CCLXX VIII
Jacques, Jean et Mathieu Affroy vendent à la commune de Poitiers la rente de 12 setiers de froment due par feu Guillaume Alemant. |
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7 janvier 1329 n. st.
Original, Arch. mun. F 26.
Universis presentes litteras inspecturis, Helias Fulcaudi, clericus, gerens sigillum regium apud Pictavis constitutum et auditor curie domini episcopi, decani et capituli Pictavensium, salutem in Domino. Noveritis quod, in utraque dictarum curiarum in jure personaliter constituti, Jaquetus Affredi”, cle-
1. Elie Foucaud fut garde du sceau royal à Poitiers de 1325 à1329. Voy. Arch. hist. du Poitou, t. XI, p. 290, 323 ; Rédet, Liste des gardes du scel à Poitiers, Arch. de la Vienne, Man.de la Soc. des Ant. de l’Ouest, n° 245 ; Arch. de la Vienne, S. Cyprien, 1. 40. Il avait succédé à Guillaume Lescuyer, chanoine de Saint-Pierre-le-Pucellier et de Notre-Damela-Grande, qui avait exercé ces fonctions de 1321 à 1324 (voy. Arch. de la Vienne G 1140, G 1139 (Armigeri), G 1189) et avait été remplacé d’octobre 1323 à juillet 1324 par Jean de Ferrière, chanoine de Notre- Dame-la-Grande (voy. Arch. de la Vienne G 1143, G 1189, S. Cyprien, 1. 17). Il eut pour successeur Pierre Beaujeu avant le 24 mai 1329. Voy. ci-dessous n° CCLXXXIII — 2. Jacques ou Jacquet Affroy était le plus jeune des quatre frères aui, en 1316, avaient cédé à Guillaume Alemant les emplacements de deux moulins sur le Clain à Chassaigne, moyennant une rente de douze setiers de froment. Voy. le tome I de notre Recueil (Arch. hist. du Poitou, t. XL1V), p. 339 et suiv. Pierre Affroy, dont il n'est plus question ici, était sans doute décédé dans l’intervalle (voy. Beauchet- Filleau, Dictionnaire des familles de l'ancien Poitou, t. I, p. 15) et un partage avait attribué à Jacques la rente de douze setiers de froment qui, d’après l’acte du 21 février 1316, était due aux quatre frères : c’est pourquoi il est qualifié ici de vendeur principal, tandis que ses deux
ricus, ut principalis venditor pro se ei suis ad perpetuitatem, et Johannes et Matheus Affredi, clerici, fratres dicti Jaqueti, cives Pictavenses, tamquam fidejussores, sponsores et greantatores ac principales debitores et eorum quilibet insolidum absque beneficio divisionis se perpetuo constituentes et solem-
pniter incedentes pro se et suis in omnibus et singulis in presentibus contentis et dependentibus et sequendis ex eisdem et quolibet eorumdem, pro dicto Jaqueto principali venditore et suis, ubi, quando et quocienscumque dictum principalem venditorem aut suos deficere contigerit in eisdem vel altero eorumdem amodo in futurum, confessi sunt omnes et singuli prenominati et eorum quilibet insolidum pro se et suis, videlicet dictus Jaquetus principalis venditor se, nomine quo supra, ad perpetuitatem vendidisse et concessisse et adhuc vendit et concedit ad perpetuitatem pro se et suis, presentibus et futuris,. majori* et communie Pictavensibus, presentibus, et ementibus ad opus eorumdem ad perpetuitatem, precio quinquaginta librarum monete currentis, eidem numeratarum et solutarum et de quibus idem principalis venditor pro se et suis a dictis emptoribus se tenuit et adhuc tenet plenarie et ‘ integre pro contento ac eciam pro pagato, duodecim sextaria frumenti ad mensuram Pictavensem annui et perpetui redditus seu firme, debita dicto Jaqueto a Guïllelmo Alemanni ‘ defuncto, ut dicebat, ex amodiacione et tradicione calciatarum, exclusarum, platearum, bouchaudorum, ductus aque et piscature, quas oliim habebant, habere poterant et debebant dicti fratres apud Chassaygnes, et alias admodiatarum et traditarum dicto defuncto a dictis fratribus, et que duodecim sex-
frères Jean et Mathieu interviennent sculement comme garants. — 3. Les listes des maires de Poïtiers ne sont pas d’accord pour l’année 1328-9. Les unes (Bibl. nat., ms. fr. 20.084 et 32.424, Bibl. de Poitiers n° 387, Coll. Fontencau, t. 82, Thibaudeau, Histoire du Poitou, t. VI, p. 281) indiquent Guillaume Garreau ; d’autres (Bibl. de Poitiers, n° 574, Reg. 12, p. 578, Coll. Fontencau, t. 74, p. 251, Jcan Bouchet, Annales d'Aquitaine, édition de 1644) portent Jean de Barre. Le manuscrit d’Auzance (Arch. de l4 Vienne, man. de la Soc. des Ant. de l'Ouest, n° 260) et le manuscrit n° 259 de la même collection, de la même écriture que le manuscrit d’Auzance (voy. Bull. phil. ‘et hist., 1918, p. 147 et suiv.) réunissent los deux noms, entre lesquels il est difficile de se prononcer avec certitude. Ledain, Les maires de Poitiers, Mém. de la Soc, des Ant. de l'Ouest, 1897 p. 261, admet que Guillaume Garreau fut maire de Poitiers deux ans de suite, dc 1328 à 1330. Il le fut en tous cas en 1329, d'après le témoignage de la plupart des listes ct notamment du manuscrit d'Auzance qui cite un acte du jeudi fête de Saint Mathieu 1329 lui attribuant cette qualité ; il parait avoir été réélu en 1336, 1312 ct 1348. +. Guillaume Alemarnit, qui fut élu dix fois maire de Poitiers, en 1301, 1307, 1308, 1809, 1313, 1315, 1322, 1325, 1326 ct 1327, était décédé peu après la fin de son dernier mandat municipal, qui avait expiré le 13 juillet 1328. Voy. notre tome I,
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taria frumenti et jus ipsorum sunt et pertinent dicto Jaqueto, ut confessi fuerunt dicti fratres, habenda, tenenda, possidenda, explectanda premissa duodecim sextaria frumenti a dictis majore et communia, et de premissis omnibus et singulis venditis suam omnimodam et liberam voluntatem faciendam pacifice et quiete ; quiptantes, cedentes et iransferentes perpetuo penitus dictus Jaquetus venditor et ejus fratres predicti et eorum quilibet, tam conjunectim quam divisim, pro se et suis predictis, ex causa predicta, dicto majori et communie et in ipsos majorem et communiam omne jus, omnem accionem, ctc. Datum et actum presentibus domino Nicholao Fahri, presbitero, Guilhoto Veri, Johanne Natalis, testibus, die sabbati post Epiphaniam Domini, anno ejusdem millesimo CCC° vicesimo octavo. — Ravardus (Seing manuel du notaire) *.
COLXXIX
Jean, Mathieu et Jacques Affroy abandonnent à la commune lous les arrérages de la rente de 12 setiers de froment due par feu Guillaume Alemant et par la commune.
7 janvier 1329 n. st.
Original, Arch. mun. F 26.
Universis presentes litteras inspecturis, Helias Fulcaudi, clericus, gerens sigillum regium apud Pictavis constitutum, salutem in Domino. Noveritis quod, in curia dicti sigilli regii in jure personaliter constituli, Johannes, Matheus et Jaquetus Affroys, clerici, fratres, Pictavenses, confessi fuerunt quod ipsi, non vi, dolo vel metu ad hoc inducti nec in aliquo circumventi, sed sua moti spontanea et libera voluntate, et eorum utilitate inspecta, inspectisque et consideratis curialitatibus et serviciis eisdem fratribus, ut asserunt, diu est, gratanter et fideliter impensis a majore et communia Pictavensibus, in recompensacionem premissorum et pro predictis dant et concedunt ipsi et eorum quilibet, tam conjunctim quam divisim, pro se, heredibus successoribusque suis et ab ipsis causam habentibus et habituris, dictis majori et communie, donacio-
p. 156, n. 4, — 5. L’acte porte encore le sceau de l’auditeur de la cour de l’évêauc ct du chapitre de Poitiers : ovale, en cire jaune, suspendu par une double bande de parchemin, il représente saint Pierre revêtu des habits pontificaux, levant la main droite ct tenant une clef de la main gauche, avec cette légende : Sigillum beali Petri ap(osto)li.
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ne inter vivos facta, pura, perpetua, irrevocabili et omnimode valitura, omnia arreragia in quibus deffunctus Guillelmus Alemanni, tam nomine suo quam nomine dictorum majoris et communie, et dicti major et communia eisdem fratribus tenebantur conjunctim vel divisim, racione duodecim sextariorum frumenti ad mensuram Pictavensem annui redditus seu firme, site et assignate super exclusis, calciatis, plateis, bochaudis et aquis de Chassaygnes, in quibus nunc unum molendinum * est constructum, et que condam fuerunt dictorum fratrum in aqua de Clano…. Datum et actum presentibus domino Nicholao Fabri, presbitero, Guïlhoto Very et Johanne Natalis *, testibus, die sabbati post Epiphaniam Domini, anno ejusdem miilesimo CCC° vicesimo octavo. — Ravardus (Seing
manuel du notaire).
1. Par l’acte du 21 février 1316, reproduit dans notre tome I°' (p.339), les frères Affroy avaient cédé à Guillaume Alcmant deux emplacements de moulins à Chassaigne, l’un! dans la mouvance de l’abbaye de Monticr. neuf, l’autre relevant à la fois du chapitre de Sainte-Radegonde et dc l’abbaye de Sainte-Croix. D’après cet acte de 1329, ces emplacements devenus la propriété de la commune de Poitiers, ne comportaient plus qu'un moulin. Mais divers documents, datant des années 1383 et suiv. (Arch, mun. F 46, F 50, K 1), attestent l'existence à Chassaigne de plusieurs moulins appartenant à la commune, qui versait à l’abbaye le Montierneuf les 50 sous de rente dus à ce sujet, comme le spécifiait l’acte de 1316. Le rôle des cens appartenant à la chévecière de l’abbaye de Sainte-Croix pour Pannéc 1380, porte : Le maire de la commune de Poicters, sur les molins qui furent Joh. Affrey clerc, sis à Chaceignes, XX 5: (Arch. de la Vienne, Sainte-Croix, liasse 25). — 2. Jean Noel, qui figure comme témoin à la fin de cet acte et du précédent, fut un des procureurs de la commune en 1335 et 1338. Voy. ci-dessous n° CCCVI ct CCCXXX VI.
Hugues Gastineau” de Jauray vend à Guillaume David’, clerc, aumônier de l’échevinage, pour la somme de dix livres une rente d’une cuisse de froment et d’un:chapon sur une terre située à Puygremier*. |
27 janvier 1329 n. st.
Titre perdu. ANALYSES. À. Reg. 13, p. 350 (BBBBB 61). — B. Man. d'Auzance, fol. 29.
1. Helie Gastineau A, Hugo Gastinelli B. — 2 Sur Guillaume David, qui fut garde de laumônerie de l’échevinage de 1322 au moins à 1331, voy. notre tome [°", n° CCLXV, CCLXVII, CCLXXV, CCLXXVI, et ci-dessous n°* CCXXXVIT, CCLXKXVIIT et CCCI.— 3. Au Puygremier jouste la
Philippe VI mande au sénéchal de Poitou de contraindre les débiteurs des rentes léquées à la commune de Poitiers par Guillaume Gabet à payer ces rentcs avec leurs arrérages.
22 mars 1329 n. st.
A. Vidimus du 6 novembre 1341, Arch. mun. F34. — B. Vidimus du 7 janvier 1353, tbid.
Philippus, Dei gracia Francorum rex, senescallo Pictavensi vel ejus locum tenenti, salutem. Cum alias, ad supplicacionem majoris et scabinorum communie Pictavensis, asserencium quod, cum deffunctus Guillelmus Gabeti”, quondam scolasticus Pictavensis, legasset plures redditus erogandos et distribuendos per manus dictorum majoris” et scabinorum in usus pauperum puellarum dicte civitatis et pauperum mansionariorum sustentandorum et reparacionem itinerum civitatis antedicte, et illi qui predictos debent redditus essent nobiles et alias potentes, quod contra eos dicti major et scabini jus predictum non poterant obtinere, maxime cum contra eos non possent experiri nisi in vestris magnis assisiis, ut dicebant, quapropter dominus et consanguineus noster, dominus Karolus”, tunc rex Francie, considerans et attendens quod cause testamentorum et legatorum sunt pie et differri ‘ non debebant, vobis seu predecessori vestro, tunc senescallo Pictavensi* vel
vote par laquelle l’on va de Puygremier au port de Jaunay A.Le hameau de Puygremier est situé sur les communes de Jaunay et de Dissay, c°"tle Saint-Georges, ar° de Poitiers. À ajoute à cette analyse : Et à icelle lettre est ataché ung reg'sitre non signé, daté du VIT de fevrier mil 1111° XVII, par lequel! apert que ladicte lectre fut trouvée en trezor des lcires de l'eschevinage et baillée à Giles Bourgeois, aulmosnier, var M° Herbirt de Taunay, lors maire,
1. Sur ce bienfaiteur de la commune de Poitiers, voy. notre tome I‘, p. LxXxi!, LXXX VIII, 141, 142 n. 2, 145, 147, 149, 169, 170 n. 4, 219, 222, 2929, 233 n. 1, 256, 258, 266, 304 n. 12, 348. — 2. majoris B, majorum A. -- 2. Ce mandement du roi Charles IV, relatif au paiement des rentes léguées à la commune de Poitiers par Guillaume Gabet, ne nous est pas parvenu. — 4. differri B, defferiri À. — 5. Pierre Raimond de Rabastens avait peut-être déjà repris possession des fonctions de sénéchal de Poitou, qu’il avait occupées une première fois de 1322 à 1325 : il avait été remplacé de nov. 1325 à 1328 ou 1329 par Renaud de Banchevillier. Voy.
ejus locum tenenti mandavit et commisit quod omnes illos, quos dictos redditus debere cognosceret, ad solvendum eos dictis majori et scabinis una cum arreragiis viriliter et debite compelleret ; si vero dicti debitores ad hoc se opponerent, in dicta causa opposicionis summarie et de plano, extra magpas assisias dicte senescallie, sublatis frivolis dilacionibus et fraudulosis allegacionibus, procederet et complementum justicie exhiberet, prout in ipsis litteris dicti domini et consanguinei nostri plenius vidimus contineri.
Dicti vero major et scabini insuper nobis graviter sunt conquesti quod vos et predecessor vester in dictarum litterarum exequeione nimis tepide processistis et quod propter dictos redditus ad predictos pios usus, ut dicitur, legatos cum tantis personis et in tot diversis jurisdictionibus et districtu habent experiri, quod propter sumptus, labores et difficultatem prosequeionum”® hujusmodi et diffugia diversorum debitorum, jus dictorum legatorum prosequi non possunt, ita quod, propter difficultates, sumptus et labores antedictos, dicti redditus legati et eorumdem arreragia de die in diem pereunt paulatim ‘, nisi super hoc per nos provideatur de remedio opportuno.
Nos itaque nolentes quod intencio dicti testatoris, que est ita pia et laudabilis, frustretur et pereat, vobis tenore presencium commictimus et mandamus quatenus* debitores dictorum reddituum et bona ad hoc obligata tenentes, sub quibuscumque jurisdictionibus et districtibus consistant, ad solvendum et reddendum dictis majori et scabinis dictos redditus cum arreragiis inde debitis, convertendos in usus predictos, täm juxta tenorem et continenciam dictarum litterarum dicti dominii et consanguinei nostri quam alias, summarie et de plano debite compellatis, dantes autem tenore presencium in mandatis omnibus justiciariis et subditis * nostris ut vobis super hoc et ea tangentibus pareant et intendant.
Datum Parisius die XXITIa Marcii, anno Domini millesimo CCCm6 vicesimo octavo.
Guérin, Arch. hist, du Poitou, t. XI, p. xvrr, 245 note ct 308 note. — 6. prosequeionem mss ; lire prosequeionum.—7.paulatine mss ; lire paulatrin. — 8. quatenus B, quod A. — 9. subdictis AB. Lire subditis.
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GCLXXXII
Mandement de Philippe VI ordonnant de faire contribuer au subside pour la guerre de Flandre les villes qui s’en prétendaient exemptes par leurs privilèges.
29 avril 1329
Vidimus du 24 mai 1329, Arch. mun, E 1.
Philippus, Dei gracia Francorum rex, senescallo et receptori Pictavensibus et Lemovicensibus aut eorum loca tenentibus, salutem. Cum, pro nostra guerra proximo preterita Flandrensi' in qua nos personaliter accessimus et interfuimus, certum subsidium ab habitatoribus villarum et locorum dictarum senescalliarum ordinaium fuisset sub certa forma per nos exigi et levari, nonnulli burgenses, habitatores seu communitates dictarum senescalliärum, pretextu quorumdam privilegiorum per predecessores nostros eis, ut asserunt, super hec concessorum et quibusdam aliis causis et racionibus frivolis, quas ad eorum deffensionem allegant, subsidium pro dicta guerra nobis prestare recusant et huc usque, non sine nostro magno dispendio, distulerunt. Quare, cum intentionis nostre non sit quod aliquis a prestando nobis subsidio, pretextu cujuscumque privilegii, in casu in quo nos ad exercitum nostrum personaliter accedimus, se possit eximere quoquo modo, mandamus vobis et vesirum cuilibet, prout ad eum pertinuerit, quatinus non obstantibus dictis privilegiis et allegationibus, dictos recusantes ad prestandum nobis et solvendum subsidium pro guerra predicta, juxta formam mandati, per nos vobis vel vestrum alteri alias facti super hoc, indilate viriliter compellatis, apellationibus vel cavillationibus non obstantibus quibuscumque. Datum Parisius penultima die Aprilis, anno Domini M° CCC° vicesimo nono.
1, Sur cette expédition de Philippe VI en Flandre, célèbre par la victoire de Cassel (23 août 1328), voy. Pirenne, Le soulèvement de la Flandre maritime de 1323-1328 ; sur le subside Icvé à cette occasion, voy, Bibl, de l'Ecole des Chartes, t. 1], p. 169-156.
CCLKEXIII
Jean de Probolant, receveur pour le roi dans la sénéchaussée de Poïlou, déclare que la contribution de 400 livres, accor-
En
dée par la commune de Poitiers pour la guerre de Flandre, sera répartie par le maire et les échevins entre les habitants
de la ville et des faubourgs et ceux des villages environnants qui sont de la suite du maire.
24 mai 1329
Original, Arch. mun. E 1.
Universis presentes litteras inspecturis, Johannes de Probolant, receptor pro illustrissimo principe domino Philippo, rege Francorum, in senescallia Pictavensi, salutem. Litteras dicti domini regis recepimus, formam que sequitur continentes : (Mandement de Philippe VI du 29 avril 1329).
Quarum [cum] auctoritate litterarum, et alias ex potestate regia ad nostrum officium pertinente, diceremus et proponeremus quod pro subsidio guerre et exercitus, de quibus mentio habetur in litteris regiis predictis, tradita fuerat nobis certa summa pecunie levanda et exigenda a majore, scabinis et communia Pictavensibus, quam summam ab ipsis exigere nitebamur, dictis majore et scabinis dicentibus et proponentibus ex adverso quod ipsi numquam se obligaverant ad dictam summam reddendam et solvendam nec dictam impositionem, si facta fuerit, concesserant, asserentes insuper quod, si dicta impositio dicte summe facta fuit, quod hoc fuit injuste et contra tenorem privilegiorum suorum et contra usus et consuetudines ipsorum et ville sue, quibus cavetur et est hactenus observatum quod, quotienscumque petitur subsidium vel financia pro guerris seu aliis necessitatibus publicis a civibus Pictavensibus et a villis et territoriis circumwvicinis, financia seu acordum ipsius subsidii seu prestationis contributionis concordatur et conceditur per majorem et scabinos predictos et cum ipsis, tam pro communia sua quam pro personis de prepositura Pictavensi, que non sunt de dicta communia, quam pro omnibus aliis civibus Pictavensibus in burgis, justiciis ipsius civitatis et in suburbiis degentibus, quam pro villis et personis de extra civitatem, quas dicti major et scabini asserunt esse de secta sua et impositione et contributione in omnibus rebus et negociis puplicis *, et, acordo et financia per
1. Le sens demande l’addition de cum, omis dans le manuscrit. -— 2. Les hommes des bourgs privilégiés et des villages environnants, qui, pour le service militaire, étaient placés sous le commandement du maire de Poitiers et étaient dits, à cause de cela, de la suite du maira de Poi-
tiers (de secla sua), devaient contribuer aussi à certaines charges générales imposées à la commune. Voy. dans motre tome 1°" les n° CCXXXIV,
ipsos majorem et communiam tam pro se quam aliis supradictis cum gentibus regiis factis, imponitur et imponi consuevit per ipsos majorem et scabinos de summa dictorum acordi et financie tam super illos de communia sua quam super alios, prout legitime eisdem videbitur faciendum, que impositio per ipsos facta super illos, qui non sunt de dicta communia, levari et explectari consuevit per gentes regias, absque eo quod ipsi major et communia ipsam perficere teneantur, plures litteras, instrumenta et munimenta ad eorum intentionem fundendam pretendentes, pluresque alias excusationes et gravamina, debilitatem ac penuriam patrie allegantes.
Tandem dicti major et scabini, pro se et sua communia et aliis de prepositura, burgis et justiciis ipsius civitatis et in suburbiis degentibus, quam pro villis et personis de extra civitatem in rotuio *, domino regi et nobis pro ipso, non infringendo privilegia sua que, quantum possumus, eisdem reservamus in suo robore duratura, hac vice concesserunt graciose, pro omni subsidio dicti exercitus, quater centum libras monete currentis Pictavis, imponendas per dictos majorem et scabinos suos, tam super illos dicte communie sue quam super omnes alios in dicto rotulo contentos, prout sibi pro utilitate domini regis et patrie videbitur expedire, hoc acto et expresse in pactum deducto quod certe summe pecunie, ad quas finaverant separatim quidam de contentis in dicto rotulo, quas summas eisdem majori et communie tradidimus in quadam cedula * sub sigillo receptorie nostre, super dictis personis et locis, per ipsos majorem et communiam imponatur, deducetur et accipietur ‘ in solutum, deductionem et solutionem dictarum quater centum librarum. Illud vero, quod per ipsos imponetur super illos de dicta comimunia, per ipsos levabitur et nobis pro domino rege respondebunt. Quicquid autem per diclos majorem et scabinos imponetur super illos in dicto rotulo contentos, qui non sunt de dicta communia, per manum regiam levabitur et explectabitur, absque eo quod dicti major et scabini et sua communia facere valere, perficere aut supplere teneantur. Quam concessionem nos dictus receptor admisimus, retenta voluntate domini nostri regis et dominorum magistrorum camere compotorum suorum Parisiensium super hiis et sine prejudicio cujuscumque partis.
CCXXXVII, CCLXVIII et suiv. — 3. Ce rôle des hommes de la suite du maire et de la commune de Poitiers est sans doute celui que nous avons publié dans notre tome I‘, n° CCLXVIII Il est annexé à ces
lettres &e Jean de Probolant. — 4. Cette cédule, annexée aux lettres du receveur est reproduite ci-dessous, n° CCLXXXIV. — 5. Lire imponentur, deducentur cet accipientur : ces verbes ont pour sujet certe
In quorum omnium premissorum testimonium, nos vero, receptor antedictus, tam auctoritate antedictarum litterarum quam receptorie nostre nobis commisse et alias, sigillum proprium nostrum et etiam sigillum antedicte recepiorie, una cum sigillo regio apud Pictavis constituto, ad requestam et supplicationem nostram presentibus litteris apposito, presentibus litteris duximus apponenda. Nos vero, Petrus Beaujeu, custos sigilli regii antedicti, ad supplicationem predicti receptoris nobis, ut predicitur, factam, presentibus litteris in munimen et testimonium premissorum duximus apponendum. Datum die mercurii post dominicam qua cantatur Cantate,
anno Domini millesimo CCC° vicesimo nono.
summe pecunie. — 6. Pierre Beaujeu, qui avait succédé depuis deux ou trois mois à Elie Foucaud comme garde du sceau royal à Poitiers, fut remplacé, entre le 30 mars et le 20 juin 1330, par Pierre Gaboreau, qui ne garda ces fonctions que quelques mois et eut pour successeur Eon Favre. Voy. ci-dessus n° CCLXXVIII, Arch, de la Vienne, S. Cyprien, 1. 17 (mardi après la Nativité de la Sainte Vicrge 1329, Bellijoci), S. Cyprien, 1. 48 (30 mars 1330, Pulcri ludi), ibid. 1. 8 (20 juin 1330, Gaborelli).