiàn entre Apelles et Protogcnes , offre la preuve Je ce que j'avance. Un artiste traduisant Pline en cet endroit pouvoir aisément, ce me semble, sans tire taxé Je trop de complaisance, donner au* mots de son auteur un sens beaucoup moins absurde : il pouvoir, par exemple, traduire le mot l'mea par un autre mot Français que celui de

lipi, dont l'acception, consacrée par l'usage à la géométrie, fait du récit de Pline un conte étranger à l'an du dessin. Poinsinel, qui, dans un esprit différent, n'a pas

ployé les mots de iinëamun et de Iran"; ce qu'auroit pu faite aussi M. Falconet.

Je sais que d'autres interprètes sont tombes, en commentant le passage que je vais rapporter, dans un excès opposé : je sais qu'où peut HOtouriier beaucoup trnp ie sens des mots de Pline; ce qu'a fait encore dernièrement, i mon avïs. dans un article interprétatif Je ce passage, un nouveau corn m en la [en r. Celle dernière m.mière , à la vérité >M „, ,, raisonnable, d'entendre Pline, m'a toutefois pn.ru n'firt achetée aussi qu'au prij de la fidélité que ie traducteur l|I ut J1 M doit au* paroles de son auteur, lorsque rien ne décèle f» qu'il y ait altération dans le texte : c'est pourquoi j'ai cherché à meure les propres paroles de Pline d'accord avec un sens à mon ^ré trcs-raiimiiirtlilc ; j'ai pensé qu'a cela deyoit se borner le soin du traducteur fidèle et du

Le but de ce Mémoire est donc de prouver que , sans faire la inoindre violence aux paroles de Pline, sans en détourner le sens, sans en changer l'acception simple et positive contre l'acception métaphorique et figurée, on peut y trouver une interprétation très-raisonnable au jugement d'un artiste ; que cet écrivain, en ne disant que ce qu'il a dit, loin d'avoir rapporté une anecdote imaginaire nu puérile, a raconté un fait véritable et digne de foi , dans le sens et avec les termes dont un lioinme de l'art

pourroil encore aiijoiirJ'fiiu' sr servir, sans que son recii pût Être taxe 1 Je pucriliii ou d'ignorance.

Je vais J'dborJ faire connoitre on son enlier le passage de Pline;

, Cituamplam taai i :is!,ii c.-ij.-i irm-fo JimSi Cfiatii in Palatin, t. avî/lt a.itt i mli; r/'r.J,,r . ';;:;rK.v.- aripl.lijmr ïj.jd/ a!îu<! C~t- * |ou) ,fHUMB «dll OÙ spath* Mil tlitlà &t.

Tout \e janndp saif ce qui se pawa emre lui [ Apelîes) et Proicgcncs, vjvi.i: i Mirdcs. Aj-fMpï l'.' ioii cniforiiue pour cetïe

Ile, jalouf dp vuir !rs ,.mr:ii;o h:"uii ( - f|n3t ue H.,.ii]n,if.çott

que dt réputation. Arrivé i Rbodej, il vidraii 1 usa «tcûsr, n'y

bleau des trois

il change 1rs mois sptitti,

arbitraire d'Hardouiu , ii .1

I guère plus permi

ppr conséquent k fait du combat entre Apclles e gènes, fait que quelques-uns cm voulu mémo au de ces historicités Êbriqu&s jadis par l'ignorance pagees par la crédulité du vulgaire. De quelque qu'on lise le passage de Pline, il faut reconnoitr tableau a existé et a été vu 4 Rome.

Pline le dit ei l'affirme de la façon la plus i

t pùic!!' e ^ ot Ty^L à RoJTevi!^ au jugement

ta certitude historique n'a pas tou jours d'aussi bons garans.

Si l'histoire du débai euire Apelles « Protogenes eut été racontée, comme plusieurs autres histoires, par Pline.

son appui: non-seuleirtc-nl il est permis d'y croire, puisqu'elle n'a, comme on le verra, rien d'incroyable; mais le seul fait que le tableau fut transporte" de Grèce à Borne, qu'il orra ie palais des Césars et excita la curiosité" publique, prouve que ce dut Être un ou'

et par la légitimité de ses litres.

préta.ion du récit de Pline, et du fait qu'il renferme. Ce Didi

[ 3SO e qu'il fût une fiction

eût tendu ri rendre raison d'un fait imaginaire. Quoique le vrai soit quelquefois invraisemblable, il n'en seroir pas moins ridicule de chercher à rendre vraisemblable ce qu'on •aurait n'etre pas -vrai,

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