COMPRENANT LES TROIS TUNIQUES DE L’INTESTIN
Au lieu d’une simple ablation du péritoine, nous faisons dans l’intestin une perte de substance intéressant les trois tuniques; la cavité intestinale étant ouverte, nous avons essayé de la fermer en y greffant un lambeau comprenant toute l’épaisseur de la paroi intestinale. \ oici quel fut le manuel opératoire :
On enlève sur 1 intestin un lambeau ovale ayant 2 cm. i/2 de long sur 1 cm. de large et à grand axe parallèle à celui de 1 intestin. La plaie longitudinale ainsi créée est refermée par une suture transversale pour éviter le rétrécissement de la lumière de 1 intestin en cet endroit. On fait ensuite sur une autre partie de l’intestin une perte de substance égale en dimensions au lambeau rétracté, et deux plans de suture en surjet obturent l’orifice avec ce lambeau.
Sur dix expériences dont trois ont porté sur le gros intestin et sept sur l’intestin grêle, on note quatre insuccès. Dans trois de ces cas, le lambeau s’est sphacélé et même éliminé complètement et les matières fécales ont passé dans le péritoine; chez le quatrième chien, les sutures ont lâché en partie, et, de plus, à l’endroit où l’on avait pris le lambeau à greffer, la suture s’est disjointe. Les six animaux guéris ont été sacrifiés au bout, de 21 à 55 jours; la cicatrisation était parfaite; du côté de la muqueuse, l’emplacement de la greffe était à peine visible; du côté de la sé-
reuse, il y avait des adhérences. Ce résultat inespéré, il faut l’avouer, est dû au peu de largeur de notre lambeau, aussi n’accordons-nous à ces expériences d’autre valeur que la démonstration de la possibilité de faire une greffe de paroi intestinale complète. 11 est bien évident qu’une aussi petite plaie sur un intestin humain serait facilement fermée par entéroraphie simple longitudinale ou transversale et sans rétrécissement appréciable. Si une plaie a des bords contus et déchiquetés en sorte que la régularisation des bords lui donne de grandes dimensions ou si cette plaie a primitivement un grand diamètre, nous ne conseillons pas de la combler par une greffe intestinale; les petites dimensions des lambeaux étant la condition indispensable à leur vitalité. En pareil cas il sera de beaucoup préférable d’utiliser le procédé de Chaput; transformation en plaie transversale d’une plaie losangique longitudinale. Si l’on craint de faire un coude trop prononcé au niveau de la suture, on pourra faire à une anse d’intestin appropriée un orifice de même longueur; une anastomose latérale réunissant les deux plaies fermera la cavité intestinale.