‹ Recueil de faits, quatrième[-cinquième] annéeChapitre 4 sur 6 · CONSÉCUTIF A UN TRAUMATISME · texte numérisé non relu

CONSÉCUTIF A UN TRAUMATISME

Julie D 78 ans, femme de ménage, de Carouge.

Mœo D. est amenée à notre Clinique le 13 janvier 1889 par M. Maillard, étudiant en médecine. Au mois de juin 1888, cette femme s’est fait, en coupant de l’herbe avec une serpe, une blessure à la main ; la plaie nette siégeait sur le bord interne du métacarpe de la main gauche, au niveau de la partie moyenne du cinquième métacarpien ; hémorragie assez forte, pas de pan-

sement, guérison rapide; ou voit très bien actuellement la cicatrice linéaire nette, oblique à l’axe du métacarpien. Depuis le commencement de décembre 1888, exactement sous la cicatrice, se développe une petite tumeur arrondie, indolore spontanément, mobile sur les parties profondes, adhérente à la peau qu’elle soulève juste aux confins de la face latérale et de la face dorsale. Elle a grossi peu à peu, a maintenant le volume d’un pois et forme une saillie hémisphérique; la peau paraît amincie à son sommet, qui présente une coloration jaunâtre par transparence; la palpation donne à son centre une sensation de fluctuation; la petite tumeur paraît se prolonger dans la peau du côté de la partie antérieure ou palmaire du bord interne de la main. Le diagnostic de M. Maillard de kyste épidermique d’origine traumatique me paraît justifié ; la malade demande l’extirpation de la tumeur qui la gène.

Esmarch. — Anesthésie locale.

Incision courbe, convexe en dehors sur le dos de la main ; la tumeur est sous-cutanée; mise à nu, elle a une couleur blanc jaunâtre et paraît sphérique; elle s’ouvre et il s’en échappe un ruban de matière semblable à la matière sébacée; la paroi blanche, assez résistante pour conserver sa forme quoique vidée, s’énuclée presque spontanément, laissant à sa place une cavité sphérique; la poche n’était pas adhérente à la peau.

Deux points de suture; pansement au naphtol.

15 janvier 1889. On enlève les points de suture; bandelettes naphtolées collodionnées ; pas de réaction.

18 janvier. Guérison par première intention.

22 janvier. Elle reprend son travail ; on enlève les bandelettes collodionnées. J--L. R.

La coque kystique qui m’a été remise est de nature purement épithéliale. Il ne s’y rencontre aucun élément fibreux, aucune membrane d’enveloppe de nature conjonctive.

Elle est composée de trois couches principales, différemment colorées par le picrocarmin : la première en rouge vif, la suivante en jaune, la troisième en rose-saumon.

A. — La première couche, la plus externe, est formée de cellules cubiques ou polygonales semblables à celles de la couche de Malpighi. — De ces cellules, les plus profondes offrent fréquemment dans leur protoplasme de petites vacuoles, tandis que les plus superficielles s’aplatissent, et se chargent de nombreuses granulations d’eleïdine.

B. — Les éléments qui suivent sont aplatis, colorés en jaune vif par le picrocarmin. Les plus profonds montrent encore un noyau, plat également, presque linéaire à la coupe. Ce noyau disparaît bientôt. En somme il s’agit ici d’une couche cornée.

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