‹ Recueil de Monuments antiques la plupart inédits et découverts dans l'ancienne GauleChapitre 19 sur 65 · TOM. IL · texte numérisé non relu

TOM. IL

de son père , avec la légende Divus pater Trajanus (i). Elle fut frappée par cet illustre prince, en l'honneur de son père qui avoit commandé , sous Vespasien, la dixième légion (Gemina) dans la guerre de la Judée. Il s'y distingua, fut ensuite nommé Sénateur, Consul, et obtint les honneurs * du triomphe. On croit qu'il mourut Proconsul en Asie,

sous le règne de Do mi tien. Trajan, parvenu à l'Empire, demanda et obtint du Sénat qu'il décerneroit à son père les honneurs de l'Apothéose ; la médaille dont nous parlons fut frappée en mémoire de cet événement. Trajan mourut, l'an de Jésus-Christ 1 17 , après un règne de près de vingt ans. Mezzabarbe croit que notre médaille fut frappée l'an 98, le premier du règne de Trajan ; mais ce Prince étpit dans la Germanie lorsqu'il fut élu Empereur, il ue fit son entrée à Rome qu'en 99. Ce ne fut donc au plutôt que l'année suivante qu'il dut obtenir du Sénat l'apothéose de son père ; cela paroît d'autant plus vraisemblable , que parvenu à cette époque, à son quatrième Consulat, il fit en public le serment de respecter les Lois, et y ajouta plusieurs concessions qui lui donnoient en quelque sorte le droit de solliciter du Sénat une faveur à laquelle il attachoit un grand prix : notre médaille auroit donc été frappée , selon nous , dans la dernière année du premier siècle de l'Eglise. Nous n'en aurions point parlé aussi longuement, sans les circonstances particulières de sa découverte dont les détails sont authentiques.

On fait un grand usage à Reims et dans les environs de la pierre de craye , pour la construction des maisons.

(1) De la rareté et du prix de» médailles Rom» me» (par M. Miotmet, i8i5), page 1 12. Cette médaille est rare et cotée 100 fr.

Un paysàn , habitant d'un village voisin de celte ville, apperçut dans la fente d'une pierre de son mur quelççue chose de très-brillant; il élargit cette fente avec son couteau , et en retira la médaille d'or dont nous venons de parler, et qui s'étoit trouvée enveloppée dans les détrimens dont la craye est composée.

La craye est une terre calcaire qui se réunit en masses ; elle est sèche , farineuse , teint les doigts et Veau , et ne se vitrifie qu'avec le secours du sel alkali. La craye blanche est ou friable ou dure. C'est cette dernière qu'on nomme Creta dura sax-osa, qu'on emploie dans les constructions ; on la taille en sortant de la carrière , et elle durcit à l'air: telle est du moins la définition de cette substance la plus généralement adoptée. Cependant les naturalistes ne sont pas d'accord entr'eux sur la formation et la qualité de la craye. Neumann pense qu'elle est une décomposition de la pierre à fusil (i). Henckel dit que c'est une terre primitive qui date de la création (a). Walérius adopte ces deux senti mens (3). Linnée enfin classe les crayes parmi les marnes : nous nous en tiendrons à la définition que nous avons donnée , comme celle qui réunit en sa faveur l'opinion générale. Nous laisserons ensuite les savans expliquer comment une pièce d'or frappée depuis plus de dix- sept siècles a pu se trouver renfermée dans une carrière crayeuse. Peut-être cette singulière découverte les aiderat-elle à fixer leurs idées sur le temps nécessaire à la formation de la craye , et sur les élémens de sa composition.

(i) Preelection. chimie.

(a) 2>« Lapid. origin.

<3) Mineralog. Tom.I , aa.

Reims, Durocoriorum, étoit la capitale des Remi, peu pie* puissans de la Gaule-Belgique, et dont les propriétés s'étendoient jusqu'à la Gaule-Celtiquejles services qu'ils rendirent à César dans la conquête de ces Provinces, leur valurent l'alliance des Romains et le second rang parmi les Gaulois , dont les Eduens occupoient le premier. Reims étoi tle centre d'un grand nombre de voyes militaires, dont on trouve le détail dans l'Itinéraire d'Antonio et la Table Théodosienne; peu de villes en France ont conservé, dans leur enceinte, autant de noms qui rappellent les temps anciens , comme ceux des portes de Dieu- Lumière , de Mars, de Jupiter, etc. On y voit encore , près delà porte de Mars , les restes d'un bel arc de triomphe, composé de trois arcades couvertes de sculptures ; il seroit digne des magistrats de cette ville de rendre à l'admiration des curieux ce monument enveloppé de vieilles murailles, et qui mérite d'autant plus leurs soins qu'il atteste l'ancienne splendeur de leur patrie (i). On trouve assez communément des médailles Gauloises frappées par les Remi : elles portent d'un côté trois tètes accolées , qu'on a regardées comme le symbole des trois Gaules , et au revers un bige j sur chaque face ou lit Remos. Pellcrin en a publié une antre sur laquelle on voit d'un côté la tète d'un chef Gaulois, avec les mots Remos et Atisio , et de l'autre un lion avec différens symboles. On conservoit dans l'église de Saint-Nicaiec , à Reims, une belle sculpture antique, ayant fait partie d'un sarcophage. En 1738, on avoit découvert, sous la tour du clocher de la paroisse Saint-Martin, un tombeau

(1) Desiein de l'histoire de Reims : ( Bergier, i655 in-f") — Dissertation «ur Us arcs de triomphe de Reims. ( Reims , 1759. )

orné de peintures, dont la description a été faite dans une dissertation publiée à Reims en 1749.

Nous avons parlé dans la description de la planche précédente des amulettes ityphalliques en forme de main ; il y avoit aussi d'autres mains votives, dont les doigts étoient disposés d'une manière différente : l'annulaire et le petit doigt étoient plies , le pouce , Xindex et le médium serrés lun contre l'autre et élevés. C'étoit de cette manière que les orateurs et ceux qui vouloient parler en public tenoient la main, en étendant le bras pou/* demander l'attention des1 auditeurs (1). C'est encore ainsi que les Prélats la tiennent lorsqu'ils donnent leur bénédiction.

On portoit une main dans les pompes d'Isis* comme simbole de puissance (?). Cet usage s'est conservé jusqu'à nous dans la main de justice que tenoient nos Rois à leur sacre et dans les cérémonies publiques. Les Romains avoient pris ce symbole des Egyptiens, on connoit plusieurs monumens qui attestent l'importance superstitieuse qu'ils y attachoient. On voyoit aussi une main ouverte qui surmontoit leurs enseignes militaires. Plusieurs auteurs ont rapporté des mains votives , surchargées des attributs de différentes Divinités auxquelles le vœu étoit adressé (3). Celle que nous donnons ici est du même genre ; elle a été trouvée près de Sedan , ainsi que la figure suivante.

(1) Apul. metam. II.

(a) Manus AZneœ Thomas in. AmsUlod. 1670.

(3) Antiqnit. expliq. Ton». I , part. II, pag. 3a8. — Lachaowe, grand cabinet Romain , pag. 108.

Quoiqu'on ne voye ici ni les ailes ni le caducée qui caractérisent ordinairement le messager des Dieux , nous croyons le retrouver dans cette petite figure avec dés attributions particulières. Il est nu, la chlamyde posée sur l'épaule gauche retombe sur le dos, et vient couvrir latéte d'un Hermisis, symbole de la nature » et sur lequel s'appuye Mercure. Il étoit regardé par les uns comme le père , et par d'autres comme le conseil ou le maître d'Isis (i). Cette déesse étoit selon Plutarque, ce qui est, ce qui a été et ce qui sera (2). Apulée lui fait dire qu'elle est la nature et la mère de toutes choses (3). On lui a en effet donné la puissance et les attributs de toutes les autres déesses , d'où elle a été appelée Myn'omme, à mille noms. On la représente souvent avec une infinité de mammelles 9 comme la Diane d'Ephèse (4). Lachausse a publié une pierre gravée sur laquelle Isis Multiniammia est entourée des quatre élémens (5).

Dans le monument curieux que nous publions , Mercure est représenté symboliquement, comme le protecteur et le moteur de la nature ; ces qualités ne sont point incompatibles avec les attributions et les fonctions sans nombre qu'on lui assigne ; elles peuvent , au contraire , indiquer ici que 1 industrie , les sciences et les arts animent tout , et

(1) Diod. SicuL Lib. I, p. a5.

(a) De Isid et Osirid , p. 55a.

(3) Metam. XI.

(4) Macrob. Saturn. L. I, c. ao.

(5) Cabinet Romain, p. 19,

sont nécessaires au bonheur des hommes. On trouve sur plusieurs monumens antiques, principalement sur les pierres gravées , Vénus s'appuyant sur un hernie priapique, autre allégorie ingénieuse du grand œuvre de la reproduction , premier but et soutien de la nature.

Anneau d'or massif trouvé dans un tombeau Romain, à Noyers, près de Sedan. On avoit ajusté entre ces deux têtes de serpens une médaille d'or de Tetriçus père , avec un revers inéd\l(Jovi Victori; Jupiter debout tenant le foupjre et la haste). Cette pièce ne pou voit avoir été placée de cette manière qu'au moment où l'anneau fui déposé, dans le tombeau, et peut-être comme le denier de passage dont on avoit soin de munir les défunts.

Nous connoissons plusieurs anneaux d'argent de la forme du nôtre; M. l'abbé de Tersan en possède deux) Caylus en a publié un semblable (i), et, dans la même planche , en a rapporté un autre de bronze composé d'un seul serpent qui mord sa queue. 11 a regardé cette dernière forme comme plus simple et par conséquent plus ancienne,, et pense que celle où on a mis deux tètes de serpent, nes£ qu'un caprice de symétrie. Nous ne sommes «pas du même avis , et nous avons toujours remarqué dans les ( monumens les plus indifTérens en apparence, une intention particulière, et relative à l'emploi et à l'usage de chaque chose. Tout étoit presqu'allégorique et symbolique chez les anciens, même dans les bijoux et les petits meubles qui servoient à: leur parure ou à leur vêtement.

(0 Kecueil daniiç, Tom. II, p. Su.

les anneaux étoient souvent portés comme des talismans auxquels la superstition attachoit de grandes vertus. Le serpent étoit l'emblème du soleil et le symbole de la médecine , août Apollon étoit le Dieu de même que son fil» Esculape. Notre anneau et ceux du même genre avec une ou deux têtes de serpent pouvoient être consacrés à ces deux Divinités , et ceux qui les portoient croyoient avoir unè sauvegarde contre les maladies et contre les accidens auxquels ils étoient exposés , surtout lorsque le soleil avoït quitté l'horizon.

. . • . ' ' vi. ■ ■:

Ce qui reste de cette jolie figurine fait regretter la partie inférieure qui manque. On voit quelle a été limée sans doute pour supprimer ce qui pouvoit exister encore des jambes qui avoient été mutilées ou oxidées par 'le temps. Elle a été trouvée à Paris , il y a quelques années , et fut achetée par un marchand , de qui nous la tenons.

Elle représente Diane-Lucifère portant sur l'épaule un flambeau au lieu du carquois qu'on y voit ordinairement. La figure est gracieuse , la chevelure arrangée avec goût et de la manière qui convient à la sœur d'Apollon. Cette coiffure, avec les cheveux liés sur le sommet de la tête, étoit particulière aux jeunes filles ; on la nommoit KopupÇoç, de sa forme conique ou semblable à une grappe de raisin. La Déesse est vêtue d'une tunique, dont les manches viennent au milieu de l'avant^bras, et qui ne descendoit vraisemblablement que jusqu'aux genoux. La gorge est couverte du pépins (i), et tout le vêtement voile le corps

{i)P*plus, en grec l~I«:rtof ou riirthor , étoit un vêtement qui ne descendoit

sans en dérober les formes. On ne peut bien' expliquer ce que Ton voit dans la main droite, à moins que ce ne soit l'indication d'un arc; le flambeau est retenu sur l'épaule par une courroye qui vient ceindre le milieu du corps , et dont les extrémités se réunissent et tombent au-dessous de l'estomac. , ■ ,

On distinguoit principalement trois Divinités auxquelles on donnoit le nom de Diane , Diana, ccçlestis, piana ierrestris, et Diana infera. On les voit .quelquefois réunies sur un même monument (i). On trouve dans Montfaucon un buste de Diane , dont la coiffure et le vêtement ont du rapport avec nôtre figurine; mais sous les N.°* III et IV de la même planche , on voit le vêtement de cettç Déesse , tel que nous supposons qu'il devoit exister dans notre bronze avant sa mutilation (2). Selon les auteurs., Diane céleste , et Diane des enfers ou Hécate étaient couvertes d'une longue tunique , longé veste prœcinctœ (3). Celle de Diane terrestre ou chasseresse est, au contraire, toujours courte , talia succinctœ pinguntur crura Diana: (4). Nous sommes d'autant plus disposés à voir dans notre joli fragment Diane chasseresse, que la légèreté de son vêtement, le reste d'arc que nous croyons reconnoitre dans sa main droite , et enfin le flambeau qui , au lieu d'être porté par la Déesse , est rejeté derrière son épaule , annoncent assez que la chaste sœur d'Apollon a cessé de

qu'an créai de l'estomac , et te mettoit sur la tunique ; il t'agraffoi t sur chaque

(1) Lucernœ Jictil. Passer i. T. I, Toi. ç/7.

(a) Antiqnit. expliq. Tom. I, part. I, pag. i48,Pl. 87,N.«>6.

(3) Hesiod.

(4) Ofid.

Tom. n. 8

prêter à la terre sa pâle et douée lumière , et qu elle est descendue du ciel pour faire la guerre aux timides habitans des forets* r,,

Cuiller d'argent , dont le manche a été en partie détruit; le métal est fortement oxidé, ce qui a formé une croûte noirâtre à sa surface , mais qui ne couvre pas la Victoire incrustée en or au milieu du disque ; elle est posée sur un globe , d'où elle paroit s'élancer pour porter au loin la palme et la couronne qu'elle tient dans ses- mains. C'est la "Victoire sur terre , distinguée par le Globe , de la Victoire navale qui étoit placée sur une proue de navire. On les trouve l'une et l'autre sur un grand nombre de médailles , principalement sur celles d'Auguste , de Néron , de Vespasien , de Tite , etc.

Les petites cuillers d'argent, de bronae et d'autres matières que l'on voit dans lès Cabinets , servoient à puiser Fencens dans XAcerra pour le mettre dans l'encensoir ou le jeter sur la flamme du trépied. On ne connoissoit de cuillers avec des figures que celles qui ont été publiées par Montfaucon ; elles sont d'argent et représentent Mercure assis, entouré de divers attributs; toutes deux sent absolument semblables (i). La notre est donc aussi un monument intéressant ; elle est une preuve de plus , à l'appui du sentiment que nous avons énoncé, que les anciens ne faisoient rien sans intention , et apportoient un soin particulier à tous leurs ouvrages : elle prouve aussi que les figures tracées sur leurs ustensiles avoient souvent du rapport avec lis»

(i) Antiqait. expliq. Tom. f , pari. I , pag» 1 39.

usages auxquels ils étoient employés. Nous nous étendrons davantage à ce sujet, en parlant des patères antiques sur lésquéUé*/Bean€^ y- il

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■» On trouve dans les,^llectjoqs/de^p^c^s de.J^We dfi différentes grandeurs., *x*nbl*Lles à cellenci^iles trois pointes placées triangukirement entiie les deuxlrejas 9. ont chacune un pouce de longueur; on a pensé qUe c étoU un aide dont on se aevy-oU «pour bander l'arc avec plus, d$ facilité. Cet , usage: paraît assez vraisen^la^le, mais QU peut conjecturer aussi que ce secoVrfs n'é^oit employé que par les jeunes gens qui commençoient à s'appliquer àj. tirer de l'arc , et qu'ils, fabandoi)noient lorsque leur corps plus formé leur permettait def >se servir .dëleuFtprppretJforce» Les vieillards pouvoient a uiisj i^voir recours % ce, moyen pour suppléer à Jfc vigueur que l'âge )fflf ay^H per^re{ Caylus a fait graver une pièce de bronze du même genre que la nôtre, et ayant à~peu-près les mêmes dimensions j mais il, n'a pu en assigner l'emploi. On jugera injeux dans son ouvrage âe la forme de cet instrument, parce qu'il l'a fait graver sous deux faces différentes (i).

(i) Recueil d'antiq. Tom, Vil , pKfli. ! J ,; -

II est bien difficile oie déci^ex^ cet anneau 4^t>rPDze t®rn^^pa#^rca^ue atfil^tique à visière , à moins qu'il n'ait fait partie des chaînes qui entroient dans la ferrure des qhars destinés auxjeux du Cirque. lia été trouvé dans le voisinage de Bavay , lieu fertile , pour ne pas dire inépuisable en richesses antiques , dont .chaque jour), depuis dea siècles, on découvre, fjuelqfL^e, partie. ., i Sagàcmti , Bavay ?étoii Tan wnn^ii^piMe c^s ^erviens^ Yille considérable dès le second siècle de légtiëe^ Hait vojçs, Romaines y aboutissoient ; les ruines d'un aqué&uc et de plusieurs vastes édifices attestent encore son ancienne magnftfcèWck II pkroît! què1 Vèftl'ttuï felle firt <pnse par Uc4ioii et rasée; ce sont te* villes lde»(tambrai et dé Tournayifcpii représentent les (Nerviens dans la noticfe «des Provinces dp la Gaule; Bagacum b'éloit plus daais le ttbyehâge ^to un châtéau <le peti ;d*mportance( i). Un curé flë Bavay , Iqui peut-être existé ' encore y tfecneilloit avec Soin toutes les antiquités que I on y découvrait ; il en avoit formé une. collection très-intéressante, et nous possédons les dessins d'une- foule de petits monutaêris- en argent et en bronzé qui faisaient partie de «son Cabinet. Mais- nous n'y.<#vk>n£ rien* 1 troiivé qui ne' lut' conni*, Ou qui ' nous- ait paru mériter une place dans1 notre recueil.

> i.'li '.!) ■ • : i '[ : > i.-i ; \. i ■ • '

' II* y a ' environ don?e ou quinze ans àùe'tou découvrit k I^oiy y^- la montai"* dé ïàÙyiïr<£, <ïans Jes champs

(.) Notice de U Gaule, par Du^^^,,,,-

p eu éloigné» de l'ancien couvent des Minimes , une cuve de porphire , un buste de Vespasien en marbre , une inscription que nous n avons pu retrouver , et l'enseigne militaire que nous publions. Le cadre est en ardoise , et le médaillon en marbre. On y voit la tète de Tite, fils de Vespasien , avec la légende M. T. C. vesp. àvg; P; Mi TR. P. p. p. COS. vin. Jmperator Titus Cœsar Vèspasianus Augustus , Pontifeoc Maœimus , Tribunitid Potèstate Pater Patrice, Consul. Oct.

Tite, cet excellent prince dont la jeunesse ne fut cependant pas sans tache, puisqu'il la passa à la cour corrompue de Néron , parvint à l'Empire le 34 jum de l'an de Jésus-Christ 79. 11 ne régna que vingt-six mois et vingt jours ; mais , dans ce court intervalle de temps, U, se fit un nom de grandeur, de bienfaisance et de vertu qui vivra éternellement dans la postérité. Ce fut sous son règne qu Agricola soumit plusieurs villes de l'Angleterre, et ravagea une partie de l'Ecosse. Les Gaules étoient alors entièrement sous la domination Romaine , et des légions étoieBt répandues sur difFérens points de ces Provinces : Lyon , par sa position et par son étendue , étoit une ville importante , et avoit sans doute une garnison qui devoit en occuper la partie qui dominoit la Saône : il est donc assez naturel d'y retrouver des monumens militaires. On sait, au reste, que c'est dans toutes les parties de la montagne de Fourvières qu'on a fait les découvertes les plus nombreuses, et que c'est là qu'existent encore de beaux restes d'anciens édifices.

Les enseignes militaires remontent à une haute antiquité. Diodore croit que l'usage d'y placer des figures d'animaux a passé des Egyptiens chez les Grecs, et ensuite chez les

Romains (r). Marius n'y conserva que l'aigle, et ce fut cette enseigne qui demeura toujours en téte de la légion lorsqu'on i*eprit l'usage d'y mettre d'autres figures d'an** maux (a). Non-seulement les piques des enseignes mili»taires étoient chargées de ces figures , on y voyoit encore des mains , des tours et des portes de ville j les images des Divinités et des Empereurs s'y trouvoient aussi : on en voit des exemples sur un grand nombre de monuraens , principalement sur la colonne Trajane , sur l'arc de Septime, sur les bas-reliefs et les médailles (9). Le monument que nous publions a neuf pouces de diamètre.

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