‹ Recueil de leçons de choses [microforme]Chapitre 91 sur 101 · SOIXANTE-CINQUIÈME LECON · texte numérisé non relu

SOIXANTE-CINQUIÈME LECON

Lx IAN

M.--Mes amis, il y a trois plantes qui fournissent une matière que l’on file, que l’on tisse ensuite, et dont sont faits une partie de nos vêtements et le linge employé dans tous les ménages. Quelles sont ces trois plantes ?

E.—-Ces trois plantes sont le ln, le chanvre et le coton.

M.--La première est la seule que nous cultivions avec avantage en ce pays. Le coton se cultive sur une grande échelle dans Îe sud des Etats-Unis, et ie chanvre, dans plusieurs parties de l’Europe. Mais parlons du lin,

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rlons du lin,

——L'un de vous va m'expliquer comment est cette petite plante si utile.

E,—Le lin n’a qu'un portant de petites beau bleu

tige, haute de 2 pied à ieuilles épaisses, quelqu » AUXquelles succèdent Marron, dont on extrait de l'huile, M.—A quoi sert l'huile de lin ?

E.-A délayer la peinture.

24 pieds, Ë ’

es fleurs d’un

des graines de couleur

M.--Où cultive-t.on le lin ?

E.—Dans les champs,

M.--Quand sème-t-on le lin, et à. quelle époque le récolte-t-on ?

E.--Le lin se sème vers la fin de mai, et se récolte vers la fin d'août ou au commencement de septembre,

M.-Comment se fait la récolte du lin ?

E.--On l’arrache et on l'étend sur place pour le faire

sécher, après quoi on le lie en bottes et on l’entre dans la grange,

M.—A près la récolte, le lin sub; [avant d’être Prope au filage,

— Quelle est la première ?

t bien des opérations

E.— La première opération que subit le qu'on en a battu la tête au fl

graine, est le rouissage,

M.— En quoi consiste cette opération, et quel en est

lin, après éau pour en recueillir la

Le but ?

E.— Le rouissage se fait en plongeant le lin pendant un certain temps dans l’eau, ou en l’étendant tout mince sur l’herbe des prairies.

Le but de cette opération est de faire pourrir cette partie de la tige qui ne sert de rien.

M.-— Cette partie inutile porte le nom de chènevotte ; l’autre, que l’on sépare pour être employée, est la filasse.

—Que fait-on du lin après qu’on l’a retiré de l’eau ou relevé de dessus la prairie ?

E.— On le fait sécher à l'air et au soleil,

M.—Alors a lieu une seconde opération très importante, qu’on appelle le teilla > du lin. Cette opération peut se faire de deux manières : à la main ou à La machine,

Le teillage à la main date des temps les plus reculés, et c'est ce procédé que l’on suit encore dans nos campagnes. On choisit ordinairement pour ce travail un petit bocage. On y fait un haloir (fourneau) en pierre sèche, dans lequel on entretient du feu; on en recouvre une partie avec. de petites perches sur lesquelles on étend le lin, Quand il est assez chauffé, on broie la chénevotte à l’aide d’une machine appelée macque: où

broie. On débarrasse ensuite la filasse des restes. de.

chènevotte au mbyen d’une nouvelle opération appelée

le raclage ou l'espadage, qui se fait avec une racloire.:

en fer, ou une espèce de sabre en bois, nommé espade,, avec lequel. on frappe des Jibres, : | “nel

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— Peut-on filer le lin alors ?

E.— Non, M. parce que les fibres ne sont pas encore divisées ni assez assouplies.

M.-—I1 faut donc procéder à: une dernière opération appelée peignage. Comment la fait-on ?

E.— Souvent on bat la filasse avec des maillets pour lassouplir ; puis on la peigne pour diviser les fibres et en retirer les parties courtes, qu'on nomme étoupe.

M.—Le peignage ou le Sarançage du lin, ce qui est la même chose, est fait À la main, à l’aide de cardes ou peignes formés de pointes métalliques, ou encore au moyen de machines perfectionnées, nommées peigneuses, qui se succèdent les unes aux autres jusqu’à ce que le lin arrive à cet état de souplesse et de finesse qui permet de le filer presque aussi fin qu'on le veut. |

—Que fait-on du fil du lin ?

E.—On en fait de la toile.

M.-——Ne fait-on de la toile qu'avec du lin ?

:E.—Non, M, on en fait aussi avec du chanvre, dans les pays où l’on en cultive,

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