PLANCHE XXII
Agbafb d'un bronze très-fin et très-poli , sur laquelle on
(1) Cl. Buonarottide Vitr. antiq. — Soprà i pesci, col simbolo di Oesu Cristo pressa gli antich. Christian. ( Dissert, fjnçeh Costadonio , Monac CarruUdul. )
'voit le cheval Pégase dans le même style que sur les médailles primitives de Corinthe (i).
Selon les Mythologues, Pégase naquit du sang de la Gorgone , lorsque Persée lui coupa la téte ; il s'envola sur le mont Hélicon , et y fit sortir de la terre , en frappant du pied , une source qui prit le nom d'Hippocrène. Surpris par Bellérophon , qui lui mit un frein d'or que Minerve lui avoit donné , il se laissa monter par ce héros , qui s'en servit pour aller combattre la Chimère. C'étoit un monstr e cruel , dont Jobates , Roi de Lycie , pria Bellérophon de délivrer son pays, et dont Pégase l'aida à triompher. Mais, enflé par cette victoire et par d'autres succès , il voulut , à l'aide de son coursier , aller braver Jupiter jusque sur son trône céleste ; sa témérité fut punie par le maître des Dieux, qui le précipita sur la terre. Pégase fut reçu dans les écuries de l'Olympe, où les Heures furent chargées d'en prendre soin.
La ville de Corinthe avoit été fondée par Sisiphe, que Tliésée fit périr pour le punir de ses brigandages, Glaucus, fils de Sisiphe , fut le père iXHipponous qui tua BeUérus son parent , ce qui le fit appeler Bellérophon. C'étoit en mémoire de cette origine que les Corinthiens avoient mis Pégase sur leurs monnoyes.
Notre petite plaque pourroit être un monument Grec ; ^elle a du servir d'agrafe à une ceinture au moyen d'une contrepartie qui s'ajustoit entre les deux tenons , et le tout étoit retenu par une aiguille qui le traversoit en entier. Cette plaque est gravée de grandeur naturelle , ainsi que les deux suivantes (2).
(1) Description des médailles Grecques , par M. Mlounet. Planche 38. N/> (a) Voyet la description que nous avons kit* ci-devant, pag. 64, de ces. sortes d'agrafes.
( ao5 )
Cette tête du Soleil est vue de face ; elle est entourée de rayons , les cheveux.sont bouclés et relevés de chaque côté avec élégance. On appelle Oriçns , ou soleil levant, les tètes du même genre que Ton voit sur les monumens , principalement sur les pierres gravées. Les piuxjiens , qui regardoient le Soleil comme leur grano}, protecteur,, mettoient sa tète de face sur leurs monnoyes, ( ,