LE HUNTER
J'ay si très-grant douleur par cy I
LE CURÉ
Ha ! cousin, il est bien à croire; Mais, s'il plaist au doulx Roy de gloire, Tantost recouvrerez santé.
LA FEMME
Je vais quérir du vin.
LE MUNYER.
Voire, voire.
Et apportez quelque pasté ?
LA FEMME
Oncques de tel ne fut tosté*..
Seez-vous?
LE MUNYER.
Cousin, prenez place!
LA FEMME
Vecy pain et vin à planté *.
Vous seerez-vous?
* Grave.
* l»our : renchérie.
■' Pour : chaire, siège.
* Toster, cuire au four, dorer au feu ^ A foiaou, eu abondunce.
DU MVIITËt. 255
LE CCRB.
Sauf vostre grâce.
LE MUMYER.
Fault-il que tant de niyne on face ?
Parle Sang bieu! cVst bien juré.
Vous vous seerez?
LE CURÉ
Sans plus d'espace.
Que TOUS ne soyez parjuré.
LE HDNYEB.
Ha ! si c'estoit nostre curé.
Pas tant je ne l'en prieroye 1
LE CURÉ
Et pourquoy ?
LE MDNTEB.
Il m'a procuré Âulcun cas, que je vous diroye Voluntiers, mais je n'oseroye»
Depaour...
LE CURE
Dictes hardyment?
L^ HUKTER.
Non fera y, car batu scroye.
LE CURÉ
Rien n'en diray. par mon serment !
LE HUNYER.
Or bien donc, tous sçaTez comment Ces prestres sont adventureui?
Et nostre curé mesmcment Est fort de ma femme amoureux :
De quoy j'ay le cueur douloureux
LA FABGE
Et remply de propleiité S Car coquu je suis maleureuz^ Bien le sçay.
LE CURÉ
Benedicite!
LE KDRTER.
Le poinct de mon adversité, (Test illec, sans nul contredit.
Gardez qu'il ne soit récité?
LE CURÉ
Jamais.
LÀ FEMME
Qù'esse qu'il dit?
Je suis certaine quMl mesdit De moy ou d^aulcun mien amy :
Ne faict pas?
LE MUNYRR.
Non, par sainct Remy !
LE CDF.é.
Il me disoit qu^il n'a^ormy Depuis quatre ou cinq jours en ça, Et qu'il n'a si gros qu'un fi'emy *, Le Gueur ne les boyaulx.
LA FEMME
Or ça, Beuyez de là, mengez de çà.
Mon cousin, sans plus de langaige. Ici la scène est en E&fer.
LUCIFFER.
Haro, deables d'enfer ! j'enraige !
Je meurs de dueil, je pers le sens;
* Pour : perplexUi.
■ Pour : fovrmi.
DU MUNYER. 257
J'ay laissé puissance et couraige.
Pour la grant douleur que je sens
SATHAN
Nous sommes bien mil et cinq cens Devant toy ? Que nous veulx~tu dire?
Fiers, forts, félons, deables puissants, Par tout le monde, à mal produyrel
LUCIPFER.
Coquins, paillars, il tous fault duyre * D^aller tout fouldroyer sur terre, Et de mal faire vous dejfuyre *.
Que la sanglante mort vous serre!
S^il convient que je me desserre De ceste gouffronieuse lice ', Je TOUS meclray, sans plus enquerre, En ung ténébreux maléfice.
ASTAROÏIl.
Ghascun de nous a son office
En enfer. Que yeuU>tu qu'on face ?
PBOSERPmE.
Défaire nouvel ediffice.
Tu n'as pas maintenant espace?
ASTjiROTII.
Je me contente.
j SATHAR.
! * Et je me passe
De demander une autre charge.