‹ Recueil de leçons de choses [microforme]Chapitre 30 sur 101 · LA CULTURE DU BLÉ · texte numérisé non relu

LA CULTURE DU BLÉ

Le maître tenant à la main une poignée de blé demande aux élèves :

S Qu'est-ce que ceci ?

E.—C’est du blé, monsieur, M.—D'où vient-il ?

E.—De la terre.

M.—Trouve-t-on le blé dans la terre comme on trouve les pierres ?

pi E.— Non, monsieur, il faut le cultiver.

M.—Oui, mes enfants, et cette culture demande infiniment de travail et de peine. Pensez-vous que le premier cultivateur du Canada, M. Hébert, qui s'établit

à l'endroit même où se trouve la Basilique de Québec, a pu en arrivant semer du blé ?

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que le s'établit Québec,

E.—Non, car tout le pays n’était alors qu’une grande

forêt.

M.—Qu'a-t-il dû faire ?

E.—Il a dû d’abord abattre le bois ; maïs, veuillez

vous-même, M., nous raconter les différents travaux qu’il a faits avant de semer du blé.

M.— Volontiers, mes amis. Il lui a fallu d'abord

abattre les arbres, les couper par tronçons, les mettre en tas eb les faire brûler. Que pensez-vous qu'il a fait ensuite ?

E.—I] a labouré.

M.—Oh non! Après que le bois a été brûlé sur le terrain, il reste encore les souches (racines), et ce n’est pas avant huit ou dix ans qu'un peut mettre la charrue dans la terre neuve, car il faut les laisser pourrir avant de les arracher. Il a donc semé son blé à travers .les souches, et pour l’enterrer, il s’est servi de pioches, ce qui requiert un travail très long et très fatigant, C’est ainsi que font encore aujourd’hui tous les colons qui vont s'établir sur les terres nouvelles du lac Saint-Jean, ou sur celles des townships de l'Est,

Passons maintenant aux différentes opérations que fait le cultivateur pour avoir du blé, dans les terres faites.

— Quelle est la première, J oseph ?

Joseph.—C'est de labourer.

M.— Oui, mais quand laboure-t-on ?

E.— L'automne et le printemps.

M.— Lequel de ces deux labours est le meilleur pour le blé ?

Joseph, — Papa dit que c’est celni d'automne,

M.—C’est bien; mais le cultivateur doit encore faire des fossés et des rigoles jour égoutter la terre, afin qu'au printemps, elle soit prête à recevoir la semence.

—Quand sème-t-on le blé 2

E.— Entre le vingt et le trente de mai.

M.—Que fait-on quand le blé est semé ?

E.--On herse la terre pour l’ameublir et enterrer le grain, et ensuite on passe le rouleau.

M.—Oui, mes enfants, après que le cultivateur a semé son blé, il se livre à d’autres travaux et le bon Dieu le fait germer, pousser et môûrir,

Que fait-on quand le blé est mûr ?

E.—On le coupe.

M.—De combien de manières coupe-t-on le blé ?

E, —De trois manières : à la faucille, À la faux ou à la machine (moissonneuse),

M.—Que fait-on lorsque le blé est coupé ?

E.— On le laisse quelque temps sur le champ pour le faire sécher, on le met ensuite en gerbes et on l’ grange.

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M.— Dites les autres opérations qu’on lui fait subir avant de le porter au moulin.

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E.—On le bat, on le vanne, puis on le fait sécher, et ensuite on le met dans de grands sacs pour le porter

au moulin.

M.— Donnez plus de détails, et dites comment se font ces différentes opérations.

—De combien de manières bat-on le grain ?

E.—De deux manières : au fléau ou au moyen d’une machine à battre.

M.—Laquelle de ces deux manières est la plus

avantageuse ?

E.—C'est la machine, M.; mais tous les cultiveteurs n'ont pas le moyen de s’en procurer.

M.—Que fait-on quand le blé est battu ?

E.— On le vanre pour enlever la balle. de manière à ce qu'il ne reste que le grain, et ensuite on le porte au grenier pour le faire sécher.

M.—Que faut-il faire ensuite si l'on veut en faire

de la farine ?

L,—Il faut le porter au moulin, M.—Comment appelle-t-on celui qui moud le grain ? E.—On lui donne le nom de meunier.

M.—Bien, mes enfants, vous voyez maintenant quelle immense somme de travail le cultivateur a déjà dû faire, et son blé n’est encore qu'au moulin.

À notre prochaine leçon, je vous parlerai de ce dernier, et je vous ferai connaître les différentes pièces qui

À near nec temen gt meer

en composent le mécanisme, et dans une autre lecon, Eje vous ferai connaître comment il faut s’y prendre pour vapeu avoir, avec cette farine, qui a coûté tant de peines, ce M.bon pain que vous mangez d’un si bon appétit, E— fäire 1 VINGT-TROISIÈME LEÇON ou cultiva LE MOULIN A FARINE id ee . : ; facilem

M.— Vous cot Baissez, mes jeunes amis, comme tout le monde, les constructions auxquelles on a donné le M— nom de moulins. Les uns sont des établissements in- sa Hu dustriels: tel le moulin à farine ; et les autres sont autre cl pour la plupart des ustensiles de ménage : tel le mou- E.— lin à café. C’est mal à propos que l’on em ploie ce mot moulin qi pout désigner certaines machines ; ainsi, ne dites jamais : grains d | moulin à coudre, moulin à battre, moulin à scie, M— mais, machine à coudre, à battre, ete. Un moulin, c'est bre n pour moudre quelque chose. On peut bien appeler nov%- partout lin, l'instrument que les tanneurs emploient pour broyer RTE le tan. —$p — Qui d’entre vous pourra me dire quelle est: la force il motrice d’un moulin à farine ? ne E—Moi, M. La force motrice d’un moulin à-fariné nm est l'eau ou la vapeur. y Lo MI ya donc,, pour moudre:le grain, deux. espèces Le

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E.—Oui, M. les moulins à eau et les moulins à vapeur.

M.—Où établit-on les premiers ?

E.— Partout où il y à un pouvoir d’eau suffisant pour fäire marcher le mécanisme, Ce sont presque les seuls qu'on emploie à la Campagne pour moudre le grain des cultivateurs,

M.—Et les autres ?

E.—On les établit partout où l'on peut se procurer facilement du combustible, pour produire de la vapeur.

M.—Très bien !— N'y at-il pas d'autres moulins, mus par l'eau ou la vapeur, qui servent à moudre autre chose que du grain ?

E.—-Oui, il y a les moulins à tan ou à écorce, les moulins à huile, où l’on broie la graine de lin, ou autres grains dont on extrait de l'huile.

M nons-nous particulièrement du moulin à farine mu per l'eau. Vons avez dit qu'on les établit partout où il y a un pouvoir d'eau, — Comment, ce pouvoir d'eau fait-il aller, le moulin.? E--En ‘tombant sur.une grande ‘roue qu'elle :fait. tourner.

M.— C'est alors-une roue à auget ou godet. Mais il

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