PLANCHE XXXI
Quinhville est un petit village du départemenf de la Manche , situé à environ une lieue de la mer , à deux lieues
du port de la Hougue , deux de Valognes et huit de Cherbourg. Il existe dans ce village, à cent pas du château , uu monument antique très-curieux , qui n'a pas encore été publié, quoique plusieurs antiquaires et plusieurs sa vans aient été à portée de le connoitre et de l'examiner. On le nomme dans le pays Cheminée de Quinevitte , Cheminée de Normandie , sans doute parce qu'il est creux dans toute sa hauteur , sans qu'il y reste aucune trace d'escalier ni de planchers de séparation. L'ancien Soigneur , M. Dancel, fit des recherches dans son chartrier sur l'origine de cette tour, et n'y trouva d'autres renseignemens que sa désignation dans des titres forts anciens relatifs à des abornemens > sous le nom qu'elle porte encore aujourd'hui. Le dernier propriétaire du château , mort depuis quelques années , avoit fait entourer ce monument d'une grille en bois pour le garantir des dégradations qui en avoient défiguré la base; mais cette précaution un peu tardive n'eut qu'un effet passager, et déjà cette grille n'existe plus (i). Nous devons le dessin d'après lequel nous avons fait graver la Cheminé© de Quineville , à M. Petrée , ex-nLieutenant de vaisseau -et Capitaine d'Iitat-Major, qui l'avoit examinée <et fait peindre en 181 1 , et qui voulut bien , d'après notre prière , se rendre encore en i8i3 sur les lieux pour mesurer cette tour,, et nous en donner les dimensions précises (2). Nous en divin
(1) Le château de Quineville ne date que du règne de Louis XIII. Jacques H , roi d'Angleterre , j logea en 1693 , et s'y trouvoit an moment du combat naval livrépros de la Hougue aux Anglais, par le maréchal de Tourville. Ce Prince, qui venoit chercher en France l'hospitalité , ne put cependant s'empêcher de témoigner sa satisfaction de l'avantage que les Anglais , qui l'avoient forcé de fuir et de s'expatrier, venoient de remporter sur les Français.
(») Nous payons ici avec empressement à M. Petrée ua nouveau tribut de gratitude ; nous nous plaisons aussi à nous rappeler que c'est à son amitié, et
serons la description en trois parties : la base , la colonne et le dôme qui couronne ledifice ; nous nous livrerons ensuite à quelques recherches sur son origine , et sur l'usage auquel on peut supposer qu'il a été destiné. Plusieurs savans quiontvula Cheminée de Quineville, ont manifesté leur sentiment à ce sujet; nous discuterons leurs opinions, et nous ferons en sorte de ne pas nous écarter dans la nôtre de la vraisemblance , au défaut de la certitude quil est impossible d'acquérir.
Ce que nous appellerons la base delà tour, est le massif inférieur depuis le sol jusqu'à la lettre A. Elle a été considérablement dégradée par le temps , et plus encore peutêtre par les habitans du village , dont le jeu de boule a été long-temps placé dans le voisinage. Cette base a dix-sept pieds d'élévation; l'ouverture, qui lui sert d'entrée , est au Nord-Est ; la chute des pierres et la destruction de la maçonnerie l'ont beaucoup agrandie. Les deux corbeaux ou pierres saillantes B, que l'on remarque à six pieds environ du sol, ont du supporter uii pont-levis ou un plancher, qui faisoit suite à un escalier au moyen duquel on parvenoit à la tour. La moulure C paroît être un reste du fronton qui en décoroit l'entrée.
Cette partie inférieure de l'édifice est construite en pierre calcaire et en grès du pays, dans le genre appelé par les Romains opus reticulattim; ses murs ont six pieds d'épais-
à son zèle éclairé pour tout ce qui lient anx grand* souvenirs et aux monnmens des temps Anciens, que nous devons le goût qui charme depnïs long-temps uos plus doux loisirs. Ce fut lni qui nous inspira, il y a vingt ans, a son retour de Malte et de l'Egypte , le désir d'étudier larcbaéologie et de recueillir des mo-
seur, et son intérieur de forme circulaire s'arrondit en voûte ouverte dans son milieu. Il règne à la partie inférieure du mur plusieurs rangs de briques posées de champ Tune sur l'autre , dans un sens incliné et alternatif de droite à gauche; ces briques ont trente pouces de longueur sur huit de largeur et un pouce d'épaisseur. En entrant, on, remarque, à droite dans le mur, une petite ouverture caiv rée , qui paroît avoir été ménagée en construisant le bâtiment pour y déposer sans doute une lampe. La circonférence extérieure de la base de la tour est de trente-un pieds près du sol ; mais elle diminue graduellement, de manière qu elle est réduite à vingt-trois en arrivant à la première corniche du soubassement D , qui supporte la colonne, et qui est bien conservé.
La colonne, y compris le soubassement, a, depuis la corniche E jusqu'à la lettre A , onee pieds sept pouces de hauteur; la circonférence du fut est de vingt pieds; elle est ornée de sept pilastres d'un ordre qui tient du Corinthien et du Toscan , avec un entablement de ce dernier ordre ; l'intervalle des pilastres est rempli d'une maçonnerie composée de pierres taillées et parfaitement jointes. Aux quatre coins du soubassement près de la lettre D , on remarque des pierres saillantes, triangulaires et de forme semblable à celles qui ornent les angles des Cippes tumulaires et des Sarcophages.
Le monument est terminé par un petit dôme F, composé de dix-huit colonnettes à jour surmontées d'un toit en forme de cône tronqué. Cette dernière partie a environ huit pieds et demi de hauteur, ce qui porte l'élévation totale de l'édifice de trente-sept à trente-huit pieds.
L'ensemble de cette tour flatte l'œil par l'élégance et le
style de ses proportions ; tout annonce qu'elle a dû avoir une destination de quelqu' importance ; mais comment l'expliquer et lareconnoitre ? Si nous osons hasarder quelques conjectures à ce sujet, nous n'en serons pas moins empressés de nous ranger au sentiment des sa vans qui seroient plus éclairés , ou plus heureux dans leurs recherches.
On a pensé que la Cheminée de Quineville avoit servi de phare ; on a dit aussi que ce n'étoit qu'un ancien clocher ; enfin quelques personnes l'ont considérée comme un tombeau , ou du moins comme un édifice anciennement consacré aux cérémonies religieuses qui se pratiquoient dans les funérailles. La position de cette tour s'oppose absolument à ce qu'on admette la première opinion ; un phare n'est destiné qu'à servir de guide aux bâtimens qui pourraient, dans la nuit, venir se perdresur une cote dangereuse; c'est dans le voisinage de ces parages hasardeux , ou à Ventrée des ports , dont l'approche est interdite pendant la nuit , que sont ordinairement placés ces fanaux dont la lumière guide les navigateurs. Mais la tour de Quineville est bâtie au pied d'un monticule assez élevé ; elle est environnée d'arbres de haute futaye, qui paraissent avoir existé de temps immémorial dans cet endroit, et on ne l'aperçoit d'aucun point dans le trajet par mer de la Hou* gue au Havre. On sait d'ailleurs que la mer, au lieu de s'éloigner de cette partie des côtes, y a envahi, au contraire, un terrain considérable , et s'est rapprochée du village de Quineville, qui n'en est aujourd'hui qu'à une petite lieue. On a attribué cette submersion à une tempête épouvantable , qui , vers l'an 800 de notre ère , porta les eaux de la mer très-avant dans les terres sur une grande étendue de la côte de Normandie, et jusque dans la baie de Can-
cale. Avant cet événement, on alloitàpied sec dans les basses marées snr les isles Saint-Marcouf, qui sont aujourd'hui distantes de trots lieues de la plage de Quineville. On ne peut donc supposer que la tour de ce village ait jamais servi de phare , et nous ne nous attacherons point à combattre plus longuement cette opinion qui paroi t la plus éloignée de la vérité.
Ceux qui ont pensé que cet édifice avoit été jadis un clocher, auroient du moins' avancé quelque chose de plus vraisemblable; mais, de temps immémorial , l'église de Quineville est placée sur une hauteur, éloignée de ce monument avec lequel elle ne parott pas avoir eii jamais aucun rapport. D'ailleurs la construction de la tour est incontestablement Romaine, ce qui la fait remonter à une époque très-reculée , et il n existe dans son voisinage aucune trace de bâtimens dont le style et les matériaux présentent quelqu analogie avec cet édifice, qui paroit avoir été placé isolément dans cet endroit.
Il y avoit , à la vérité , dans le moyen âge , et dans le voisinage des églises , de hautes tours isolées , comme on en voit encore dans plusieurs villes d'Italie. Il en existoit plusieurs en France ; à Paris , dans le cimetière des Innocens, il y avoit une tour octogone surmontée d'un dôme , ayant quarante-quatre pieds d'élévation et douze pieds de diamètre hors d'oeuvre ( i ). Il y en avoit une autre à Montbran , près Matignon et Saint-Brieux ; elle étoit octogone, mais à faces inégales ; la porte d'entrée étoit à huit pieds audessus du sol, sans aucune trace de perron ou d'escalier pour l'atteindre; elle avoit trente-huit pieds de hauteur,
(i) Antiquit. expliq. Suppl. Tom. IV , pag. i3Ô.
et quinze à seise de diamètre dans son intérieur, qui étoit de forme ronde. On voyoit encore une tour ancienne dans le cloître du monastère des Dames de Fôntevrault , ayant soixante-seize pieds d'élévation sur vingt pieds de diamètre (i). On a attribué differens usages à ces édifices . et les savans se sont long-temps épuisés en conjectures plus ou moins vraisemblables sur le but véritable de leur construction; mais, en 1790, M. Charles Smith découvrit à Londres un manuscrit qui éclaircissoit entièrement l'obscurité de ce point historique. 11 y trouva que ces tours, bâties dans les neuvième ou dixième siècles, époque où des pratiques singulières accompagnoient souvent l'exercice de la religion , servoient à renfermer des pénitens condamnés à subir différentes épreuves , et à vivre plus ou moins de temps séparés de la société. Quelques écrivains ont nommé ces sortes de prisons sacrées , Inclusoria, Areti lnclusorii. On bsoit dans le même manuscrit que les pénitens qui dévoient liabiter ces tours, étoient d'abord relégués dans l'étage le plus élevé; ils en descendoient graduellement, et après des intervalles de temps déterminés. Arrivés à la porte qui étoit placée en face de 1 église , ils s'y rendoient directement pour recevoir l'absolution et les félicitations de leurs parens , de leurs amis , et souvent même celles du peuple rassemblé pour jouir du spectacle religieux de cette cérémonie.
Il y avoit en Angleterre plusieurs de ces tours; la mieux conservée étoit dans la paroisse d'Ardemore, Comté de Waterford ; elle avoit cent pieds d'élévation, et quaranteneuf de circonférence à sa base; la porte étoit à quinze
(0 Manuscrit* de BetumetmL
pieds au-dessus du sol , elle avoit quatre étages; dont chacun étoit éclairé par une fenêtre , et un dôme pyramidal terminoit cet édifice construit en briques taillées et parfaitement jointes.
Quineville n'a jamais été un endroit assez considérable pour posséder un édifice du genre de ceux dont nous venons de parler ; il faut donc encore abandonner la seconde opinion , et discuter la dernière , selon laquelle la tour de Quineville auroi tété un monument funéraire : en examinant l'état ancien des lieux , nous trouverons peut-être des raisons suffisantes d'adopter ce sentiment, qui nous paroît déjà le plus vraisemblable et le plus raisonnable.
César, Pline et Ptolémée ont cité parmi les peuples maritimes de l'Armorique, les UnelUy ou VeneU^ qui habitoient la presqu'isle appelée depuis Pagus. Constantinus , le Cotentin. On a dérivé ce nom de celui de Constance Chlore, père du Grand Constantin , auquel on a attribue la fondation 4© la ville de Coutances , Cirifas Constantin. Avant cette époque , et dans les premiers temps de l'invasion des Romains, la capitale des Veneli étoit Crociatonum, dont les anciens géographes ont aussi fait mention; on a. cru reconnoitre l'emplacement de cette ville, qui paroit avoir été ruinée avant le cinquième siècle , dans la paroisse d'Alleaume , village situé à un quart de lieue deValognes. On y découvrit, en 1691 , les restes d'un amphithéâtre, qui avoit pu contenir environ six mille spectateurs. , d'un édifice Thermal composé de plusieurs salles voûtées , dans Tune desquelles il y avoit un bassin de vingt-deux pieds de diamètre; on y recueillit aussi plusieurs morceaux d'ar* chitecture , et des médailles Romaines du Haut-Empire , Tom. 11. 3a
en or, en argent et en bronze (i). Apres la destruction de Crociatonum , Coutances devint la capitale de cette contrée 5 mais on construisit dans le voisinage de l'ancienne, une ville qui prit le nom de Valognes , de celui des Peneli-, ou ,' par une transposition dont on trouve beaucoup d'exemples , Vekni, peuples dont la principale cité avoit existé dans cet endroit.
Les Feneli, ouUnelli, étoient purs sans lors de l'arrivée de César dans les Gaules ; îh se liguèrent avec les Leœovii et les Eburovices pour résister à Q. Titurius Sabinus , l'un de ses lieutenans (2); ils fournirent un contingent de six mille hommes à Farmée Gauloise , qui alloit secourir Vercingentorix assiégé dans Alise par César (3). Lorsque les Romains eurent soumis les peuples de l'Armorique, ils formèrent différens établissemens dans le Cotentin , comme dans les autres pays dont ils s'étoient emparés. Ils embellirent surtout Crociatonum, et les ruines de grands édifices qui y ont été découvertes annoncent que c etoit à cette époque une ville considérable. Une voye Romaine la traversoit, venant de la capitale des Viducassesy dont on a cru reconnoitre l'emplacement au village de Vieux, près de Caen , et conduisantà Mauna, que M. Dauville a placé aux Moûtiers d'Alaune, près Barneville et vis-à-vis de l'isle de Gersey.
Mais, avant de s'emparer du pays des VeneU , les Romains eurent à vaincre la résistance de ces peuples , qui défendirent sans doute avec courage et opiniâtreté leurs
(1) Cajhu , Recuoil dantiq. T. VU , p. 3i<.
(a) Ccesar. Lib. Il I, c. 17.
$)Jbid.Lib. VII, c. 65.
habitations et leurs familles (i). Plusieurs batailles durent être livrées , et ce fut vraisemblablement à la suite de quelque combat sanglant , donné dans l'endroit qu'occupe aujourd'hui le village de Quineville , que les Romains élevèrent le monument dont nous nous occupons , en mémoire de leur victoire , et en l'honneur des guerriers qui avoient perdu la vie dans cette action.
U existait à Vic-le - Comte , dans le département de l'Allier, un édifice qui a beaucoup de rapport, pour l'ensemble de sa formé, à la tour de Quineville; c'étoit un massif circulaire de vingt-cinq pieds de diamètre et huit pieds de hauteur , jusqu'à une corniche qui supportoit un toit formé de douze assises échelonnées , ayant en totalité sept pieds d élévation ; ce toit étoit surmonté d'une tour octogone, dont chaque face étoit marquée par un pilastre ; elle avoit dix pieds de haut , et étoit terminée par un dôme conique , aussi octogone , et de trois pieds et demi de hauteur. Cet édifice servoit de chapelle et de charnier à l'église dé la Sainte Chapelle de Vie j on a pensé que c'étoit un temple Gaulois j mais le style de l'architecture , et le genre de construction de ce bâtiment, annoncent que c'est un ouvrage postérieur à l'invasion des Romains (2). Nous croyons pouvoir avancer qu'il a eu la même destination que la tour de Quineville , que nous regardons comme un tombeau , ou au moins comme un monument funéraire élevé aux mânes des guerriers morts en combattant dans les
(1) Quelque» sarans ont pense que les Unelli et le» Veneli , que M. DanTÏlle a confondu», Itotenl deux peuples yoisins, mai» distinct* ; nou» noua bornons a en faire let la remarque sans discoter «elle opinion.
<a) Nous en *too» fait graver dans cette pUncke , N.« 11 , un trait qui «ufllt pour comparer les deux édifices.
environs de l'endroit où il a été construit; noûs serions disposés à considérer, comme un édifice du même genre, la fameuse Tour-Magne , Turris magna, de Nismes, qui a exercé la sagacité et l'érudition de plusieurs doctes écrivains ; une inscription sépulcrale , que Ton assure qui y fut trouvée il y a nombre d'années , viendroit à l'appui de ce sentiment, qui a été déjà celui de plusieurs antiquaires*
Nous avons fait graver dan9 cette même planche, N.*ïll, un édifice curieux, qui existe dans le voisinage de Gher-r bourg, près du village de Querijncyilie. Nous ne savons pas positivement s'il a été publié , mais on le trouvera placé convenablement auprès d'un autre monument antique important de la même contrée.
On a dérivé le nom de Querqueville de Quercuum Villa , village des chênes , qui lui fut sans doute donné par les Romains , de quelque forêt de chênes qui couvroit alors la hauteur sur laquelle existe encore cette fabrique. On en a conclu que ce bâtiment oifroit les restes d'un temple Druidique: nous ne discuterons pas cette opinion , qui fait peutêtre remonter trop haut la construction de ce temple, et nous nous bornerons à en faire ici une courte description (i).
Le plan A est dans les proportions de l'édifice , et sui^ vant l'échelle que nous en donnons ; mais l'élévation B a été dessinée a l'œil , à cause de la difficulté de prendre exactement les mesures. La tour E a été construite sur le petit dôme FF, qui étoit antique, et qu'on ne reconnoit
(i) Nous en deTom le deuui à M. E. Jebanueau, qui a bien voulu nous le communiquer avec une uolicé fort bien faite de M. Gnérard , d'après laquelle
bien' que dans l'intérieur du temple; la partie du bâtiment E est également de construction moderne, ainsi que les ouvertures C et D pratiquées dans la m maille antique facile à recoanoi tre par la (nature et 1 emploi de ses matériaux. Les briques y sont placées de champ et en zig-zag dans un bain ou mortier , compose de chaux et de débris de coquillages , dont les analogues ne se trouvent pas dans les environs. On juge mieux de l'état de cet édifice , en examinant le plan A. La partje E est moderne, et l'ancienne et unique entrée étoit le portique H. Ceux marqués K, qui conduisent dans les trois hémicycles G , formant un trèfle , sont composés de pilastres de cinq pieds deux pouces de hauteur , surmontés d'une arcade à plein ceintre de troii pieds de rayon. Ces hémicycles sont terminés par une voûte , aussi à plein ceintre , de onze pieds de hauteur depuis lé sol jusqu'à la tangente du cercle supérieur de la Voûte. Le dôme F est percé d une ouverture circulaire de trois pieds de diamètre.