L. Caemi Patemi Crocodes Ad Aspritudines
Les initiales de chaque remède étaient gravées sur la surface de la tablette , afin d'éviter une perte de temps en les cherchant sur la tranche. Nous avons parlé du mot Stactum , nous passons donc à Chelidonium , onguent fait avec le Chelidium , petite chélidonie ou scrofulaire de Pline; on l'employoit à guérir les gerçures des joues. On a ajouté ici à XAnthemerum , baume adoucissant dont nous avons aussi fait mention , de l'œuf pour le tempérer encore , et le rendre propre à résoudre les engorgemens acrimonieux des yeux. Le Crocodes ou Crocodeum indique une préparation de Crocus ou safran , dont on faisoit un fréquent usage
dans la composition des collyres; La fiente du crocodile de terre , appelée par Pline Crocodilea , étoit aussi un cosmétique excellent; nous laissons le choix de Tune ou de l'autre étymologie.
Nous ajoutons ici les empreintes bien imparfaites d'une autre tablette trouvée à Beauvais en 1767 , en regrettant quelles n'aient pas été prises avec plus de soin ; mais nous tâchons de ne rien oublier de ce qui a rapport à ces monumens.
Secunii PoUionU Calent Dialepidos Ad Veteres Cicatrices Se. Po. CaleniAmU Stactum ObobaUamatum Ad Cicatrice Diamijum Ad Veteres Cicatrices
DimsmyRneS Ad Se liât OS Lippitudùtes .
Le Lepidium est une plante que nous appelons passerage, et dont on faisoit peut-être usage dans les collyres ; mais nous serions plus disposés à croire que le remède indiqué par Dialepidos ou Dialepidotium , étoit une «préparation faite avec des écailles broyées , ou* qui en imitoit peut-être le chatoyement, comme le Lepidotes , pierrre précieuse , qui oflroit les reflets variés de l'écaillé appelée en Grec AeKtç. Nous proposons de lire Sur la seconde inscription , Amellium Stactum Opobalsamatum , qui seroit un baume distillé de fleurs de camomille, Amella. Le Diamjrsus étoit un collyre fait avec le mysi, pierre que Ton réduisoit en poudre pour en composer des remèdes propres à guérir les maladies desyeux. Selon Dioscorides(Z/£. V, c. 1 17), le meilleur mjrsi étoit celui de Chypre. Les préparations dans lesquelles on le faisoit entrer étoient des caustiques employés à certaines périodes des affections de FœH , comme on se servoit dans d'autres, des adoucissans et dos dessicafafe. L'oculiste Calenus employoit, comme l'indique la
dernière inscription de la tablette de Beauvais , le Diasmyrnes au dernier degré de l'ophtalmie, lorsque l'inflammation étoit déjà apaisée.
Nasium, où les tablettes qui ont donné lieu à cet article, furent découvertes , étoit , selon Ptolémée , une des principales villes des Leuci , péuples voisins de la Germanie, et dont César a parlé. L'Itinéraire d'Antonin et la ïalile Théodosienne font mention de Nasium , placé sur la voie qui conduisoit de Lyon dans la Germanie ; on a trouvé les traces de cette route ancienne dans plusieurs endroits du département de la Meuse j -des retràncheméns dont la forme est reconnoissable , et qui portent le nom de camp des Romains, existent encore à Saint-Amand, village voisin de Naix. Ou croit que Nasium occupoit un asseï grand emplacement à 4 à 5oo pas au Sud-Ouest de ce dernier village ; c'est là du moins que sont les ruines d'une habitation considérable , dont les fouilles ont produit de temps immémorial des monumens antiques de toute espèce. Plusieurs maisons de j\aix sont construites avec des matériaux tirés de ces ruines ; comme on n'y a recueilli aucune médaille postérieure ù Julien l'Apostat, on en a conclu que Nasium avoit été détruit vers l'an 356 lors de la lutte que ce prince soutint contre les barbares qui s'etoieul jetés dans les Gaules, et qu'il ne put repousser entièrement qu'en 358 (i).
Nous avons aussi fait graver dans cette planche deux tessères , une plaque en bronze avec une inscription et deux
(i) On peut voir le détail des antiquités recueillies à Nasium , dans le journal du département de la Meuse, rédigé par M. Dcnjs, savant modeste nui» (rès-rété pour l'illustration de sa patrie. On "trouve ces détails dans les N."tWi 99, i45, 171,306, 54i , 367, 5ag, 4^4,4^7, 435, 454 r53o, 606, 6i5ettigo.
cachets dont V origine ne nous est pas connue; niais qui accompagnent très^bien les tablettes pharmaceutiqbes ddnt nous venons de faire la description. La. tessére appaAttemt à Mu E. Dfurand ; les autres, 4fej*ts font^p^rtie. de ho* collections. : ». i ■:»•
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' • TëssèVe en ' fiômhl sùf Iaqùeïlt4,6tï VôiV'd'iin ^té un aaophin,! 'éi!,de: Tautre PSE/Fiéoron? (PiomB.anïichl Tav. 16) en a publié une. avec les mêmes le'ttr'ès , J;inà« sans. dauphin au revers ; ne pourroit-on pas expliquer ces lettres par Psephus , marque dont on se servoit pour donher son s'uflrage' pir ïa voye du scrutin ?