‹ Recueil de leçons de choses [microforme]Chapitre 22 sur 101 · LE MIEL · texte numérisé non relu

LE MIEL

Le maître temant à la main un gâteau de miel démande : Qu'est-ce que cela ?

E.—-Un gâteau de miel.

M.—D'où vient. il ?

E.— D'une ruche d’abeilles.

M.—Qui l’a placé dans la ruche ?

E.—Ce sont les abeilles qui l’y ont fait ?

M.—Pouvez-vous me dire comment les abeilles l’ont fait ?

E.— Non, monsieur,

M.—Les abeilles n’ont ni mains, ni outils et cependant voyez comme toutes ces cellules sont bien faites, et régulièrement agencées ; personne d’entre vous ne pour-

rait en faire de semblables ; qui donc a appris à ces

faibles insectes À travailler avec tant de perfection ? E.— C'est Dieu.

M.—Oui, mes enfants, c’est Dieu qui a donné, non Seulement aux abeilles, mais à tous les autres animaux, l'instinct nécessaire Pour pourvoir eux-mêmes à tous leurs besoins. Maintenant, regardez ce gâteau et ditesmoi ce que vous y voyez ?

E.—Nous y voyons des trous.

M.— Comment appelez-vous les parties de la maison où se trouvent les fenêtres et les portes ?

E. — Les côtés.

M.—Bien, voyez ce qu'ont les cellules.

E.—Elles ont des côtés.

M.— Combien ces cellules en ont-t-elles ?

E.— Elle en ont chacune six.

M.—Essayez maintenant de trouver quelques-unes des qualités de ce gâteau. P

E.—Il est léger et gluant.

M.— De quelle couleur est-il ?

E.—T1 est d’un jaune pâle.

renez-le dans vos mains.

M.—Pouvez-vous voir le jour à travers ?

E.—Non.

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We OT Le E.—On les appelle corps opaques.

M.—Alors que peut-on dire du miel ?

E.—On peut dire qu’il est opaque.

M.—Pressez une cellule sous vos doigts, E.—Elle s’est brisée,

M.—Comment appelle-t-on les choses qui se brisent facilement ?

E.—On dit qu’elles sont fragiles.

M.— Donc les cellules sont fragiles. Où les abeilles prennent-elles le mniel ?

E.— Dans les fleurs.

M.—Quel emploi les abeilles font-elles des cellules ?

E.— Elles les remplissent de miel.

M.—Oui, mes enfants, ces insectes sont excessivement laborieuses. Elles travaillent sans relâche pendont la belle saison, vont quelquefois très loin, et ne reviennent à la ruche que lorsqu’elles sont chargées de miel et de cire, Mais elles font encore un autre usage de leurs cellules. Elles y mettent les jeunes abeilles qui sont gardées là, nourries et soignées par les vieilles, jusqu’à ce qu’elles aient des ailes et qu’elles puissent voler. Alors, elles commencent, elles aussi, à se rendre utiles en travaillant comme les autres.

Pourquoi les abeilles font-elles du miel ?

E.—Je ne sais pas, monsieur.

M.— Elles font du miel pour s'en nourrir lorsque la

saison des fleurs est passée ; mais souvent elles en font

Î plus qu’elles n'en ont besoin, et alors leur maître leur en il ja ôte une certaine quantité, qu’il vend ou qu'il emploie à il. son propre usage.

| —Que fait-on avec les cellules après que le miel en } a été Ôté ?

à E.—On les fait fondre pour en avoir la cire, avec a laquelle on fait des bougies,

| M.-—On appelle celni qui élève des abeilles apiculpou teur et les abeilles qui composent une ruche, essaim.

\ fl | L'apiculture à été malheureusement trop longtemps pu négligée dans notre pays. Ce n’est que depuis quelques HUEUE années que quelques personnes s’en occupent d’une manière un peu sérieuse ; les heureux résultats qu’elles | ont obtenus ont été ds Llus satisfaisants, et ont prouvé 1 que la rigueur de n«1:: :\imat n’est pas un obstacle à | cette production si facile et en même temps si intéressante. Il suffit d'étudier les mœurs, les habitudes ét surtout les besoins de ces'infatigables travailleuses, pour

tirer des profits considérables.

—Je termine cette leçon en vous racontant ce qüi est arrivé à un petit garçon de cette ville l’année dernière.

Son père l'avait envoyé passer ses vacances chez son oncle à la campagne, . |

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se mettre en état de les soigner convenablement, et d’en :

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mener chez le voisin, et s'amusuit à jouer avec des pe its garçons de son âge, quand tout à coup, il entend un tintamarre, un vacarme extraordinaire. Il a bien entendu souvent des alarmes de feu, la musique militaire, mais jamais rien de semblable. Le bruit part de la ferme voisine ; il y court. Il voit un rassemblement

d'hommes, de femmes et d'enfants. L’un tient à la -

main un couvert de chaudron, l’autre une pot frire ;

celui-ci une vieille chaudière, celle-là une + clo-

chette, ettous s'efforcent de frapper sur ces instruments

pour faire le plus de bruit possible, en se dirigeant

vers un gros pommier du jardin. Là, il aperçoit, sus-

pendue à une branche, une grosse boule noirâtre, et

voit un homme ganté et coiffé d’une espèce de casque

qui lui cache toute la figure, appliquer une échelle le

long du pommier, et portant dans sa main gauche.une

graude boîte. Arrivé près de la boule, l’homme, de sa main droite, coupe délicatement une petite branche, et le jeune citadin voit tomber la grosse boule noirâtre dans la boîte que l’habile apiculteur ferme à l’instant,

C'était un jeune essaim qui venait de laisser le toit qui l'avait vu naître pour aller tenter fortune ailleurs. Le lendemain matin, vers huit heures, il n'eut rien te pius pressé que de se rendre à l'endroit du jardin où i! avait vu placer la veille la boîte neuve. Les jeunes abeilles étaient déjà à l’œuvre, et avaient commencé à construire des cellules pour y fépeset leurs doux, rayons : de miel... :

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)

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