XLVIII
anciens maires de Poitiers. Parmi les bénéficiaires de cette mesure figurent Jean Regnault, bien qu'il eût été partisan des Anglais, Aimeri d'Ayron, Gargoulleau, Simon Mourrault, Jean de Taunay, Jean, Bigot (1). C'est depuis cette date que le maire de Poitiers portera le casque, les gantelets et l’épée, comme un gentilhomme, en même temps qu’il en arrivera à revendiquer le titre de premier baron du Poitou (2).
Sa fonction devient de jour en jour plus absorbante. Comme représentant de la commune, il recoit les mandements du roi, des lieutenants généraux et capitaines, des hauts commissaires et du sénéchal. Il veille à la fois à l’exécution des prescriptions du pouvoir central et au maintien des privilèges de la commune à l’égard de ce pouvoir. Depuis 1369, c'est lui qui est chargé de recevoir, au nom du roi, le serment des bourgeois. Seul, il a le droit de contraindre les hommes de la commune et de la châtellenie au service de ban. Il assure, dans la ville, l’exécution des ordonnances relatives au guet et à la garde. Il s'occupe, d'accord avec le sénéchal, de l’entretien des fortifications de l'enceinte. Il participe parfois aux expéditions militaires ; en 1356, le maire Herbert Guichart est pris dans un combat par les Anglais, peu avant la bataille de Maupertuis. C’est sous la présidence du maire que se réunissent et délibèrent le mois et cent, de même que le conseil de l’échevinage. Il a le droit de proposer et il fait exécuter les règlements et ordonnances de toute sorte, d'administration et de police. Il a soin de les faire publier ou proclamer au Marché Vieil et par les rues et carrefours. Il préside le tribunal municipal ; il y veille à l’exercice de la. justice civile et criminelle, reconnue à la commune. C’est à son contrôle qu'est soumise la gestion des domaines communaux ; c’est à lui qu'il appartient de répartir les divers impôts, tailles, subsides, et d’en assurer la levée. Il verse aux officiers royaux de finances les recettes qui appartiennent au Trésor royal. Il est responsable sur ses biens de sa gestion financière. En 1373, l'héritier de l’ancien maire Bigot doit abandonner la succession à la commune à laquelle le défunt doit 700 1. (3).
Le rôle des .auxiliaires du maire, conseillers et échevins, va aussi se précisant et s’accroissant. Les conseillers, (consules, consultores), au nombre de 12, formert un collège qui
() Recueil, p. 251, 254.
(2) Giny, 401.
(3) Sources citées ci-dessus, not. 1329, 1345, 1357. — Arch: Munic. Mss 242, f°° 49, 58 (1341, 1344). — Ordon. des rois, XIV, 275 (1369). — Recueil, n°° 327, 355, 388, etc. Voir aussi les références suivant»s.
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délibère tantôt séparément, comme pour la présentation aux élections du maire en 1335, tantôt en commun avec les échevins, au tribunal de l’échevinage, comme en 1333 (1). Mais depuis 1335, ils fusionnent avec les échevins et ne se distinguent plus de ces derniers, avec lesquels ils siègent le vendredi. Echevins et conseillers réunis forment, depuis cette date, un collège unique, appelé conseil des 25, composé des 13 échevins et des 12 conseillers ; le nom même de ces derniers tend à disparaître. Les échevins, dont le nombre primitif de 12 a été porté à 13 (2), confondus avec les conseillers, ont cessé d’être élus annuellement. Ils sont élus à vie par le mois et cent ou corps de ville. On voit en effet, dans nos documents fragmentaires, reparaître les mêmes noms. Autant qu’on puisse le préciser, ce sont de notables bourgeois, des clercs, comme Hugues de Ia Roche et l’official Crollebois, des marchands ou financiers, comme B. le Lombart, Jean Regnault et Jean Bonin, des légistes, comme Robert de Londres, Jean de Taunay ; des industriels, comme le potier d’étain Micheau de Nanteuil, le tanneur Philipon Jacques, Philippon le Barbier, des fonctionnaires de Ja commune, procureurs, receveurs, aumôniers de l’échevinage, voire quelques officiers royaux, comme les Coindé et les Langlois. Les anciens maires en forment l’élément le plus influent ; ils prennent place au premier rang des échevins (3). Ceux-ci continuent à jouir d’une indemnité pour chaque séance de dJ’éhevinage. Un règlement du 8 juillet 1335 en fixe la quotité à trois pains, dits du chapitre, distribués le vendredi ou le lendemain, et fabriqués avec le froment acheté à chaque échevin, à raison d’un setier par an et par échevin, le surplus du froment nécessaire devant être pris sur les rentes de la commune (4). De plus à partir de 1374, les échevins sont exemptés du droit de prise pour leurs biens meubles et leurs chevaux ou bétail (5). Enfin, Charles V leur accorde !a noblesse héréditaire en décembre 1372 (6).
Les échevins assistent avec le maire aux séances du mois et cent (7). Réunis en conseil ordinaire le vendredi (8), ils
() Bibl. Nal. Mss Fr. n. acq. n° 3412, f° 12.
(2) Règlement de 1335 (8 juillet), Recueil, n° 305.
() Recueil, n°° 305, 369, 'p. 17, 26, 159, 161, 162, 163, 201, 50. (4) Recueil, n° 305 (8 juillet 1335).
(5) Ibid., p. 263 (25 mars 1374).
(6) Voir ci-dessus.
(7) Exemples 8 mai 1332, Recueil, n° 291 ; 305 (juillet 1335). (8) Ibidem.