‹ Recueil de dissertations sur différens sujets d'antiquité, par m. Quatremére de QuincyChapitre 8 sur 17 · TRADUCTION FRANÇOISE · texte numérisé non relu

TRADUCTION FRANÇOISE

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«lit ; car il place le troue dans l'intérieur Je fa chambre, au fond de celle chambre e[ en bas [yc)i le dessin de M. de Cuylus , indique plus haut). En vain diroil-on que. placé là.'le trône est au-dessous du toit : oui, sans doute; mais il y est comme y sont khis les autres objets, c'est-

ce qu'il renferme , et le bâtiment lui-même, est sous le toit. Or dire cela, c'est ne rien dite: et il est sensible qu'il n'y avnit pas lieu d'en faire la remarque insignifiante, plus pour le trâne que pour les autres objets. A supposer le trône place dans le local oh le place M. de Caylus, ce qu'il eût fallu dire, c'est qu'il étoil dans l'intérieur er au fond de la chambre. Puisque Diadore ne l'a pas dit, et dès que ses paroles Indiquent une place spéciale sous le comble, lit ifmjjpîm, 11 chercher au troue une place qui soit d'accord avec le sens de ce mot.

Cette place me patoit être celle que je lui fais occuper

entre le cintre du comble et le plafond du péristyle antérieur. Puisqu'il y avoir, un (jgi/oj, ou vcslibule d'entrée, sous lequel étoieiil l« lions, ce ir.tibule dut avoir un plafond, et ce plafond du! occuper rout le renfoncement du péristyle ou wMil'iik- .i'-rn [;'■':. '.^|i,k<: plus que suffisant (en ne lui donnant que trois pieds de profondeur] pour contenir à couvert sous le toit le trône d'Alexandre: l'es-

fronton, et en lenoii iieu : t'unit un ('.•union circulaire. Et quel emplacement plus convenable pour mettre en scène et eu vue l'objet dont il s'.^i;; Q-.j::: i::i:iroct plus propre à produire l'effet qu'on pouvoit en attendre!

Cet emplacement me semble cire la clef de la composition ; si on le mteonnoït , on tombe dans le ncjr-jwj de M. de Caylus, ou il faut supprimer le mot Sy'»t et chercher à le rcmpl.ucr pr 1113 autre. Mais qui ne voit que le motif de l'architecte fut de faire entrer dans la

siégéVxandre. ^ ' ^

touiei Ilj partiel Je son ouvrage. On peut appliquer le mol ïp^T à l'édifies même [ci te mol es! reçu en pariant d'un ouvrage d'architecture) : le trône alors serait cerné occuper 10 u io la largeur do l'ouvrage, c'est- d-dire, de l'espace antérieur du monument. Enfin il est un dernier sens <[u<j 7>n!iiTLiit l|;iu nor ie mol -rrr; fty/ , qui signifie, comme

ce qu'éroil , lIllii', la composition du char h de la chambre sépulcrale, et de tout cei ensemble travaillé exprès, le Trône d'Aleiiandre : ii y étoil une sorte d'accessoire ei de hors-d'iiuvre , et par tniisi'.-]m-j-.t il émii étranger à toui l'ouvrage, mf'ï/or ii s'fjsi.

ne peui pas s'arranger nvec la déposition imaginée par M.deCajIus. et esl merveilleusement d'accord avec l'idée el la forme d'un irûne, et avec l'espèce d'ornemens en guirlandes qui se pljioicnl, lommc l'un sait, ircs-hubiluellemenl en dehors des temples el au-dessus des poiles

wixai, xpùpaci mmAt-TOit S^afiTndÇ ust-nfijicxtriûv.

lapkarum e/fi/pu ni/pas, tx tjbi&m prndrharsi tirctl'i awri i/miTum p*tmarum, qùba! tuspjnia trait tarollir pampatti, toforifai omnigenii

Traduction de M. de Cayius \ - II portoii des tragélaphei

- en relier" représentés à mi-corps, auxquels étoient sus-

- pendus des anneaux d'or de deux palistes, et ces an-

- neauxportoient une couronne de pompe, resplendissante " et brillante de lotîtes les couleurs. -

Je soupçonne que le dessinateur auroïl pu induire ici en erreur l'auteur de [a traduction : toujours peut-on affirmer nue ni l'un ni l'autre n'ont eu une idée nette de l'objet exprime 1 dans ce passage par le moi tragéUpiu. Quelle oue

employé à la décoration du trône, il n'y a presque aucun doute qu'il ne lui servit de support , en faisant l'office de ce qu'on peut appeler les jambes ou les pieds d'un

lorsqu'au contrairela traduction de M. de Cayius ditque le siéjje portoit les tragélaphes. 11 y asimplement dans le grec, 'X" TλJ**ip«' nstl)Tiju.ai c*.tiV»( , et je ne doute point que le traducteur n'eût rendu plus naturellement le verbe (participe) t' x «>, s'il n'eût eu en vite que les mots Grecs.

Le dessin de M. <!e C;i;[l^ .1 \v.i \,- d^Mi mer de la version qui. clant la plu- .impUr, rùi été i.i lu plus fidèle. Selon moi, cette ptirlie du dessin est aussi une des plus infidèles nu sens des mots Grecs et à l'idée qu'ils expriment.

ns la figure dont il s'agit, un mélange ou une combinaison de ces «eu* animaux, M. de Caylus, au contraire, en a représenté séparément les figures. Au hii-, ;]i- son rrône on voit des quadrupèdes ailés avec une [fie de bouc, et au sommet s'élèvent deux têtes de cerf avec leur cou er une partie de leur poitrail. Cette composition bïiarre contredit le texte, et ne repose sur aucun motif de décoration con~ nue, sur aucune autorité puisée dans les omemens de i'an-

Rien, comme l'on sait, n'y es! plus commun que ces associations d'animaux , dont les décorateurs et les sculpteurs firent leur patrimoine. Il suffit de citer (es hippogriffes , les bippoce n taures , les androsphitix, et tant

vaincre que (es tra£i : ! i plu--, i:ii.n[i-iu partie de ces races d'animaux chimériques empruntés par lesGrecsà l'Egypte et à l'Asie.

Aristophane fait dire à Euripide, dans sa dispute avec

ailés, ni tragélaphcs, comme on eu voit dans les tapisseries de Perse : li% im*MÇott** fi' Ai", iSi îÇa-yr- s J lr ""

11 résulte, par c«iim-:;i:!Hi1, de. t |V".^i- : q.it Ifi Irin;, laphes étoienl, comme les chevaux ailés, des animaux fantastiques composés d'espèces diverses.

Nous trouvons, il est vrai, le mot Uiialiphe employé prvrSolin". Api es iiv:m- décrit les (frf, te k> Siwliie , il fait ■■/■

mention d'une certaine espèce de capriinfe, qu'il appelle lùlli, parce qu'ils avoien[ de la barbe au menton, et des poils alongés sur les tpaules. Saumaise dit en avoir vu un semblable à Paris, qu'on montrait comme une curiosité.

gélaptieail pris ainsi naissance,™ Perse, Je quelque espèce de cerf exlraord inaire : mais. Je quelque manière qu'on veuille réaliser ce caprice, il faut toujours convenir que sa forme doit résulter d'une association de deux espèces; et c'est ce qu'on ne trouve point dans te dessin de M. de Caylus.

Si l'on consulte ici l'analogie de ces notions, et celle qu'on lire des exemples ilt l'en uni! rut antique, il est tout siiiipli; d'imaginer qui: le Irinr d'Alexandre, fait en Perse,

Cela étant, if y a deux manières d'imaginer ces caprictrft. On peut se figurer les pieds du sk-ge formes en manière de pane de liemc, s un mm ici- de la 1ère et du poiirail d'un cerf barbu ; on peut aussi supposer que le Ireplapki en ornement ctoii un ami peu e de p,i lit' de cerf ou de biche, et de h tête d'un capricorne : cette union me paroit la plus .vraisemblable.

" Diodore dit que les Anneaux puncspar 1rs trageUpies j,-r- - relut à su:pei«t'e me miraim â* pompe, n^ÂaBianU et » hnlhmte de mai ta eetlevri. Il falloit nécessairement, » conllnuM-U, que les têtes et les anneaux fussent élevés » pour suspendre cette couronne .... Pour accorder cette » nécessité avec )'r>ln,-n.-i[,; .lu p:isi!!»e, il faut croire que ■ ce trône avoil un couronnement sur lequel ces télés » étoient placées, dans l'objet de porter cette couronne. ..

Tout ceci, a mon avis, n'a paru obscur et difficile à M. de Cajlus, que parte (ju'il a place son trûne en bas et dans l'intérieur de la chambre : il n'a pu (Ion se rendis compte de l'emploi du n'^io. njiniii, ni de son ajustement, ni de son effet. Il change les festons ou guirlandes de fleurs en une couronne qu'il fait porter par chacune des deux Mites de cerf placées au sommet du trône; tout cela est une véritable décomposition du jexte de Diodore.

Caylus ; cor alors les lêres et les ss&taax sont .iouainmal élevés, comme il le demande. Ces anneaux servent naturellement à l'enlacement des guirlandes de fleurs qui, ajustées autour du trûne, pouvoienl ensuite retomber avec beaucoup d'agrément des deux cotés de fédifice. Si l'on ajoute à cette considération celle de l'usage qu'on avoit d'or n erde guirlandes le» te rieur des monu mens, on conviendra que si, comme l'avoue M. de Caylus, cet ajustement eût été sans vraisemblance et sans objet, quand on place

le trône en bas et en dedans , la position extérieure et élevée de ce trône rend très -vraisemblable ci naturel l'emploi des guirlandes , et en même temps prévient ou lève toute espèce de difficulté dans la manière d'expliquer le teste de Diodore.

'Em Si liïl ixtur :r.ï'izyl ~ijsf.es Sw.ntràf, ïyui lù/ic- ^îtficiuMWf, tiçt cumWioû JtïTViiHi •açjinnifltil -tir

4°'?°' -mt ifytya.

dont la traduction et iedessiii que je mots i^i râ>> ayur,qui veulent dire gi la summis, mais qui, appliques à or tore, peuvent signifier aussi cette pi sa position élevée, a pris le nom d' Je pense que le traducteur s'est re plication trop vague, en disant ira h ce me semble, spécifier davantage la s'agit d'ïndiqu puisque cette partie,

tfv axftity, dans rau- 11», qui en use fréquemment, ne s'applique point OUÏ ts des temples : te qu'il appelle jinsi recuit or il in ..ira -

ment des statues ou autres ouvrages d'art ; or cela ne peut Oii.wiiir <):iï: [li.J-Jtsliiux -.'il m Taille des Trôn-

ions, mil di'sdi-m tùiésili: ieurs jîatlLrsriiiiii'iiiilL's.Vilruve u,. m. afaitconnoîtrt etadrciit, sous le nomi'atnlirts, ces sortes "'■' h f"de piédestaux qui quelquefois sont continus et régnent au sommet Je l'ordonnance: d"où il me semble résulter que ce

prenant le toit, mais seulement de l'ordonnance.

s.lns déparer l'ordonnance.

M. de Caylus ne me paraît avoir satisfait en aucune manière ni à la lettre ni ou sens de son auteur, ni aux notions de l'archileclure, en plaçant, comme il l'a fait dans son dessin , la frange en question au-dessous de l'entablement et au niveau des chapiteau». Soitqu'ÏKcioi veuille dire généralement dominilï de l'édifice, soit qu'il signifie

ip r o m wliris, remplacement imaginé par M. deCaylus ne répond point à la valeur du mot.

Jecroisaussiqu'ila mal rendu les mots3t!rtH( JIhtouts's, fahriaitûalaris, frange réiiculaire, parla forme qu'il donne à sj frange : [Intelligence de ces petits détails dépend quelquefois d'un hasard de circonstances. Ainsi M. deCaylus s'est figuré" cette frange sous la formed'une bordure d'étoffe, d'une pente gafoim; : e : I'ii^l^ ayiiiit [.mené de nos jours

la pratique des franges en réseau , il y a peu de même à traduire fitlik-mem en dessin les mon Grecs. Il me paroil que les sonnettes dévoient faire dans cène frange A peu pris l'effet Jes glands don! an orne aujourd'hui les inlervalles du réseau.

Ki-m Si -rit t« x*.fLiL£pf ymlu, stji' én^îBs îi nhsvcfc

ta$,y ' *

•i A chaque angle de la voûte , dit la traduction de ■ M. de Caylus, li y avoil une victoire d'or ponant un . trophée. »

Rien à objecter contre celte traduction. Le passage Grec n'offre aucune difficulté littérale: la seule ambiguïté! qu'il présente, non au traducteur, mais au dessinateur, est celle ijui se rapporte à la manière d'entendre 1rs ong/ti. Sbgil-iJ des angles extérieurs ou des angles intérieurs ! voilà ce que les paroles de Diodore ne déterminent point ; et c'est-la ce qu'il npp.iuiL'iit au uV^ir.aieur d'expliquer er de fixer.

M. de Caylus, égaré par le double sens du mot s'est persuadé qu'il lali.'i; iu ri i r l '.uns la voûte, c'està-dire, donner i l'intérieur de In chambre tout ce qui, dans le texte Grec, est mis en rapport avec le mot xjt^^, et il n'a soupçonné que deux manières possibles de placer

quatre coins de la chambre, et mfme, dit-il, du cercueil. Selon lui, il n'est point probable qu'on Itiuïi pL/:r:

romsar/: car m: ut les i:sr,vi distincts, ajoute-t-il, ija'/ipris élu air/ Joui finliritar et mfmt fin avant.

Je suis aussi de tel avis, et je pense, comme lui. que ces ornemens auraient clé là perdus pour ia vue ; car la chambre sépulcrale n'cioi; point dénuée à admettre des spectateurs dans son iiudi-ic-ur : M. de Cayius fait 11 même remarque ; ce qui me rend plus difficile à comprendre comment lui, qui n'a point m£me figuré en treillis l'enceinte de cette chambre, a pu se déterminer à mettre dans son intérieur des statues que personne n'auroit vues, ou qui n'auroient pu être aperçues que par la porte.

Dans le dessin que je propose, l'intérieur delà chambre étant fermé, comme on le verra, par un simple grillage ou réseau d'or, il eût été plus possible d'y admettre les victoires en question, parce qu'on auroït au moins eu la facilité de les apercevoir au travers des mailles du treillis ; cependant j'.i- cru <cn;j hypothèse inadmissible.

i.° L'intérieur de la chambre, réduit, par les données indispensables de la description et par les convenances non moins probables de l'architecture, à sa véritable dimension . ne dut guère avoir plus de si* pieds de large, espace que remplissoient et le cercueil avec son cénotaphe, et les armures disposées autour, 5a longueur ne put guère cire de plus de dis à douze pieds, comme on le voit dans le plan ; et cela seul prouve que ni le trône, ni les statues des victoires, ne purent y trouver place.

cune figure, enfermés qu'ils aumient été dans l'espèce de cage qui constituait la chambre; ci il lis ut ne point perdre de vue que ce monument funèbre étoii tout-à-la-fois un

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