I, H, III, VI ET VIII
Nous ayons fait graver sous ces numéros cinq fibules de bronze parfaitement conservées j elles ont été recueillies près de Sedan , ainsi que la clef, les deux stiles , et la lampe qui sont dans la même planche.
Les boucles ou agrafes que les Grecs nommoient Tlefcm et les Latins Fibula , servoient à réunir les deux parties des vêtemens , ou à retenir la ceinture. Il y en avoit aussi dont le volume et la forme opt fait conjecturer quelles servoient à relever les draperies dans les appartemens.
Pour faire usage des agrafes et fibules des vêtemens , il falloit que deux plaques de métal fussent appliquées sur l'étoffe , et qu'il y eût à chacune de ces plaques un anneau fixe ou tenon , dans lequel passoit l'aiguille de la fibule. Par ce moyen elle réunissoit les deux parties du vêtement ou de la ceinture. On en cqnuoît cependant de si petites et de si délicates, qu'il est à présumer qu'elles passoient simplement dans l'étoffe , comme nous le pratiquons nousmêmes aujourd'hui.
On trouve dans l'Antiquité expliquée (i) une plaque de bronze qui représente un lion ; c'est la seule de ce genre que Ion puisse supposer avoir servi à recevoir l'aiguille d'une fibule; le tenon de la plaque opposée s'emboitoit entre les deux tenons de celle-ci , à-peu-près comme les fiches des ferrures de nos portes. ••
On a dans tous les temps- recueilli un grand nombre de fibules de toutes les formés et de toutes les grandeurs , ce qui prouve qu'elles étaient d un usage général ; il y en avoiten or, en argent et en bronze , unies ou ornées de ciselures , quelquefois incrustées de pierres précieuses et d'émaux : leurs formes étaient très-variées ; souvent elles avoient la figure de différens animaux. Nous en possédons plusieurs de ce genre , elles représentent un tigre , un paon , un cheval, un poisson qui étoit le symbole du baptême parmi les premiers chrétiens , «te. Nous en avons aussi qui ont la forme d'une roue , d'un pied et d'autres objets. On en trouve dans presque tous les ouvrages d'antiquité , principalement dans Montfaucon , Cayius , Beger, et le Père Kircher.
Les serrures et les clefs remontent aux temps les plus anciens ; après la nécessité de se procurer des abris qui les missent à couvert des injures de l'air et de l'intempérie des saisons , les hommes sentirent le besoin de garantir leurs retraites de toute violation. Chez les peuples primitifs
(i) Tome II , part. I , planche XXX. ( Non* observons que l'Antiquité expliquée par le Père Montfancon , forme einq rolnmes relies en dix parties : nous citons pour la facilité du lecteur , outre le rolume , la partie où se trouye l'objet de nos recherche*. )