PLANCHE XVI
Cette médaille dor provient de ht riche découverte faite à Ornoy il y a quelques années ; on en retrouvera , sans doute ici le détail avec plaisir : nous en tenons les circonstances d'un témoin. oculaire (i). Uu paysan labourant un champ xju'il tenoit à, ferme, sentit le, soc de sa charr ue heuriter contre uncorps. dur qu'il chercha à «^couvrir «ti enler ver. C'étoit une pierre sous laquelle il appercut plusieurs pièces brillantes qu'il étoit loin de prendre pour de l'or j frappé d'abord de l'éclat du métal , il appela un de ses voismsqui trayaipBoitprès de là, et lui, mon tra,les; pièces ^uxr
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(i) M. Beancouaia l'ainé d'Amiens , amateur télé des raonumen» antiques , qu'une mort affreuse et prématurée vient d'enlever i se» [parens et a tes amis , instruit de cette découverte , courut à Ornoy , et acheta d'abord ces médailles à 6 fr. , puis àJ ta fr. la pièce , (elles avOient une valeur Intrînsèque'de 24 ^ »5 fr.) ; mais les possesseurs finirent par en couneltre «oU-seolement la valeur métallique , mais même celle de curiosité et de rareté , cependant ij jr, «voit tant de richesses dans leurs mains que les counoisseurs j trouvèrent encore leur compte.
TOM. IL XQ
quelles il n avoit pas encore touché. Celui-ci plus avisé se jeta sur l'or; mais son aridité ouvrit les yeux et lintelligenoe du laboureur qui kit disputa le fruit de sa découverte: H en résulta une querelle sérieuse qui attira près des coin* feaftans les paysans dispersés autour d'eux. Lorsqu'on sut le motif de la dispute, on obligea l'avide voisin de rendre au premier laboureur toutes les pièces d'or dont il s etoit emr paré, mais en même temps il fut arrêté que l'on fouille» roit le plus profondément possible , dans l'espoir d'en trouver un plus granVi/ nombre^ soc1 n^ Urda pas à faire sauter un vase contenant un trésor immense qui se répandit de tous côtés. La vue de l'or alluma la cupidité de tous les spectateurs, qui se livrèrent à un véritable pillage. Le paysan ? àuteur de la découverte ^f(tt 4e 'plus mal partagé, et chacun S'enfuit avec ce qu'il avait pu conserver. \ & propriétaire du champ, informé de tous ces- détails , fit des recherches , et assigna tous^eux qui avoient pris part au bktin^ «hacuh mi rapporta plus ou morne de pièces > mais il ne récupéré qu'une partie de ee trésor quen a évalué de quarante à cinquante mille francs. H étoit en entier coinposé de médailles Romaines impériales de la plus parfaite conservation ; il y en avoit peu avant Trajan, mais celles du régné de ce Prince et v de ses suocfcsse«ur8 jusque s et compris Alexandre Sévère, s'y trouvoient presque sans lacune. Il y en avoit dans le nombre de très-rares , et plusieurs même inédites. On y remarquait surtout des belles médailles de Ploline, de Marciane, de Mathidie, et des xeyçfs ma&ui%ues . tf'Ha.pVjen,, Oçl .y a, çompty jusqu'à ^Oixanto (lonuuode, plusieuafi pièces de Crkpiufc, de &epr *ime Sévère et de sa Famille , de rVrtiiïax , etc. , toutes d'un grand prix ?< et u-ès-estimees. M. de Cambry , alors préfet
do département de l'Oise (i), dans l'arrondissement duquel, se trouve Oraoy , acheta un esses; bon nombre de ces médailles, toutes rares ou inédites. Appelé à Paris quelque temps après , il crut faire dignement sa cour à celui qui y, occupoit alors le rang suprême, efclui offrit douse desplust curieuses de ces pièces d'or ; un envoyé des Etats-Uuift étoit présent, le chef dn Gouvernement. Français imagina de lui donner le riche présent que venoit de lui faire le Préfet de l'Oise, et hii dit; M. F Ambassadeur, portes cela en Amérique, et dites à vos compatriotes que ce sont les fruits que nos paysans recollent dans leurs champs» W. de Cambry, qui setoit flatté d'augmenter par ce don les richesses numismatique» d» cabinet de France, eut autant de regret que de chagrin de le voir si mal apprécié } tt conserva, sans mot dire, ce qui lui restoit. La médaille que nous publions ici est inédite, et faisoit partie de sa
On voiUun coté la téte d'Antonin-le-Pieux, et la légende AnUmmusAttg.PmsP.P.Imp. II. . , ,
Au revers , Hygiée assise présente une. patère à un ser-r pent mil se dresse au-dessus dun autel; on y Kt: !>♦
Pot. xxi. Cos. un.
Cette médaille a été frappée la dix-huitième année du règne d'Afttonini, la vingts-unième de sa putsflanve Tribunitiennè , et sons son quatrième Cefcsula* y époque, qui, sfl
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(i) M. de Cambry, Ton des fondateur» de l'Académie celtique, sarant distingué, auquel on doit une très-bonne statistique du département de TOïse y et beaucoup d'autres ouvrages estimés sur les monumeus Celtiques et Armoricains. ffetolTpwakmné pour le» sciences et-pemr le» wfs- j la mort a terminé sa carrière dans ta force de l'âge ; l'amitié dont il nous honoroit , nous lait saisir ayee empressement cette occasion de parer*, tombe de quelques fleurs'. ^
rapporte à l'an i$7 de notre ère, et 910 de la fondation de Rome. On ne connobsoit aucune médaille de ce Prince sur laquelle H fût fait mention de cette vingt-unième année de puissance Tribunitienne , excepté le beau médaillon de bronze cité par M. Miofinet (1). Cependant Antonin fut revêtu de cette dignité pendant vingt-quatre années , et mourut dans la vingt-cinquième , en 16a.
La Magistrature Tribunitienne étoit annuelle pendant tout le temps quelle fut conférée à des particuliers ; mais Jules-César la réunit à la dignité Impériale , et , depuis lui jusqu'à Coustautin-le-Grand, elle devint perpétuelle dans la personne des Empereurs. Cependant, pour conserverune apparence de respect pour les anciens usages , ces Princes déposoient , pour la forme seulement, le Tribunat tous les cinq ans , et avoient soin d'en marquer les années sur toutes les monnoyes frappées a Rome pendant leur règne. Cependant ces années ne s'accordent pas toujours avec celles de leur puissance souveraine , parce que souvent ils obtenoient cette magistrature avant de parvenir a la couronne» On continua aussi sous, les Empereurs à nommer des Tribuns du peuple ; mais cette charge n etoit plus alors qu'un nom auquel n'étoient attachées ni influence ni autorité.
Il y avoit cher les Romains une autre dignité toute militaire qui donnait le titre Ay Imper atork ceux qui enétoient revêtus y il signifiait Général au Généralissime des. armées. On l'obtenoit surtout après quelque victoire signalée , et par les acclamations des soldats ou par un décret du Sénat.
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(1) De k rareté et du piâx, -de* m^deille* Jioipeùae*. P. i33..
Les Empereurs ne dédaignèrent pas ce titre, et le virent donner, en même temps qua eux, à des militaires qui s'étoient distingués par des actions d'éclat. Ils firent aussi mention de ce nom de Général sur leurs monnoyes , et du nombre de fois qu'ils l'a voient obtenu. Par conséquent , notre médaille indique , qu'Antonin étoit , lorsqu'elle fut frappée, et pour la seconde fois Généralissime des armées de la République.
Lorsque les Romains eurent des guerres navales à soutenir, et qu'ils eurent équippé des flottes, ils en donnèrent le commandement à des Consuls , qui prirent le titre de Prœfectus classis : on le trouve sur des médailles Consulaires de la famille Oppia (*). Le grand Pompée réunit au commandement des flottes celui des côtes et des ports : on trouve sur ses médailles ces deux charges réunies sous le nom de Prœfectus classis et orœ maritimes (a).
Les médailles d'Antonin étant de toutes celles des Empereurs les plus communes , il est très-rare d'en rencontrer d'inédites , et, sous ce rapport, celle que nous publions mérite un intérêt particulier.
II ET III
Nous avons parlé dans notre ouvrage sur les fouilles du jardin du Luxembourg, (3) des innombrables fragmens de poterie Romaine qu'on y avoît recueillis; nous avons cité aussi la découverte faite il y a nombre d'années près de Clermont en Auvergne, «Tune fabrique entière de cette
(i) Tfuuanr. Numùmat. Morett. P. 5o5.
(a) Famil. Roman. Fui. TTnin. P. ao4 et ao6.
(5J Antiquité* GauloUei et Romaines. (Pari», 1807 , chez Neveu. )
même poterie , et nous avons exprimé nos regrets de n'avoir pu nous en procurer aucun fragment pour servir de comparaison avec celle de Paris. Nous avons été plus heureux depuis la publication de noire ouvrage, et les deux portions de vase que nous donnons ici sous les NM. II et 111 proviennent de la découverte faite à Ligones, prés de Leroux, dans le Puy-de-Dôme. M. Artaud de Lyon a recueilli tout ce qu'on en avoit conservé , notamment un moule bien entier , et dans lequel il a lui-même fait pousser une argile qui a produit de jolis vases. Ce savant s'occupe depuis plu* sieurs années de rechercher la composition de cette terra campana , dont on trouve des débris de vases dans tous les endroits que les Romains ont habités. U a réussi à eu retrouver la qualité et le grain , et il a , comme nous vevons de le dire , fabriqué, dans le moule de Ligones^ des vases qui n'eut eu besoin , en sortant de là, que d'une légère réparation à l'outil, il a même imité avec succès la belle couverte noire des vases antiques -9 mais, il n a pas été aussi heureux pour la couverte rouge, dont l'analyse a échappé jusqu'à ce moment à nos plus habiles chimistes. Les uns ont prétendu que cette couverte étoit métallique ; d'autres quelle étoit seulement argileuse ou aréneuse.
On u-ouve dans les annales des arts ( 6 mars 1809) des détails sur des to&uleiUffs, antiques découvertes à Pompeïa dans ia boujjque d'un, marchand ; on, ep fit passer sept écliaiitillons à. Paris., oh ils, furent soumis àr> l'analyse chimique* Le N°. I éfceit.wiç argile naturelle, verdâtre et savonéuse, telle qu'on la rencontre sur plusieurs points du globe. Le N°. II présentoit une ocre d'un beau jaune, épurée comme la notre par le lavage ; sa couleur a prouvé que les cendres qui ont reepu vert Pompeia
ne I'avoient point atteinte, puisque celte substance passe de la couleur jaune à un rouge foncé par la caJcinaûon. Le N°. III présentoit l'ocre dans ce dernier état, et d une belle teinte de brun-rouge. Le N«. IV étoit une pouce .légère très-blanche, d'un tissu fi» et serré.
Les trois autres couleurs étant composées , on n'a pu en eonnottre les principes constitutifs que par l'analyse dont toi ci le résultat.
Le N.* V étoit une bleu intense et nourri en fragment uniformes , plus pâle à la surface que dans fin té rieur; qui éloit plus vif et plus éclatant que les plus belles cendres bleues; l'analyse a fait découvrir que cette couleur étoit composée d'oxide de cuivre , de chaux et d'alumine Mfu'e lie se rapprochoit des cendres bleues par ses principes , mais qu'elle en difïéroit par se6 propriétés chimiques , que eétoi* enfin le résultat, non d'une précipitation, mais le produit d'uq commencement de vitrification ou plutôt une fritte véritable : on ignore les procédés qu'employons* les anciens pour la composition de cette couleur, qui devoit are connue dans les temps les plus reculés , puisqu'on a vu sur des peintures Egyptiennes d'une haute antiquité , une couleur d'un bleu vif, éclatant et vitreux, qui étoit due au cuivre. Cette couleur , plus vive et plus solide que les cendres bleues , moins cher que lasur et l'outremer , se*oit «l'une grande utilité dans les arts.
Le N.° VI étoit un sable bleu pâle , mêlé de petits grains blanchâtres , étant de même nature , et ayant les mêmes principes que la couleur du N.° V, mais contenant une plus grande proportion de chaux et d'alumine, ( Nous en avons recueilli dans les fouilles du jardin du Luxembourg une boule grosse comme un œuf de pigeon).
Le N.° VII avoit une belle teinte rose, étoit doux au toucher , et se réduisoit en poudre impalpable sous le doigt qu'il coloroit d'un joli rose incarnat ; on a regardé cette couleur comme une lacque qui doit son principe colorant à l'alumine, et ressemble presqu'absolument à la lacque de garence.
Nos savans chimistes, entr autres M. le Comte Chaptal, ont pensé que ces couleurs avoient non-seulement pu servir dans la peinture , mais qu'elles avoient pu être employées à former la couverte des poteries Romaines. Cette couverte n'est souvent qu'un enduit rouge qui n'a rien de vitreux , et qui peut venir de l'ocre jaune ou rouge broyée en pâ*e fine, mêlée à un corps gras et appliquée au pinceau. Peut-être les Romains employ oient-ils des fondans salins pour aider la cuisson de la couverte de leurs poteries; mais il ne paroît pas que dans les premiers siècles de l'église ils fissent usage des fondans métalliques pour la fixer étla vitrifier. C'est aussi l'opinion de M. Darcet, qui a fait beaucoup d'expériences sur les poteries antiques. Les sulfures de cuivre et de plomb n'ont été employés dans les arts que postérieurement au séjour des Romains dans les Gaules. On n'a reconnu des traces de vitrification que sur les vases dont la couverte étoit noire j mais il est probable que la lave vitreuse en forme la base, et que sa fusion naturellement facile a été suffis animent aidée par les fondans salins. Il a encore été reconnu que les poteries Romaines,' mais principalement les vases Campaniens ont été. cuits à une cûaleur très - foible , et de sept à huit degrés au plus du pyromètre de Wegvoodw Or il est prouvé que cette chaleur ne suffit pas à l'emploi des oxides de plomb qui pénélreroient alors dans la pâte du
rase , et ne laisseroient à sa surface qu'une couleur terne et sans éclat.
Nos plus habiles chimistes s'accordent donc à penser que la couverte des poteries Romaines n'étoit pas métallique ; mais ils n'ont pu encore en retrouver et en reproduire la composition , qui seroit peut-être d'une grande utilité , puisque l'usage des oxides métalliques n'est pas sans inconvéniens et môme sans dangers. Nous avons pensé que cette petite digression n'étoit pas tout-à-fait étrangère à ce qui nous occupoit dans nos descriptions auxquelles nous revenons.
Les empreintes sigillaires qui sont au fond des vases Romains de terre rouge , étoient , comme nous l'avons dit, les noms où les marques des potiers. Outre ces empreintes , on trouve aussi sur le corps deS vases , des noms et des inscriptions presque toujours en relief, mais qui , selon nous 9 présentent, à l'imitation des vases Grecs, les noms de ceux 'auxquels on vouloit les offrir , ou les motifs de ces présens. A cet effet, les potiers dévoient avoir des alphabets mobiles, dont chaque lettre étoit séparée, et qui servoient à composer les noms que l'on désiroit ; ce qui fourniroit une nouvelle raison de s'étonner que les anciens n'aient pas imaginé l'imprimerie.
Le fragment de poterie N.° II de notre planche porte le nom à'Albucius ALBVCI, et le N.° III ceux de Lucius Tetius Critonius. L. TETI. CRITO. Ces noms sont connus et cités dans les auteurs. On trouve dans Gruter dix inscriptions avec des noms d'hommes et de femmes de la famille Albucia. Il en rapporte aussi plusieurs où sont les noms de Tetius et de Critonius. L'inscription du premier Tom. il. 20
fragment est en relief, celle du second est en creux et gravée à la main avec un style.
Nous possédons un autre fragment de poterie trouvé à Paris depuis la publication de notre ouvrage sur les fouilles du Luxembourg, et qui vient à l'appui de ce que nous avons hasardé de dire plus haut , que les inscriptions placées sur le corps des vases a voient quelquefois rapport à leur destination. On lit sur ce fragment en caractères d'un bon style et en deux lignes, PATAGATVS. F. ANNI. que Fon pourroit expliquer de k manière suivante : Patri Agathoni Votum Sincerum Fausti Anni. On trouve dans Gruter deux inscriptions avec le nom dUAgatho , affranchi d'Auguste (i).
On sait que les Romains étoientdans Fusage de se faire réciproquement des souhaits au commencement de la nouvelle année , comme cela se pratique encore assez généralement aujourd'hui. Bellori (a) et Montfaucon (3) ont fait graver une lampe en terre cuite très-belle et très-curieuse. On y voit une victoire soutenant de la main droite un médaillon dans lequel est écrit anno novo faustum fel; elle étoit sans doute destinée à faire un présent d'Etren nés. On li t sur un médaillon d'Antonin S. P. Q. R. A. N. F. F.Optùno Principi Pio , c'est-à-dire , Senatus Populusque Ro inanus Annum Novum Faustum Felicem Qpttmo Principi Pio, On peut consulter, sur les souhaits du nouvel an l'ouvrage de Bellori, intitulé : De anni nosn Auspiciis. Si notre fragment de poterie nous a fourni une addition à tout ce qu'on a
(i) Pag. 6o5 et 1069.
(a) Antich. Lucern. Pari. III , pag. a.
(3) Àntiq. ezpl. Ton». Y , part. II , pag. aa8.
déjà écrit sur cet usagé, nous nous en féliciterons comme d'une heureuse découverte.
Nous rapporterons encore ici quelques empreintes sigil* lai res recueillies à Paris* et qui augmenteront Je nombre de celles que nous avons fiait connoitre «n 1807.
NESTOR. FEC. Nestor Fecit. Le nom de Nestor n'est pas commun dans les inscriptions. Gruter en rapporte trois , dans lesquelles il se trouve ; l'une d'un ; esclave ! de Calius-César (Auguste avant qu'il fut Empereur ). La se4 coude d'un Nestor qui fit célébrer des jeux publics pou» la dédicace d'une statue ; la troisième est tronquée , et laisse désirer les qualités de celui qui y est nommé (1).
OF. VITALIS. Qfficinœ Vitalis. Ce nom est commun dans les monumens antiques , et la même empreinte a été trouvée dans les fouilles dit Châtelet , près de Saint-Disièr.
ATEL FVHOL- Cette inscription a côté de laquelle est une palme , est difficile à expliquer. On pourroit hasarder lïnterpréUtion. suivante : Ateu Fulgiduth Holosiderum (figlînum) Poterie éclatante et dure cotnme le fer teïus% qualités qui «voient peut-être mérité à ce potier une récompense ou une préférence indiquée par la palme.
LEGITM. O. Officinœ Legitimi, ou LegUimœ. On ne trouve pas dans les auteurs Legitimut comme nom propre ; oh pourroit expliquer cette expression par Officinœ Légitimai ; d'une manufacture autorisée*
L. MESSENIVS MENOPILVS. Cette empreinte gravée en quatre lignes dans un carré très-étroit, est une des plus curieuses que nous ayons recueillies. On trouve dans Gruter plusieurs inscriptions avec lo
(1) Pag. 585 , N/> 9, et tyi , If." 7 et 8.
nom de MENOPHILVS; une entr'autres où il est fait mention d'un Menophilus, esclave de Tïberius Germameus.
Nous aurions pu ajouter ici un assez grand nombre d'empreintes du même genre trouvées à Ligoues, mais M. Artaud de Lyon qui les possède, et qui prépare un travail sur les poteies Romaines, les publiera sans doute et les interprétera d'une manière satisfaisante ; nous nous bornerons donc à ce qui précède, abandonnant plusieurs inscriptions également recueillies à Paris, mais qui ne présentent aucun sens par la transposition des lettres, les lacunes et le défaut de ponctuation.
Ce jeune Faune de bronze n'a pour tout vêtement que la nébride ou peau de chevreau sur laquelle sont incrustées deux lames d'argent j les yeux du Faune sont du même métal; il tient le Pedum eu bâton pastoral aussi nommé Lagobefos, parce que les chasseurs le lançoient adroitement dans les jambes des bétes sauvages. Il porte sur l'épaule gauche un Canthare ou vase à deux anses. Les oreilles allongées, l'air et la gaité de la ligure, ainsi que 1 arrangement des cheveux , caractérisent ce monument , et y font reconnoitre un des Dieux rustiques habitans des campagnes et des forêts.
Selon la mythologie , les Faunes faisoient partie du nombreux cortège de Bacchus dont ils avoient soigné l'enfance , avec les Nymphes et les Satyres. Les artistes se sont appliqués à embellir leurs formes : ils ont ordinairement au bas de l'épine dorsale un petit prolongement en forme de queue, deux protubérances ou cornes naissantes
sortent de leur front ; leurs oreilles sont allongées , et souvent des verrues s élèvent sur leur visage. Leurs formes , qui sont belles , conservent cependant une sorte de rudesse qui contraste avec l'abandon et la mollesse du Dieu qu'ils accompagnent. Un vers d'Horace a fait conjecturer qu'on avoit quelquefois confondu les Faunes avec Pan qui avoit un temple célèbre près du L^cée.
Les Faunes sont représentés sur les monumens de tous les genres; leurs femmes y sont aussi avec les mêmes caractères distinctifs adoucis sur leurs formes moelleuses et arrondies. La jolie figurine que nous publions a été découverte à Camon , dans la banlieue d'Amiens ; elle est ici dans sa grandeur naturelle , et fait partie du cabinet de M. E. Durand de Paris.
Les anciens aimoient à se faire servir soit au bain, soit dans les repas, par de jeunes. garçons 5 ceux qui étoient employés pour les festins, étoient frisés calamistrati , vêtus de courtes tuniques blanches, et toujours d'une propreté recherchée. Plusieurs auteurs en ont fait mention r Horace en parle ainsi (a) :
• Ul omncs ,
Prœcineti recie pueri , coptiqws ministrent.
(1) Ad. L. 1, v. 17»
(a) Satyr. VIII.
Philon , en faisant la description dn luxe des festins , parle aussi de ces jèunes échansons (i) :
Ministrantibus formosis mancipiis , non tam ad pressent mînisterium queesitis f quhm ad exhilarandot adspectû convivis oculos ; ex his minores pueri pincernas agunt ; grandiores aquam afferunt , etc.
D'après cet auteur et plusieurs autres , on voit que ces jeunes garçons étoient appelés dans les festins , non-seulement pour verser à boire et présenter les mets aux convives , mais encore pour exciter leur gaieté et réjouir leur vue par leur extérieur soigné et par leur figure fraîche et épanouie. Apulée ajoute , qu'il y avoit également de jeunes filles propres et appétissantes , dont l'emploi étoit de servir dans les repas (a).
La figurine' que nous publions sous ce numéro , représente un de ces jeunes échansons, que les auteurs ont appelé Pocillatores , Saltatores Calamistrati , échansons , danseurs , ayant les cheveux frisés. La coiffure de celui-ci est en effet ajustée avec un soin particulier , et c'étoit une partie essentielle de la parure dè ces garçons. Ceux dont les cheveux n etoiênt pas assefc longs ni asses touffus pour être frisés et bouclés, les faisoient tailler1 en forme de couronne. Le nôtre est vétu d une tunique légère qui laisse les bras découverts ; elle est arrêtée au-dessus des hanches par une ceinture, et ne dépasse pas le milieu des cuisses. Sa chaussure est une espèce de bottine ou de cothurne ; il tient dans la main droite une patère , et dans la gauche un î-y thon , espèce de vases qu'on appeloit aussi Cérastes ,
(i) De vitâ coniempl.
(») Uttatiu L. IL
ils avoient la forme d'une corne terminée par la téte d'un animal quelquefois fantastique : on se servoit de ces vases dans les festins pour boire ou pour faire des libations , en mémoire de ce que le Dieu du vin se servit d'une corne de bœuf pour boire le premier jus qu'il tira du raisin (i). Notre écbanson est dans l'attitude de la danse, ce qui nous porte à croire que parmi ces jeunes servans, il -y en avoit dont la fonction étoit d'exécuter, pendant le repas , des danses en l'honneur de Bacchus. 11 ne faut pas confondre les monumens qui représentent ces Pocillatores et Saltatores , échansons et danseurs avec ceux qui nous ont conservé les images des jeunes ministres des deux sexes , appelés Camilli et Camillœ employés dans les sacrifices, et qui présentoient au granoVprétre , XAcerra ou boite aux parfums, et le Simpulus, vase des libations. On vok dans les bronzes trouvés à Herculanum plusieurs figurines qui représentent des Pocillatores et des Saltatores , tous variés de formes et d'ajustemens (a).
Notre figurine a été trouvée au même lieu que la pré* cédente , elle orne également le cabinet de M. E. Durand.