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grandes familles de la ville, tel que Jean Acton (1). Il gère les biens de l'hôpital de la commune. Le clerc de la commune, qui est aussi parfois investi des fonctions de procureur, comme en 1331, et qui porte aussi le nom de garde de l’échevinage, est le secrétaire du maire et des échevins (2). Des hucheurs, organisés en corporation et dirigés par un maître hucheur, ont charge de proclamer « ès places et carrefours » les crdonnances municipales et d'annoncer les événements qu’on leur donne mandat de notifier (3). Des sergents, en nombre variable, habillés sur le produit des amendes, assurent l’exécution des sentences de l’échevinage, assistent les échevins, le procureur, le receveur dans leurs attributions (4).
La commune, au cours de cette période, parvient à l’aide des embarras du pouvoir royal, à affermir et même à étendre ses prérogatives. Investie de la personnalité civile et administrative, elle possède en premier lieu le droit de sceller ses ordonnances ou actes ; c’est la marque visible de sa souveraineté juridique et politique. En 1332, le grand sceau de la ville représente d’un côté l'enceinte fortifiée, de l’autre une fleur de lys et un cavalier armé d’une massue. Un petit sceau (ad causas) est réservé pour les actes judiciaires (5). En vertu de cette personnalité, la commune est apte à acquérir toutes sortes de fiefs, domaines, cens et rentes (6). Elle peut même exercer le droit de patronage pour la collation des bénéfices ecclésiastiques. La veuve d’un bourgeois, Roger Langlois, lègue ainsi à ce corps municipal le pouvoir de présenter le desservant de la chapelle de Saint- Jean-l'Evangéliste en l’église Saint-Porchaire (7).
La plus importante des prérogatives d'ordre politique, celle de la justice, avait été volontairement restreinte par le pouvoir royal, lors de la concession des chartes de 1214 et de 1222. Le roi s'était réservé formellement les cas royaux et la haute justice (8). Ces restrictions plaçaient la commune de Poitiers dains une situation inférieure à celle de villes
(1) Jean Morreil, 1356-60, Rec. p. 175, 178, 189 ; Jean Acion (1377), ibid, p. 273. | 2 à 4 linaite éf
(2) Recueil, n°* 250, e 359. Noms de clercs cités par les documents : " Guillaume David, 1329 ; Jean de la Carre, 1351 ; Huguet de Prahecdq,
(3) Recueil, n° 322 (1337), p. 60.
(4) Recueil, n° 295.
(5) Recueil, p. 16, n° 306.
(6) Recueil, n° 278 (1329).
(7) Recueil, n° 365 (26 février 1347).
(8) Chartes, 1214, art. 1 ; 1222, art. 17 et 22.