‹ Recueil de documents concernant la commune et la ville de Poitiers. Tome II: de 1328 à 1380. Avec une introductionChapitre 17 sur 104 · LV · texte numérisé non relu

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geois, tantôt à Arras où à Amiens, tantôt à Saintes, tantôt sur lés côtes du Bas-Poitou. Les habitants de la châtellenie, paÿsans et ténanciers, continuént d’être classés dans la suite (Secta) du maire et de là commune. On conserve jusqu’en 1340 la coutume de dresser les listes de sergénts que devraient fournir à l’armée les ecclésiastiqués, les nobles, les bourgeois, lés roturiers de la villé et de la banlieue. Mais cette milice commuünale n'est plus qu’un mythe ; les rôles des sergents ne sont plus que dés rôles d'impôts, chaque particulier où chaque groupe se borhant ä verser une sonmme d'argent plus où moins forte, pour solder des mercenaires que le roi sé charge de levéf. La commune répugne à acquitter le service réel ét le roi S’empresse d'interdire à ses agents de l’exiger, si les taxes de rachat sünt acquittées (1). De l’ancienne obligation militaite, subsiste l’autorité dévolue aü maire et à la commune sur tous les contingents de la ville et de la banliéue. Les sujets du roi, justiciaäbles du prévôt, ceux des bourgs privilégiés ét des seigneurs de la châtellenie, de même qué les nobles, les clercs et les bourgeois, continuent à faire partie à cet égard de la suite du maire (de secta maüjoris et communitatis) (2). |

Mais dans la réalité, le pouvoir militaire du maire et de la commune né s’exérce plus que pour garantir la sécurité locale. Il se borné au service de forteresse. De ce point de vue, il ést précisé et renforcé, sous la surveillance des lieuténants et capitainés généraux du roi, dé manière à établir nettement la sphère d’atitributions de la commune et celle de l’agent royal, lé capitaine du château. À ce derüier appartient la garde exclusive de la forteresse qui barre à 1la porte Saint-Lazare la route de Paris à Bordeaux, et où il peut requérir le concours des habitants de 10 paroisses de la châtelleñié. Au maire appartiennent le privilège et Ja charge d’assurer la garde de tout le reste de la ville et de sa vaste ernceinite fortifiée. Potir en garantir la sécurité, après le désastre de 1346, en vertu des ordonnances de 1347, 1359, 1373, est constituée une organisation militaire municipale qui a pour principé l’obligation du service armé pour les habitants, même clercs et nobles, de la ville et de la châtellenie, à l’intérieur de Poitiers, en vue de la garde des rues, pottes, ponts, tours et remjarts. Les redevables, tenus de s’armer à leurs frais, furent probablement dès lors formés en compagnies par quartiers ou paroisses, mais on ignore pour celte

(1) Recueil, n° 281 (1329), 328 (1338), 351 (1342), 343 (1340). (2) Recueil, p. 54, rôle de 1337, n° 322.

période les détails précis de cette organisation. A plusieurs reprises, le droit de la commune à requérir pour le service de garde des habitants de la châtellenie, sauf ceux de 10 paroisses, fut confirmé par le roi, notamment en 1359, 1365, 1367, 1374 (1).

Le maire et la commune conservent et exercent une autre prérogative importante d’ordre militaire, celle de la garde et de l'entretien des fortifications. 1ls s’en étaient fort mal acquittés pendant la période de paix, d’ailleurs avec la connivence des agents royaux, si bien que l'enceinte avant 1340 tombait en ruines. Il fallut la lecon de 1346 pour déterminer un vigoureux effort de redressement et pour rappeler les officiers royaux et les autorités municipales à leur devoir. La royauté prit des mesures énergiques pour faire lever à cet effet des subsides spéciaux sur la ville et la banlieue. Elle les fit payer au besoin « par prise de corps » et contraignit au paiement toutes les classes sociales, même les clercs (2). Le maire et les échevins partagent avec le séréchal ou ses délégués le droit d'inspection des fortificat'ons, et décident, de concert avec les agents royaux, les travaux de construction ou de réfection à exécuter. Un document de 1380 montre que ces travaux sont à cette époque dirigés par un architecte ou ingénieur, délégué de la ville, Guiart Barbe, sous la haute surveillance du lieutenant du sénéchal, Guillaume de Torsay, qui reçoit une indemnité de 1 1. par jour pendant 15 jours, et une autre plus élevée pour une inspection générale de la ville (15 1. pour 5 jours). L'état des dépenses qui nous a été conservé atteste que depuis la porte Saint-Lazare jusqu’à celle de la Tranchée, les ponts, les tours, les créneaux, les remparts furent l’objet d’une réfection minutieuse, notamment les remparts de Bajon et du Pré-l’Abbesse, de Rochereuil, du pont Saint-Cyprien, les tours Maumussart (près de la Tranchée) et de Pontachard (3). Poitiers devait, grâce à ces soins, traverser le reste de la guerre de Cent Ans sans subir de nouvel assaut.

La commune ne put éviter, dans cette période critique, les charges fiscales que lui imposa la royauté, sous forme de subsides, de prèts, d'aides, de subventions, de taillées (4). Du moins, elle se fit reconnaître trois prérogatives précieuses : le droit de consentir ces impôts nouveaux, celui d’y

(1) Voir ci-dessus.

(2) Voir ci-dessus ; ct notamment, Recueil n° 399, 403, 405, 343 : et p. 309.

(3) Voir ci-dessus (1"° partie) et Recueil, p. 309.

(4) Voir ci-dessus, 1" partie.

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