V, VI, VII ET VIII
Nous avons fait graver sous ces numéros , ét dans leur grandeur naturelle , les objets en jayet trouvés près de Bavay , et dont nous avons fait mention en faisant la description de la planche IV. Ils composoient une espèce de chapelet dans lequel les N.°» V et VII étoient placés alternativement et en assez grand nombre , puisque nous en avons douze de chaque espèce ; on y voit des caractères en relief qui, sans doute, étoient mystiques. Le croissant, qui a deux pouces et demi de diamètre , étoit à une extrémité* du chapelet, et la boule qui en a deux et demi , et un pouce trois lignes d'épaisseur , terminoit l'enfilage.
On connoit plusieurs monumens sur lesquels on voit des Druides avec un croissant , tel qu'il est au sixième jour de la lune ; c etoit l'époque expressément fixée pour la cérémonie du Gui sacré ; les Druides portoient sans doute, comme les Orientaux , des chapelets de jayet semblables au nôtre ; le nombre des pièces , le croissant et le disque
dévoient avoir rapport aux pratiques religieuses que les Druides étoient tenus d'observer , depuis le renouvellement de la lune jusqu'au jour consacré pour leurs mystères.
Il s'est conservé dans plusieurs contrées de la Gaule , et notamment dans la Bourgogne, la Picardie, la Lorraine et la Bretagne, d'anciens usages qui paroissent devoir leur origine au culte druidique ; il y a a5 à 3o ans que les enfans crioient dans les rues, le premier jour de l'an , au Gui l'an neuf; on vendoit dans la Bourgogne , seulement dans le temps du carême, des gâteaux appelés Comiottes; et dans la Lorraine les enfans alloient au jour de l'an demander à leurs parrains et marraines, leur Cugneu ou Gugneu, c'est-à-dire, de petits gâteaux en forme de croissans, et dont le nom rappelle certainement le Gui neuf si révéré de nos ancêtres (i).