‹ Recueil de Monuments antiques la plupart inédits et découverts dans l'ancienne GauleChapitre 56 sur 65 · C. Juli Flori Basilium Ad Chemosim · texte numérisé non relu

C. Juli Flori Basilium Ad Chemosim

L. SU. Barbari Palliadi Ad Ocuforum ( Vulnerà). Le Basilium , ou Onguent Royal qui y est désigné, étoit employé par Florus , à guérir la maladie de l'œil appelé Chemusis; et BarbarusPalliadussen servoit comme d'un spécifique propre à cicatriser les plaies de cette même partie. Les charlatans des temps anciens ne négligeoient , comme les nôtres, aucun moyen d'accréditer leur orviétan, et le haut prix de leurs drogues n'étoit le plus" souvent , comme aujourd'hui , qu'un impôt levé sur l'ignorance et la crédulité.

Deux inscriptions seulement sont gravées sur notre troisième tablette :

Q. Juni Tauri Flogium Ad Gênas Et Claritatem. Q. Juni Tauri Stactum Delacrimatorium, Le Flogium étoit vraisemblablement une préparation de Phlox {Viola Rubescens) de Pline, employée pour guérir les fluxions et éclaircir la vue. L'F remplace ici le PH , et c'est sans doute une faute provenant de la consonnance; celles que nous avons fréquemment remarquées

dans les inscriptions du même genre , peuvent faire présumer quelles étoient gravées par des élèves en pharmacie, qui ne savoient encore ni parler ni écrire purement leur langue. Les abréviations , les copulations et les transpositions de lettres qui se trouvent sur les tablettes pharmaceutiques, prouvent que les anciens distributeurs de remèdes étoient moins attentifs ou moins patiens que ceux de nos jours ; le plus petit pharmacien moule à présent avec soin les étiquettes <Jc ses drogues ? les enveloppe méthodiquement, et ne délivre pas un paquet, ne pesa-t-il qu'un scrupule, sans y apposer un ou plusieurs larges cachets.

On a aussi pensé que le Phlogium pouvoit signifier une dissolution de Phloginos , pierre brillante de Pline , ou une préparation qui en avoit la couleur ; M. Marchant en a fait le contracté de Florilegimn , indiquant une eau de mille fleurs ; on auroit pu également le faire dériver de $haç flamme, ou Qkvytw fl^^nèche ; mais , notre intention n'étant pas de disserter ici sur la matière médicale , nous abandonnons toute observation à ce sujet.

Nous expliquons la^seconde inscription de notre troisième tablette par Stactum Delacrymatorium , quoiqu'il y ait eu d'autres leçons, telles que Stactum delacrymatum; selon nous, 'c'étoit un baume ou un collyre propre à guérir le larmoyement involontaire, ou la fistule lacrymale. Le rédacteur du journal de la Meuse lui attribuoit , au contraire , la propriété de provoquer les larmes , et de désobstruer les points lacrymaux. Le relâchement de cette partie de l'ceil est, selon les hommes de l'art, plus fréquent et plus dangereux que son engorgement; on a dû, par conséquent , chercher des moyens d'arrêter les larmes , plutôt que ceux de provoquer leur effusion. MarcellusEm-

pi ri eus ( pag. 1 80 ) a parlé d'an collyre astringent fait avec le mjrsi qui avoit , entr autres propriétés , celle de resserrer les points lacrymaux : coUyrium diamysos. ...ad lacrymas substringendas. Caylus a aussi rapporté ( tom? I ) deux tablettes , dont les inscriptions faisoient mention de deux remèdes employés avec succès contre le larmoyement involontaire ; savoir : le melinum composé , selon Pline , d'une espèce d'alun tiré de l'isle de Melos, et le Thalasseros ? que nous croyons un collyre composé rideau de mer et d'eau de pluie.

Nous avons fait graver , sous le N.« IV , mie tablette inédite qui existait en 1767 dans le Cabinet des Jésuites de Lyon , où M. l'abbé de Tersan en copia les inscriptions , et en prit les dimensions et la figure ; on y lit :

L. Caemi Patemi Stac ton ( pour stactum ) ad Caliginem Scabritiem Et Claritatem.

JL. Caemi Patemi Chelid. Â*t Genarwn Cicatrices.

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