LXX
tout un domaine à la Grange, près du Porteau (1). Les autres collectivités religieuses ne sont pas moins riches, ou le sont même davantage, bien que là guerre en ait éprouvé quelques-unes, telles que Fontaine-le-Comte, qui reçoivent des dédommagements (1).
Le corps ecclésiastique est pourvu de privilèges que la commune, comme les gens du roi, doivent respecter. L’évêque a sa cour (tribunal), dite « de l’évêché et de la chapelle du palais », qui a un auditeur, pourvu d’un sceau spécial où figure saint Pierre, les clefs en main (2). Le doyen et le chapitre Saint-Hilaire font reconnaître leurs prérogatives judiciaires dans les limites de leur bourg ; en 1352, ils obligent le sénéchal à faire remettre en liberté un particulier accusé de crime, que les gens du roi se sont avisés d’y arrêter (3). Non seulement Sainte-Croix a sa basse justice, à l'encontre « de toute personne qui mesfait » en son bourg, mais encore elle est sous la sauvegarde du roi et du mandataire dé celui-ci, le baïlli des exemptions de Touraine, qui intérvient contre un sergent royal trop zèlé, coupable d’avoir saisi le temporel de l’abbaye (sept. 1376) (4). Les commandeurs, prieurs et frères du grand prieuré d'Aquitaine sont aussi sous la sauvegarde du roi (1377). Au chapitre Saint- Pierre-le-Puellier est confirmé l'exercice de la justice quil fait rendre en ses assises sur une place voisine de l’église, près de la rue de la Celle, aussi bien que dans la banlieue, à la Grange du Porteau (5). Malgré sa résistance, le maire a dû enfin se dessaisir de sa juridiction pendant les trois jours des Rogations, en faveur du chapitre de Notre-Dame (6), Astreints au service du guet et de garde, les ecclésiastiques sont autorisés à se faire remplacer (7). Ils doivent en principe le service d’ost, mais, comme les autres membres de la commune, ils ont obtenu de s’en racheter en payant l’entretien d’un nombre déterminé de sergents mercenaires : 20 à 30 pour Montierneuf par exemple, 20 pour Saint-Hilaire, 6 pour le prieur de Ligugé. Toutefois, les taxes qu’on leur demande sont réduites à 1 ou 2 livres par sergent, alors que pour bien d’autres catégories de laïques elles s'élèvent à 3,
(1) Recueil, n° 322, p. 11, 55, 92, 265, 274, 302. (2) Ibid p. 3.
(3) Ibid. n° 382 (31 mars 1352).
(4) Recueil, p. 274, 276.
(5) Ibid, p. 93, n° 344 (nov. 13140).
(6) Ibid, n° 378.
(7) Voir ci-dessus (1347).
4, 5 livres (1). Enfin, en matière fiscale, ils sont bénéficiaires d’avantages, d’exemptions, de ménagements particuliers. La générosité du prince continue à s’exercer en leur faveur. Les uns obtiennent à leur profit la perception des droits de mirage et charnage (2). D’autres, tels que l'abbé de Fontaine-le-Comte, font rétablir aux frais du roi et de la ville les bâtiments de leur abbaye et reçoivent une rente sur le domaine, de même que le prieur de Croutelle (3). Le duc de Berry les protège contre l’exercice du droit de prise (4). Ils ne sont astreints à payer les taxes spéciales de guerre, comme en 1362, 1373, 1380, que si elles ont été consenties par eux, et dans la mesure où l’évêque l’autorise. En 1380 notamment, sur l’ordre de son chef, le clergé ne consent à acquitter que 400 I. sur la taillée de 1000 I. ; un certain nombre de clercs (115) déclinent toute participation à l’impôt ; d’autres ne veulent solder que le quart ou la moitié de la taxe (5). Le corps ecclésiasi'que, en présence des difficultés financières où la commune se débat, tend à se murer dans son, égoïsme (6), D'ailleurs, les gens d'église sont associés à l'exercice de l’administralion royale, comme membres du conseil du roi ou du comte, comme auxiliaires du sénéchal, du receveur, des autres officiers royaux, et leur autorité en est accrue au regard de la commune. |
Au contraire, celle de la noblesse ne se manifeste d’aucune manière dans nos documents. Elle y passe à peu près inaperçcue. Tout au plus, voit-on dans la banlieue s’exercer l’action dun petit nombre de gentilshommes, tels que le vicomte de Châtellerault, qui y ont des tenanciers (7). Les membres de l’aristocratie sont surtout des agents militaires du roi, et c’est ce pouvoir qu’ils exercent par délégation à l'égard de la commune. On entrevoit qu’un certain nombre réside à Poitiers dans la suite des lieutenants et des capitaines du roi, des châtelains ou encore dans l’hôtel du duc de Berry. Les rôles des subsides, par exemple en 1340, mentionnent quelques nobles qui ont résidence dans la commune (8). Les plus en vue sont le sire de Vivonne. qui v acquiert en 1338 l'hôtel de Forges (9), et le fameux sénéchat
(1) Ibid, p. 11, 55.
(2) Voir ci-dessus ; tbid. p. 281.
(3) Recueil, p. 211, 229, 306 n. 21.
(4) Voir ci-dessus.
(6) Ibid, p. 302 et suiv.
(6) Ci-dessus, 1'° partie.
(7) Ibid, p. 12.
{8) Ibid, voir ci-dessus, ct n° 346.
(9) Zbid, n° 384 (1352).
Guichard d’Angle, qui possède un pied-à-terre au bourg Saint-Hilaire. Quelques-uns sont issus de l’ancienne bourgeoisie, tels les Berland, anoblis en 1321 et qui fournissent une lignée estimée de chevaliers (1), ou Hugues Gorraud, héritier d’une riche famille d’échevins (2). Les premiers en, leur hôtel des Halles recoivent Boucicaut et Chandos (3). Nombreux et influents sont les fonctionnaires ou officiers du roi, qui gravitent autour du sénéchal, de son lieutenant, du procureur du roi, du prévôt, du receveur et du trésorier, du tailleur et du contrôleur de la monnaie. Certains sont propriétaires de leur office. Beaucoup possèdent des biens en ville ou dans la banlieue, comme Aymar de Beaupuy, Jean Barré, gardes du scel. Jean Rivaud, conseiller du comte, détient un immeuble, paroisse Saint-Didier, rue de l’Aguillerie. Le lieutenant du sénéchal, G. Langlois en possède un autre, près des cloîtres Notre-Dame (4). Quelques-uns amassent de véritables fortunes, par exemple le receveur Crollebois, et surtout les Gillier. Ces derniers, dont la dynastie a pour fordateur un simple hôtelier poitevin, originaire de Lussac, s’élèvent en deux générations, à force de malversations et d’habileté, jusqu'aux plus hautes charges de finances, deviennent Receveurs et Trésoriers du roi, arrivent avec Denis Gillier, ie second de Ia famille, à la mairie de Poitiers jouissent de la faveur des premiers Valois et du duc de Berry, et devenus seigneurs de Puygarreau, grands propriétaires urbains et ruraux (5), læissent des descendants qui estimeront les du Plessis de Richelieu de bien petite noblesse en regard de la leur. Volontiers ces officiers royaux, même étrangers, s’acclimatent dans la bonne ville qu’ils adminisirent. Tel ce châtelain anglais, W. Spridlington, qui convole en justes noces avec la veuve d’un notable, Colette Le Boulanger (6).
De la anasse des habitants roturiers (cives), qualifiés tous bourgeois, émerge aussi la riche bourgeoisie des membres: de l’échevinage, du haut commerce, du patronat industriel, des propriétaires fonciers, groupés sous le nom de notables ou de prud'hommes. Les officiers du roi ont des égards pour eux ; ils prennent leurs avis. Les plus influents de ces notables deviennent membres du mois et cent. Depuis Charles V, ils entreront dans un corps nobiliaire spécial, la noblesse
(1) 1bid, p. 122.
(2) Ibid, p. 21 n. 5 (1333).
(3) Ibid, p. 203 (1361).
(D) Zbid, ci-dessus 17° partie et p. 53, 211. (5) Recueil, p. 138, 260.
(6) Arch. hist. Poitou XIX, 5-6.
de cloche, et se confondront peu à peu avec la vieille noblesse. Les documents fournissent quelques données sur certains d’entre eux et sur leur fortune. Un maire, Herbert Guichard, par exemple, pris par les Anglais, est taxé 500 écus pour sa “ançon (1356). Généralement cette fortune repose sur la possession d'immeubles urbains et de biens ruraux. Le procureur de la commune, Crolleboïis a une maison, près de la Porte le Comte, paroisse St-Didier ; la fille de l’ancien échevin Guillaume de Neuville détient deux maisoïns, rue de l’Annonerie, outre l'hébergement des Forges, qu’elle apporte en dot à son mari le chevalier Herbert Pouvreau. Les échevins Guillaume de Verneuil et Micheau de Nanteuil sont également détenteurs de logis dans la même rue ; le maire Jean Garineau a un hôtel rue St-Paul ; Jehan Guichard possède une maison et un verger à Montierneuf ; Robert de Londres, plusieurs immeubles, paroisse Notre-Dame ; Pierre Larcher, un hôtel à la porte le Comte. On voit par l’énumération des cens dus à la commune, nombre de bourgeoïs en possession de maisons et de places, paroisses de la Celle, Notre-Dame, $t-Didier, à la Regratterie, au carrefour $t-Paul et ailleurs. Ils sont aussi souvent propriétaires de biens fonds dans les faubourgs, la banlieue et le plat pays. Les Acton, ancêtres d’une dynastie de maires, ont deux maisons et des terres à Cissé. près de Neuville : l’échevin Choisi des domaines dans la châtellenie ; les héritiers de Robert de Londres ont affermé l’hébergement du Vergnay (1). Des industriels riches prennent place dans cette élite bourgeoise, tels le potier d’étain Micheau de Nanteuil et le tanneur Philipon Jacques, qui prête 600 1. au duc de Berry (2). Certains semblent s’être enrichis par la ferme des impôts, par exemple le maire Jean Regnaut, fermier des 6 d. pour livre, souple et versatile personnäge, qui a servi avec le même zèle le Prince Noir et le duc de Berrv, tandis que son adversaire, chef du parti francais, J. Boschet a été mis à mort et a perdu ses biens, pour avoir conspiré contre les ennemis de son pays (3). Le plus en vue de cette élite opulente est le marchand Pierre Regnault, le Crésus de cette période, qui peut avancer au duc de Berry 615 Il. em 1373 et qui tant de fois a été élevé à la mairie de Poitiers (4).
(1) Arch. h. Poitou XVII, XXXIX. Recueil, p. 21 n. 6, 22, 57, 215, 240.
(2) Inv. Arch. Mun. p. 312 et ci-dessus.
(3) Mélanges hist. TI p. 352 (coll. D'oc. inéd.) — Arch. hist. Poitou XIX, 121, 125. Mss Fr. Bibl. Nal. 20.084 (armorial des maires). — Recueil, p. 159. -
(4) Arch. hist. Poitou XXI, 73. — Recueil, p. 264 n. 9.
La masse de la population se compose des membres de la petite bourgeoïsie et du peuple, d’ailleurs pourvus de l’ensemble des droits reconnus aux membres de la commune (cives). Ce sont d’abord les petits fonctionnaires, tels que les sergents du roi ou de la commune logés en ville où aux faubourgs. À cette classe appartiennent également les maîtres et les compagnons des métiers de toute sorte, ainsi que les jardiniers, les mianouvriers, les vignerons, qui forment une fraction importante de la population urbaine. On consulte les petits bourgeois dans les cas importants, surtout quand il s’agit, comme en 1339, en 1340, en 1352, en 1375, en 1380, de prendre dès mesures pour mettre la ville en sûreté, pour consentir l’octroi de taxes, pour en assurer la répartition et la levée. Parmi les plus aisés, on choisit les collecteurs de chaque parfoisse. L’échevinage convoque les plus notables d’entre eux, pour arrêter les statuts des métiers, les: règlements de police industrielle et commerciale. Cette population se groupe souvent par métiers, dans des rues spéciales, l'Aguillerie, la Peignerie, la Regratterie, l’Annonerie, les Vieilles-Boucheries, la Sellerie, ou bien s’entasse dans les bas-quartiers, en de vieilles maisons sordides à torchis. Mais des vergers, des jardins, des champs, des espaces libres ou places subsistent néanmoins dans cette ville « esparse 5, comme l’appelle Jehan le Bel. Dans les faubourgs et la ban: beue vit une autte population dc petits artisans et surtout de petits tenanciérs, souvent groupés en petites sociétés de travail farniliales, sous le nom de comparsonniers (1), Quelques traits de leur existence se manifestent à travers la sécheresse des pièces officielles. La taverne est fréquente ; le vin suscite des rixes parfois mortelles ;: Poiliers a, comme Paris, un roi des ribauds (2). Le peuple aime les fêtes ; il fréquente, au grand chagrin de Sainte-Croix, à la promenade du Pré l’Abbesse et y assiste volontiers aux tournois, où les chevaliers se donnent en spectacle dans les lices (3).
Dans ce milieu, toutes les classes ont conservé l'esprit religieux. C’est ce qu'attestent l’achèvement de la cathédrale inaugurée le 18 octobre 1379 (4); ainsi que la fondation de nouveaux monastères, tels que celui des Augustins (1345) sur le Marché Vieil, dû à Herbert Berland, et que celui des
(1) Recueil, n° 278, 292, 297, 323 (1337), 323, 316 (1340), 318, 361, 362, p. 11, 12 (1329). Chronique de Jean le Bel, 11, 123.
(2) Ledain, Maires de Potïtiers, 278.
(3) Recueil, p. 265 (avril 1374), 266.
(4) Coll. Fonteneau XNXIII ; Auber, Hist. de la cath. de Poitiers, Il
Carmes, créé par Jean Chandos (1364) (1). A côté des curés et de la foule de prêtres et de moines qui assurent le service des 24 paroisses, se pressent les religieux et les moniales dans les anciens monastères d'hommes et de femmes de la ville et de la châtellenie, Les chapelles se multiplient ; il en existe à l’église Saiht-Paul, à Sainte-Radegonde, à Montierneuf, dans les dépendances de l’abbaye de Saint-Cyprien; à Notre-Dame de Fougères, celle-ci instituée en 1380, à Saïint-Porchaire, sous le vocable de Saint-Jean l’Evangéliste ; cette dernière fondée en 1347 par la veuve d’un échevin. Toutes sont desservies par un personnel spécial de chapelains (2). De même, l'esprit de charité reste très puissant. Non seulement les monastères et les chapitres, Saint-Cyprien, Montierneuf, Notre-Dame-la-Grande, Saint-Benoît de Quincay, ont leurs aumôneries, gérées par des titulaires spéciaux, mais encoré il existe d’autres institutions semblables, telles que celle des Lépreux ou de la porte Saint-Lazare, rue de la Chaussée. L’aumônerie municipale, dirigée par un administrateut où garde, au nom de l’échevinage, et dont les biens sont affermés ou surveillés par le procureur de la commune, acquiert de nouvelles rentes à Poitiers (1376), à Vouillé et à Jaulnay (1333) (3). |
La période singulièrement troublée qui comprend la prentière partie de la guerre de Cent Ans ne pouvait manquer d'avoir de fâcheuses conséquences pour la prospérité économique de la commune et pour le sort de sa populatioti laboriëeuse. Celle-ci se composait pour la majeure part d'artisans et de petits commerçants. Maïs, comme dans la plupart des centres urbains de ce temps, elle comptait aussi un certain nombre de jardiniers, de laboureurs et surtout de vignerons. Jehah le Bel signale ces derniers parmi les victimes du massacre de septembre 1346 (4). Effectivement, les documents signalent dans l’intérieur et dans les faubourgs de Poitiers, des prairies le long du Clain, des vergers et des jardins, des treilles et des vignes. On en trouve dans l’enclos de Sainte-Croix, à Montierneuf, dans la paroisse Saint- Paul, prés des prieurés de Saint-Porchaire et de Saint-Nicolas, ainsi qu’auprès des vieilles Arënes, et à l’intérieur, ainsi qu'aux environs des arcs de Parigny, de Chilvert et des grot-
(1) Recueil, p. 122 n. 1, Fonteneau, XXXIIT ; Bibl. Nat Mss Fr. 20.084.
(2) Recueil, p. 119, 291, 298, 306, 807%.
(3) Recueil, n°° 280 (1329), 287 (1330), 301 (1233), p. 175, 189, 272, 273 (1376), 295, 302, 303. — Mém. Ant, Ouest, 1911, 153.
(4) Cité ci-dessus.
= ——— L ee me EP
tes de Tranchepied (1). Non loin de Rochereuïil, se trouve un verger, au nom printanier de verger « aux tarins ». Un hôtel noble, celui des Forges, au cœur de la ville, renferme même une garenne ou fuye, non loin de treilles (2). Toutefois, ce sont les gens de métier qui l’emportent sur les agriculteurs. Pour les besoins de l’alimentation, existent de nombreux moulins. On en trouve un à la chaussée de l’étang de Montierneuf, un autre au faubourg Saint-Saturnin. La commune est propriétaire des deux moulins de Chasseigne, réduits à un vers 1316, puis rétablis avant 1383 en leur nombre primitif, et qui sont tenus à cens au profit des abbayes de Montierneuf et de Sainte-Croix. Près de là, cette dernière communauté possède les moulins des Quatre-Roues et celui du Pré l’Abbesse, tandis que le chapitre est propriétaire des moulins de Cornet et du Château. En 1355, un riche notable, G. Rossignol, en fait construire un autre sur le Clain (3). Les meuniers ont donné leur nom à une partie des créneaux ae l’enceinte. |
Non moins actif est le rôle des fermiers, tenanciers des fours banaux, tels que ceux qui appartiennent au chapitre Notre-Dame-la-Grande, dans la paroisse de ce nom, et à la commune, près de la Tranchée (4). Les boulangers forment déjà un métier distinct, sous leur nom qui a prévalu, ou sous celui plus archaïque de fourniers. Ils fournissent la population de diverses variétés de pain (5). Ces professions sont réglementées par la commune qui fixe la quotité de la mouture, la rémunération des fourniers et des meuniers banaux (6), ainsi que le poids et le prix du pain. En 1362 et 1379, l’échevinage, après avoir consulté les boulangers, édicte des ordonnances qui règlent la vente légale des diverses espèces de cet aliment, suivant la valeur du setier de blé. Elles distinguent la fouace cuite en ville, du poids de 19 et de 9 ‘onces (l’once vaut 30 gr.), taxée 4 d. et 2 d. ; le grand pain de froment dit de ménage, du poids de 200 onces (6 kg.), pour lequel on ne peut exiger que 3 s.4 d.; le grand pain de méteil à 192 onces de poids (4kg. 860 gr.), taxé 32 d.; celui de 24 onces (620 gr.) qu’on doit vendre 4 d.; le pain blanc (choine) bien cuit et salé, du poids de 28 et de 14 onces vendu 4 et 2 d., dans le cas où le setier
(1) Recueil, p. 189, 214, 216, 266, 272, 274.
(2) JIbid., p. 21 (1333), 312 (1380).
(3) Ibid. n°* 279, 389, p. 4, 214, 216, 274, 275, 310, 211, 314. (4) Jbid. p. 212, 214 (1364) ; n° 346 (1340).
(5) Recueil, n° 292, p. 207 (1362), 280 (1379).
(6) Boissonnade, Org. du fravail en Poitou, 1, 111 et sq., 130 et sq.
de blé vaut 16 s.; enfin le reboutet de fouace de 31 onces (930 gr.), à vendre 4 d. Le 7 novembre 1370, époque où le setier est passé de 16 s. à 36 s., on porte à 6 d. au lieu de 4 d. le prix du pain de 21 onces dont le poids est diminué de 7 onces ; de même pour le pain sans sel, dont le poids est inférieur de 1 once au pain blanc salé. Quant au pain de qualité courante (pain sa fleur), il doit peser 32 onces et être vendu 6 d., suivant la hausse du prix du froment ; le reboutet de même poids est taxé au même prix. En 1377, deux échevins, après avoir fait moudre un setier de froment pour savoir le rendement du blé en farine et en pain, estiment que le setier doit donner sept pains valant 7 sous (c'est-à-dire sept souldées). Ils fixent au poids de 14 onces (420 gr.) la livre de pain, et le pain de 4 livres au prix de 2 d. « Les fourniers banaux de leur côté sont tenus de le faire bel et prendre gain suffisant, outre le prix du sel et du bois ». Le 9 février 1379, le setier de froment valant 5 sous, les échevins taxent encore le prix du pain : le blanc salé et bien cuit, du poids de 22 onces (660 gr.), doit être vendu 2 d.; le pain sans sel de 11 onces (330 gr.), 2 d. ; le pain sa fleur pesant 18 onces (540 gr.), 2 d., de même que la fouace de 38 onces, tandis que le grand pain de ménage de 13 livres et demie de poids, est taxé au prix de 5 d., en diminution de 8 fois sur la taxe de 1362, alors que le prix du setier n'avait baissé que de 6 fois (1). Les boulangers ou fourniers apparaissent parfois parmi les notables, chargés de la collecte des impôts, par exemple en 1337 dans les paroisses Saint-Savin et Saint-Grégoire. En 1340, celui du four Notre-Dame est consulté par le prévôt et figure parmi les seize personnes que cet agent convoque pour la territoire urbain de la prévôté, de même que 2 autres fourniers sont convoqués parmi les 14 notables du bourg Montierneuf (2).
Plus puissante encore est la corporation des bouchers, dont le centre pour la vente est Ia Vieille Boucherie ; lun d’eux en tient les étaux, à cens de la ville. Ils cumulent parfois leur profession avec celle de tanneur (3). Les poissonniers forment deux corporations, dont l’une vend le poisson frais et l’autre le poisson salé. Toutes deux, règlementées par l’échevinage, tiennent leurs assises au Marché Vieil, où
sms. ©
(1) Arch. Mun. Mss 242 f° 37. — Recueil, p. 207 (16 déc. 1362), 208 243 (7 nov. 1370) ; 280 (7 déc. 1377, 9 février 1379).
(2) Recueil, n°° 323, 346.
(3) Recueil, n° 384 et p. 264, n. 14. — Boissonnade, I, 168 et sq.
le maire fait publier en carême les statuts qui les concernent (1).
Les industries textiles sont activement pratiquées à Poitiers et y semblent parvenues à un degré de développement assez considérable pour que le travail y soit divisé. Des foulons y apprêtent les lainages en des moulins à drap, dont un est construit au Pré l’Abbesse en 1374, à charge d’un cens de 60 ss. au profit de l’abbeisse de Ste-Croix. En 1382, la même dignitaire loue un emplacement sur la chaussée des moulins des Quatre-Roues, à charge pour le preneur de bâtir un moulin à draps à deux roues, au devoir de 100 s. de rente par an. Les fabricants de lainages ou drapiers en gros draps forment un métier juré, que l’on convoqusa à l’échevinage, pour réglementer la fabrication et élire les jurés chargés de visiter les laines cardées avant le tissage et les draps tissés avant le foulage, ainsi que de vérifier au chef de la pièce tissée l’apposition de la croix vermeille, marque du fabricant. Le 28 octobre 1377, le maire commet 4 jurés qui prétent serment « de bien faire et léaument » l'inspection et la visite (2). Parmi les notables des bourgs de Montierneuf, de St.-Hilaire le Grand et de la Celle figurent des texiers et des couturiers (1341), et au nombre des contribuables de 1337, d'autres couturiers et couturières (3).
Le travail des cuirs et des peaux est fort actif. En 1854, sur les bords du Claïn, un riche bourgeois, Rossignol, fait édifier un moulin à tan. Cet industriel est également propriétaire de tanneries au Pré l’Abbesse et met ses peaux à sécher sur les terres de l’abbaye, malgré les religieuses de Ste- Croix ; il élargit ou cure le canal, et la commune le soutient dans .ses améliorations. Ses établissements passent à un autre riche bourgeois, Philipon Jacques. D’autres tanneries existent le long de la rivière, notamment au bourg de Montierneuf (4). La mise en œuvre des cuirs apparaît dans la banlieue, où l’on rencontre à Bonneuil-Matours, d’après un rôle de 1329, deux cordonniers (suires) et un sellier (cellier), parmi les sujets du vicomte de Châtellerault. Ce travail est bien plus répandu dans la ville (5). Deux cordonniers en
(1) Arch. Mun. Mss 242, f° 49. — Recueil, n° 359 (22 fév. 1345). — Boissonnade, I, 193 et sq.
(2) Recueil, p. 266, 274 (avril 1374), 275 (janvier 1382), 274 (mai 1377), 279 (28 oct. 1377).
(3) Jbid., n°° 346 (1340) et 323 (1337).
(H) Recueil, n°* 390 (avril 1353), 398 (mai 1354), p. 145, 155, 216 (1364) ; n° 338 (1339). |
(5) 1bid., p. 12
1340 figurent au nombre des 5 notables du bourg de la Celle, consultés par le prévôt (1) ; un vacher (cordonnier en cuir de vaches est l’un des collecteurs du bourg Saint- Hilaire en 1337. L’art de savetier est exercé à part (2). Les bourreliers en janvier 1341 sont érigés en métier juré ; quatre d’entre eux, parmi lesquels une femme, prêtent serment sur l'Evangile d'observer les statuts. Cinq jurés sont chargés, 2 dans la commune et 3 en dehors, d’inspecter le travail, de saisir les « fourrures non conformes » et de traduire les délinquants devant l’échevinage qui pranonce les amendes (3). En 1351, c’est le tour des selliers ; les échcvins règlent alors l'exercice du métier de sellerie. En 1464, on voit mentionné un gantier (4). Le nom d’une rue, celui de la Peignerie, de la paroisse de Notre-Dame, rappelle qu’on pratique à Poitiers le travail du bois et de la corne (5).
De l'ancienne industrie métallurgique, jadis si florissante, subsistent divers vestiges. Devant l’église St-Michel, ainsi qu’à la Cuecille Blanche et à Montbernage, on rencontre des forges. Sur le Claïin, a été construit un moulin à émoudre les couteaux, vers 1380, au Pré l’Abbesse. Il est aussi question de maréchaux. La rue de l’Aiguillerie (rue Gambetta actuelle), souvent mentionnée, est le quartier des aïguilliers, fabricants d'aiguilles et d’aiguillettes. La vaisselle d’étain, recherchée de la bourgeoisie et du peuple, est travaillée par une importante corporation, celle des picherers ou potiers, dont les statuts sont rédigés par les échevins. Ils sont alors au nombre de 6 maîtres (patrons) et de 4 valets (compagnons du métier) (avril 1335). L’un des maîtres, Micheau de Nanteuil, est un des riches bourgeois de la ville ; un autre paraît d'origine toulousaine, et un troisième d'extraction anglaise. Ils fabriquent des pintes, des pots, des gohelets, de grands vases à deux anses (estomayes). 11 leur est interdit de mettre plus de 10 livres de plomb par 100 livres d’étain ; il leur est enjoint de faire en pur métal certaines œuvres saignées (apus quadratum), de ne livrer leurs produits pour lg plupart que de pur étain gt finis, à peine de destruction de leur inarchandise par le feu et d’une amende de 60 s. Les orfèvres n'apparaissent pas dans nos documents, mais il est question des doreurs (doriders) (6). Enfin, parmi les autres artisans,
(1) Jbid., n° 346 (1340).
(2) Ibid., n° 323 (1337).
(3) Ibid., n° 348 (23 janv. 1341).
(4) Ibid., n° 374 (11 janv. 1351) ; p. 214 (1364).
(5) Arch. Dép. Vienne, G. 1104 (1351). |
(6) Recueil, p. 214, 215, 275, n° 297 (avril 1333), 294 (mars 1433).
on peut signaler un barbier, propriétaire de vignes dans la ville (1).
Le commerce urbain, très varié, a surtout pour objet l’approvisionnement de la population en objets de première nécessité. En première ligne, viennent les produits d’alimentation. Le blé se vend dans la rue de l’Annonerie, quartier de bourgeoisie (Nonerie), où se trouvent la halle spéciale du minage et l’hôtel de l’abbaye du Pin, qui garde l’étalon officiel du boisseau (rues du Moulin-à-Vent et de la Regratterie) (2). Outre le froment, se négocient sur ce marché, le seigle, le méteil, l’avoine, la baïllarge, l’orge, la jarousse et les vesces. De brusques variations, dues aux récoltes et aux événements politiques, portent le prix du setier jusqu’à 16 et 24 ou 36 s. (1362, 1369, 1370), pour le ramener d'autres fois à 5 s. comme:en 1379. La boulangerie urbaine a pour concurrente la boulangerie foraine ; du dehors, notamment de Villiers (canton de Neuville), viennent des pains de ménage de 32 onces, ou de 16 onces, que l'échevinage taxe en 1362 au prix de 4 et de 2 d. ; ainsi que de la fouace de 20 onces, qui se vend aussi 4 d.. Mais, pour avantager les boulangers urbains, la fouace importée doit peser une once de plus (3). La police municipale isaisit impitoyablement le pain dont le poids est inférieur et le tribunal des échevins frappe d'amende les boulangers délinquants (4). Ailleurs, se vend la viande en public aux bancs de la boucherie. L’approvisionnenrent en bétail porte sur le bœuf et les vaches, les moutons, les brebis (ouailles), la chèvre, le porc et la « poulaille » (5). La poissonnerie du Marché Vieil est fournie de poisson frais, sec ou salé. Dans les boutiques et les rues, notamment dans celle de l’Erberie, se vendent les légumes dits de potage, amenés de la banlieue, fèves, pois blancs et pois chiches, ainsi que les fromages (6). Le sel, venu du Bas-Poitou ou de Saintonge, est débité au setier, au marché ou halle de la Saunerie, qui a donné son nom à une rue (7). Le vin, annoncé par les crieurs (hucheurs) se trouve au détail chez les taverniers des propriétaires, après que l’échevinage a perçu les droits d'entrée et autorisé la
(1) Ibid., p. 140 (1352).
(2) Jbid., p. 140, 214, et volume antéricur des Documents. à
(3) Recueil, p. 207 (déc. 1362), 208, 243 (1370), 280 (1377-1379), 279 (1375).
(4) Ibid., n° 292 (juillet 1332).
(5) Ibid., 216, 269.
(6) Ibid, 269.
(7) Ibid., 216, 269.
vente, à l’issue des vendanges. Le prévôt et le maire frappent d'amende les délinquants, et peuvent saisir les vins déchargés en ville par les non domiciliés, sans autorisation ou déclaration. On importe du dehors les huiles apportées à dos d'animal, ainsi que les graisses. Des bêtes de charge, chevaux, ânes, mulets, sont amenés au marché, et d’autres élevés en ville, ce ju: donne lieu à un commerce actif de foin et de paille, qui sont introduits à dos de bête ou par des charrettes (1).
Pour le chauffage, on tire des forêts voisines le charbon de bois et le bois à « ardoir » (brûler), transportés par charrois, tandis que les bûches viennent par « sommes », à dos d'animaux. Quant aux matériaux de construction où d'ouvrage, ils sont représentés par les bois carrés ou plats et les cercles dont le transport présente les mêmes caractères, ainsi que par la chaux. Les colporteurs et les merciers introduisent les menues marchandises de mercerie et d’épicerie par balles qu’ils apportent « au col ». Par ballots ou fardeaux sont déchargées les laines filées, les fils de chanvre et de lin, dont le filage occupe les campagnes. Poitiers reçoit du dehors les tissus fins ou même grossiers, les sèrges, les toiles, les coussins, les tapis, et surtout les étoffes de prix, draps d’or et d’argent, ainsi que les soïieries diverses notamment les camocas, velours et satins. Du dehors aussi, proviennent en partie les articles d’habillement, jacques et jupons. Du plat pays, la tannerie urbaïne fait venir les cuirs non ouvrés, et le commerce local s’approvisionne aussi de peaux de bœufs tannées, de cordouans et de basanes, apprêtés en dehors de la ville. Pareillement, il importe les produits nécessaires à l'équipement ou à l’économie domestique, selles, bâts, brides, ferronnerie, tuiles et carreaux ainsi que la po-. terie (2). La verrerie vient à dos d'homme. Le marché urbain reçoit du dehors une bonne part de la poterie d’étain. Une visite de police faite en 1335 montre que des picherers de la Rochelle, d'Angers et de Tours viennent étaler leurs produits à Poitiers, Hoamoent à la foire de la mi-carême. L’échevinage et la prévôté veillent également à la loyauté des articles vendus par les potiers urbains et forains, procèdent à des saisies et prononcent des amendes. Enfin, le commerce des armes est florissant ; les arbalètes ct les glaives figurent en effet parmi les produits importés (3).
(1) Ibid., p. 36 (1334) 269 (2) Recueil, p. 270.
(3) Recueil, p. 270 (1375), n° 294 (25 mars 1335).
Le trafic ordinaire se fait, soit en boutique, soit dans les marchés tenus tous les jours, soit dans les marchés hebdomadaires, tels que ceux du Minage et de la Saunerie. Le grand mouvement des échanges, qui attire les marchands du pays et de l’étranger, est limité aux époques des grandes foires. La principale au XIV* siècle est celle de la micarême, organisée par les Berland en 1188, et pourvue de privilèges par Richard Cœur-de-Lion. Des magasins et des étalages y sont loués aux commerçants qui y viennent vendre les lainages anglais, flamands et français, les soieries ita- Rennes et levantines, les épices et autres produits. Les propriétaires des Halles en tiraient de gros revenus, puisque. au moment de la prise de Poitiers en 1346, le dommage qui leur est infligé n’est pas inférieur à 6.000 I. (plusieurs millions en valeur relative actuelle). Leurs privilèges ont été confirmés par les Valois, notamment en 1360 ; les Berland avaient jusque là soutenu fidèlement la cause française. La seconde foire dont la commune jouissait, celle d’octobre, s'était tenue jusqu’en 1348 en dehors de la ville, sur le plateau situé près de la route de Limoges, à la Pierre Levée. Elle durait trois à sept jours, après la Saint Denis. Elle offrait l’inconvénient d’être exposée aux entreprises des bandes en temps de guerre, se trouvant hors de l’enceinte, et ne présentait aucun aménagement commode. « Les gens, « observaient les lettres patentes du roi, ne trouvent où ha- « biter, ne recueillir denrées en temps de pluie ». C'est pourquoi Philippe VI décida le transfert de cette foire aux Halles, où les Berland s’offraient à assurer « l’ostellage » aux marchands, moyennant un droit, et à charge d’entretenir les logements et les étaux. Le roi en retirait aussi une laxe qui donnait en bonnes années 60 I. Les deux foires de la mi-carême ou de mars et d'octobre se trouvèrent ainsi dotées d’un local commode. Les Berland se firent confirmer les privilèges qui leur avaient été accordés, se rallièrent au Prince Noir, qui ratifia leurs droits en 1362, puis à Charles V et au duc de Berry qui les firent bénéficier de la même faveur en 1372 (1). Maïs on ignore si les foires maïntinrent, au milieu de cette période critique, leur activité séculaire. Ce qui semblerait indiquer l'existence d’un ralentissement ou d’une crise des affaires, c’est la hausse du taux de l'intérêt. Les rentes, qui d'ordinaire au XIII siècle se vendaient à
(1) Arch. hist. Poitou, XI, 215 ; Recweil I, n° 23 ; II, n°° 367 (1347), 368 (février 1348), 370 (août), 391 (oct. 1353) ; p. 188 (6 mars 1360) ; 209 (23 nov. 1363) ; 244 (25 août 1372).
raison de dix fois leur valeur en capital, coûtent 12 fois cette valeur dès 1332 (1). D’autre part les variations monétaires déséquilibrent les transactions. Dans une même année, en 1359 à Poitiers, la valeur du marc d’argent en trois mois passa de 15 à 20 1., 25 1., 30 1, pour retomber finalement à 11 1. 50 s. (2).
La première période Ge la guerre de Cent Ans se poursuit et se termine pour le Poitou et pour Poitiers sous les plus sombres auspices. Un siècie et demi de paix et d’ordre avait donné auparavant à la province et à sa capitale une prospérité depuis longlemps inconnue. On connaît le sobre tableau où Froissart a décrit la région et son chetlieu : « Le pays, dit-il, esioit rempli de vivres, et les gran:- « ges pleines de tous biens, de bleds, de foins et d’aveines, « et les celliers pleins de bon vins ». Quant à Poitiers, ajoute-t-il, c'était pour le temps <« une ville riche et puis- « sanle », d’où les Anglais repartirent chargés « d’or ct « d'argent, de draps, de pennes (fourrures) et de jéviauix (joyaux) » (3). Le sac de 1346 laissa la ville en partie dépeuplée. « Plus de 600 hommes, vignerons, bouchiers, gens « de mestier, assure le chroniqueur Jean le Bel, furent égor- « gés ». Le pillage n’épargna ni ies maisons ni les églises. L’incendie ravagea les quartiers les plus riches (4). Depuis le début des hostilités, la prospcrité économique avait donc Jangui. Elle reçut par le contrecoup des événements postérieurs à 1346 une atteinie tellerncnt profonde que, depuis cette époque, commence la lamentation continuelle de l’échevinage « sur la faiblesse et la povrelté » des bourgeois et du peuple de la commune de Poitiers. Le règne de Charles V et le gouvernement du duc de Berry devaient seuls marquer une halte de près de 40 ans dans cette décadence économique.
(1) Zbid.. p. 16 n. 3.
(2) Recueil, p. 226, note 15.
(3) Chron. de Froïssart. é@. Kervyn de Lettenhove, V, 116, 112.
(D) Chronique de Jean le Bel, I, 213 ; Arch. Dép. Vienne (actes capit. chap. Notre-Dame) ; Bibl. Nal. Mss fr. 20, 184 Armorial des Maires).
Concernant la Commune et la Ville de Poitiers