‹ Recueil de farces, soties et moralités du quinzième siècleChapitre 32 sur 53 · JE -PLEIGE-D* AUTANT · texte numérisé non relu

JE -PLEIGE-D* AUTANT

Quant à moy, je pleige d'autant !

FRIANDISE

Passetemps joyeux et bruyant.

Pour moy ung petit ragouter, S'il y a rien de bien friant, Vous me le deussiez présenter ?

PASSETEMPS

De cela ne vous fault doubter :

Je feray vostre remonstrance.

GOURMANDISE

Quant à moy, je veuil bien bouter*, Boire et manger jusqu'à ouUrance.

LE FOL

Hz ont le meilleur temps de France, Sans soucy, sans melencolye.

* Je vous fois raison ; je réponds à votre toasl. •C'est-à-dire: mettre les morceaux doubles, tordre et a valer.

DE BANCQUET. 293

ACOnSTUMANGB .

11 n'y fault que persévérance, Et c'est le poinct où je les lye.

iS'olez que Soupper ftt Bancquet les espientpnr quelques fanesire

hauUe.

SOaPPER.

Vêla une feste jolye !

Hz ne se sçavent contenir.

BANCQUET.

Qui trop en prent, il fait folye :

Cela ne se peut maintenir.

SOUPPER

Si fort son estomac fournir, NVst pas pour avoir alegance.

BANCQUET.

Laissez-les devers nous venir ; Nous en aurons brief la vengeance.

Notât que les Maladies se viennent icy présenter en figures hydeuseset moni»trueuses,einl)astonnées*, et habillées si estrangement, que a peine peut-on discerner si se sont femmes ou hommes.

APPOPLEXIE.

Regardez bien ma contenance.

Puis enquerez de mon renom, Affîn qu'en ayez souvenance :

Appoplexie, c'est mon nom. De tous sens et de motion, Je prive le corps qui est beau ; Mais c'est pour Toppilacion * Des ventriculles du cerveau.

PARALISIE.

Âussy, fais-je du bruyt nouveau :

' Armées.

194 LA COVDâVRACIOR

Moy, Paraliste, aygrement :

Les nerfz, qui sont dessoubz la peau.

Je mollifie lourdement.

Le sentir et le mouvement,

Je desreigle, quand je les touche :

Là se treuvent fînablement

Geulx qui font les excès de bouche.

EPILBNCIB* .

Et moy, qui suis Ëpilencie, Dois-je pas avoir renommée?

Je suis la seur d'Appoplexie, Qui s'est premièrement nommée:

Par moy est la teste estonnée, i^ar moy tous jeux sont en debatz ; Par moy ont la malle journée, (lormans qui prennent leurs esbatz.

PLEURESIE.

Pleurésie revient en place, Qui est ung mal fort redoubté.

Je fais mourir en brief espace ^ Bien souvent le plus hault monté.

Es pennicules ' du costé, Une apostume metz et couche :

Par ainsi àentent ma durté.

Ceux qui font les excès de bouche.

GOLICQUE.

Et que direZ'Vous de Golicque, Passion de travail comblée ?

C'est la très plus melancolicque, Qui soit en toute rassemblée.

Dedans collon je suis collée,

• ' Pour : Epilepsie. Le texte porte ici par erreur : Epiticenek.

* En peu de temps.

* Poumons.

DK BAHCQUBT. i9S>

Qui est Fung dés boyaulx plus bas :

Par moy ont la pance troublée, Gormans qui prennent leurs esbas.

ESQUINANCIE

Sachez que plusieurs maulx je forge, Moy, Esquinancie Finhumaine»

Car je preus les gens par la gorge, Et souvent à mort je les maine.

Au boire, manger et alayne^ Le chemin je forclos et bousche, Et fais mourir de mort villaine Ceux qui font les excès de bouche.

YDROPISIE.

Ydropisie fait terreur, •

A veoir sa façon destructive ; Et dit-on que je suis erreur, Dedens la vertu unitive :

Par matière dessiccative, Les povres paciens combas, Et fais mourir de mort hastive Gormans qui prennent leurs esbas.

JAUNISSE

Et moy, on m'appelle Jaunisse, Ictericiat en latin :

Combien qu'on me repute nice', Si fais-je merveilleux hutin*.

Peau blanche comme parchemin, Rends descoulourée et farouche :

Ainsi passent par mon chemin.

Ceux qui font les excès de bouche.

GRAVELLE

Est-il de moy quelque nouvelle,

' Inooceote, sotte.

* Remue^ménage, dé&ordre, ravage.

■290 • LA COMDAMMAGION

Qui suis Ung inorbe officiai » ?

Médecins m'appellent Gravelle, Torment assez especial.

Par feulte d'emplir Turinal, 3! es suppos renverse et abas, Et metz en détriment final Gormans qui prennent leurs eshas.

GOUTTE

Que direz-vous de moy la Goutte, Qu'on dit Ciragie ou Artetique?

En mon cas homme ne voit gouti», Tant soit médecin auctentique.

Je suis podagre scialique, Pire que n'est la poingnant' mousche :

Dteu sçait comment je poins et picque Ceux qui font les excès de bouche !

APPOPLEXIE.

Quant nous sommes tous ensemble Autour d'ung povre corps humain, Respondez-moy, que vous en semble, N'est-il pas cheut en bonne main?

PARALISIE.

Corps qui est trop farcy de sain *, De vin, de pain, de^hair friande.

Ne peut estre longuement sain , S*il ne digère sa viande.

SOUPPER

Et Bancquet sera avec luy.

Voicy les gens que je demande :

Dieu gard ces nymphes desbifées ' !

Si pour quelqucchose vous mande, Y viendrez-vous bien eschauffées ?

* Mal qui représente tous les maux ; morbm officialis,

* Graisse, lard.

' Qui OQt si mauvaise miQ««

OB BANGQUBT. 297

EPILBHCTB.

Mais que nous soyons estoffées, De nos bretelles ^ et bastons, Nous y troterons comme fées, Ou comme garbux ou luytons'.

SOUPPER

Bancquet et moy, nous attendons Bonne Gompaignie et ses gens, Lesquelz festoyer entendons De tous metz gracieux et gens :

De leur santé sont négligeas, Et pourtant chastier les fault ; Si veuil que soyez dilligens De leur faire ung petit assault.

PLEURESIE.

Mais voulez-vous que, de plain sault.

On les hce morts tresbucher, Ou qu'on les envoyé en lieu chault ', Tous malades, pour euh coucher?

SOUPPER

Premier, il vous fault embuscher En mon logis secrettement :

Et puis je vous yray bûcher *, Pour commancer Tesbutement.

Lors viendrez-vous soubdainement A Testourdy frapper sur eulx, Pour leur monstrer visiblement, Que long Soupper est dangereux.

' Petites épôes ; brettes^ armes à main.

* Loups-garoux et lutins.

' ÉtuTCs qu'on appelait limbes, et Hont la médecine m servait pmr faire suer les malades.

* Appeler, avertir.

296 LA COMllAMNAGION

COLICQUE.

D^aiiiant qif ilz sont beaulx et joyeux , De tant les ferons plus cornars' ; Voire, pardieu, si roupi^x, Qii^ilz s^enfuiront comme renars.

ESQUINANGIB.

Vous les verrez, de toutes pars, Partir dehors, comme esgarez.

Je croy <pi'ilz seront bien espars, Esparpillez et séparez.

SOOPPER.

Quant temps sera, vous y viendrez^ Et besongnerez sans les craindre : .

BANCQOET.

A moy aussi vous ne fauldrez, Pour les parachever de paindre?

TDROPISIB.

Sans rien dissimuler ne faindre, Seront rencontrez face à face !

J*ay bien espoir de les contraindre A tantost vuyder de la place.

SOUPPER

Oh ! il souf&st, le temps se passe :

Vous frapperez sur les manteaux ?

Je voys, tandis que j'ay espace, Appointer mes billebateaux*.

BONNE G0MPAI6NIB.

Or ça, reboutons noz cousteaux.

La disnée est bien acomplye.

*■ Camus, bots, étonnés.

* Ce mot ne figure pas dans les dictionnaires ; comme on appelait nef« les vases à boire et les pièces dfoifévrerie cotitetiant des confitures, nous pensons que HUe-Meun a le tnfinie sefls que nef. Il y a encore des bateaux dans un sertlM de dttiitrt.

DE BAltCQbBT. 99d

Paktes ogter tables et tréteaux, Mon hoste, je vous en supplie ?

DISNER

Ma damé Bonne Compaignie,

Maistresse d'excellent degré,

Vous et Tostre belle mesgnye,

S'il vous plaist, vous prendrez en gré?

LE FOL

Sainct Jehan ! vous m'avez bien monstre Que je suis fol totallement :

Au moins, si j'eusse rencontré Ung voirre de vin seullement !

Ne suis-je pas bien acoustré ^ .Je ne sçay comment on Tentend :

Puisque je n'ay rien impetré.

Je iray jouer au mal content*.

BONNE G0MPA.I6NIE dit Grâces.

Mon Dieu, qui, au commencement, Le monde soubz le firmament.

Si richement édifias, Des biens dont avons largement, Te mercions présentement - De bon cueur.

JE-BOV'A-VODS et JE-PLEIGE-D'âUTA.'«(T .

Deo gratias.

JE-BOY-A-VOUS

Dieu, qui, par louablt^s façons.

De cinq pains d'orge et deux poissons Grant multitude sacias * :

De tes viandes et beaulx dons Humblement grâces te rendons De bon cueur.

' C'est un jeu de cartes, qu'où appelait aussi le hère et le malheureux ; il est cité parmi les jeux de Gargantua. * C'est-à'dira : tu raênatias, tu restauras.

300 LA COMDàMNàGION

PASSBTBMPS et iB- PLEIGB-D^àOTAM F.

Deo gratias,

BONNE C0MPAI6NIE.

Or ça, danseurs, estes-vous las?

Il fault reprendre Tordinaire, Et pour mener quelque solas, Faictes jouer le îutenaire ^

PASSETEHF8.

Madame, c'est à moy à faire :

Je voys le cas exécuter.

Au demeurant de nostre affaire, Pensez de l'hoste contenter.

DISNER

De cela ne fault sermonner.

BONNE G0HPAI6NIE.

Il VOUS a cousté largement.

DISNEB.

Je TOUS ay bien voulu donner Ce repas amyablement.

BONNE GOMPAIGNIE.

Puis que ne voulez autrement Recompense de tous voz biens, Je suis vostre totallement, Et si vous offre tous les miens.

PASSETEHPS.

Toy, joueur, qui vois noz maintiens, Tous prestz de marcher et passer, Puis que le lutz en ta main tiens, Sonne ! Si nous feras danser.

* Lutenaire, id est joueur de latz. {liolf. île i'auUar.)

DE BAMCQOBT. 301

L'instrnmeni sonne, et les troys hommes mainent les troys femmes et danceront telle dance qui leur plaira, et cependant Bonne Compaignie sera assise.

l*'esgdter.

On doit de soy-mesmes penser :

Gallans, allons croquer la pie*/

LE PBBBIIER SERVITEUR.

Sus, il nous fault recommancer :

On doit de soy-mesmes penser.

LE SECOND SERVITEUR

Jf suis content de m'avancer, Car autre chose je n'espie.

LE CUTSINIER.

On doit de soy-mesmes penser :

Gallans, allons croquer la pie.

Je n^en puis plus, se je ne pie * Quelque pianche ' bonne et fresche.

LE PBEMIER SERVITEUR.

Je croy que j 'aura y la pépie, Tant ay la povre langue seiche.

LE GUYSINIER.

Voicy ung plat, pesche cy pesche *, Combien qu'il n'y ait rien de chault.

* Cette expression proverbiale ne paraît pas avoir d'analogie avec celle-ci qui lui ressemble : croquer le marmot. Nous croyons que croquer la pie signifierait plutôt, en équivoque : se gorger de vin, de piau; boire sa soif.

* Bois, du verbe pier, emprunté au ^ttc ^r^eev; en argot, pianeker.

^ Boisson, terme d'argot.

* C'est4*dire : y mette la main qui votidra.

302 LA COMOAHIIACION

LE FOL

Au moins, donnez-nous une pesche, Pour faire ung peu gobe quinault * ?

LB SECOND SEBVITEOR.

Va, Foi, va ! Qu'esse qu'il te fouit?

Dois-tu si avant approcher ?

LE FOL

C'est à propos : ne hm ne hault, Je ne trouve riens que mascher.

SOCPPEB.

Gent Escuyer, mon amy cher, S'il VOUS plaist, vous ne fauldrez pas l)e venir servir et trencher • Chez moy, à ce second repas?

l'escuter.

Vous aurez des gens ung grant tas :

Pensez à la provision?

80UPPER

Pour entretenir tous estatz, J'ay assez preparacion.

BANCQDET.

Et après la réfection, Hz doivent chez moy banqueter ; Je vous prie par aiTection, (Jue vous y vueillez assister ?

l'esguyeb.

Puis que me venez inviter,

* C'est-à-dire : pour avoir de quoi mordre et avaler. Cette expression proverbiale : gobe-quinautt que les dictionnaires n'ont pas recueillie, représente un vieux singe {quinaut) qui gobe de:» noisettes.

* Découper les viandes.; faire l'office d'éctty«ri truuiiulit.

DE BAKCQOE'f. SOS

Il appartient bien que y aille ;

Nous yrons le cas actinter ^,

Et n'en voulons denier ne maille^.

LE CUTSINIBR.

Vous serez servy, ne tous chaille ^, De rosty, boully et gelée :

Il n'y fault point de chair salée»

Mais connins*, perdrix et poullaille"^.

LE PREMIER SERVITEUR

S'on peut trouver quelque voUaille*.

Soit en montaigne ou en vallée.

Vous serez servy, ne vous chaille, De rosty, boully ou gelée.

LE SECOND SERVITEUR

Je n'y feray chose qui vaille, Si je n'ay la teste enyvrée ; , Mais si la boisson m'est livrée, Je verseray plus dru que paille.

l'bscuter.

Vous serez servy, ne vous chaille, De rosty, boully et gelée ; Il n'y fault point de chair salée, Mais connins, perdrix et pouUaille.

soupper.

Or, sus, Ëscuyer, je vous baille La charge et le gouvernement.

* Disposer tout ; ce verbe est encore usité dans la marine.

* C'est-ànlire : nous n'entendons pas recevoir le moindre sa laire.

= Ne vous en inquiétez pas.

* Lapins.

* Volaille de bas<ie cour.

* Gibier ailé.

304 LA COMDAHlIàCION

l'escdïrb.

Noos yrons tous, vaille que vaille.

Et au banquet consequamment.

BONNE COMPAIGNIE

Est-il estât que vivre plaisamment.

Joyeusement, sans aucun plaisir prendre; Boire d*autant, manger pareillement, Abondamment, et puis honnestement L^esbatement et le jeu entreprendre.

A bien comprendre, et la matière entendre, Chascun doit tendre à tenir cest usage. I! est bien Fol qui cerche son dommage !

Dansons, ryons,

Sans nul soucy ;

Chantons, bruyons S

Dansons, ryons,

Douleur fi^yons,

Et paine aussi ;

Dansons, ryons.

Sans nul soucy :

Ne se doit-il pas faire ainsi, Qui peut et qui a Taisement *?

PASSETEMPS

Il seroit bien fol, Dieu mercy, Quiconque feroit autrement.

BONNE COMPAIGNIR.

Ou doit vivre amoureusement.

Et hanter les dames honnestes.

PASSETEMPS

Je m'en mesle communément,

Mais je ne quiers que les pins nertes :

• Faisons du bruit; du verlx» bruirf.

* L*aîsance. la fortune.

DB BANCOUKT. 305

Faces sadinettes^, Plaisans godinettes *, Belles k choisir, Filions ou fillettes , Blanches, yermeillettes, G^est tout mon désir. .

JE-BOT-A-VOUS

Et je trouve ailleurs mon plaisir, Car j*ay autre condicion.

Je prens voulentiers le loisir

De vacquer à potacion':

Bouteille ou flascon

De vin de Mascon,

Je le trouve sain^ ;

Celluy de Dijon,

Et de Mont Saulion,

Ou de Sainct Poursain ^,

JE-PLEIGE-d' AUTANT.

Je suis vostre cousin germain,

Car je croy que homme ne m'en passe :

Se vous buvez à verre plaiit,

Je joue aussi de passe passe.

Ce bon vin j'entasse,

Tousjours tasse à tasse,

* Jolis visages. Sadinet est l'augmentatif de sade, qui déri* ▼erait plutôt de suadus que de suavis.

* Amies de la joie et du plaisir.

' Action de boire; en latin potatio.

* 11 est à remarquer que les vins de Bourgogne sont rarement cités par les écrivains du seizième siècle, ce qui prouverait qu'on les exportait hors de France, ou qu'on les buvait dans la province. Rabelais et l'auteur de la monUié des Blasphémateurs, ne les nomment pas.

* Nous pensons que le vin de Mont-Saulion est le vin de Saulieu; quant au vin de Saint-Pourçain, il a sa place dans le Blasm des bons vins de France^ par Pierre Danche, qui loue

Pe Sainct Poursain le gentil bourboonoisi

306 LA GOHDàMNàCIOX

Par icy dedens :

Pour une tnncasseS Cela ne me casse Ne langue ne dens !

FRIANDISE

Puisqu'il fault parler des despeng, Se la maison est raisonnable, Ne laissez. pourtant en suspens Le manger qui est convenable :

Je désire table

Pourveue et sor table

De bonne viande :

La plus délectable

M*est plus prouffitable ;

Pourtant la demande.

GOURMANDISE

Et muy, qui suis ung peu gourmande, J'appete vivres à foison, Gomme ung seylier de laict d'amande Et cinq pastez de .venoison.

Pour ung desjunon^,

Je ne vueil, sinon

De vin une* quarte,

Avec ung oyson',

Nourry de saison,

Le flan et la tarte^.

* Toast, santé que l'on trinque.

* Pour : déjeuner.

^ Quoique Platine de Crémone fasse le procès à Toie, considérée comme aliment (voy. De honeata voluptate, lib. V), les Fran> çais, et surtout les Parisiens, ne partageaient pas cette mauvaise opinion à l'égard d'une poiilaille, qu'ils préféraient à tous les volatiles de basse-cour. La rue aux Oues, maintenant rue aux Ours, était pleine de rôtisseurs qui faisaient cuire plus d'oies que de poulets.

* Nos ancêtres étaient très-friands de flans et de tartes,

AGOBSTIJIIANCB.

Avant que le jeu se départe, On voirra comme tout ira.

Ce m'est tout ung, Marie ou Marte, Mais quelque ung s'en repentira :

Car tel gaudira,

Et tant joyra **

Des biens savoureux,

Que mal sortira,

Car il sentira

lx)yer douloureux ^

LE FOL

Et c^est la fin des amoureux ^ Et des gourmans pareillement :

Premier deviennent langoureux, Et puis ilz meurent meschamment.

Soupper parle à Bonne Gompaignie.

SODPPER.

Dame vivant triumphamment, Je vous faiz déclaration, Qu'il est heure présentement De prendre sa réfection.

BONNE GOHPàIGNIE.

Je suis de ceste oppinion : * Là se fait-il bon occuper.

SOUPPER

Venez veoir Tabitacion, Où j'ay préparé le soupper?

Il l'emmaine par soubz le bras.

comme le sont encore le-s Anglais, qui conservent mieux que nous leurs anciens usages. Taillevent donoe plusieurs recelte» de tartes: «Tartes couvertes communes; taries descouvertes; tartes h deux visaiges ; tarte jacopine couverte et orengée pardessus; tarie jacopine bien farcie; tarte de pommes, » etc. * Kécompinse douloureuse.

309 LA COHDAMNACION

PASSBTEMPS.

Nous yrons tous per ou non per ' .

Il est ainsi déterminé.

JE-BOY-A-VOUS

Si avoit-il bien à couper.

Au lieu 0Ù410U8 ayons disné.

JE-PLEIGE -d'autant.

J'ay tout digéré et myné*,

Et suis prest comme au par avant.

FRIANDISE

Cheminons ! c'est trop sermonné, Bonne Compaignie est devant.

GOURMANDISE

J'ay intencion maintenant

De bien gourmander et manger.

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