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Pansement; suppuration diminuée; belles granulations

29. Pansement : j’enlève les fils : la malade quitte la clinique. Elle vient se faire panser le 31 décembre : son état est alors très bon.

7 janvier. La malade a eu ses règles, et n’est pas revenue depuis huit jours; suppuration très peu abondante; plaie en grande partie fermée. Pansement au sparadrap et ouate.

24 janvier. La malade est tout à fait guérie. J.-L. R.

Le tissu qui constitue la tumeur dans celles de ses parties qui ont conservé l’aspect normal, n’offre rien de spécial. C’est un tissu graisseux, un amas de cellules adipeuses, traversé par quelques bandelettes fibreuses plus ou moins fines, et parcouru par des vaisseaux peu nombreux.

Mais l’intérêt de la tumeur consiste dans la présence des petites cavités kystiques qui la parsèment.

De ces cavités, les unes sont remplies d’un magma blanc brillant plus ou moins homogène, les autres contiennent une bouillie brunâtre, sorte de pus sanieux.

I. — Les premières, c’est-à-dire celles qui n’ont pas été atteintes par l’inflammation accidentelle de la tumeur, offrent, au microscope, les caractères suivants :

Leur paroi complète, ferme, assez épaisse, présente, à la coupe, l’aspect histologique du fibrome cornéen. Elle est composée de lames de tissu conjonctif, parallèles et serrées, entre lesquelles se voient çà et là quelques rares cellules plates. Ces cellules renferment, dans leur protoplasme, de fines gouttelettes graisseuses, particularité que l’action de l’acide osmique met en lumière d’une façon frappante.' Çà et là, l’une d’elles se trouve transformée en un véritable corps granuleux.

Dans la paroi même, les vaisseaux sont infiniment rares. Une .seule d’entre les coupes qui portent sur ces petites coques fibreuses, montre un vaisseau à paroi simple, qui semble creusé dans la masse conjonctive, et dont le calibre est fort minime.

Sur la face externe de cette coque, vient s’appuyer le tissu même du lipome, ses cellules adipeuses et le léger stroma conjonctif qui les soutient.

Sur sa face interne au contraire, repose le magma blanchâtre dont j’ai parlé, magma formé de matières grasses amorphes ou cristallines, et parfois de sels calcaires. Après action des réactifs, et par dissociation, on retrouve, dans ce magma,

des débris appartenant manifestement à des cellules adipeuses altérées.

La dissociation, après dissolution des matières grasses par l’éther, ne m’a pas montré autre chose en fait d’éléments figurés. Je note spécialement l’absence de tout débris pouvant provenir d’un parasite, et, particulièrement, de tout crochet de ver cystique.

II. — Les kystes dont le contenu est d’aspect sanieux, offrent les particularités suivantes dans leur aspect microscopique :

Quant à leurs parois, au premier abord elles semblent identiques à celles que je viens de décrire. Mais leurs couches internes présentent deux modifications importantes de leur structure :

1° De nombreux corps cellulaires les infiltrent, en formant, à la face interne du kyste, une couche d’une certaine épaisseur. Ces corps cellulaires irréguliers, granuleux, mal colorés, sont d’un volume peu considérable, et semblent n’être autre chose que des globules de pus.

2° Des capillaires volumineux parcourent ces couches internes, assez nombreux pour que, sur chaque coupe, on en rencontre quelques-uns, et que le contraste soit frappant avec la pauvreté vasculaire des parois kystiques non enflammées. Sur l’une des préparations, un vaisseau s’est rompu et a déversé, dans le kyste, ses globules, qui forment un amas considérable accolé à la paroi.

En un mot, il y a là des phénomènes d’irritation, et ces phénomènes sont accompagnés d’un changement dans la nature du contenu du kyste, qui se compose, — avec les matières grasses amorphes et cristallines, — de globules sanguins plus ou moins altérés, de corps cellulaires irréguliers et granuleux, et de nombreux microcoques.

III. — La peau, au voisinage des foyers de suppuration, montre, dans l’épaisseur des papilles, spécialement autour de leurs vaisseaux centraux, des amas de cellules embryonnaires.

D’autre part, dans la profondeur, on la voit envahie par les grosses cellules adipeuses de la tumeur, qui s’infiltrent peu à peu entre les faisceaux conjonctifs du derme et les dissocient. En certaines régions par conséquent, la peau se confond avec le néoplasme sous-jacent, et c’est à cette particularité qu’il faut attribuer l’existence de la petite dépression constatée à l’œil nu en un point de la tumeur.

Les autres modifications que j’ai décrites dans la peau ne sont que des traces de l’inflammation qu’on y reconnaissait à l’œil nu.

Ce qui constitue le caractère spécial de cette tumeur, ce n’est point tant la suppuration, relativement fréquente dans les lipomes, que la présence dans son sein de ces petits kystes remplis de matières grasses modifiées, et dont la nature et l’origine me semblent fort difficiles à préciser.

Ce que l’on peut affirmer, d’après leur structure et leur contenu, c’est qu’ils ne sont point de nature parasitaire. Mais que sont-ils alors ?

J’ai consulté en vain à ce sujet les traités classiques de Virchow, de Billroth, de Cornil et Ranvier, de Lancereaux, l’article lipome du dictionnaire encyclopédique. — La seule chose que l’on y rencontre c’est que, cette disposition en coque fibreuse enkystant une masse de matières grasses modifiées, est celle qui caractérise les lipomes épiploïques détachés de leur point d’implantation, et devenus libres dans la cavité péritonéale. — Chacun de nos petits kystes représente donc un lipome libre intrapéritonéal, c’est-à-dire une tumeur adipeuse dont la nutrition ne peut plus se faire autrement que par imbibition. Or l’imbibition est le procédé de nutrition des infarctus simples. Nos petits kystes ne seraient-ils peut-être que des infarctus ?

Resterait à expliquer pourquoi cet accident, assez rare dans les lipomes pour qu’il ne soit point mentionné dans les principaux traités classiques, s’est produit dans le cas qui nous occupe, et quelle est la pathogénie de ces infarctus.

Enfin pourquoi la suppuration, développée en un point de la tumeur, s’est-elle aussi portée sur certains d’entre ces petits kystes, laissant entre le foyer principal et ces foyers secondaires des intervalles de tissu adipeux parfaitement sain? En réalité c est un phénomène qui n’a rien d’extrêmement anormal. On se rappelle en effet que les infarctus, aussi bien que certaines régions où la circulation est accidentellement modifiée, sont des lieux d’élection pour les accidents de suppuration. C’est ainsi que, dans les cas d’infection puerpérale, on rencontre, assez fréquemment, du pus dans le sein de petits fibromes utérins interstitiels sans importance par eux-mêmes. Je pourrais multiplier les exemples de ce genre, mais cela me paraît fort inutile. Ils sont présents à la mémoire de chacun.

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