‹ Recueil de documents sur l'Asie centraleChapitre 25 sur 26 · NOTICE SUR L'INDOUSTAN · texte numérisé non relu

NOTICE SUR L'INDOUSTAN

Description générale.

L'Indoustan est au sud-ouest du Badak'chan, à Test de l'Afghanistan. Les ouvriers de ce pays travaillent le jade avec des meules mises en mouvement par l'eau, et fabriquent des objets extrêmement beaux : leur habileté est telle que les ouvriers de l'intérieur (de la Chine) ne peuvent l'égaler.

Autrefois les habitants de ce pays trafiquaient à Yarkand : un décret de l'empereur, en date de la vingtcinquième année (1760) ordonna d'y faire le commerce comme par le passé.

Cette contrée touche aux frontières de l'Inde septentrionale : elle est située par le 29® 15' latitude nord, et par le 45® 5' longitude ouest de la capitale (Péking). Elle correspond à l'ancien royaume de Tçi pinn (Cophène).

Extraits des Annales sur l'Indoustan.

I. Extrait des Annales des 'Hann, Description du Si yu. Le souverain du royaume de Tçi pinn réside dans la ville de Tounn sienn : cette ville est à douze mille deux cents li de Tch'ang ann; elle n'est pas sous la

' Voyez note 2, page 212.

juridiction du gouvernement général du Si yu; elle se trouve à six mille quarante li de la résidence de ce gouvernement.

La population de ce pays est très habile : elle excelle surtout dans les sculptures et les ciselures, et fabrique des perles, des objets en corail, en ambre, et du verre.

n. Extrait des Annales des T'ang, Description du Si yu. Le T'ienn tchou (Inde) occidental est limitrophe de Tçi pinn (Cophène) et de Po sse (Perse). Le Tçi pinn est au sud des Ts' ong Img ; il est à plus de douze mille li de la capitale (du royaume des T'ang).

Durant les années Tcheng kouann (627 — 650) on envoya un ambassadeur dans cet état : il se rendit également dans le T'ienn tchou, escorté par des officiers que le roi de Tçi pinn avait délégué exprès pour l'accompagner.

OhservatioTis.

Les cinq T'ienn tchou sont les cinq Indes. Ce qui prouve encore davantage que le Tçi pinn était sur la frontière de l'Inde, ce sont les expressions des Annales des T'ang : «Le Tçi pinn est au sud des Ts'ong ling, et limitrophe du T'ienn tchou; des gens de ce pays conduisirent l'envoyé des T'ang jusque dans le T'ienn tchou. »

Nous avons de plus lu dans le commentaire des poésies composées par l'empereur sur l'Indoustan, que ce pays se trouvait à la frontière de l'Inde septentrionale.

Si nous examinons l'état des lieux, nous voyons que le Tçi pinn devait en être près aussi.

Nous lisons en outre dans les Aimai es des 'Hann que les habitants du royaume de Tçi pinn sont habiles dans l'art de sculpter, et qu'ils font des objets curieusement travaillés : or, les habitants de l'actuel Indoustan sont habiles dans l'art de travailler le jade, et l'emportent même en cela sur toutes les autres populations du Si yu. On voit que ces deux descriptions sont semblables.

NOTICE STJR LE PAYS DE BALTI

Le pays de Balti est au sud du Bolor : il est limitrophe, à l'est, des T'ou po t'o (Tibet)\ à l'ouest, du Kachmir et de l'Indoustan, au sud, de 'Ha pou lounn. H y a une longue rivière qui coule au centi'e.

Ce pays est situé par le 31^ 50' latitude nord, par le 45*^ 28' longitude ouest de la capitale (Péking). Il est divisé en deux tribus, gouvernées par les chefs Mo mo sse par et Ou sou ouann. Chacun commande à huit mille hommes environ. Les habitants faisaient autrefois le commerce à Yarkand : quand ils firent leur soumission au sixième mois de la vingt cinquième année Tç'ienn long (1760), il leur fut ordonné de commercer comme par le passé.

Observations.

Le pays de Balti étant à l'est de l'Lidoustan, et l'Indoustan étant l'ancien royaume de Tçi pinn, le Balti qui en était voisin devait se trouver sur ses frontières méridionales.

* -I- ^b /Hc. Lç nom donné ordinairement au Tibet par les Chinois

est ^ £E Si taang, mais on trouve aussi souvent celui de ^1* 'db ^|ëp Tang kou t*o (du mongol Tanggod = Tangout). Sur Tétymologie de ce mot Tïbet^ voyez Schiefner, TiheUêche Studien^ dans les Mélanges aaialiques, tirés du BuUetin historicihphilologpjue de V Académie impériale des sciences de Saint- Pétersbourgj tome P', p. 332, à la note.

Notice des ouvrages cités dans le Si yu tou tché.

I. Le ^ g£ CM tçi ou Mémoires historiques est dû à ^ J| ^ Sseu-ma Ts'ienn qui vécut sous la dynastie "Hann : la plupart des documents que cet historien mit en œuvre avaient été réunis par son père ^ il| ^ Sseu-ma T'ann, ^ ^ ^ historiographe de Vou ti des 'Hann : Sseu-ma Ts'ienn les coordonna, les compléta, et les fit paraître sous le simple titre de Mémoires historiques.

Cet ouvrage, qui commence au règne de 'Houang ti et s'arrête à celui de Vou ti, comprend cent trente livres divisés en cinq parties.

1° ^ )^ Ti tçi ou Chronique impériale «consacrée au récit des actions des souverains de la Chine, et des événements qui ont eu l'empire entier pour théâtre : les faits y sont disposés chronologiquement, et rapportés aux dates qui leur appartiennent».

2^ >^ ^ Nienn piao, Tables chronologiques.

'à"" J\, '^ Pa chou ou Huit traités, sur les rites, la musique, les tons, la chronologie, l'astronomie, les cérémonies religieuses, l'hydrographie, les poids et mesures.

^'^ tH: ^ Cité tçiay Histoire généalogique des familles princières.

ô*" ^J ^ Lié tchouann : Mémoires sur la géographie des pays étrangers, articles de biographie.

(Consulter sur Sseu-ma Ts'ienn et son œuvre : Wylie, Notes on Chinese literature, page 14; Mayers, Chinese reader's manual, page 201, et Abel Remusat, Vie de Sseu-ma Tsienn dans les Mélanges asiatiques.)

IL L^ 'âo M ^ Ts'ienn 'liann chou ou Annales des 'Hann antérieurs fut compilé par ^ ^ Pann kou pour servir de continuation aux Mémoires historiques de Sseuma Ts'ienn : il s'étend de Tan 200 av. J.-Ch. à Fan 24 après J.-Ch. Pann kou étant mort avant d'avoir pu achever son œuvre, ce fut sa sœur ]^ flg Pann Tchao qui y mit la dernière main.

L'ouvrage comprend cent vingt livres en quatre parties : V Ti tçi ou Chronique impériale; 2'' Nienn piao ou Tables chronologiques; S*' Tché ou Mémoires sur différents sujets; 4"* Lié tchouann ou Mémoires sur la géographie et articles de biographie.

(Cf. Wylie, Notes, etc. Mayers, Manual, page 166.)

in. L^ ^ '^ ^ ' Uéou 'hann chou, Annales des 'Hann postérieurs, fut commencé par ^ ^ Fann Yé. Il comprend trois parties, divisées en cent vingt livres.

V Ti 'héou tçi, Chronique des empereurs et impératrices; 2*" Tché, Mémoires; 3** Lié tchotmnn.

(Wylie, Notes, etc. page 14.)

IV. Le ^ ^ Tsinn chou. Annales des Tsinn (265 à 420), fut rédigé par une commission de lettrés et de

•il

savants, choisie par rempereur -^ ^ T aï tsong, et présidée par ^ ^ Fang Tç'iao : plusieurs chapitres sont dûs à l'empereur lui-même.

Cent trente livres en quatre parties : Ti tçi, Tché, Lié tchouann et Tsdi ici. Histoire contemporaine.

V. Les Annales des Oueï (§^ ^ Ouél chou)^ publiées V^^ Wi 4^ 0^^^ chéou des Tsi septentrionaux, furent révisées et publiées de nouveau sous les Song.

Elles compreiment cent quatorze livres en trois parties : Peunn tqi, Lié tchouann, Tché.

VI. Les :([J ^ Péi ché ou Annales septentrionales (de 386 à 581) furent compilées par ^ ^ ^ Li yenn chéou.

Elles comprennent l'histoire des Oueï septentrionaux, des Tsi septentrionaux, des Tchéou et des Soueï. Elles sont divisées en deux parties : Peunn tçi, Lié tchoumm se composant de cent livres.

VIL Une commission de savants choisis par l'empereur T'aï tsong, fut chargée, sous la direction de Wk ^ ^^^^ tch'eng, duc de ^ Tch'eng, de rédiger le ^ ^ Souéi chou ou Annales des Soueï. Cet ouvrage comprend quatre-vingt-cinq livres en trois sections : Ti tçi, Tchéy Lié tchouann.

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