‹ Recueil de documents relatifs à la convocation des États Géneéraux de 1789Chapitre 205 sur 299 · LE COURS DE LA LOIRE · texte numérisé non relu

LE COURS DE LA LOIRE

ET LES PROVINCES DE L'INTERIEUR NON COMPRISES DANS LES SUSDITS COMMANDEMENTS.

Commandant en chef: Pierre-Victor-Joseph, baron deBesenval, lieutenant général des armées du Roi, inspecteur général des Suisses et des Grisons.

Signature : Le B. De Besenval.

[Si l'on s'en rapportait uniquement à Y Etat militaire de 1789, le ressort de ce commandement ne se fût étendu qu'aux gouvernements géne'raux suivants : Orléanais, Berry, Touraine, Bourbonnais, Nivernais , prévôté et vicomte de Paris. Il V a lieu d'observer cependant que les lettres et notes ministérielles conservées aux Archives nationales (B*, 1) indiquent comme étant du ressort du baron de Besenval, non seulement les bailliages enclavés dans ces gouvernements, mais encore les suivants : le gouvernement de l'Île-de-France elles treize bailliages en dépendant, le gouvernement de Champagne et Brie et les onze bailliages en dépendant (Arch. nat.,B', 3i''^)

<■' Le baron de Besenval est qualifié de léanais» dans le Recueil de tous les membres

«commandant en chef à Paris et dans les composant l'ordre de Saint-Louis depuis i6q3,

proyinces de Champagne , de Brie , de Bour- par le comte d'Hozier. ( Paris, 1818, a vol.

boonais, de Berry, de Touraine et d'Or- in-8% Bibl. nat., Le i5/i6.)

km CONVOCATION DES ETATS GENERAUX.

L'Auvergne, qui, d'après l'ordonnance de 1788, ne formait pas un commandement distinct et eût dû , par suite , être du ressort de Besenval , présente une situalion particulière. Au procès- verbal de l'assemblée des notables (novembre 1788), ligure au nombre des comparant«5 : Pbilippe-Claude de Montboissier, lieutenant général des armées du roi, chevalier de ses ordres, commandant en chef dans la Haute et Basse-Auvergne; Y Etal militaire de 178g et les lettres ministérielles conservées aux Archives nationales (B*, 16) indiquent le comte de Montboissier comme commandant en chef en Auvergne ; il figure encore avec ce titre , au procès-verbal de son élection, comme député de la noblesse de Clermont-Ferrand aux Etats généraux. On voit, en effet, aux Archives de la Guerre, qu'il avait été nommé en 1776 commandant en chef de cette province sans traitement. Comme, aux termes de l'ordonnance de 1788, il fallait une commission spéciale poui' reraphr effectivement les fonctions de commandant en chef, il y a lieu de croire que pour Montboissier en Auvergne , comme pour le duc de Harcourt en Normandie , le titre de commandant en chef était seulement honorifique , comme survivant à un ancien état de choses.

Dans le Lyonnais , Yt'tat militaire indique comme commandant en chef le comte de Scepeaux; le prévôt des marchands de Lyon, Tolozan de Montfort, jouissait, d'autre part, de droits particuliers attachés à sa charge; il y a lieu, en conséquence, de faire des réserves en ce qui concerne l'étendue du commandement de Besenval en celte province.

11 y a lieu enfin de rattacher au commandement de l'intérieur du royaume les ressorts des gouvernements généraux de : Limousin, Haute et Basse-Marche, Saumurois, Anjou, qui ne sont indiqués ni à Y Etal militaire de 1789, ni à la correspondance ministérielle , comme se rattachant h un commandement spécial, mais qui semblent, aux termes mômes de l'ordonnance de 1788, être du ressort de Besenval. — Avant l'ordonnance (!e 1788, Besenval jouissait d'un traitement de 3o,ooo livres.

Le commandement de Besenval était, plus que tout autre, exposé aux modifications imposées par les circonstances politiques ; nous ne pouvons les indiquer toutes ici; citons seulement les deux ordres du roi suivants :

1' L'ordre du roi, daté du 27 août 1788, qui réunit le commandement en chef de toutes les troupes qui se trouvent en sa bonne ville de Paris en la personne du sieur maréchal de Biron, et celui qui, le môme jour, commet le sieur comt« d'Affry, lieutenant gr'néral de ses gardes suisses, pour commander en secoml. Le premier de ces ordres est signé du roi (Arch. nat., 0', 61 û);

a" L'ordre du roi du 1" juillet 1789, désignant le maréchal de BrogUe pour le commandement des troupes réunies h Paris et h Versailles. Nous croyons, eu raison de son importance, devoir le rapporter en entier :

«f Versailles, 1" juillet 1789. De par le Roi. Sa Majesté étant informée des mouvements populaires qui troublent la tranquillité de sa bonne ville de Paris et de celle de Versailles, a jugé <pie le moyen le plus efficace d'y établir le bon ordre était que le commandement des troupes, qui se trouvent actuellement dans lesdiles villes , lût réuni dans une môme personne , et Sa Majesté , bien assurée de l'affection h son service du maréchal duc de Broglie, chevalier de ses ordi-es, gouverneur et

commandant en cbef dans les Évêche's, ainsi que [de] son expérience dans la conduite des armées , dont il a donné des preuves éclatantes , a jugé que le commandement ne peut être en de meilleures mains que les siennes ; à cet effet , Sa Majesté l'a commis et commet pour commander toutes les troupes actuellement dans les villes de Paris et de Versailles, ou qui pourront y entrer, ainsi que celles de sa garde, et leur ordonner tout ce qu'il jugera îi propos pour le bien du service de Sa Majesté ; laquelle mande et ordonne à tous les commandants des divei*s corps qui composent sa garde et à ceux de toutes autres troupes étant dans lesdites villes, de reconnaître ledit maréchal duc de Broglie en qualité de commandant en chef et de lui obéir et eutendre eu tout ce qu'il ordonnera pour le bien de son service et ce jusqu'à nouvel ordre de la part de Sa Majesté. Fait à Versailles, le i" juillet 1789. [Signé de la main du roi:] LOUIS''^'» (Arch. nat., 0*, 161,

p- ïy?-)]

Commandant en second : François-Antoine-Ladislas , comte de BerceÉNv, seigneur de Luzancy et autres lieux, maréchal des camps et armées du Roi, premier gentilhomme de la chambre du roi de Pologne.

Signature : Berchény.

[irNé le 17 janvier 17/1/1 , maréchal de camp en 1784, commandant en second de l'intérieur du royaume le 91 juillet 178^. (Arch. de la Guerre.) 11 mourut en Angleterre pendant l'émigration.» (Anselme, op. cit. ) — Le traitement du comte «le Berchény, qui était de 18,000 livres, ne fut pas modifié par l'ordonnance de 1788. (Arch. de la Guerre, 1776, I.)]

COLONIES

Les pouvoirs des gouverneurs dans les colonies se rapprochaient bien plus , en réalité, de ceux des commaudanls en chef dans les provinces de France, que de ceux des gouverneure généraux, mais l'ordonnance du 17 mars 1788, concernant uniquement les officiers relevant du département de la guerre, n'avait rien prescrit à leur égard; nous avons cru, pour ce motif, devoir rc'unii- tout ce qui concernait ces fonctions au chapitre de cette partie consacrée aux gouverneurs généraux. (Voir ci-dessus, chap. 111, p. 4 9 6.)

^'' La signature du roi sur ce document qui contient de nombreuses ratures semble révéler la bàlc qui présida à son exécution.

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